Nous devons déjà à L. Grinberg et à ses collaborateurs un « premier Bion » (publié en France en 1976), et qui a constitué la première introduction à la pensée fascinante du grand clinicien et théoricien. Leur « introduction » était alors enrichie de résumés de livres et articles de Bion qui incitent le lecteur à vouloir en savoir plus. Mais ce présent livre est en même temps un « nouveau Bion », car les auteurs ont apporté des remaniements importants à chaque chapitre, sans compter un chapitre entièrement nouveau dans lequel on trouvera encore des idées clés. Celles-ci tiennent compte des ultimes « extensions » conceptuelles de Bion, puisées dans des écrits encore inédits, et patiemment recueillis par sa femme, Francesca Bion. L. Grinberg et ses collaborateurs ont su cerner toute l’originalité de la pensée bionienne, sans pour autant la détacher de sa filiation avec Freud ni de l’inspiration kleinienne. Nous pouvons aisément imaginer le plaisir des lecteurs qui n’ont pas encore abordé l’œuvre provocante de Bion, lorsqu’ils découvriront ce que nous avons nous-mêmes éprouvé à la lecture de ses premiers livres. A ceux qui connaissent déjà les fondements de sa pensée, ce livre fera découvrir de façon inattendue que le paysage conceptuel connu s’ouvre encore vers d’autres horizons. Grâce au travail de pionniers que sont nos collègues argentins, nous allons pouvoir, à notre tour, suivre l’expansion continue de l’univers bionien.

Le travail analytique mené par W. R. Bion avec des patients psychotiques, l’a conduit à s’interroger sur le processus psychique par lequel une « chose » est convertie en une représentation visuelle ou verbale. Cette recherche théorique sur la formation de la mémoire, de la pensée et du langage s’articule ici autour du concept fondateur (« fonction-alpha ») d’une fonction symbolique primordiale permettant à la personnalité d’enregistrer, d’élaborer et de communiquer la somme d’expériences qui la définit. Cette fonction porte en retour sur les processus d’enregistrement, d’élaboration et de communication que l’analyste est lui-même appelé à développer.  

Cet ouvrage rassemble des textes publiés dans différentes revues, liés à un travail d’observation originale sur le fonctionnement des groupes, à partir d’échanges entre les participants dans le cadre de ces réunions de travail. Il permet de faire une synthèse entre les méthodes de la psychanalyse classique centrées sur l’individu et celles de la dynamique des groupes qui révèlent d’autres aspects. Un ouvrage fondamental d’un auteur dont les ouvrages sont de nouveau étudiés.

En avril 1976, au Veterans Administration Hospital, à Los Angeles, vingt-cinq psychiatres, psychothérapeutes et psychologues se réunissent pour quatre discussions successives avec le psychanalyste britannique W. R. Bion.
Ce livre est la retranscription des propos recueillis lors de cette rencontre, où l’on questionne l’auteur sur certains de ses concepts, mais avant tout sur sa pratique analytique. Il fait partie de la série des séminaires cliniques donnés par l’auteur.

La publication en français du journal de bord du grand psychanalyste W. R. Bion entraîne le lecteur – qu’il soit ou non familier de l’auteur – dans l’intensité de son travail quotidien, d’écoute clinique et d’élaboration. L’ouvrage se lit comme un recueil de nouvelles : celles du processus de pensée d’un immense chercheur, de ses doutes et de ses débats intérieurs, durant plus de vingt années (1958-1979).
Cogitations est le fruit d’un long travail de recherche et de classement mené par Francesca Bion, veuve de l’auteur, sur les écrits privés de Bion qui, ainsi que le faisait Freud, couchait ses pensées sur le papier quasi quotidiennement.
Sans jamais que les éléments de sa vie privée ne viennent distraire la curiosité du lecteur pour ce qui se modèle sous ses yeux, ces écrits proposent à tous ceux qui connaissent déjà la pensée de Bion une saveur d’intimité généralement absente de l’œuvre publiée de son vivant. Ils y découvriront des articulations inédites, des interrogations, des associations dont ses autres ouvrages ont été dépouillés

L’importance des travaux de Wilfred Ruprecht Bion est exceptionnelle. Ce psychanalyste anglais, trop méconnu du public français, mériterait de figurer dans les encyclopédies, à la suite de Sigmund Freud et de Melanie Klein, ses deux grands maîtres à penser…
Véritable initiateur d’une psychanalyse moderne, W.R. Bion propose, dès les années 50, une  » théorie du groupe  » en psychothérapie analytique. Doté d’un prestigieux sens clinique, il fait progresser nos connaissances des processus de la psychose et reformule l’épistémologie psychanalytique. Tout en devenant le leader des kleiniens, W.R. Bion reste un solitaire dont la pensée ne s’est pas institutionnalisée en une Ecole, même si elle se manifeste dans une relation de maître à élève pour un nombre grandissant de spécialistes.
Le propos du livre de Gérard Bléandonu est de nous faire découvrir le contenu et le style de cette œuvre gigantesque. Plutôt qu’une synthèse théorique, cet ouvrage propose une analyse dont le riche matériel biographique éclaire le sens de la  » nébuleuse bionienne « , montre son développement, son économie et ses conséquences pour la psychanalyse contemporaine.