Liste des 100 mots
Acte manqué – addiction – ambivalence – amour – anal (analité) – angoisse – anorexie (boulimie) – après-coup – attachement (holding) – autoérotisme – bisexualité – ça (inconscient) – cadre (setting, site) – cannibalique (vagin denté) – castration (fantasme, angoisse, complexe) – clivage (du moi) – complexe d’Œdipe – compulsion (contrainte) de répétition – conflit psychique – contre-transfert – corps – crise d’adolescence – culpabilité (responsabilité) – cure psychanalytique – dépression – désir – désirs d’enfant – détresse (état de) – deuil (travail de) – différences – divan – emprise (pulsion d’) – enfant mort (l’) – envie du pénis (femme phallique, châtrée, castratrice) – état limite – fantasme – faux-self (personnalité « comme si ») – féminité (sexualité féminine) – fétichisme – frère, sœur – Freud – fusion (symbiose) – guérison – haine – homosexualités – honte – humour – hystérie – identification (incorporation) – inceste (désir d’) – indifférence – interprétation – langage – masochisme (sadisme) – mélancolie – mensonge (secret) – mère (le maternel) – mère/fille – moi – moi idéal – mort – narcissisme – névrose obsessionnelle – objet (partiel, total, transitionnel) – oral (oralité) – paranoïa – père  – perversion – phallus (primat du) – phobies – plasticité (de la libido) – préliminaires – psychose – psychosomatique – pulsion – pulsion de mort – rabaissement (de la femme) – refoulement – réalité psychique – règle fondamentale – régression – résistance – retour dans le ventre maternel (sommeil) – rêve (travail du) – scène primitive (origine) – schizophrénie – séduction – séparation – sexualité infantile – silence (du psychanalyste) – souvenir-écran – sublimation – suicide – surmoi (idéal du moi) – symptôme – temporalité (histoire) – tendresse – transfert – trauma (psychique) – visage.

Borderline, cas-limites, états-limites… les mots cherchent moins à cerner une personnalité originale qu’à dire l’incertitude de la limite qui sépare les catégories psychopathologiques, de la limite qui distingue les composantes de la personnalité psychique, des limites qui balisent le territoire du traitement d’âme. Des contributions d’auteurs, eux-mêmes psychanalystes, permettant de comprendre ces états et leurs possibles traitements.

L’expérience est commune, qui nous fait rougir ou mourir de honte. Diverse aussi : honte de ce que je suis ou de ce que je n’ai pas, honte de demander quand il faudrait taire ou de taire quand il faudrait faire, honte de soi ou honte pour eux. C’est toujours sous le regard d’un autre, et le jugement que nous lui prêtons, que la honte nous saisit, et parfois nous ronge. À cet autre qui la fait naître, comment la dire sans en être davantage accablé ?

L’écoute d’un psychanalyste peut aider à la dire sans en mourir, et ce faisant à la déplacer, c’est-à-dire à la transformer. Six analystes s’interrogent, à partir de ce qui survient dans le traitement, sur les accointances inattendues de cet affect avec l’excitation et le plaisir infantiles comme avec la rage et les blessures liées aux défaillances du moi et à la menace de ses idéaux ; ailleurs, c’est avec la culpabilité et la cruauté du surmoi qu’elle pactise. Et si la cure permettait de retrouver la face que la honte nous a fait perdre ?

Durant ces cinquante dernières années, le trouble borderline a navigué entre les névroses et les psychoses, a été appréhendé comme un type de personnalité pathologique, a été rapproché des maladies bipolaires, des désordres narcissiques, des personnalités psychopathiques… Du côté de la psychiatrie, comme de la psychanalyse, la liste de noms donnés à ces folies limites est longue et les qualifications singulières.

Aujourd’hui, l’état limite ne peut plus être défini sérieusement selon une approche extrinsèque  (la définition « ni ni », ni névrotique, ni psychotique) qui risquerait de réduire cette configuration clinique à un fourre-tout privé d’une cohérence interne. Il importe de donner une définition intrinsèque de l’état limite car il ne s’agit ni d’une psychonévrose gravissime, ni d’une prépsychose, ni d’un état passager naviguant entre les structures. Désormais, ce n’est plus tant une pathologie « à la limite de » qu’une pathologie des limites du Moi.

À partir d’une clinique actuelle grandissante, les auteurs soulignent la richesse des débats qui interrogent les limites du système de classification nosographique et poussent à réviser, voire à reconstruire de manière innovante certaines bases théorico-cliniques des techniques de soin.

