Dès l’invention de la psychanalyse, le groupe fait question. En effet, bien qu’il soit un des modèles majeurs de la représentation du fonctionnement psychique et un des domaines privilégiés de son « application », il sollicite de la prévalence du « on » là où la psychanalyse soutient le mouvement séparateur du Je, la mise au jour de la singularité d’une histoire.

Toutefois depuis un bon demi-siècle, l’élaboration d’un cadre méthodologique a permis de mettre les spéculations sur le groupe a l’épreuve de la clinique, offrant ainsi un dispositif d’accès à des processus et à des formations autrement hors d’atteinte.

René Kaës reprend ici les éléments d’une théorie du groupe dont il avait donné une première formulation dans son ouvrage l’Appareil psychique groupal (Dunod, 1976). La perspective proposée inclut l’espace intrapsychique dans l’investigation psychanalytique du groupe, en même temps qu’elle comprend le groupe comme l’espace intersubjectif qui précède et étaie le sujet de l’inconscient. La notion de sujet du groupe est au coeur de cette problématique, à l’articulation des deux nécessités : celle pour chacun d’être à soi-même sa propre fin, et celle d’être l’héritier, le serviteur et le maillon d’un ensemble intersubjectif.

La clinique de la souffrance narcissique identitaire contraint la psychanalyse à un travail de reprise des fondements de la théorie de la psyché, qui affirmait le primat du principe de plaisir. Pour étayer cette autre clinique, la théorie doit explorer, « au-delà du principe de plaisir », les modèles des fonctionnements psychiques où règne la contrainte de répétition. C’est en reprenant l’histoire de la construction de la théorie freudienne, en l’articulant avec l’apport de Winnicott concernant la transitionnalité, que cet ouvrage essaye de dégager les fondements d’une théorie du processus psychique utilisable pour comprendre et traiter aussi bien les souffrances névrotiques que narcissiques-identitaires.

Cet ouvrage, premier tome d’un traité en 4 volumes (tome 1 : Les névroses ; tome 2 : Narcissisme et dépression ; tome 3 : Psychopathologie des limites ; tome 4 : Les psychoses) est consacré aux névroses. Il analyse l’apport de l’oeuvre freudienne à l’étude de ces pathologies.

La première édition de L’Appareil psychique groupal est parue en 1976. Elle constitue le premier volet d’une théorie psychanalytique des groupes dont l’argument central est que le groupe est un appareil de liaison et de transformation des psychés de ses membres, et qu’une réalité psychique partagée naît de cet appareillage. Une seconde édition comporte des commentaires copieux venant resituer les propositions de 1976 dans leur développement ultérieur. Cette troisième édition propose un enrichissement de l’ensemble.

Cette 3ème édition corrigée et actualisée est composée de 16 articles courts et synthétiques définissant les grands concepts de la psychologie clinique psychanalytique.

L’inconscient. Les pulsions. Le rêve. La projection. L’identification. Les fantasmes. Les mécanismes de défense. L’infantile. Le narcissisme. Le complexe d’Oedipe. La névrose. Les psychoses. Les états limites. La dépression. Le transfert. Le traumatisme.

Les alliances inconscientes sont l’une des principales formations de la réalité psychique. Elles ont une double face.
D’un côté, elles organisent et caractérisent la consistance des liens qui se nouent entre plusieurs sujets.
D’un autre côté, les alliances soutiennent ce que chacun, pour son propre compte, doit refouler, dénier ou rejeter. Elles participent ainsi à la structuration de la vie psychique de chaque sujet. Par structure et par fonction les alliances inconscientes sont donc destinées à produire de l’inconscient et à demeurer inconscientes.
L’ouvrage distingue plusieurs types d’alliances inconscientes : des alliances structurantes, des alliances défensives et offensives, des alliances aliénantes et pathologiques.
De nombreuses situations cliniques, mais aussi des exemples littéraires et cinématographiques, montrent comment fonctionnent le contrat et le pacte narcissiques, l’alliance des Frères, l’alliance symbolique avec le Père, le contrat de renoncement à la réalisation directe des buts pulsionnels, le pacte dénégatif, le déni en commun, le pacte pervers. Une attention particulière est portée aux alliances défensives qui se nouent dans l’espace psychanalytique.

Le débat sur le statut du psychothérapeute et sur les relations entre psychanalyse et psychothérapie fait l’objet de cet ouvrage qui réunit les contributions de cinq grands noms du domaine. Ce livre détaille les caractéristiques du processus analytique dans les dispositifs psychothérapiques pratiques par les psychanalystes : face à face, psychodrame, situation groupale, travail avec les adolescents.

La peau est l’enveloppe du corps, tout comme le moi tend à envelopper l’appareil psychique. Les structures et les fonctions de la peau peuvent donc fournir aux psychanalystes et aux psychologues des analogies fécondes pour les guider dans leur réflexion et leur technique.

L’importance des travaux de Wilfred Ruprecht Bion est exceptionnelle. Ce psychanalyste anglais, trop méconnu du public français, mériterait de figurer dans les encyclopédies, à la suite de Sigmund Freud et de Melanie Klein, ses deux grands maîtres à penser…
Véritable initiateur d’une psychanalyse moderne, W.R. Bion propose, dès les années 50, une  » théorie du groupe  » en psychothérapie analytique. Doté d’un prestigieux sens clinique, il fait progresser nos connaissances des processus de la psychose et reformule l’épistémologie psychanalytique. Tout en devenant le leader des kleiniens, W.R. Bion reste un solitaire dont la pensée ne s’est pas institutionnalisée en une Ecole, même si elle se manifeste dans une relation de maître à élève pour un nombre grandissant de spécialistes.
Le propos du livre de Gérard Bléandonu est de nous faire découvrir le contenu et le style de cette œuvre gigantesque. Plutôt qu’une synthèse théorique, cet ouvrage propose une analyse dont le riche matériel biographique éclaire le sens de la  » nébuleuse bionienne « , montre son développement, son économie et ses conséquences pour la psychanalyse contemporaine.

Conçu en premier lieu pour les étudiants de 1er cycle en sciences humaines, ce manuel concerne tous ceux qui, impliqués dans la gestion et l’animation de groupes, recherchent les outils théoriques susceptibles de les aider dans leur pratique quotidienne. Avec un grand souci de clarté pédagogique, les auteurs proposent : d’une part, une étude des groupes dans une perspective psychosociale, d’autre part, une initiation à la psychologie sociale à partir de son approche spécifique des groupes. Illustré de très nombreux exemples et de mises en situation, cet ouvrage constitue un précieux instrument de travail pour le lecteur, étudiant ou professionnel, désireux de comprendre les phénomènes et enjeux dont les groupes sont porteurs (la quête d’appartenance, la question de l’identité, les processus d’influence, la formation des représentations sociales, les problématiques du pouvoir et du changement), et de se familiariser avec quelques uns des concepts clefs de la psychologie sociale susceptibles d’éclairer ces phénomènes et ces enjeux.