« Le passé recomposé » est le troisième et dernier livre de F. Pasche constitué de textes qu’il avait choisis. Les lignes de force de son oeuvre apparaissent à travers les thèmes qui regroupent ses travaux indépendamment de l’ordre chronologique. Ce ensemble passionné et cohérent, conduit à ravers l’approche de la mythologie, de l’art et du langage, à un enrichissement des conceptions freudiennes et à la critique de positions extrêmes comme celles de Lacan ou de Viderman. Aucune adhésion à un système préétabli chez F. Pasche pour qui la liberté est une nécessité fondamentale de l’esprit. L’ensemble de ses écris révèle un penseur à la fois généreux et rigoureux, sensible à l’articulation entre psychanalyse et anthropologie.

Le plaisir de penser, de comprendre l’autre ont animé tout le parcours de cet auteur passionné par la psychanalyse.

La psychanalyse n’est pas sortie du néant au début du XXe siècle, pour y rentrer, peut-être bientôt. La métapsychologie freudienne a des antécédents millénaires : mythologies, théologies, métaphysiques. Elle a surgi au milieu d’elles, s’en distinguant par différences et oppositions, trouvant sa place et sa spécificité, mais leur restant liée par une sorte de consanguinité qui explique sans doute cet enrichissement mutuel qui se poursuit depuis son apparition. Cela tient à ce qu’elles constituent des modes de défense et une élaboration comparables contre et à partir des premières angoisses ; c’est ce que l’auteur s’est efforcé de montrer à la lumière de l’analyse de certains mythes, de quelques doctrines philosophiques et de textes religieux. Afin de fonder cette approche, il a poursuivi sa réflexion sur la notion d’angoisse primaire et sur les procédés du moi pour s’en dégager et en faire, parfois, son miel. Mais toutes ces élaborations souvent monumentales affirment une finalité qui leur est, à bien des égards, commune en particulier la connaissance de soi, et plus encore. En effet, qu’elles promettent le bonheur, la sagesse, la sainteté, le salut, il s’agit toujours de changer l’homme, de le parfaire, ne fût-ce qu’en le désabusant ; il s’agit de mettre chacun en face de sa vérité. Cela demande rites, secrets ou non, spectacles, transmission orale, prescriptions pour « conduire ses pensées », tête-à-tête avec un personnage plus ou moins sacralisé ; cela demande un mode d’emploi, en un mot : une praxis. L’examen approfondi de la théorie freudienne de la technique complète notre mise en place de la psychanalyse parmi ces entreprises, et se porte ainsi garant de son lignage et de la pérennité de sa fonction.

C’est par deux livres A partir de Freud et Le sens de la psychanalyse que Francis Pasche est le plus généralement connu. Cependant son œœuvre, à redécouvrir, compte un nombre très grand d’articles couvrant l’essentiel du champ de la psychanalyse ; Un peu plus jeune que Lacan qu’il côtoie à la Société psychanalytique de Paris avant le départ de celui-ci, il développe des modes de pensée qui sont très différents des formulations lacaniennes. Il n’est pour s’en convaincre que de comparer leurs façons de concevoir la notion de sujet, de  » Je « . Sensible à tous les aspects de l’activité du psychisme y compris au cœur de l’expérience traumatique, les hypothèses qu’il propose ouvrent des voies de réflexion fécondes et d’une grande originalité. Les concepts d’antinarcissisme par exemple, ou de dépression d’infériorité ont renouvelé profondément la compréhension des états dépressifs et des modalités de l’investissement amoureux. La métaphore du bouclier de Persée lui sert de support à une théorie nouvelle des états psychotiques et du fétichisme.

La culture contemporaine a tellement assimilé les principaux apports de la psychanalyse qu’il est devenu difficile de percevoir le scandale que suscita la découverte par Freud, en 1897, de ce qu’il appellera des années plus tard le « complexe d’Œdipe ». En affirmant ainsi l’universalité de ce drame, qui constitue l’un des principes organisateurs de la vie psychique, Freud a mis en évidence un ressort essentiel du fonctionnement psychique humain.
Cette notion, l’une des plus banalisée aujourd’hui, demeure pourtant d’une grande difficulté. Le présent ouvrage vise à apporter, de la façon la plus claire possible, des éléments de réponse aux questions que la dynamique psychique œdipienne, trop souvent mal comprise, ne manque pas de susciter.

La mort de la psychanalyse a été annoncée dès sa naissance. Une vieille antienne, donc, à ceci près que du temps de Freud elle venait de ses détracteurs, tandis qu’aujourd’hui il arrive qu’on l’entende aussi du côté des psychanalystes eux-mêmes. Est-ce une crainte lucide ? Un espoir ? Un projet ? Un fantasme dépressif, voire hypocondriaque, dont il faudrait analyser la dimension (auto)destructrice ?

Dans cet ouvrage ont été recueillies les réflexions de divers psychanalystes s’interrogeant sur la place possible de la psychanalyse et sur ses capacités transformatives dans un monde en pleine mutation. De l’ensemble de ces textes se dégage l’idée que si l’analyse est selon toute vraisemblance mortelle, elle est bien vivante aujourd’hui, en tant que façon de penser, d’écouter et d’éclairer nos vies et notre monde intérieur, ouvrant toujours un chemin possible vers une façon plus libre, plus heureuse et plus responsable d’être au monde.

