Cerveau gauche, cerveau droit, un mythe neuronal

La localisation asymétrique de certaines fonctions cérébrales est une réalité connue depuis le 19e sicèle. mais l’idée d’attribuer à la dominance d’un hémisphère du cerveau la raison de dispositions intellectuelles ou caractérielles différentes est bien plus récente : on l’attribue à deux neurologues, Norman Geschwind et Albert Galaburda, qui publièrent en 1987 une hypothèse séduisante opposant le cerveau gauche « rationnel » au cerveau droit « intuitif » : selon que vous vous servez plus de l’un que de l’autre, vous serez donc comme ceci ou comme cela. En dépit du scepticisme de nombreux spécialistes, cette phrénologie moderne a connu, en raison de son dualisme simple, un grand succès médiatique, et reçu quelques appuis scientifiques (en France Lucien Israël, Béatrice Millêtre). Hélas, le flop devait arriver : une étude publiée en 2013 montrait – imagerie cérébrale à l’appui – que tout le monde utilise ses deux hémisphères à peu près de la même façon.

Nicolas Journet