Collège International des Thérapeutes

LES DIX « ORIENTATIONS »

Jean Yves Leloup a donné aux Membres du Collège 10 orientations. Elles ne sont pas une règle qui impose ou qui oblige. Elles sont un rappel, une exigence qui inspire et qui oriente.

1 Anthropologie :

Reconnaître, respecter et en prendre soin de l’être dans son entièreté physique, psychique et spirituelle : soma-psyché-noos-pneuma.

Voir les équivalences dans les anthropologies traditionnelles :

Inde, Tibet, etc.

Cette anthropologie est également une cosmologie : elle n’envisage pas l’Homme comme séparé de l’Univers (d’où l’importance du soin accordé à l’environnement).

Elle est encore une ontologie : elle n’envisage pas l’Homme comme séparé d’une Origine, qui sans cesse lui manque et qui sans cesse le fonde.

2 Ethique :

Prendre soin de l’Etre en soi-même : l’accueillir, le contempler, l’incarner, le communiquer…

Prendre soin de l’Etre chez les autres : l’accueillir, le respecter, l’écouter (et si cela est nécessaire l’orienter, l’aider à guérir, l’épanouir)

Vire autant que possible, dans la simplicité et la beauté (nourriture, vêtement, habitation…) et demeurer libre à l’égard de l’accumulation des avoirs, des savoirs et des pouvoirs qui peuvent éloigner de l’Etre.

3 Silence :

Vivre chaque jour un temps de silence (d’environ 1 heure)

selon les pratiques propres à chaque Thérapeute.

4 Etude :

Vivre chaque jour un temps d’étude (d’environ 1 heure) des textes, écrits, « informations » nécessaires à l’édification et au ressourcement du Thérapeute.

5 Gratuité :

Donner un temps de « soin » gratuit et de disponibilité par jour

Selon la compétence particulière du Thérapeute.

6 Ressourcement :

Prendre chaque année une semaine de silence et une semaine d’étude, pour se « recentrer » et vérifier ses présupposés anthropologiques.

7 Reconnaissance :

Se placer dans l’écoute attentive et bienveillante d’un Thérapeute Accompagnant qui aura à valider chaque annéel’appartenance au Collège des Thérapeutes et à reconnaître la fidélité du Thérapeute à ses propres engagements, c’est-à-dire aux dix Orientations majeures.

8 Anamnèse :

Tenir un carnet d’anamnèse où seront consignés rêves et songes signifiants, ainsi que les évènements qui témoignent de la présence de l’Etre dans une vie.

(Ce carnet demeure la propriété de chaque Thérapeute.

9 Rappel :

Vivre si possible toutes les heures une minute de « Rappel » de mon être, à l’Etre qui l’informe, de mon souffle, au Souffle qui l’inspire.

Cet instant de « Rappel » peut se vivre à travers une invocation, une respiration ou simplement une attention sensorielle ou affective à la Présence de l’Etre dans le corps que nous sommes.

10 Fraternité :

Les Thérapeutes, dispersés à travers le monde, forment un réseau fraternel. L’hospitalité réciproque est un bonheur dont ils ne se priveront pas. Faisant mémoire de leurs engagements communs, ils partageront volontiers leur temps d’étude et de silence.

Télécharger :

CIT 10 orientations

http://www.college-international-des-therapeutes.eu/

Introduction : Qu’est-ce qu’un thérapeute ?

Il est toujours d’actualité de se poser la question et, dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, de revenir aux sources, aux origines, non seulement à l’étymologie du terme mais à la pratique impliquée par ce terme. C’est à ce titre que nous nous intéressons à ceux que Philon d’Alexandrie appelle les « Thérapeutes », même si leur « art de vivre » semble bien différent de celui qui est vécu par ceux qui portent ce nom aujourd’hui. Mais n’y aurait-il pas là justement matière à réflexion, réévaluation de nos présupposés anthropologiques et source d’inspiration pour un ordre de thérapeutes à venir ? Thérapeutes dont l’anthropologie ne serait pas amputée de la dimension spirituelle, nécessaire au plein épanouissement sinon à la santé de l’homme.

Qu’est-ce que la maladie ? Pourquoi suis-je malade ?

Question sans fin, qui en présuppose d’autres : qu’est-ce que être ? Qui suis-je ? Qui est malade ?

Dans la continuité de ses ouvrages devenus des classiques : Manque et Plénitude et Prendre soin de l’être, Jean-Yves Leloup interroge les Thérapeutes d’Alexandrie, les penseurs de l’Antiquité, les différentes traditions spirituelles et les pratiques analytiques d’aujourd’hui, afin de nous conduire à nous « souvenir de l’essentiel ».

Ces sagesses prennent en compte l’intégralité de l’être humain (corps-âme-esprit/pneuma). Elles l’amènent à la découverte de son Être authentique. On retrouve ici l’approche synthétique et transdisciplinaire qui caractérise l’oeuvre de Jean-Yves Leloup.

Juif de culture hellénistique, Philon d’Alexandrie, contemporain du Christ, est très représentatif des mouvements spirituels d’un milieu où se côtoient les syncrétismes les plus audacieux et les sectarismes les plus virulents. Précurseur d’Origène, il est surtout connu pour son  » art de l’interprétation  » des rêves et des textes sacrés, qui n’est pas sans rappeler celui de la psychologie des profondeurs au XXe siècle.
Dans son livre Les Thérapeutes, présenté et commenté ici par Jean-Yves Leloup, Philon se fait le chantre d’une communauté dont on connaît mal la nature, mais qui se caractérise par son hospitalité et son attention à l’Être dans toutes ses dimensions : corps, âme et esprit. Les Thérapeutes, par cette vision globale de l’Homme, enracinée dans l’anthropologie biblique, préfigure déjà les psychologies contemporaines ouvertes aux domaines du corps et de la spiritualité.