Cet ouvrage est le résultat du travail universitaire d’un réseau de chercheurs réunis dans le cadre d’un Séminaire interuniversitaire européen d’enseignement et de recherche en psychopathologie et psychanalyse. Il témoigne de la possibilité d’un travail de chercheurs partageant les mêmes exigences quant à la méthode clinique et la qualité du travail de recherche. Il témoigne aussi, dans le cas précis de ce travail, que la dépression n’est pas une maladie qu’il suffirait d’éradiquer pour relancer un homme-machine en panne, mais que la dépression a une place et une signification dans notre civilisation.

Ce livre propose une réflexion théorico-clinique sur un outil psychanalytique encore trop méconnu, que l’auteur intitule : Cet autre divan. Il traite d’une autre façon d’utiliser la méthode psychanalytique de Freud pour les pathologies non névrotiques actuelles. Cet autre divan peut éveiller la curiosité, car ici le divan lui-même est un outil de la cure. Ce concept de la psychothérapie psychanalytique corporelle (PPC) est issu de la rencontre des travaux de Julian de Ajuriaguerra et des recherches post-freudiennes sur les pathologies des limites. Avec de nombreuses illustrations, l’auteur montre que la PPC permet le dégagement de l’archaïque traumatique à l’aide de la médiation corporelle, en prenant au transfert contretransfert les traces mnémoniques de la mémoire du corps pour libérer l’énergie libidinale. Ainsi s’opère la revitalisation des différents niveaux du fonctionnement psychique sans qu’aucun n’écrase l’autre, mais bien au contraire maintient vivant le lien entre eux, étant ainsi source de la créativité. L’originalité de cet abord psychanalytique est de faire travailler les paramètres oubliés parce que silencieux dans le cadre psychanalytique classique qui est mis en difficulté par les patients non névrotiques. Ce livre qui donne au corps toute son importance organisatrice pour la psyché montre que nous pouvons innover à partir de Freud pour aider psychanalytiquement ces personnes qui présentent des souffrances identitaires et narcissiques et qui s’adressent à nous.

Nul ne s’émancipe de vingt-cinq siècles d’une conviction dualiste qui, depuis Platon, oppose radicalement l’âme et le corps, et formate à notre insu nos catégories de langue et de pensée. Tout de l’expérience psychanalytique pourtant, celle de ce « corps étranger interne » qu’est l’inconscient, contribue à brouiller des distinctions trop claires. Il n’est de processus « psychique » qui, à l’image de l’angoisse ou du plaisir, ne dispose de son trajet somatique. Mais Psyché ne se contente pas de passer par le corps, elle en détourne les fonctions, à l’image de la faim de la boulimique, de la constipation chronique de l’obsessionnel ou de l’hypertension du patient « psychosomatique ».
La psychanalyse navigue entre deux écueils, celui d’une différence de nature entre corps et psyché à l’image du dualisme cartésien, ou inversement, celui d’une identité à la Groddeck, qui en vient à supprimer l’hétérogénéité du corps, du soma biologique. Le premier écueil ignore à quel point Psyché est corporelle, le second réduit toute pathologie somatique (cancer compris) à un phénomène psychique. Où s’arrête le corps de Psyché, où commence le soma du biologiste ?
« Psyché est corporelle, n’en sait rien ».

La psychanalyse est née dans l’esprit d’un homme, Sigmund Freud. Retracer l’histoire de la psychanalyse, c’est ainsi d’abord faire celle de la découverte freudienne, en comprendre les tâtonnements, les confusions, les erreurs, les succès. C’est montrer aussi qu’il s’agit de l’œuvre d’un homme profondément immergé dans la culture de son temps et qu’elle reste pourtant la matière sur laquelle tous les psychanalystes après lui ont travaillé et travaillent encore. Mais la psychanalyse est à présent plus que centenaire et cet ouvrage nous invite à en suivre aussi les principaux développements théoriques, pratiques comme institutionnels depuis sa naissance jusqu’à nos jours.

« La psychanalyse est un art qui s’applique à comprendre et modifier des phénomènes irrationnels, mais c’est un art rationnel, fondé sur des connaissances positives. Une psychanalyse est toujours une recherche, […] la découverte ne jaillit pas ex nihilo ou des ténèbres de l’inconscient. L’interprétation se forme souvent par tâtonnements progressifs. […] Le psychanalyste n’est ni un devin, ni un sorcier. »
Daniel Lagache nous propose une introduction à l’histoire de la psychanalyse, nous initie aux principes fondamentaux et aux concepts essentiels de cette discipline. Il nous invite à suivre et à comprendre le déroulement d’une cure psychanalytique.

Cet ensemble, qui couvre une longue période, de 1890 à 1938, est publié sous le titre Résultats, idées, problèmes. Cet intitulé avait été donné par Freud à quelques notes rédigées par lui en juin, juillet, août 1938, à Londres.
Ce deuxième volume contient des textes écrits entre 1921 et 1938. Certains n’avaient jamais été traduits, d’autres ont paru dans diverses revues françaises mais sont ici retraduits. Parmi les plus importants nous citerons : Psychanalyse et télépathie, Résistances à la psychanalyse, La prise de possession du feu, Pourquoi la guerre ?, L’analyse avec fin et l’analyse sans fin, Constructions dans l’analyse, Le clivage du moi dans le processus de défense.

