Conteur infatigable, Wladimir Granoff ne dissimulait pas sa vocation : «J’aimerais être celui dont on dise « c’est celui qui raconte des histoires ».» Ici, l’histoire de la psychanalyse, celle des événements, des idées, leurs chocs et leurs trajets, mais aussi l’histoire inépuisable des hommes, des psychanalystes du passé et de l’actualité, d’appareil ou de cabinet, des fervents de l’œuvre freudienne. Ou la sienne. Et sa personne est si présente dans le récit qu’il réussit à faire entendre la vibration très particulière de son énonciation, tout en invitant à relire Freud dans la langue où «pour chacun, on associe le mieux : la langue de son inconscient».
Wladimir Granoff a été une des figures majeures du mouvement psychanalytique français. Membre de la Société française de psychanalyse, il contribua activement, sous l’égide de Jacques Lacan, à l’extraordinaire effervescence de cette société durant les dix années brillantes de son existence, que beaucoup considèrent comme l’âge d’or de la psychanalyse en France.