Notre monde nous sollicite en permanence à l’action immédiate et à la rentabilité du temps, alors à quoi bon et pourquoi parler d’ennui ? N’avons-nous rien de mieux à faire… À une époque « hyper-agitée », l’ennui devient peut-être même tabou, ce qu’il s’agit d’éviter à tout prix. Mais à force de nous agiter effrénément d’une occupation à l’autre, ne courrons-nous pas le risque de basculer de l’exaltation à la dépression ? Faute de n’avoir su apprivoiser ce désœuvrement que nous craignions tant… Ce livre démontre que l’« ennui » n’est pas « mortel » ni « ennuyeux » pour celui qui s’y adonne sans crainte. Bien au contraire, il serait même une condition d’accès à ce qui est « vivant » au plus profond de nous-même et à ce qui a authentiquement de l’« intérêt » pour nous. Il ne s’agit plus dès lors de fuir l’ennui mais de le savourer ; comme ce temps (inquiétant mais nécessaire) de latence de soi d’où advient la possibilité d’être et d’agir en pleine conscience. C’est là que la joie, la créativité et l’amour de soi, des autres, de la vie, trouvent leur source.