Les « retraits psychiques » sont des états dans lesquels les patients peuvent se réfugier pour fuir l’angoisse et la souffrance psychique. Lorsque cela se produit, les patients sont limités dans leur vie et ‘bloqués’ dans leur traitement. L’auteur, qui écrit en pensant aux praticiens, psychanalystes et psychothérapeutes, apporte de nouveaux développements à la pensée kleinienne, afin d’élargir la compréhension des problèmes posés par le traitement de patients gravement atteints. Il décrit la manière dont se construisent les retraits psychiques et, à l’aide d’un matériel clinique détaillé, essaye de montrer comment on peut traiter les patients qui cherchent ainsi à fuir la réalité

Les textes rassemblés dans ce volume jalonnent, de 1894 à 1924, l’évolution de la pensée freudienne concernant la psychopathologie. « Définition, délimitation, description des modes de défense spécifiques des névroses, des psychoses et des perversions, c’est la tâche centrale que se propose Freud tout au long de l’élaboration de sa psychopathologie. » (J. Laplanche)

Est-il imaginable que la psychanalyse soit demeurée indemne du désastre du nazisme ? Pulsion, autoconservation, mystique de l’inconscient : entre la masse soudée autour de son Führer et l’effondrement de l’autonomie du droit, les psychanalystes assistèrent à l’entrée en force de la « nature », de ses forces souterraines et de sa « biologie » dans le champ langagier, politique, racial. Ils ont beaucoup lutté. Mais la transformation des conceptions analytiques qu’ils introduisirent alors ne les a-t-elle pas trahis ? Qu’advint-il de l’énigme de la transformation de la haine individuelle en psychose de masse quand le traitement psychanalytique de la Shoah privilégia l’écoute empathique en donnant la prévalence au trauma et à la pathologie des victimes ? Qu’est-il resté du paradoxe de l’engendrement de l’anti-civilisation par la civilisation elle-même ? Les psychanalystes ont-ils pris la pleine mesure de la désorientation, clinique et théorique, infligée par le déchaînement nazi ?

Après avoir retracé l’itinéraire qui l’a conduit à la compréhension des patients schizophrènes et à la conviction que les états psychotiques pouvaient être traités psychanalytiquement, H. Rosenfeld s’interroge sur les facteurs thérapeutiques et anti-thérapeutiques dans l’analyse. Qu’ils soient liés au rôle de l’analyste ou à celui du narcissisme et de l’identification projective, Rosenfeld démontre que la compréhension de ces deux notions est essentielle pour éviter l’impasse dans l’analyse.

Sa démarche – étayée sur une méthodologie très détaillée et critique – apporte, outre une analyse des phénomènes de collusion, une théorie des relations d’objet narcissique, ainsi qu’une conception originale de l’interprétation, fondée sur une attention très soutenue au transfert et au contre-transfert.

En conclusion, H. Rosenfeld reprend non seulement l’évolution des théories et des techniques analytiques de la psychose et des techniques analytiques de la psychose et des états narcissiques, mais propose, à partir de sa propre évolution, un nouveau modèle d’analyse, qui noue une compréhension précise de l’histoire et de l’organisation mentale du patient au hic et nunc de la situation transférentielle.

« Ce n’est pas la psychanalyse qui est nouvelle, mais Freud. De même que ce n’est pas l’Amérique qui était nouvelle, mais Christophe Colomb. » Par cette formule provocatrice, Arthur Schnitzler prenait acte de la puissance d’innovation liée au nom propre de Freud « découvreur ». C’est un fait que le terme « freudisme » a très tôt doublé la « psychanalyse » — sauf à rappeler que la référence à l’homme Freud ne saurait accréditer quelque « vision du monde », mais ne se légitime que du réel inconscient qu’il a mis au jour.

Cet ouvrage se veut à la fois bilan des effets majeurs de la « pensée Freud », comme contribution majeure de la pensée contemporaine, en ses diverses dimensions, et manifeste de l’engagement freudien. Que mettre sous le terme « freudisme » ? Comment l’expression s’est-elle imposée ? Que signifie « être freudien » ? Quel programme, voire quelle éthique de recherche, soutient la référence au nom de Freud ? Introduire au freudisme, c’est montrer son apport et sa signification sur la triple scène du savoir des processus inconscients (métapsychologie), du symptôme et de la sexualité (clinique) et de la conception de la culture (anthropologie). Ainsi se dessine, au seuil du nouveau siècle, la vitalité chronique de « l’hypothèse de l’inconscient ».

Un ouvrage passionnant, rédigé à partir d’archives freudiennes récemment disponibles, en particulier diverses correspondances de Freud lui-même avec ses disciples. Les auteurs se penchent sur la naissance de la psychanalyse et nous présentent la véritable histoire d’une pensée et d’un mouvement accouchés dans la douleur qui n’ont pas fini de marquer notre histoire. Dans la polémique actuelle suscitée par la parution du Livre noir de la psychanalyse, cet ouvrage peut apporter quelques éclaircissements.

