Ferenczi occupe, dans l’histoire de la psychanalyse, une place particulière. l’un des cliniciens les plus doués, l’un des penseurs les plus inventifs, et sans doute le plus estimé de Freud, il fut aussi l’un des plus controversés.

Nous présentons un Ferenczi « patient et psychanalyste », tout à la fois l’homme de passion et l’homme de savoir. La première partie prend en compte, à partir de sa correspondance avec Freud, ou de son Journal Clinique, la dimension pathétique de son transfert à Freud. La seconde analyse, à travers les aspects les plus originaux de sa pensée et de son œuvre, sa contribution spécifique à la théorie psychanalytique, et son apport, parfois contesté concernant les développements récents dans le champ de la clinique et des thérapeutiques.

Sándor Ferenczi a été non seulement l’un des prestigieux fondateurs du mouvement psychanalytique international mais aussi un psychanalyste d’exception. Pendant les vingt-cinq années de son engagement comme praticien et théoricien de l’analyse, de 1908 à 1933, il tint une place essentielle, tant auprès de Freud – dont il fut à la fois le disciple, le patient, l’ami et le confident – que parmi les premiers psychanalystes. Actif et des plus novateurs, il est celui qui, le premier, a indiqué les frayages de la clinique psychanalytique moderne. Un bon nombre de concepts théoriques et d’idée fortes communément adoptées aujourd’hui sont un héritage direct de ses avancées : le concept d’introjection, le contre-transfert mis au service de la cure, les implications métapsychologiques du concept de traumatisme ou encore l’idée de clivage narcissique. Passionné par les « limites de l’analyse » et de « l’analysable », Sándor Ferenczi est le pionnier que de nombreux psychanalystes ont suivi de telle sorte qu’une nouvelle clinique psychanalytique, une nouvelle écoute, et une nouvelle vision de la cure ont pu voir le jour. En ceci on est en droit d’affirmer que Ferenczi reste un « psychanalyste d’aujourd’hui ».