La solitude est le mal du siècle et les surdoués, par leur extrême sensibilité, y sont particulièrement exposés. Pour avoir pendant longtemps recueilli leur parole, Monique de Kermadec, psychothérapeute et psychanalyste, est allée au plus près de cette souffrance souvent inavouable. Elle nous invite ici à identifier l’origine de ce sentiment afin de ne plus en souffrir mais, au contraire, d’en faire une force. Car la capacité à être seul est indispensable à la connaissance de soi et donc des autres.
Quels sont les liens entre solitude et isolement  ? Comment s’exprime cette solitude sous sa forme négative et quelles sont les manifestations de sa souffrance  ? Ses causes objectives et ses raisons subjectives ?
En répondant à ces questions et à tant d’autres, Monique de Kermadec livre les clés qui permettront à chacun de découvrir les pouvoirs de la solitude afin d’y trouver une source d’épanouissement et de construction personnelle.

Une liste des obligations vis-à-vis de soi-même

Voici, pour l’adulte surdoué, un mémo d’exercices à faire au quotidien, de consoles à méditer pour retrouver une cohérence dans sa vie et renouer le dialogue avec soi-même.

  • Trouvez un sens à votre destin, à vos actes, à vos désirs.
  • Devenez conscient de ce qui a de l’importance à vos yeux, et rassemblez vos pensées et vos actions pour soutenir votre définition du sens.
  • Gardez à l’esprit que vous vous souciez davantage d’être aimé que d’être ce que vous aimez, et qu’il faut inverser cette tendance.
  • Votre réussite ne peut se construire en suivant le chemin tracé par les autres. Elle ne peut se bâtir que sur des choix personnels.
  • Personne ne peut établir pour vous le chemin que vous devriez prendre. Choisissez la voie que vous aimez, pour le meilleur et pour le pire.
  • Vous n’avez pas à faire carrière dans tout ce qui a du sens à vos yeux, mais il vous faut trouver une place pour quelque chose qui en a. c’est l’équilibre à trouver.
  • Votre personnalité ne détermine pas une réussite durable. C’est ce que vous faites avec votre personnalité qui compte.
  • Ceux qui bâtissent voient dans chaque expérience l’occasion d’apprendre. Une faiblesse, un pas en arrière n’affectent pas de façon durable leur confiance en eux-mêmes.
  • On ne peut réussir à trouver le bonheur, et une certain bien-être dans sa vie, sans s’impliquer avec foi et passion dans une action ou dans un travail de recherche. ces actions, recherche et travaux, il faut s’y engager sans compter sur une récompense en argent, en pouvoir ou en admiration de l’entourage. Il faut s’engager par ce que c’est essentiel pour soi.
  • Visez un succès durable : ce que vous faites doit avoir un sens profond pour vous, vous passionner au point d’en perdre la notion du temps, et en dépit des critiques.
  • Adoptez une nouvelle façon de penser, avec audace, optimisme et responsabilité.
  • Adoptez une nouvelle façon d’agir, avec efficacité. Ayez une idée précise de ce qui est à accomplir, tout en acceptant que sa réalisation ne sera jamais aussi parfaite que l’idée que vous en aviez.
  • Renoncez à aller très vite. Réprimez votre impatience chronique. Notre époque entretient le mythe que tout doit et peut se faire très vite. Or la vitesse n’est pas garante de la perfection ni de la réussite.
  • Réfutez le mensonge de notre époque : la réussite n’est pas dans la célébrité.
  • Utilisez les nouvelles technologies avec méfiance et parcimonie. Elles flattent votre surefficience intellectuelle et entretiennent l’arborescence de votre pensée ; elles vous permettent d’accomplir plusieurs tâches dans un même moment, abolir le temps et les distances, d’être toujours avec tout le monderons être jamais avec personne… cependant, elles augmentent en proportion votre solitude.
  • Rappelez-vous cette phrase du psychologie Robert Sternberg, auteur d’un ouvrage sur l’« l’intelligence qui réussit » : « L’intelligence devrait être de savoir quand penser et agir rapidement, et quand penser et agir lentement » ; et celle de l’écrivain James Thurber : « Tout homme devrait chercher à savoir avant qu’il ne meure ce qu’il cherche à éviter, ce qu’il recherche, et pourquoi. » […].
  • Apprenez à écouter ! Cela vous permettra d’entendre les petites voix étouffées depuis si longtemps et, ainsi, de mieux vous connaître pour être efficace dans vos choix. Savoir ce que vous désirez fera la différence entre la foi et le doute, le courage et la peur, le succès et l’échec.
  • Le dialogue intérieur contient les clés de vos perceptions, de vos décisions, de vos actions et de la meilleure façon de vivre votre vie.
  • Apprenez à distinguer entre celles de vos pensées qui résultent de ce que vous avez appris et que vos parents et vos enseignants vous ont répété tout au long de votre vie et celles qui émanent de votre sagesse intérieure. la méditation est un excellent moyen pour y parvenir.
  • Privilégiez les objectifs spirituels aux objectifs matériels. l’adulte surdoué est hautement sensible à tout ce qui est spirituel. Il est doté d’un haut sens de la justice et d’une profonde empathie à l’endroit de ceux qui souffrent. Et comme, le plus souvent, il juge le monde extérieur frivole et superficiel, il trouvera de la joie dans une consécration spirituelle ou dans l’accomplissement d’une vocation, bien plus qu’en gagnant de l’argent.
  • Rappelez-vous qu’être à ce que l’on fait, cultiver sa singularité, ce n’est pas se différencier, voire mépriser le monde, c’est s’en rapprocher et créer des liens avec lui.

