Ce volume présente les textes du colloque de la Société psychanalytique de Paris qui a eu lieu en janvier 2006. les participants ont confronté leurs pratiques, comparé la situation en France et à l’étranger, analysé les axes théoriques communs, évoqué les principes pouvant orienter vers la psychothérapie considérée comme branche contemporaine de la psychanalyse. Des débats passionnés et passionnants.  

La clinique de la souffrance narcissique identitaire contraint la psychanalyse à un travail de reprise des fondements de la théorie de la psyché, qui affirmait le primat du principe de plaisir. Pour étayer cette autre clinique, la théorie doit explorer, « au-delà du principe de plaisir », les modèles des fonctionnements psychiques où règne la contrainte de répétition. C’est en reprenant l’histoire de la construction de la théorie freudienne, en l’articulant avec l’apport de Winnicott concernant la transitionnalité, que cet ouvrage essaye de dégager les fondements d’une théorie du processus psychique utilisable pour comprendre et traiter aussi bien les souffrances névrotiques que narcissiques-identitaires.

Durant ces cinquante dernières années, le trouble borderline a navigué entre les névroses et les psychoses, a été appréhendé comme un type de personnalité pathologique, a été rapproché des maladies bipolaires, des désordres narcissiques, des personnalités psychopathiques… Du côté de la psychiatrie, comme de la psychanalyse, la liste de noms donnés à ces folies limites est longue et les qualifications singulières.

Aujourd’hui, l’état limite ne peut plus être défini sérieusement selon une approche extrinsèque  (la définition « ni ni », ni névrotique, ni psychotique) qui risquerait de réduire cette configuration clinique à un fourre-tout privé d’une cohérence interne. Il importe de donner une définition intrinsèque de l’état limite car il ne s’agit ni d’une psychonévrose gravissime, ni d’une prépsychose, ni d’un état passager naviguant entre les structures. Désormais, ce n’est plus tant une pathologie « à la limite de » qu’une pathologie des limites du Moi.

À partir d’une clinique actuelle grandissante, les auteurs soulignent la richesse des débats qui interrogent les limites du système de classification nosographique et poussent à réviser, voire à reconstruire de manière innovante certaines bases théorico-cliniques des techniques de soin.

Ce manuel présente la logique des processus de la vie psychique à tous les âges de la vie, de la naissance à la vieillesse.
Les auteurs, issus de la pensée psychanalytique, retracent tout d’abord l’histoire de la réalité psychique de la subjectivité. Ils présentent ensuite les logiques, en large partie inconscientes, qui sous-tendent les formes d’expression de la psychopathologie. L’apport des neurosciences dans le champ de la psychopathologie est également abordé. Une approche projective complète enfin cette démarche d’ensemble et fournit une méthode pour médiatiser la subjectivité propre du clinicien.
Ainsi composé, ce manuel s’adresse à tous ceux qui, étudiants, jeunes professionnels et psychologues confirmés, sont soucieux d’une vue d’ensemble et actualisée de l’approche clinique de la vie psychique et des formes de sa pathologie.
Cette deuxième édition a été enrichie des nouvelles thématiques suivantes : le travail de psychothérapie et les médiations thérapeutiques, ainsi que la psychopathologie du sujet vieillissant.

Ce qui nous fait souffrir c’est le manque de contact avec les différents niveaux de nous-mêmes.

René Roussillon, Le travail technique, conférence présentée à l’hôpital Jean-Talon, Québec, avril 1994

Nous avons pu montrer ailleurs que l’attitude thérapeutique paradoxale structurait un espace de   jeu et relançait les processus transitionnels  (du moins quand certaines conditions d’utilisation étaient remplies) en même temps qu’elle permettait aux soignants de « contenir » à bon compte thérapeutique l’agressivité contre-transférentielle induite.

Cette activité de relance, cet espace de jeu présente trois propriétés que nous ne ferons qu’ébaucher ici, nous réservant de développer cette analyse ailleurs.

* La première de ces propriétés, non la moindre, bien que les thérapeutes pragmaticiens ne lui accordent qu’une faible importance, est la délimitation d ‘un espace-temps, limite, défini comme situation de soin et qui fonctionne comme appui externe a la constitution d ‘un espace interne. Un cadre est ainsi construit.

* Second aspect : le thérapeute, sans toujours en être conscient, est amené a présenter (formuler ou mettre en forme) des représentations psychiques au patient, il « nourrit » les processus élaboratifs dans une activité que nous avons rapprochée de la capacité de rêverie maternelle décrite par Bion et qui s’apparente, a un niveau métaphorique, à la « présentation d’objet » du maternage, selon Winnicott.

* En troisième lieu, le thérapeute adopte à l’égard de la vie psychique une certaine attitude qui transmet un cadre de référence décale par rapport à celui du patient, cadre de référence qui introduit un certain décollement par rapport aux imagos mobilisées, qui introduit un certain jeu dans les représentations psychiques et dans les processus.

On souffre du non-approprié de notre histoire et on guérit en symbolisant, en rejouant.

Entretien avec René Roussillon, Regards sur la souffrance, revue Gestalt n° 30, 2006

En 1985 paraît à Londres un article de Margaret Little, psychanalyste connue pour ses travaux sur les états-limites, faisant le récit de ses trois analyses dont la dernière avec Winnicott. Celui-ci n’a guère laissé de traces sur sa pratique avec les adultes, ceux-ci étant le plus souvent eux-mêmes des analystes. C’est pourquoi M. Little évoque les années passées sur le divan de celui qui fut son analyste, son maître à penser et à pratiquer. Son témoignage (traduit et reproduit dans ce livre) est aussi provoquant que passionnant, la question des limites y est omniprésente : celles du patient, de l’analyste et de l’analyse. L’ensemble de la théorie, de la pratique et des méthodes de l’analyse est « bousculé » par ce témoignage hors du commun.

Le débat sur le statut du psychothérapeute et sur les relations entre psychanalyse et psychothérapie fait l’objet de cet ouvrage qui réunit les contributions de cinq grands noms du domaine. Ce livre détaille les caractéristiques du processus analytique dans les dispositifs psychothérapiques pratiques par les psychanalystes : face à face, psychodrame, situation groupale, travail avec les adolescents.