On ne voit pas le désir avec le même regard, on ne rêve pas le plaisir avec les mêmes images selon que l’on vit à l’âge de la fresque ou de la gravure sur métal, du daguerréotype ou du pixel, de l’épigramme, du roman ou du clip télévisé. Est-ce un hasard si chaque nouvelle technique visuelle a toujours d’abord été testée sur des images érotiques ? Qu’il s’agisse de peinture, de gravure, de lithographie, de photo, de cinéma, ou d’image numérique, c’est toujours le même scénario : avant d’en chercher les applications utiles ou rentables, on commence toujours par essayer la trouvaille sur une représentation érotique, pour le plaisir. Et à chaque nouveau médium, l’érotisme est confronté à une remise en cause qui l’oblige à se redéfinir, avec parfois le risque d’y perdre son âme ou de disparaître corps et biens.