Le traumatisme s’inscrit, dans la théorie et la pratique psychanalytiques, dans une perspective bipolaire : source classique de désorganisation, il peut aussi avoir des effets positifs pour la psyché. C’est à l’élucidation de cette double perspective que se consacrent les différentes contributions. Le rappel des divergences entre Freud et Ferenczi ouvre sur l’opposition : impact du fantasme ou réalité du traumatisme sexuel ? En privilégiant le traumatisme précoce ne court-on pas le risque d’escamoter l’importance de la conflictualité intra-psychique ? N’est-ce pas la mauvaise qualité de l’environnement primaire qui confère leur caractère désorganisateur aux expériences de perte que l’enfant vit au cours de son premier développement ? Pourtant, ces traumatismes peuvent contribuer au déploiement de la dimension structurante des fantasmes originaires. Dans les traumatismes collectifs, la cruelle expérience des héritiers des génocides confirme aussi une grande inégalité de l’intégration de la souffrance. Comment les effets désintégrateurs peuvent-ils être  » rattrapés  » ? Dans cette clinique du traumatisme, entre désorganisation et réorganisation, l’aptitude du psychisme à faire émerger du nouveau sera dévoilée dans sa complexité créatrice.

Toute cure psychanalytique connaît des moments clés, tournants « inauguraux » d’étapes fondamentales. Si ces étapes se passent mal, si le travail n’atteint pas son but, c’est le risque d’une réaction thérapeutique négative.

La relation analytique est un phénomène à deux. Cependant le patient n’est pas un sujet à observer et l’analyste n’est pas un simple miroir. L’analyste repère les fantasmes et les affects transférentiels de son patient mais aussi les siens et ceux qui relèvent de la réunion des deux participants de la situation analytique. Il y a un « tiers », un espace commun tissé par ces deux inconscients.