Tapis en nous, prêts à surgir, impossibles à éviter, le transfert et son double, le contre-transfert, sont le moteur de la psychanalyse et, au-delà, des relations humaines. Ce livre regroupe les plus célèbres textes de Freud à leur sujet : « À propos de la psychanalyse “sauvage” », « Sur la dynamique de transfert », « Conseils au médecin », « Sur l’introduction du traitement », et « Remarques sur l’amour de transfert ». Ils parlent des émotions du passé, de sentiments amoureux, d’intimité psychique, du pouvoir des médecins, mais aussi de violence faite à l’autre, de peur de l’abandon, de manipulation et de haine.

Pourquoi certains hommes ne sont-ils excités que par des femmes déjà « prises » et ayant « une réputation sexuelle sulfureuse » ? Comment expliquer l’impuissance masculine et la frigidité féminine ? Quel est l’enjeu symbolique du premier rapport sexuel ? Les trois textes publiés ici dans une nouvelle traduction – « Un type particulier d’objet chez l’homme » (1910), « Du rabaissement le plus commun de la vie amoureuse » (1912) et « Le tabou de la virginité » (1918) – éclairent plusieurs aspects cruciaux de notre vie sexuelle : la jalousie, les fantasmes sexuels, la peur inconsciente suscitée chez les hommes par la sexualité féminine, le rôle de la tendresse et de la sensualité, l’hostilité de certaines femmes envers les hommes, ou encore le complexe d’OEdipe, qui apparaît ici pour la première fois sous la plume de Freud.

Daniel Paul Schreber (1842-1911) était président à la cour d’appel de Dresde et psychotique. Hanté par la fin du monde, il se disait aussi persécuté par Dieu et prétendait avoir mission de se transformer en femme pour engendrer de nouveaux humains. Afin de prouver qu’il n’était pas fou, il rédigea ses Mémoires – un document extraordinaire dont Freud, littéralement fasciné, s’empara. Centrant sa réflexion sur la paranoïa, la figure du père et l’homosexualité, Freud aborde aussi l’érotomanie, l’hypocondrie et le narcissisme dans ce texte d’une rare puissance qui inspirera plus tard à Lacan certains de ses concepts les plus féconds.

Pourquoi rêve-t-on ? Comment rêve-t-on ? Quel sens donner aux rêves ? Ces trois questions sont au coeur du rêve de « l’injection faite à Irma » que Freud fit dans la nuit du 23 au 24 juillet 1895 et qui est sans doute le rêve le plus célèbre de toute l’histoire de la psychanalyse. C’est en l’analysant en profondeur que Freud, en effet, élabore pour la première fois sa méthode d’interprétation des rêves…

La pulsion est l’un des quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse avec l’inconscient, le transfert et la répétition. Freud la théorise en 1915 dans ce texte où, étudiant « le devenir des pulsions sexuelles », il aborde les thèmes du sadisme et du masochisme, du voyeurisme et de l’exhibitionnisme, du refoulement et de la sublimation, de l’amour et de la haine.

Sans Pulsions et destins des pulsions, il est difficile de comprendre Melanie Klein ou Jacques Lacan. Mais en dehors de sa portée théorique, il jette aussi une lumière crue sur notre époque, où l’irrationnel et l’animalité sont devenus en tous domaines, même sexuels, des repères pour gouverner sa vie.

Emblème de la psychanalyse, l’inconscient psychique est cette part cachée de nous-mêmes, rebelle à toute observation directe, qui ne se révèle qu’à travers ses effets au quotidien (rêves, actes manqués, symptômes). Freud en dégage les lois dans cet essai capital de 1915 qui annonce la future thématique du moi, du ça et du surmoi. Notre inconscient est-il seulement composé de ce que nous refoulons ? Quels rôles nos pulsions y jouent-elles ? Existe-t-il des sentiments, des émotions, des affects inconscients ? Pourquoi l’inconscient prend-il sans arrêt de nouvelles formes ?

Tout enfant, à un moment donné, s’interroge sur ses origines. Et comme il s’imagine que ses parents ne l’aiment pas suffisamment, ou pas assez bien, il fantasme qu’ils ne sont pas ses vrais parents – et il s’en invente de nouveaux, plus valorisants. Tel est le roman familial, l’un des concepts freudiens les plus simples d’apparence mais en réalité nuancé et créatif. Utilisé aujourd’hui en psychologie comme en littérature ou en histoire, il reste intimement lié à l’Œdipe. La plupart des thèmes de la filiation qui parcourent notre société en découlent : pathologies transgénérationnelles, adoption, secrets de famille…

« Lorsque quelqu’un parle, il fait clair. » (Freud)

Voici le livre par où le « scandale » serait arrivé. Publié en 1905, sans arrêt remanié, corrigé, réécrit par Freud jusqu’à son édition définitive de 1920, il brise l’image de l’enfance innocente et place le « sexuel » au centre de toute l’activité psychique de l’être humain. C’est dans ces Trois essais que Freud parle pour la première fois de la pulsion, là aussi qu’il décrit l’enfant comme un pervers polymorphe, là encore qu’il explique comment l’on devient sexuellement adulte. S’en trouvent alors éclairés des débats très actuels de notre société, notamment ceux qui touchent à l’hypersexualisation des enfants, à l’homophobie, et plus généralement aux normes sexuelles.

« J’étais assis dans le compartiment d’un wagon-lit, quand, à la suite d’une secousse assez brutale du train, la porte donnant sur les toilettes attenantes s’ouvrit et qu’un monsieur d’un certain âge, en chemise de nuit, bonnet de voyage, entra chez moi. Je supposai que l’homme s’était trompé, bondis pour le lui expliquer, mais compris bientôt avec ahurissement que l’intrus était ma propre image reflétée par le miroir devant la porte de communication… »

Le familier peut devenir inquiétant. On en trouve de nombreux exemples dans la littérature et la vie quotidienne. Ainsi Freud, qui se voit lui-même et ne se reconnaît pas. Comment cela est-il possible ? Et pourquoi cette impression fugace d’étrangeté suscite-t-elle un malaise ? Se pourrait-il que celui-ci ait un lien avec le secret ?

Ce livre offre une nouvelle traduction de L’Inquiétante Etrangeté. Il est augmenté, également retraduite, de la nouvelle de E.T.A. Hoffmann, Le Marchand de sable, sur laquelle Freud s’appuie dans ce célèbre essai de 1919.