Les surefficient mentaux se bloquent face à l’idée d’être supérieurement intelligent. Tout au plus acceptent-ils l’idée d’une intelligence différente. Mais supérieure, non ! Car le paradoxe est le suivant : plus on est intelligent, plus on doute de l’être et moins on le sait. Alors, ils se débattent avec cette idée d’une intelligence exceptionnelle. Elle les choque même profondément. D’abord et avant tout parce qu’elle va à l’encontre de leurs valeurs d’égalité et de fraternité. Ensuite, s’admettre intellectuellement plus performant que la moyenne fait aussi violence à leur modestie. Enfin, il est plus confortable de se croire juste un peu hypersensible et décalé. Être si intelligent serait encore plus stigmatisant. Certains surefficients m’ont dit que cela confirmerait et rendrait définitif cet isolement qui les fait souffrir.

Profession : diapason

J’invite les surefficients mentaux à prendre avec résignation et fatalisme leur mission sur terre : ils sont des diapasons. Avec ce système de valeur absolu, ce regard clairvoyant, quoi qu’ils fassent, ils ne peuvent pas ne pas donner le la, un la très pur. Alors, les gens qui s’en approchent, comme autant d’instruments de musique, ont ainsi la possibilité de vérifier qu’ils sonnent juste et au besoin de se réaccorder. Il y a alors plusieurs cas de figures : soit la personne sonne juste. Elle est authentique, sincère et saine. Alors, côtoyer un surefficient mental est pour elle un vrai bonheur. Soit la personne est désaccordée. Cette rencontre est pour elle une opportunité précieuse de s’en rendre compte et une réelle chance d’évoluer. […] Et puis il y a ceux qui détestent la musique et qui sont ravis de jouer sournoisement faux pour embêter l’orchestre, tout en faisant semblant d’être justes. Ceux-là détestent évidemment ces diapasons, qu’il faut à toutes fins empêcher de résonner !

Les cinq besoins de base du cerveau [des surefficients mentaux]

Parlons maintenant des besoins de votre cerveau. Il ne s’agit pas de lubie, de caprice ou de petits luxes mais de besoins bien réels. Si l’un de ces besoins n’est pas rempli, votre cerveau est en souffrance. Au fur et à mesure que j’énumère ces besoins, les surefficients mentaux se rendent compte qu’ils les connaissent très bien. Ils ressentent le manque et la souffrance quand ils ne respectent pas ces besoins, mais jusque-là, ils n’avaient pas pris la mesure de leur importance.

Nourrir son cerveau d’apprentissage

Votre cerveau adore apprendre. Sans apprentissage, il déprime et rumine. Comme il a besoin de complexité, il va monter en épingle les moindres éléments qui seront à sa portée, sans y trouver pour autant les nutriments dont il a besoin. Faites-vous plaisir : qu’est-ce que vous auriez adoré apprendre ? Dans quel domaine l’école vous a frustré en ne faisant qu’effleurer une matière qui méritait d’être approfondie ? Il y a sûrement des programmes scolaires dont vous avez loupé la subtilité parce que le contenu était mal présenté ou que le prof était antipathique. Dans un coin de votre tête, vous le regrettez probablement : j’aurai du m’intéresser davantage à… Vous pouvez aussi développer vos capacités dans tous les domaines : décoration, jardinage, cuisine, bricolage, etc.

Quoi que vous désiriez apprendre, vous le pouvez. Il y a deux règles de base :

  • Si vous ne comprenez plus, c’est que vous êtes en train de compliquer quelque chose de plus simple que vous ne le pensez.
  • Apprendre nécessite une phase de persévérance. Même si ça devient un peu complexe ou ennuyeux, c’est un cap à passer.

Accrochez-vous et régalez-vous.

Faire du sport

Le sport va vous aider pour canaliser cette incroyable énergie. C’est une constante en consultation : quand on aborde ce sujet, les surefficients mentaux qui ne font plus de sport réalisent que le sport leur faisait un bien fou et à quel point ça leur manque de ne plus bouger. De plus, le sport aide à combler le déficit de sérotonine et vous bourre de dopamine, votre drogue favorite. C’est certainement par le sport et la relaxation que vous pouvez le mieux améliorer la qualité de votre sommeil. Faites un trou dans votre emploi du temps pour pouvoir y caser le temps nécessaire pour vous défouler.

Exploiter sa créativité

Un cerveau surefficient est fait pour créer. Qu’il s’agisse de création manuelle, intellectuelle ou artistique, votre cerveau doit pouvoir imaginer, inventer, concevoir, fabriquer, produire, construire… Non sollicité sur un projet excitant, il erre dans son arborescence, s’ennuie et déprime. Alors il se déconnecte des réalités quotidiennes et finit par se demander à quoi il sert.

Idéalement, cette créativité devrait être la première raison d’être de votre activité professionnelle. Il y a un énorme gâchis à ne pas exploiter à fond la force créative des cerveaux surefficients. Le plus désolant est quand un surefficient mental travaille dans une fonction purement exécutive, largement en dessous de ses capacités intellectuelles, sans autonomie, écrasé par la lourdeur institutionnelle. […].

De l’art

Indépendamment de votre besoin de créativité, votre cerveau a besoin d’art, c’est-à-dire de « beau » au sens le plus large. […]

De l’affectif : ocytocine et sérotonine

On en parle depuis le début du livre. Vous êtes un gros bisounours ayant besoin que l’amour et la tendresse circulent en abondance dans votre vie. Vous en avez des montagnes à donner, vous savez recevoir aussi. Vous aimez vivre dans le respect et la collaboration avec des gens de bonne volonté ayant les mêmes valeurs que vous. Alors, devenez sélectif dans le choix de vos intimes. […]