Fondateur d’un savoir neuf, Freud est aussi et d’abord celui qui pratiqua le premier la psychanalyse. Il fallait donc revenir à cette « fonction » pour l’examiner en elle-même. C’est à quoi s’emploie la présente enquête, sobre et minutieuse reconstitution du déroulement de la séance et de la cure freudiennes. Ainsi se dessine une réponse vivante à la question de ce que signifiait effectivement « être en analyse avec Freud », premier psychanalyste de l’histoire.

Les quatre grandes analyse – Dora, le petit Hans, l’Homme aux rats et l’Homme aux loups – se trouvent restituées en une dramaturgie qui resurgit intact, en son actualité même, de la masse des commentaires qu’elles ont suscitée. Le scénario s’en trouve singulièrement éclairé par de précieuses informations sur l’arrière*-plan familial, synthèse d’une littérature internationale mise ainsi à la disposition du public français. l’accent mis sur « la mère manquante » la désigne comme le possible point aveugle du scénario freudien même.

Une étude-préface de Paul-Laurent Assoun examine ce qui donne à Freud, metteur en scène de cette dramaturgie, la vocation d’un tirer un récit sans précédent – par où il devient « romancier du symptôme », créateur d’un genre littéraire nouveau, requis par cette « œuvre d’art de la nature psychique » qu’est la névrose. Une étude-postface prend occasion de cet ouvrage pour réexhumer la thématique hollandaise qui, de la culture de l’homme Freud à sa théorie de la Kultur, révèle des affinités inédites, jusqu’au cœur du fonctionnement de l’imaginaire métapsychologique.

« Ce n’est pas la psychanalyse qui est nouvelle, mais Freud. De même que ce n’est pas l’Amérique qui était nouvelle, mais Christophe Colomb. » Par cette formule provocatrice, Arthur Schnitzler prenait acte de la puissance d’innovation liée au nom propre de Freud « découvreur ». C’est un fait que le terme « freudisme » a très tôt doublé la « psychanalyse » — sauf à rappeler que la référence à l’homme Freud ne saurait accréditer quelque « vision du monde », mais ne se légitime que du réel inconscient qu’il a mis au jour.

Cet ouvrage se veut à la fois bilan des effets majeurs de la « pensée Freud », comme contribution majeure de la pensée contemporaine, en ses diverses dimensions, et manifeste de l’engagement freudien. Que mettre sous le terme « freudisme » ? Comment l’expression s’est-elle imposée ? Que signifie « être freudien » ? Quel programme, voire quelle éthique de recherche, soutient la référence au nom de Freud ? Introduire au freudisme, c’est montrer son apport et sa signification sur la triple scène du savoir des processus inconscients (métapsychologie), du symptôme et de la sexualité (clinique) et de la conception de la culture (anthropologie). Ainsi se dessine, au seuil du nouveau siècle, la vitalité chronique de « l’hypothèse de l’inconscient ».

Comment introduire à la psychanalyse ? Une introduction universitaire se doit de réintroduire aux mouvements de découverte et aux avancées de la psychanalyse, à l’ensemble du « champ de savoir » analytique, son contenu, sa dynamique, ses thèses, son devenir, sa théorie et son histoire. Ce manuel est subdivisé en trois parties : Fondements – Figures – Perspectives. Principalement destiné aux étudiants, il est devenu un classique pour tous ceux qui cherchent à acquérir les bases de la psychanalyse.

Un tel ouvrage entend offrir à la lecture et à l’usage des textes psychanalytiques un instrument méthodologique, à la fois critique, historique et thématique. Il est sans précédent : il existe en effet des dictionnaires des notions psychanalytiques, des dictionnaires de psychanalyse à portée historique, ou encore quelques ouvrages qui présentent des résumés d’œuvres psychanalytiques. Mais, pour la première fois, c’est l’ensemble du corpus fondateur de l’œuvre psychanalytique qui est soumis à une analyse textuelle — tant les textes freudiens, ouvrages et articles fondamentaux (quelque 140 textes de Freud), que les textes-souche postfreudiens (quelque 200 textes).

Auteur d’une trentaine d’ouvrages et de quelque 400 articles touchant essentiellement au domaine impliqué dans ce Dictionnaire, Paul-Laurent Assoun a, au long des trente dernières années, longuement séjourné dans l’univers textuel que forme le monde freudien, en sa langue d’origine, en ayant expérimenté sans cesse la précieuse complexité aux fins de la recherche et de la formation. Ayant voyagé dans les œuvres dites « post-freudiennes » se prolongeant dans la richesse des textes analytiques se tenant dans son sillage, il a investi dans ce travail, produit au cours de ces trois décennies, ce que l’on appelle justement le « fruit » de ces recherches.

Cette jeune science [la psychanalyse] est née, pour le dire vigoureusement, de l’avortement de la pensée du symptôme.

Paul-Laurent Assoun, Crise passagère, crise infinie in « La psychanalyse en procès », Hors série du Nouvel Observateur n° 56, octobre/novembre 2004