Le concept de mytho-symbolique apparaît sous différentes formes dans les écrits de Jean Laplanche, en particulier dans un texte sur Les trois acceptions du mot « inconscient » dans la théorie de la séduction généralisée (2003) dans lequel l’« inconscient mytho-symbolique » s’oppose à l’inconscient sexuel refoulé et à l’inconscient enclavé. Le mytho-symbolique est essentiellement au service de la traduction par l’enfant du message énigmatique de l’adulte, c’est-à-dire au service de la liaison. Mais il arrive parfois qu’il joue en sens contraire, en constituant une source d’excitation, ou de façon équivoque en favorisant des modes de liaison rudimentaires, ce qui soulève d’intéressantes questions cliniques et métapsychologiques.

Treize spécialistes de l’œuvre de Laplanche en Europe et en Amérique analysent dans ce livre les différentes dimensions du concept.

Quel est le véritable Héraclite ? Celui de Hegel ? Celui de Nietzsche ? Celui de Heidegger ? Un autre ? La présente édition des Fragments de son œuvre perdue vise, en conjuguant l’étude philologique et l’analyse philosophique, à restituer,  autant que cela est possible, la pensée même d’Héraclite, dans son unité et sa cohérence. Ce qui surgit ainsi des ruines du texte est une structure belle, un cosmos, une sorte de temple grec déployant son harmonie dans la durée. Chaque fragment apporte sa précision nécessaire ; chacun est complémentaire de tous les autres; même si quelques-uns, plus décisifs, jouent le rôle de pierres d’angle. De ce temple, profondément logique, émanent un rayonnement, une sagesse, un appel, un espoir. De l’éternelle vérité, aucun philosophe fut-il jamais dans une proximité plus grande ?
Avec Héraclite, dit Hegel, « la terre est en vue ».

« Quelle nécessité de revenir aux fondements et quelle justification à les qualifier de “nouveaux” ? La nécessité, pour moi, est claire : depuis 1969 à Paris VII cet enseignement se poursuit puis se recueille dans la série des Problématiques dont les sous-titres montrent bien de quoi il retourne. Il s’agit, à partir d’un thème d’apparence classique dans la psychanalyse freudienne, de mettre en question, de mettre en cause, de mettre en problème. Mettre en problème c’est ébranler, mettre à l’épreuve jusqu’aux fondements toute l’expérience analytique. Assurément, c’est une problématique privilégiant l’expérience freudienne et centrée sur les concepts freudiens. »
Ce volume conclusif des Problématiques, de « critique incessante des concepts dits fondamentaux qui fondent la psychanalyse », est l’occasion pour l’auteur de repréciser ses positions sur la pulsion, le narcissisme, le langage et bien d’autres thèmes, d’en montrer l’articulation, de revenir au geste fondateur de Freud quand il instaure la psychanalyse, un retour sur Freud qui implique un « travail sur l’œuvre et travail de l’œuvre, travail qui met l’œuvre à la question ».

Ce numéro est consacré à l’un des moments les plus emblématiques et les plus vivants de la psychanalyse : la séance d’analyse. Freud la comparaît à un jeu d’échec, soulignant sa complexité et aussi la difficulté d’en parler. Un siècle plus tard, les pratiques analytiques se sont diversifiées : la séance analytique est désormais proposée selon différents cadres (privés, publiques, voire à distance), aux différents âges de la vie, du nourrisson au grand âge, individuellement ou en groupe. Bien que la référence aux topiques (différences des sexes et des générations) demeure invariable, la diversité des pratiques (psychanalyse sur le divan, thérapie en face à face, psychodrame, thérapie de groupe, consultation, consultation mère/bébé, etc.) introduit des variations dans la nature de la séance, sa fonction, sa fréquence et sa durée. Réfléchir à ces différentes pratiques permet d’interroger les différentes voies curatives proposées par les psychanalystes et de les évaluer.

Persecutio : le mot puise son origine au latin ecclésiastique, de quoi rappeler qu’entre toutes, les persécutions religieuses disposent dans l’histoire d’un triste privilège, inséparable sans doute du jour où un dieu s’est pris pour le seul. L’histoire contemporaine n’y échappe pas, à l’heure ascendante des intégrismes. Les systèmes tota-litaires (non plus un-seul dieu, mais une-seule pensée, un-seul maître) ne sont pas en reste, qui construisent un dedans sans dehors possible. Il arrive que « se sentir persécuté » relève d’une juste perception de la réalité sociale et politique environnante, et non d’une folie projective.

En psychanalyse, le mot doit beaucoup à la paranoïa, qui cultive la persécution jusqu’au délire. Faut-il pour autant en réserver l’usage à la psychose ? La persécution rejette au-dehors la haine, la honte, le désespoir que l’on ne supporte pas au-dedans. Le « il » prend la place du « je ». Car c’est bien, chaque fois, l’étreinte du moi et de l’autre qui s’emballe et tente de se défaire lorsque la peur de ne plus être aimé se transforme en conviction d’être haï. Folie sans doute, mais que celui qui l’écarte complètement jette la première pierre.

