Les essais de Ferenczi, subversifs et transitoires, introduisaient dans la cure des techniques actives de la relaxation et de l’analyse mutuelle. Ils invitaient l’analyste à s’aventurer davantage dans le contact, dans cette sympathie première avec la vie, le monde et le sujet.
Aujourd’hui, la rencontre analytique avec des sujets aux brisures précoces requiert quelquefois de l’analyste la création d’un nouveau dispositif. Dans un cadre suffisamment fiable et contenant, porteur et étayant, souple et vivant, surprenant et symboligène, l’analyste s’engage en séance dans les transitions corporelles nécessaires pour permettre au sujet de s’ouvrir à nouveau à la vie. Il accepte d’être le partenaire réel de l’analysant, le temps pour celui-ci de redevenir l’interlocuteur de lui-même et d’autrui. Il contient activement plusieurs niveaux de réalité pour que la symbolisation s’opère et sorte l’analysant de l’amalgame. Mais on ne touche pas au corps d’autrui sans une éthique relationnelle particulièrement exigeante.
Cinq vignettes cliniques illustrent cette nouvelle pratique de la rencontre analytique et montrent qu’il est parfois inévitable de respirer ensemble par la blessure.