Cet ouvrage, premier tome d’un traité en 4 volumes (tome 1 : Les névroses ; tome 2 : Narcissisme et dépression ; tome 3 : Psychopathologie des limites ; tome 4 : Les psychoses) est consacré aux névroses. Il analyse l’apport de l’oeuvre freudienne à l’étude de ces pathologies.

En 1985 paraît à Londres un article de Margaret Little, psychanalyste connue pour ses travaux sur les états-limites, faisant le récit de ses trois analyses dont la dernière avec Winnicott. Celui-ci n’a guère laissé de traces sur sa pratique avec les adultes, ceux-ci étant le plus souvent eux-mêmes des analystes. C’est pourquoi M. Little évoque les années passées sur le divan de celui qui fut son analyste, son maître à penser et à pratiquer. Son témoignage (traduit et reproduit dans ce livre) est aussi provoquant que passionnant, la question des limites y est omniprésente : celles du patient, de l’analyste et de l’analyse. L’ensemble de la théorie, de la pratique et des méthodes de l’analyse est « bousculé » par ce témoignage hors du commun.

Dans la traversée de la vie, de ses tout-débuts jusqu’à son extrême fin, dans ses liaisons possibles avec le plaisir ou dans ses dérives mélancoliques, la douleur reste la compagne fidèle du corps et de la psyché.

La douleur relève de l’effraction, par rupture des barrières, par excès d’excitation, une implosion violente qui déborde les limites du moi-corps. Si le privilège est accordé à l’expérience de satisfaction dans la construction du psychisme, du moi et de ses objets, dans la création des fantasmes et des représentations, la douleur fait toujours retour, comme expérience humaine inéluctable et sans doute indispensable parce que toujours liée à la perte d’objet.

La douleur ne se confond ni avec la détresse ni avec la souffrance. Elle en désigne l’au-delà dans une radicalité qui défait les liaisons trop convenues entre les affects et les représentations. Comme éprouvé pur, elle peut exclure la part de l’autre et, en particulier, sa fonction consolatrice. Elle peut aussi et ce sont là son essence et son destin en psychanalyse comme dans la littérature constituer un point d’appel pour les mots et donc pour celui qui les dit ou les écrit.

Pour Freud, il n’y a qu’un seul sexe, le masculin, et il ne changera pas de convictions au cours de son oeuvre. Champ mystérieux,inconnu, caché, continent noir ou terra incognitæ : telles sont ses représentations de la féminité. Il rapporte l’interminable de certaines cures à l’importance qu’occupe le féminin dans les deux sexes : l’envie du pénis chez la femme, la position passive de l’homme.
Comment en est-il arrivé à ces sombres conclusions ? Quelle est l’influence de l’empreinte maternelle dans ce refus ? Quel est l’impact de cette théorie phallocentrique sur la perception du féminin ? Ce sont quelques-unes des questions auxquelles se sont confrontés des psychanalystes de divers horizons. À la faveur de contributions claires et fortement étayées, ils nous permettent de mieux comprendre les enjeux inconscients que révèle le féminin par-delà la différence des sexes.

La négation et le refoulement dont la sexualité féminine a été l’objet à travers les âges et les cultures sont inséparables des représentations démesurées et violentes qui l’accompagnent. La « libération sexuelle » a principalement concerné les femmes. À ce bouleversement des représentations sociales de la sexualité correspond-il une transformation psychique équivalente ?

« Ce serait quand même plus facile si, de temps en temps, elles disaient : “Oh non ! Oh non…” » Elles disaient « Non », elles disent « Oui »… Tout le problème est que la liberté sexuelle conquise par les unes ne crée pas symétriquement des hommes d’autant plus libres. Ce que la sexualité masculine a perdu en triomphe (avec ou sans gloire), elle l’a gagné en incertitude et en questions… Elle est par là même (re)devenue intéressante ! À l’heure de la parité, la domination masculine a perdu de sa tranquillité, le machisme est en berne.
À partir de paroles d’hommes recueillies sur le divan, mais aussi au fil des lectures, Jacques André explore sans détour la vie sexuelle des hommes, sa part la plus intime. Il en interroge les sources, les conflits, les transgressions, les passions, les désirs d’aujourd’hui, qui sont souvent aussi ceux d’hier. Sans fausse pudeur, il sonde ce sexuel qui constitue en chacun de nous la pointe vive de ce qui nous fait jouir… ou défaillir.