Depuis des années, Monique de Kermadec est à l’écoute de la solitude et de l’extrême difficulté à s’intégrer des adultes surdoués. Elle explore ici la souffrance particulière de ces personnalités à part et ses conséquences sur la famille, la profession, ou l’amour. Et propose d’y remédier par un travail de reconnaissance de la souffrance, par l’acceptation de son abandon, par le travail de résilience.

Il est possible de sortir de situations d’échec en créant un lien nouveau avec le monde… à condition de s’en donner les moyens. Mais les outils thérapeutiques à disposition aujourd’hui ne conviennent pas tous aux adultes surdoués. Ce livre en propose une évaluation critique afin de les orienter vers les outils qui leur seront d’une aide efficace.

Forte de son expérience de thérapeute, Monique de Kermadec apporte ainsi un démenti lumineux à l’idée que souffrir serait une fatalité.

Portrait de l’adulte surdoué

Outre l’essence même de son intelligence, […] il est nanti de traits de personnalité qui le singularisent et qu’on ne peut, d’emblée, assimiler aux caractéristiques de l’intelligence telle que nous la définissons habituellement.

Ainsi, pour la plupart des adultes surdoués, on note une intensité exacerbée des émotions et de l’expression de leurs sentiments.

On note aussi une hyperperception de leurs cinq sens et un don réel de lucidité.

On retrouve aussi, chez tous, une grande maladresse en société, notamment dans leurs interventions en public.

Mais pour établir ce portrait avec le plus de rigueur possible, commençons par distinguer quatre formes d’intelligence, aujourd’hui clairement définies par les psychologues : cognitive, émotionnelle, relationnelle et créative. Pour chacune d’elle, les caractéristiques qui suivent sont classées de la plus fréquente à la plus rare.

Pour ce qui concerne l’intelligence cognitive

  • Capacité exceptionnelle à raisonner et goût pour le raisonnement ;
  • Esprit de synthèse et compréhension immédiate (pensée magique) ;
  • Soif d’apprendre ;
  • Attirance pour la complexité, la difficulté dans le choix des problèmes à résoudre ;
  • Indépendance d’esprit dans l’apprentissage, tendance à l’autodidactisme ;
  • Large vocabulaire, facilité d’élocution, plaisir et attirance pour les mots, les expressions verbales ;
  • Compréhension rapide des nouveautés ;
  • Excellente mémoire à long terme ;
  • Saisie aisée des concepts mathématiques ou scientifiques ;
  • Goût vorace pour la lecture ;
  • Elaboration de pensées abstraites ;
  • Capacité à travailler en même temps, intellectuellement, sur plusieurs pistes ou disciplines différentes.

