En 1947, Raymond Queneau prend l’autobus, du Panthéon à Saint-Lazare, et se montre satisfait de son voyage au point de le renouveler quatre-vingt dix-neuf fois ; bel exercice de style… Quelque cinquante ans plus tard, Stéphane Tufféry revient sur les traces de son illustre prédécesseur, proposant à son tour une centaine de parcours R.A.TyPiques qui entremêlent les confessions d’un rappeur, les rêveries d’un chimiste, les affres d’un paranoïaque ou les déclamations d’une certaine Marguerite Duraille…

Il y a tout juste quarante ans, Queneau exécutait 99 variations d’une même histoire. Il le fit avec un tel brio, il créa des effets si drôles que ces « exercices de style » furent un succès en librairie. Alors, se demanderont lecteurs, critiques, littérateurs, buveurs, sorbonnocrates et pataphysiciens, quel est l’intérêt de recommencer ? Pourquoi ne pas attendre quelques siècles, comme La Fontaine le fit pour Esope ?

« J’ai tenté, en acceptant la contrainte que me proposait Queneau, d’illustrer les avatars du français et de lui en imposer de nouveaux. Mais j’ai surtout voulu apprendre et m’amuser, en espérant que le lecteur en fasse autant. Cela ne signifie pas que les limites soient atteintes, que ces exercices soient exhaustifs. A l’instar des yeux de la belle marquise qui peuvent faire mourir d’amour de mille façons, le récit d’origine peut être repris à l’infini, ou peu s’en faut.

On pourrait l’écrire encore de manière biblique, créole, aphasique, scolaire, pathétique, géographique, architecturale, bibliographique, etc. On pourrait le mimer, le chanter ou le danser. On pourrait utiliser l’alphabet grec, les caractères cyrilliques, les motifs rupestres. On pourrait peut-être même le traduire et l’appliquer à une autre culture. » Bernard Demers

Le narrateur rencontre, dans un autobus, un jeune homme au cou long, coiffé d’un chapeau orné d’une tresse au lieu de ruban. Le jeune voyageur échange quelques mots assez vifs avec un autre voyageur, puis va s’asseoir à une place devenue libre. Un peu plus tard, le narrateur rencontre le même jeune homme en grande conversation avec un ami qui lui conseille de faire remonter le bouton supérieur de son pardessus.

Cette brève histoire est racontée quatre-vingt-dix-neuf fois de quatre-vingt-dix-neuf manières différentes, dans l’édition souhaitée par Raymond Queneau. La prolongent, de façon exceptionnelle dans le présent volume, vingt-deux exercices supplémentaires et neuf variations publicitaires inédites.

L’occasion de redécouvrir une œuvre majeure, à la fois avant-gardiste et populaire, qui renouvèle avec humour les relations entre auteur, texte et lecteur.

Le narrateur rencontre, dans un autobus, un jeune homme au cou long, coiffé d’un chapeau orné d’une tresse au lieu de ruban. Le jeune voyageur échange quelques mots assez vifs avec un autre voyageur, puis va s’asseoir à une place devenue libre. Un peu plus tard, le narrateur rencontre le même jeune homme en grande conversation avec un ami qui lui conseille de faire remonter le bouton supérieur de son pardessus.
Cette brève histoire est racontée quatre-vingt-dix-neuf fois, de quatre-vingt-dix-neuf manières différentes. Mise en images, portée sur la scène des cabarets, elle a connu une fortune extraordinaire. Exercices de style est un des livres les plus populaires de Queneau.