Gradiva, celle qui avance, tel le dieu Mars allant au combat, mais c’est ici au combat de l’amour. Et Gradiva rediviva, celle qui réapparaît à l’heure chaude de midi et qui va, non sans malice, donner vie, forme, objet au désir d’un archéologue fou.
En cette jeune fille à la démarche inimitable Freud a-t-il reconnu la jeune psychanalyse comme il a pu trouver dans Pompéi, la cité ensevelie et conservée, une métaphore exemplaire du refoulé et de son troublant retour ?
On trouvera à la fin du volume une notice sur le bas-relief qui est à l’origine de la nouvelle ainsi que trois savoureuses lettres (inédites) de Jensen en réponse aux questions indiscrètes que lui posait son interprète.

Introduire, pour Freud, ce n’est pas répéter du déjà connu, c’est presque toujours apporter du nouveau, ébranler le savoir constitué, même par lui. C’est ainsi qu’on trouvera dans les Nouvelles conférences, entre autres, une révision de la théorie du rêve, des aperçus troublants sur l’occultisme et une modification de ses vues, aujourd’hui hâtivement contestées, sur la féminité. Enfin, dans la dernière conférence, Freud dit avec une rare vigueur son refus de transformer la psychanalyse en Weltanschauung. On y rencontre cette profession de foi – étonnante de la part de celui à qui on reproche souvent d’avoir trop cédé aux séductions de l’irrationnel : «C’est notre meilleur espoir pour l’avenir que l’intellect – l’esprit scientifique, la raison – parvienne avec le temps à la dictature dans la vie psychique de l’homme.» (Nous sommes en 1933…)