« Ce recueil d’impromptus obéit aux mêmes principes que le précédent, Impromptus, publié chez le même éditeur, il y a une vingtaine d’années : il s’agit toujours de textes brefs, écrits sur le champ et sans préparation, entre philosophie et littérature, entre pensée et mélancolie, sous la double invocation de Schubert, qui donna au genre ses lettres de noblesse musicale, et de Montaigne, philosophe “imprémédité et fortuit”. Je m’y suis interdit toute technicité, toute érudition, toute systématisation. Ces douze textes, dans leur disparate, dans leur subjectivité, dans ce qu’ils ont de fragile et d’incertain, visent moins à exposer une doctrine qu’à marquer les étapes d’un cheminement. Un impromptu est un essai, au sens montanien du terme, donc le contraire d’un traité. Si vous n’aimez pas ça, n’en dégoûtez pas les autres. »

Irrationnel

Ce qui n’est pas accessible à la raison : ce qu’elle ne peut, en droit, ne connaître, ni comprendre. Si la raison a toujours raison, comme le veut le rationalisme et comme je le crois, l’irrationnel n’est qu’une illusion ou un passage à la limite : on ne juge irrationnel (c’est à dire incompréhensible en droit) que ce qu’on n’arrive pas , en fait, à comprendre. Ainsi, l’irrationnel n’existe pas. Cela suffit à le distinguer du déraisonnable, qui n’existe que trop.

André Comte-Sponville, Dictionnaire philosophique

Prenant appui sur la théorie de l’appareil psychique développée dans Le moi et le ça, Freud retravaille des concepts présents dès l’origine comme la défense et le refoulement. Une place importante est donnée à la névrose de contrainte et deux histoires de phobie sont réexaminées Le petit Hans et L’homme aux loups. Une nouvelle configuration se fait jour, selon laquelle c’est l’angoisse qui provoque le refoulement, au lieu qu’elle soit produite par lui. En dernière analyse, c’est le trauma de la naissance qui constitue le prototype de toute situation ultérieure de danger ; l’angoisse réapparaîtra chaque fois qu’il y a un danger majeur sous forme d’angoisse de la perte d’objet.

La psychanalyse contemporaine différencie les agir-symptômes retrouvés dans les comportements (addictifs, transgressifs), des agir de transfert. En effet, l’Agieren Freudien se situe bien dans la dynamique transférentielle, et ce livre met en valeur la façon dont l’Agir peut en fait être l’allié de la cure, ouvrant la voie à de nouvelles représentations advenues grâce à ce passage en extériorité. D’une remémoration qui échoue au signe d’expériences traumatiques passées au-delà du plaisir, l’Agir dans la cure se considère comme une adresse que l’analyste doit mettre en forme et aider à symboliser. Les analystes contemporains cherchent à l’appréhender comme le signal et l’avant-scène d’une transformation psychique nécessaire.

Comment introduire à la psychanalyse ? Une introduction universitaire se doit de réintroduire aux mouvements de découverte et aux avancées de la psychanalyse, à l’ensemble du « champ de savoir » analytique, son contenu, sa dynamique, ses thèses, son devenir, sa théorie et son histoire. Ce manuel est subdivisé en trois parties : Fondements – Figures – Perspectives. Principalement destiné aux étudiants, il est devenu un classique pour tous ceux qui cherchent à acquérir les bases de la psychanalyse.

Le fantasme est au cœur de la théorie psychanalytique en ce qu’il implique conjointement l’inconscient et la sexualité. Autour de cette notion centrale, cet ouvrage réarticule et remet en discussion des questions classiques de la psychanalyse : pulsion, désir, objet, représentation, symbolisation, etc.

L’accent est mis sur les fonctions dynamiques et organisatrices les plus spécifiques du fantasme. En ce sens, une importance particulière est accordée à son organisation structurelle et au rôle qu’y jouent les représentations d’actions.

La « dynamique du fantasme » est ici traitée, en liaison avec les modèles du rêve, comme paradigme de l’actualisation des conflits psychiques et de leur élaboration. Cette dynamique implique et engage toutes les relations de désir du sujet à ses objets, dans leur diversité, leur complexité et les potentialités de leur devenir.

La douleur ne peut être absente de la personnalité. Une analyse doit être douloureuse, non parce que la douleur a nécessairement une valeur, mais parce qu’une analyse où la douleur ne serait pas observée et prise en compte ne saurait s’attaquer à une des principales raisons de la présence du patient.

Wilfred R. Bion, Eléments de la psychanalyse

Comment penser le rapport entre la valeur et la vérité ? Si la valeur est vraie, comment échapper à la religion ? Si elle ne l’est pas, comment échapper au nihilisme ? Si la vérité commande, comment échapper au dogmatisme ? Si elle obéit, comment échapper à la sophistique ? Il s’agit ici – à la suite de Diogène et Machiavel, mais aussi de Montaigne, Pascal ou Spinoza – de trouver une autre voie. Le cynique, en ce sens philosophique, est celui qui disjoint les ordres : il ne se fait d’illusions ni sur la vérité (qui est sans valeur intrinsèque), ni sur la valeur (qui est sans vérité objective) ; mais il ne renonce pourtant ni à l’une ni à l’autre.

La vérité ne vaut que pour qui l’aime ; la valeur n’est vraie que pour autant qu’on s’y soumet. Là où se croisent la connaissance et le désir, l’amour rencontre, parfois, la vérité qui le contient. Les cyniques, disait Montaigne, donnent « extrême prix à la vertu » : le cynisme est une philosophie sans foi ni loi, mais non sans fidélité ni courage.

