Des amis, des collègues, racontent Didier Anzieu, son parcours personnel, de chercheur et d’innovateur de la théorie et de la praxis psychanalytique.

« Je ne crois pas à, l’immortalité de l’âme individuelle. Je crois seulement à l’immortalité des pensées. C’est mieux ainsi. Le penser est ce qui donne à la matière humaine sa forme. Il faut que l’individu meure pour que cette forme continue de prendre forme en d’autres formes, continue de se transmettre vivante en d’autres humains.

J’ai reçu, j’ai transmis. Je me sens quitte envers ceux qui m’ont donné. Soyez quitte à votre tour de la même façon que moi. La caravane des individus passe. La conscience, l’inconscient restent. Il n’y a personne d’autre à remercier. »

L’importance des travaux de Wilfred Ruprecht Bion est exceptionnelle. Ce psychanalyste anglais, trop méconnu du public français, mériterait de figurer dans les encyclopédies, à la suite de Sigmund Freud et de Melanie Klein, ses deux grands maîtres à penser…
Véritable initiateur d’une psychanalyse moderne, W.R. Bion propose, dès les années 50, une  » théorie du groupe  » en psychothérapie analytique. Doté d’un prestigieux sens clinique, il fait progresser nos connaissances des processus de la psychose et reformule l’épistémologie psychanalytique. Tout en devenant le leader des kleiniens, W.R. Bion reste un solitaire dont la pensée ne s’est pas institutionnalisée en une Ecole, même si elle se manifeste dans une relation de maître à élève pour un nombre grandissant de spécialistes.
Le propos du livre de Gérard Bléandonu est de nous faire découvrir le contenu et le style de cette œuvre gigantesque. Plutôt qu’une synthèse théorique, cet ouvrage propose une analyse dont le riche matériel biographique éclaire le sens de la  » nébuleuse bionienne « , montre son développement, son économie et ses conséquences pour la psychanalyse contemporaine.