Nous devons déjà à L. Grinberg et à ses collaborateurs un « premier Bion » (publié en France en 1976), et qui a constitué la première introduction à la pensée fascinante du grand clinicien et théoricien. Leur « introduction » était alors enrichie de résumés de livres et articles de Bion qui incitent le lecteur à vouloir en savoir plus. Mais ce présent livre est en même temps un « nouveau Bion », car les auteurs ont apporté des remaniements importants à chaque chapitre, sans compter un chapitre entièrement nouveau dans lequel on trouvera encore des idées clés. Celles-ci tiennent compte des ultimes « extensions » conceptuelles de Bion, puisées dans des écrits encore inédits, et patiemment recueillis par sa femme, Francesca Bion. L. Grinberg et ses collaborateurs ont su cerner toute l’originalité de la pensée bionienne, sans pour autant la détacher de sa filiation avec Freud ni de l’inspiration kleinienne. Nous pouvons aisément imaginer le plaisir des lecteurs qui n’ont pas encore abordé l’œuvre provocante de Bion, lorsqu’ils découvriront ce que nous avons nous-mêmes éprouvé à la lecture de ses premiers livres. A ceux qui connaissent déjà les fondements de sa pensée, ce livre fera découvrir de façon inattendue que le paysage conceptuel connu s’ouvre encore vers d’autres horizons. Grâce au travail de pionniers que sont nos collègues argentins, nous allons pouvoir, à notre tour, suivre l’expansion continue de l’univers bionien.

Les idées novatrices de H. Racker furent révolutionnaires à l’époque où il les exposa et provoquèrent d’importantes controverses. Sans nul doute, le thème le plus révolutionnaire fut celui de la « névrose de contre transfert » qu’il présenta pour la première fois en 1948 à Buenos Aires alors que rien n’avait été écrit sur ce sujet. … Dans ce travail, l’attention principale est dirigée sur la « névrose de contre-transfert » dans laquelle il prend en compte le complexe d’Oedipe positif et négatif, le conflit dépressif de base, et les défenses paranoïdes, maniaques et masochistes face à la dépression.
… Racker montre à travers ces thèmes techniques son respect de l’analysant, son désir d’alléger sa souffrance et de continuer à s’interroger non seulement à propos de la pathologie du patient, mais aussi des sentiments de l’analyste dans sa relation avec lui pour mieux le comprendre, et pour ne pas le blesser avec ses propres résidus névrotiques.
Extraits de la préface de L. et R. Grinberg

« Etre capable de soulager la souffrance des êtres humains et d’apporter ma contribution à la connaissance pour y parvenir, était ce que je désirais depuis longtemps avec une intensité particulière. »
Heinrich Racker.