« L’année dernière, confie Woody Allen, j’ai eu des problèmes avec le fisc. Sur ma déclaration d’impôt, j’ai essayé de faire passer mes notes de psychiatre en frais professionnels. Mais l’administration a dit que ça faisait partie des loisirs. On est arrivé à un compromis et on a fait passer ça en dons caritatifs. »

Sur le chemin accidenté de la vie, Woody Allen peut accompagner chacun tel un chaleureux complice, un guide et un initiateur. Une occasion d’explorer quelques thèmes communs au réalisateur et à la psychanalyse : l’angoisse, l’identité et le changement, le pouvoir de la parole.

« Et pour finir, conclut Allen, j’aimerais avoir un message un peu positif à vous transmettre… Je n’en ai pas… Est-ce que deux messages négatifs, ça vous irait ? »

C’est la paire de lunettes la plus célèbre de l’histoire du cinéma. Le patient le plus assidu de tous les cabinets de psychanalyse. Le désespéré le plus hilarant de la littérature contemporaine. Le bavard le plus impénitent du septième art. Il s’est étendu sur des canapés innombrables. Il a mangé chinois, indien, pakistanais dans tout ce que New York compte de restaurants. On l’a vu déguisé en bouffon, en magicien, en révolutionnaire sud-américain, en soldat de l’armée du Tsar, en inventeur de machines volantes, en romancier en panne, en cinéaste aveugle, en escroc de bas étage, en spermatozoïde. Il a comparé les mérites de Shakespeare, Nietzsche, Dostoïevski avec ceux de Groucho Marx. Il nous a épuisés de ses gags, de ses névroses, de sa loufoquerie. Il a fait de ses déboires amoureux la matière d’une épopée sentimentale. Il a filmé Manhattan comme personne.

On a longtemps considéré Woody Allen comme un clown, un Louis de Funès new-yorkais. Il s’est imposé, en près de quarante films, comme l’une des figures centrales de la création contemporaine. Le Figaro hors-série lui consacre aujourd’hui sa 33e édition : un numéro exceptionnel de 114 pages, au fil desquelles vous découvrirez tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Woody Allen sans jamais oser le demander. La critique de l’intégrale de ses films y voisine avec l’évocation des thèmes qui rendent son oeuvre inimitable, le dictionnaire de ses aphorismes avec la reprise de ses dialogues les plus savoureux.

Illustré comme un ouvrage d’art, informé comme un livre, ce hors-série a toute sa place dans votre bibliothèque.

Chaque fois qu’on me demande de choisir entre deux voies, je n’hésite jamais : je prends la troisième !

Woody Allen