Pour ce qui concerne l’intelligence émotionnelle

  • Hypersensibilité ;
  • Sens aigu de l’humour et du comique de situation ;
  • Sens aigu de l’observation, perspicacité sur les sentiments d’autrui ;
  • Sentiments passionnés, affections compulsives ;
  • Sensibilité extrême aux changements subtils d’atmosphère ;
  • Introversion ;
  • Tolérance pour l’ambiguïté ;
  • Capacité à envisager un problème sous différents angles, différents points de vue ;
  • Sens du merveilleux et capacité à l’émerveillement ;
  • Ouverture aux expériences nouvelles ;
  • Stabilité émotionnelle, sérénité.

Pour ce qui concerne l’intelligence relationnelle

  • Tendance marquée à questionner ou à contester l’autorité, à poser des questions embarrassantes ;
  • Propension au non-conformisme ;
  • Sentiment d’une différence, d’un décalage permanent avec les autres ;
  • Sentiment d’enfermement et de solitude ;
  • Très grande propension à la compassion ;
  • Très grande propension à l’empathie, à aider les autres à se comprendre eux-mêmes.

Pour ce qui concerne l’intelligence créative

  • Très grande propension à l’invention ;
  • Grande originalité dans l’imagination et la création ;
  • Curiosité insatiable ;
  • Idées inhabituelles ;
  • Tendance à connecter entre elles des idées traditionnellement opposées ou indépendantes les unes des autres, à marier les concepts ;
  • Imagination vivace et permanente, déployée dans tous les domaines d’activités, de la plus intellectuelle à la plus pragmatique et quotidienne.

Pour parachever le tableau de l’adulte surdoué, il faudrait ajouter ses qualités morales. Là encore, l’étude de ces individus a permis de dégager un certain nombre de points communs, dont on verra qu’ils ne sont pas sans conséquences dans leurs rapports avec leur entourage affectif ou professionnel :

  • Les adultes surdoués sont des perfectionnistes qui ont tendance à placer la barre toujours très haut, pour eux-mêmes et pour les autres ;
  • Ils sont plus sensibles aux défis personnels qu’aux récompenses décernées par la société ;
  • Ils sont préoccupés par les questions mystiques, par la recherche de vérité et la découverte d’un sens à la vie ;
  • Ils aiment les défis et les prises de risque ;
  • L’injustice, les conduites immorales les indignent. Ils possèdent d’ailleurs de fortes convictions morales, un sens de l’intégrité et de l’honnêteté ;
  • Il arrive, pour un petit nombre d’entre eux, qu’ils soient visionnaires ou qu’ils pressentent, pour leur vie, un destin à accomplir ou une mission personnelle à conduire ;
  • Ils aiment passionnément les discussions ardentes, la sincérité et la tolérance ;
  • Ils sont en général dotés d’une grande énergie, d’une formidable capacité d’attention et d’effort, de concentration exceptionnelle dans les domaines qui les attirent ;
  • Ils peuvent travailler jusqu’à l’épuisement ;
  • Ils ont sporadiquement besoin de contemplation et de solitude ;
  • Ils sont hypersensibles à leur environnement, dans toutes les acceptions du terme : changement de température, sons incongrus, parfums, dissonances, fautes de goût, matière des meubles, des tissus et des vêtements ;
  • Par manque de confiance en eux, ils ont tendance à l’autodérision, à l’autocritique, voire à l’autodénigrement.

Être surdoué est une richesse formidable pour réussir sa vie. Alors pourquoi y a-t-il tant d’adultes surdoués malheureux ? Pourquoi tant d’anciens enfants précoces sont-ils en situation d’échec social, professionnel et sentimental ? Pourquoi les femmes et les hommes à fort potentiel vivent-ils si mal leur différence ?

Nourri de son expérience de clinicienne et des dernières recherches sur le sujet, le nouveau livre de Monique de Kermadec constitue un guide indispensable pour comprendre les adultes surdoués.

Cet ouvrage offre également aux surdoués les clés nécessaires pour réapprendre à s’estimer, se construire, trouver l’âme soeur, s’épanouir enfin dans la plénitude de leurs talents et de leur extraordinaire personnalité, et s’adresse aussi à leurs proches, alliés fondamentaux, pour qu’ils les aident à désamorcer leurs conduites d’échec.