Le fantasme est au cœur de la théorie psychanalytique, autant chez Freud que chez ses héritiers et continuateurs actuels, dans la mesure où il articule deux dimensions fondamentales en psychanalyse : la sexualité et l’inconscient. Cet ouvrage met en évidence les principales implications de l’activité fantasmatique dans la vie psychique, assorties de quelques hypothèses propres à l’auteur.

La pratique de la psychanalyse incluant ses bases théoriques peut être décrite selon des orientations distribuées en cinq axes. Certains d’entre eux constituent des options dominantes, propres aux courants actuels, mais ils sont surtout des potentiels toujours présents auxquels le psychanalyste peu se référer.

On distinguera :

— La psychanalyse logodynamique qui tient à l’essentiel de toute pratique, à la relation de parole qui par elle-même conduit à la découverte du refoulement et de l’inconscient où se révèle le désir. L’écoute de l’analyste soutient cette dynamique des signifiants et du sens en écartant les effets de suggestion. Cet axe est toujours présent dans la cure où le sujet se trouve à juste titre en position d’analysant.

— La psychanalyse technologique regroupe les acquis depuis Freud qui orientent rationnellement la pratique. Elle situe des repères bien mis en évidence par l’expérience, à savoir le cadre, les interprétations, le transfert, le contre transfert et les résistances.

— La psychanalyse idéaloducte répond à la valeur prise par l’idéalisation des théories et des pratiques dans la transmission d’une expérience et d’un savoir, d’une science dans la succession des maîtres à travers les générations.

— La psychanalyse au négatif a mis en relief la nécessité d’une remise en cause continuelle des théories en fonction d’un inconnu, en limitant les interprétations systématiques et abusives, en s’ouvrant à un appel du désir vers des découvertes successives.

— La psychanalyse transgressive à l’exemple des recherches de Frerenczi, de Rank de Reich, offre des voies d’exploration selon des techniques actives ou de suppléance et de compensation, ou libératrices lesquelles au minimum, peuvent être virtuellement évoquées par le psychanalyste.

— Enfin dans un dernier chapitre un examen critique des cinq axes permet d’évaluer le choix exclusif de l’un d’eux et les raisons de recourir aux autres.

Formé dans le cadre de l’éphémère Société française de psychanalyse, Guy Rosolato, élève très proche de Lacan qu’il avait suivi lors de la création de l’Ecole freudienne, a été l’un de ceux qui se sont dégagés de l’influence directe du Maître.

Il a rejoint l’Association psychanalytique de France, dont il est devenu l’un des membres les plus écoutés. Tout en utilisant les présupposés théoriques du premier Lacan, il a poursuivi une voie originale se situant dans le droit fil du post-lacanime tout en restant constamment ouverte aux autres courants de la psychanalyse.

Son oeuvre occupe une place de premier plan parmi les recherches psychanalytiques de ces trente dernières années. Elle a déjà produit un ensemble de concepts et dégagé des perspectives dont la valeur est irremplaçable pour la pratique de la théorie et de la clinique. Elle n’est pas pour autant achevée et la continuité de sa recherche laisse présager d’autres surprises, d’autres inventions.

Liste des 100 mots
Acte manqué – addiction – ambivalence – amour – anal (analité) – angoisse – anorexie (boulimie) – après-coup – attachement (holding) – autoérotisme – bisexualité – ça (inconscient) – cadre (setting, site) – cannibalique (vagin denté) – castration (fantasme, angoisse, complexe) – clivage (du moi) – complexe d’Œdipe – compulsion (contrainte) de répétition – conflit psychique – contre-transfert – corps – crise d’adolescence – culpabilité (responsabilité) – cure psychanalytique – dépression – désir – désirs d’enfant – détresse (état de) – deuil (travail de) – différences – divan – emprise (pulsion d’) – enfant mort (l’) – envie du pénis (femme phallique, châtrée, castratrice) – état limite – fantasme – faux-self (personnalité « comme si ») – féminité (sexualité féminine) – fétichisme – frère, sœur – Freud – fusion (symbiose) – guérison – haine – homosexualités – honte – humour – hystérie – identification (incorporation) – inceste (désir d’) – indifférence – interprétation – langage – masochisme (sadisme) – mélancolie – mensonge (secret) – mère (le maternel) – mère/fille – moi – moi idéal – mort – narcissisme – névrose obsessionnelle – objet (partiel, total, transitionnel) – oral (oralité) – paranoïa – père  – perversion – phallus (primat du) – phobies – plasticité (de la libido) – préliminaires – psychose – psychosomatique – pulsion – pulsion de mort – rabaissement (de la femme) – refoulement – réalité psychique – règle fondamentale – régression – résistance – retour dans le ventre maternel (sommeil) – rêve (travail du) – scène primitive (origine) – schizophrénie – séduction – séparation – sexualité infantile – silence (du psychanalyste) – souvenir-écran – sublimation – suicide – surmoi (idéal du moi) – symptôme – temporalité (histoire) – tendresse – transfert – trauma (psychique) – visage.

