L’orgueil humain a reçu trois grands démentis, souligne Freud dans l’Itroduction à la psychanalyse : Copernic a montré que la terre n’était pas au centre de l’univers, Darwin que l’homme était un animal parmi d’autres et maintenant la psychanalyse fait apparaître que le « moi » n’est pas maître chez lui. Une affirmation que la psychanalyse fonde par la prise en compte de phénomènes (rêve, lapsus, symptômes) et par le recours à certains concepts (inconscient, préconscient). La pensée de Freud n’a rien d’ineffable : elle peut se transmettre. Telle est la visée de cette série de conférences (1915-1917), où Freud fait preuve de son talent à exposer ses idées. Rien d’obscur ou de désincarné, mais le mouvement de la psychanalyse où apparaissent tous les problèmes majeurs qu’elle aborde (interprétation des rêves ou théorie de la névrose) ainsi que les notions qu’elle a forgées (libido, transfert). Nous sommes ainsi guidés au coeur de la révolution psychanalytique, aussi bouleversante que celle de Copernic.

« Un jour, les frères chassés se sont réunis, ont tué et mangé le père, ce qui a mis fin à l’existence de la harde paternelle ». Freud résume ainsi le grand « mythe scientifique » qu’il a construit pour expliquer la naissance de l’humanité. S’appuyant sur un matériel anthropologique, linguistique, clinique, Freud cherche à comprendre ici la psychologie collective à l’aide de Ia psychanalyse. Le primitif, l’enfant et le névrosé sont les sujets de l’interprétation psychanalytique, qui devient par la virtuosité de Freud une théorie générale de l’humanité.

Oublier un nom, casser un bibelot familier, se tromper de clefs, commettre un lapsus, tous ces petits accidents ordinaires doivent s’interpréter comme des manifestations de l’inconscient. En effet celui-ci travaille sans cesse, infatigablement. Freud a montré comment le rêvé était la voie royale d’accès à l’inconscient. Il dessine dans cet ouvrage de 1901 d’autres chemins vers cette part qui échappe à notre contrôle et qui, par ses manifestations, traduit nos désirs.

Les deux textes composant cet ouvrage constituent une présentation de la psychanalyse qui s’adresse d’abord aux non-spécialistes.

Cinq leçons sur la psychanalyse, permier livre de Freud publié en langue française, sont les conférences qu’il prononça en 1909 lors de son voyage aux Etats-Unis, où la psychanalyse était encore largement ignorée. On y trouve un récit simple et vivant des origines de la psychanalyse « inventée » par l’hystérique Anna O., mais aussi une introduction aux problèmes centraux : la sexualité infantile, l’interprétation des rêves, le complexe d’Œdipe. Freud conclut sur la nature des névroses et le refuge dans la maladie.

Dans Contribution à l’histoire du mouvement psychanalytique (1914), Freud retrace les débuts difficiles de la psychanalyse et les résistances qu’elle rencontra. Il précise sa réflexion sur certains points litigieux, liés principalement au concept de « libido ».