Le personnage de Sàndor Ferenczi est resté longtemps en marge bien qu’on la considérât paradoxalement comme une pierre de touche de la psychanalyse. Seuls une crise ou un remous de la collectivité psychanalytique poussaient au questionnement de ses oeuvres et de ses positions institutionnelles.
Le livre de Martin Stanton offre un résumé de l’oeuvre et de la vie de S. Ferenczi en recentrant les questions autour du trauma originaire, de la séduction et de ses effets d’après coup : des questions qui ne surgissent pas avec le célèbre texte de 1932 « Confusion de langue entre enfant et adulte » mais sont en place dès ses premières recherches.
L’auteur donne d’abord une coupe chronologique de la vie de Ferenczi où on le retrouve avec S. Freud, M. Klein, G. Groddeck ; avec Otto Gross, Otto Rank, Clara Thompson, Poul Bjerre, etc. Il propose ensuite de suivre les efforts de Ferenczi à représenter par des images, analogies et allégories voire des projets visionnaires, les tensions du mouvement psychanalytique, du processus analytique, de la séance même, usant lui même de l’analogie de l’amour… Certaines formulations biologisantes étranges et baroques de la théorie ferenczienne (la dimension bio-phylogénétique « thalassique » de la vie sexuelle, la fonction de la vésicule téléplastique, le refuge tératomique) comme les innovations techniques apparaissent comme autant de tentatives passionnantes et passionnées pour théoriser la question du trauma. Destiné à réparer la méconnaissance dans laquelle le public anglais tient l’oeuvre de Ferenczi, ce petit livre rend aussi hommage au premier professeur de psychanalyse européen.