Borderline, cas-limites, états-limites… les mots cherchent moins à cerner une personnalité originale qu’à dire l’incertitude de la limite qui sépare les catégories psychopathologiques, de la limite qui distingue les composantes de la personnalité psychique, des limites qui balisent le territoire du traitement d’âme. Des contributions d’auteurs, eux-mêmes psychanalystes, permettant de comprendre ces états et leurs possibles traitements.

En psychanalyse, l’interprétation désigne l’outil princeps de la cure et des traitements. Caractérisée par le sceau du double sens, cette opération décisive est envisagée comme un processus en plusieurs temps et à plusieurs voix. L’horizon professionnel polyphonique des auteurs, psychanalystes, mais aussi traducteur, se veut résolument le reflet de cette multiplicité. Illustrée par de nombreuses vignettes cliniques, L’interprétation réunit réflexions théoriques autour de l’usage de l’interprétation en tant qu’opération de pensée et moyen d’élucidation du transfert au cours des traitements psychanalytiques, et discussions entre spécialistes. L’ouvrage explicite les enjeux de la méthode psychanalytique et propose au final un regard renouvelé sur ce concept central de la psychanalyse.

« Trouver un titre à ce livre.
Il pourrait s’appeler : De l’âme — car c’est bien ce qu’il cherche, ce qu’il s’essaie à dire : cela dans l’homme qui le dépasse, la plus haute partie de lui-même, sa grandeur, sa verticalité, sa spiritualité. Mais puisque “l’âme et le corps sont une seule et même chose”, comme dit Spinoza, autant l’appeler : Du corps. Cela prêtera moins à confusion. »

Du corps est le premier livre d’André Comte-Sponville, resté jusqu’à présent inédit. Dans une préface inattendue, l’auteur jette un regard amusé sur le jeune homme qu’il était quand il affûtait ses premières armes théoriques. Ce portrait du philosophe en quête d’éternité est marqué du sceau de l’authenticité la plus troublante.

Ce Vocabulaire fut publié pour la première fois en 1967 dans une version reliée, puis repris dans la collection « Quadrige ». Son succès, tant en France (plus de 200 000 exemplaires vendus) qu’à l’étranger (des éditions en dix-sept langues, de l’anglais au japonais, du suédois au turc et à l’arabe), ne s’est jamais démenti, preuve de la pertinence de ce travail « encore bien présent, même s’il serait améliorable… Il ne s’agissait pas de faire le tour de Freud mais de lancer des coups de sonde, d’approfondissement. Le contraire même d’une mise en manuel : une mise en problème », selon les termes de J. Laplanche.

L’expérience est commune, qui nous fait rougir ou mourir de honte. Diverse aussi : honte de ce que je suis ou de ce que je n’ai pas, honte de demander quand il faudrait taire ou de taire quand il faudrait faire, honte de soi ou honte pour eux. C’est toujours sous le regard d’un autre, et le jugement que nous lui prêtons, que la honte nous saisit, et parfois nous ronge. À cet autre qui la fait naître, comment la dire sans en être davantage accablé ?

L’écoute d’un psychanalyste peut aider à la dire sans en mourir, et ce faisant à la déplacer, c’est-à-dire à la transformer. Six analystes s’interrogent, à partir de ce qui survient dans le traitement, sur les accointances inattendues de cet affect avec l’excitation et le plaisir infantiles comme avec la rage et les blessures liées aux défaillances du moi et à la menace de ses idéaux ; ailleurs, c’est avec la culpabilité et la cruauté du surmoi qu’elle pactise. Et si la cure permettait de retrouver la face que la honte nous a fait perdre ?

Ce volume présente les textes du colloque de la Société psychanalytique de Paris qui a eu lieu en janvier 2006. les participants ont confronté leurs pratiques, comparé la situation en France et à l’étranger, analysé les axes théoriques communs, évoqué les principes pouvant orienter vers la psychothérapie considérée comme branche contemporaine de la psychanalyse. Des débats passionnés et passionnants.  

Cette première biographie complète de la plus importante des théoriciennes du mouvement psychanalytique s’appuie sur une grande quantité de lettres et de documents inédits. Personnalité aussi riche que controversée, la  » géniale tripière « , comme l’avait un jour qualifiée Jacques Lacan, apparaît ici au long d’une vie que rien ne semblait prédestiner à tant de découvertes : après une enfance à Vienne, dans une famille juive de la classe moyenne, un mariage malheureux la conduit vers 1910 à Budapest, à la rencontre de la psychanalyse avec Sandor Ferenczi qui l’encouragera rapidement à travailler avec de jeunes enfants. A partir de 1920, elle vit à Berlin, bientôt divorcée et en analyse avec Karl Abraham, avant de se rendre à Londres, invitée par Ernest Jones, en 1926. On connaît la suite : son installation définitive en Angleterre où, imposant sa forte personnalité et ses théories novatrices à la British Psychoanalytical Society, elle se voit au centre des controverses les plus ardentes jusqu’à sa mort, en 1960. Sans complaisance hagiographique, Phyllis Grosskurth reconstruit les pénibles moments de sa relation avec sa fille, et les conflits qui l’opposèrent à Anna Freud durant plus de trente ans. Melanie Klein se révèle une créatrice exigeante, concentrée autour d’une œuvre à imposer. Ce livre nous en éclaire la conception et le développement progressif, constituant ainsi une vivante introduction à des suggestions théoriques et pratiques dont on sait la fécondité.

Inspiré du célèbre Vocabulaire de la psychanalyse de J. Laplanche et J.-B. Pontalis, mais conçu de manière à explorer les concepts freudiens dans une perspective historique, le présent dictionnaire est aussi l’enquête la plus complète à ce jour sur la pensée de Melanie Klein et de ses successeurs.

On sait que, lors d’une réunion conjointe des Sociétés britannique et française de psychanalyse en juin 1939, alors qu’Anna Freud présentait ses premières communications, Melanie Klein prit conscience de la nécessité d’établir son propre groupe de travail. Fréquemment dénoncé par les autres analystes, le Groupe kleinien permit l’apparition d’un mode d’interprétation spécifique et fécond et d’une théorie influente sur la schizophrénie qui allaient rencontrer de larges échos dans de nombreux pays.

Controversés ou non, les travaux de Melanie Klein et de ses successeurs « ont ouvert la voie à ces changements dont le moindre n’est pas l’importance accordée aux découvertes relatives à l’enfance et à la petite enfance ». Le présent ouvrage donne au lecteur toutes les clés nécessaires à leur compréhension et à leur évaluation.

Un tel ouvrage entend offrir à la lecture et à l’usage des textes psychanalytiques un instrument méthodologique, à la fois critique, historique et thématique. Il est sans précédent : il existe en effet des dictionnaires des notions psychanalytiques, des dictionnaires de psychanalyse à portée historique, ou encore quelques ouvrages qui présentent des résumés d’œuvres psychanalytiques. Mais, pour la première fois, c’est l’ensemble du corpus fondateur de l’œuvre psychanalytique qui est soumis à une analyse textuelle — tant les textes freudiens, ouvrages et articles fondamentaux (quelque 140 textes de Freud), que les textes-souche postfreudiens (quelque 200 textes).

Auteur d’une trentaine d’ouvrages et de quelque 400 articles touchant essentiellement au domaine impliqué dans ce Dictionnaire, Paul-Laurent Assoun a, au long des trente dernières années, longuement séjourné dans l’univers textuel que forme le monde freudien, en sa langue d’origine, en ayant expérimenté sans cesse la précieuse complexité aux fins de la recherche et de la formation. Ayant voyagé dans les œuvres dites « post-freudiennes » se prolongeant dans la richesse des textes analytiques se tenant dans son sillage, il a investi dans ce travail, produit au cours de ces trois décennies, ce que l’on appelle justement le « fruit » de ces recherches.

Pourquoi donc sommes-nous si accrochés à notre maigre « je » ? Pourquoi refusons-nous d’accepter les leçons les plus radicales des neurosciences ou de la psychologie cognitive à propos de notre « identité » ou de ce que nous aimons à considérer comme notre « libre arbitre » ? Quel mal y aurait-il à accepter que nous soyons le résultat de déterminations qui nous dépassent – et que nos choix ne soient que des coli-fichets ayant pour seule fonction de nous rassurer ? Dans Lost Ego, François De Smet répond à toutes ces questions de la meilleure manière qui soit : en mettant le doigt sur les peurs qui continuent à nous voir nous accrocher aux reliques de notre « moi » en miettes et que nous refusons de regarder en face. Non, nous n’existons pas – mais c’est précisément parce que nous n’existons pas que nous pouvons trouver le moyen de vivre. Seuls, et surtout ensemble.

Toute cure psychanalytique connaît des moments clés, tournants « inauguraux » d’étapes fondamentales. Si ces étapes se passent mal, si le travail n’atteint pas son but, c’est le risque d’une réaction thérapeutique négative.

La relation analytique est un phénomène à deux. Cependant le patient n’est pas un sujet à observer et l’analyste n’est pas un simple miroir. L’analyste repère les fantasmes et les affects transférentiels de son patient mais aussi les siens et ceux qui relèvent de la réunion des deux participants de la situation analytique. Il y a un « tiers », un espace commun tissé par ces deux inconscients.

Paul Denis propose une analyse inédite du complexe d’Œdipe comme un champ permettant à un sujet, enfant ou adulte, de se reconstruire au mieux lorsqu’il est confronté à un événement traumatique tel que la perte, le deuil ou la dépression.
À partir de l’évocation de ces deux expériences psychiques essentielles que sont  la dépression et la séparation, l’auteur envisage différents processus psychiques qui permettent de trouver une ligne créative ou, à l’inverse, contribuent à limiter les mouvements de l’esprit comme « l’isolation » ou ce qui constitue des « fixations ». Il reconsidère la question de la passivité psychique, trop facilement assimilée à une position « féminine » – alors que « le féminin » est une conquête activement gagnée et exercée par les sujets de sexe féminin. La nature et la place des sensations, qu’elles soient le premier temps de la perception ou qu’elles soient cultivées pour elles-mêmes, sont resituées en vue de comprendre leur destin possible vers la douleur dans ses deux versants physique et psychique. Acte, sublimation, création, humour sont alors envisagés dans leur rapport au fonctionnement pulsionnel et à sa régulation par le jeu de forces organisé par le complexe d’Œdipe. Ce serait par cet héritage pulsionnel, nous dit l’auteur, que nous parviendrions à guérir. En un mot : Œdipe deviendrait médecin.