Sigmund Freud et Romain Rolland ont entretenu de 1923 à 1936 et ne se sont rencontrés qu’une fois. Au fil d’échanges aussi sobre qu’intenses, ils abordent des thèmes tels que la nature de la croyance et l’origine du sentiment religieux – Freud se considérait comme un « juif athée » face à son ami, chrétien sans Église, et le malaise dans la civilisation, qui les préoccupait l’un et l’autre après les massacres de la première guerre mondiale qui précédèrent la montée des totalitarismes et la menace d’un nouveau conflit.
Si le courant passe entre ces deux créateurs fort différents, c’est que des affinités latentes les rapprochent, comme leur stature de héros romantiques et un lien commun avec Goethe et les romantiques allemands. Mais plus encore, en sourdine, un deuil qui les a affectés l’un et l’autre dans l’enfance.
Freud admirait en Romain Rolland l’intellectuel engagé qui défendait les valeurs de la civilisation en dénonçant l’absurdité de la guerre de 1914-1918 et en s’opposant à Hitler. Mais il était plus lucide sur les illusions idéologiques de son ami qui, dans sa période de soutien à l’URSS, oubliera sa dénonciation du totalitarisme stalinien et s’éloignera momentanément de Freud, confirmant ainsi les ambivalences et les impasses de ce passionnant dialogue qui éclaire l’œuvre entière.

Introduction : Qu’est-ce qu’un thérapeute ?

Il est toujours d’actualité de se poser la question et, dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, de revenir aux sources, aux origines, non seulement à l’étymologie du terme mais à la pratique impliquée par ce terme. C’est à ce titre que nous nous intéressons à ceux que Philon d’Alexandrie appelle les « Thérapeutes », même si leur « art de vivre » semble bien différent de celui qui est vécu par ceux qui portent ce nom aujourd’hui. Mais n’y aurait-il pas là justement matière à réflexion, réévaluation de nos présupposés anthropologiques et source d’inspiration pour un ordre de thérapeutes à venir ? Thérapeutes dont l’anthropologie ne serait pas amputée de la dimension spirituelle, nécessaire au plein épanouissement sinon à la santé de l’homme.

Qu’est-ce que la maladie ? Pourquoi suis-je malade ?

Question sans fin, qui en présuppose d’autres : qu’est-ce que être ? Qui suis-je ? Qui est malade ?

Dans la continuité de ses ouvrages devenus des classiques : Manque et Plénitude et Prendre soin de l’être, Jean-Yves Leloup interroge les Thérapeutes d’Alexandrie, les penseurs de l’Antiquité, les différentes traditions spirituelles et les pratiques analytiques d’aujourd’hui, afin de nous conduire à nous « souvenir de l’essentiel ».

Ces sagesses prennent en compte l’intégralité de l’être humain (corps-âme-esprit/pneuma). Elles l’amènent à la découverte de son Être authentique. On retrouve ici l’approche synthétique et transdisciplinaire qui caractérise l’oeuvre de Jean-Yves Leloup.

Ce n’est pas un homme, c’est de la dynamite.
Pionnier de la psychanalyse, neurologue visionnaire, anarchiste et féministe radical, fondateur du « mouvement érotique », végétarien convaincu, écologiste avant l’heure et inspirateur des dadaïstes, Otto Gross (1877-1920) est une figure centrale de la modernité.
A Monte Verità, une colonie pré-hippie où se croisent Hermann Hesse, Isadora Duncan et le révolutionnaire Kropotkine, il est le gourou d’une jeunesse en quête de liberté sexuelle et de nature. Disciple rebelle de Sigmund Freud, il fait basculer le destin de Carl Gustav Jung qui le nomme son « frère jumeau » avant de le déclarer dément.
Son internement sur ordre de son père, le professeur Hans Gross, célèbre criminaliste, incendie la presse européenne et mobilise Apollinaire, Blaise Cendrars et toute l’intelligentsia en lutte contre le patriarcat.
Dans cette fresque romanesque qui nous entraîne en Patagonie, à Zurich, Munich, Berlin, Vienne, et jusqu’au cœur de la Grande Guerre, Marie-Laure de Cazotte, auteur de À l’ombre des vainqueurs, récompensé par de nombreux prix littéraires dont le Prix du Roman historique, retrace avec brio et profondeur l’épopée de cet esprit considéré par Michel Onfray comme « le grand oublié de l’histoire de la psychanalyse ».

Juif de culture hellénistique, Philon d’Alexandrie, contemporain du Christ, est très représentatif des mouvements spirituels d’un milieu où se côtoient les syncrétismes les plus audacieux et les sectarismes les plus virulents. Précurseur d’Origène, il est surtout connu pour son  » art de l’interprétation  » des rêves et des textes sacrés, qui n’est pas sans rappeler celui de la psychologie des profondeurs au XXe siècle.
Dans son livre Les Thérapeutes, présenté et commenté ici par Jean-Yves Leloup, Philon se fait le chantre d’une communauté dont on connaît mal la nature, mais qui se caractérise par son hospitalité et son attention à l’Être dans toutes ses dimensions : corps, âme et esprit. Les Thérapeutes, par cette vision globale de l’Homme, enracinée dans l’anthropologie biblique, préfigure déjà les psychologies contemporaines ouvertes aux domaines du corps et de la spiritualité.

« Yin-Yang » est le nom donné en chinois au fonctionnement de tout le vivant. Cette unité changeante, ce mouvement incessant, cette danse de tout l’univers se dit en un seul mot. Or, en français comme dans toutes les langues occidentales, « Yin » et « Yang » sont deux mots. Voilà où commence le quiproquo.
Avec le talent narratif et pédagogique qui a fait le succès de ses nombreux livres, Cyrille Javary nous introduit dans l’esprit chinois à travers cette clé essentielle : « Yin » n’est pas plus une entité que « Yang », ils n’ont pas d’existence propre. Car l’hiver n’est pas « l’hiver », mais ce qui deviendra l’été, avant de redevenir hiver… Chacun est le futur et le passé de l’autre, sans qu’on puisse leur attribuer une substance, une quelconque fixité.
S’il heurte toutes nos habitudes de pensée, ce genre d’énoncés peut nous conduire à une compréhension plus subtile du monde, et nous aider à mieux aborder les problèmes que nous rencontrons. Ainsi que l’écrit Danielle Elisseeff dans sa postface, « cet ouvrage opère une petite révolution. Tout se passe comme s’il parvenait à déplacer le curseur de nos perceptions et de nos émotions… » À travers mille exemples concrets, l’auteur nous entraîne dans un passionnant voyage dans le temps, jusqu’à l’aube du néolithique…

Imaginez un livre
qui serait comme un ami de papier.

Imaginez un livre
qui vous aide à explorer
votre propre esprit.

Imaginez un livre
qui vous entraîne vers le plus beau,
le plus simple
et le plus étonnant des voyages.

Un voyage dans votre vie.
Un voyage dans vos rêves.
Un voyage hors du temps.

Ce livre vous le tenez entre vos mains.

Le discours dominant prétend que la psychanalyse est périmée. En réalité, elle doit s’adapter. Le monde d’aujourd’hui n’est plus celui de Freud ni de Lacan. Une société nouvelle entraîne de nouveaux comportements et de nouveaux malaises.
« Dépoussiérer » la psychanalyse, la confronter au contemporain implique de réfléchir à ces symptômes, à la frontière entre le pathologique et le social, en repensant le cadre de la cure, à l’heure des consultations via Skype.
Comment la psychanalyse peut-elle trouver sa place dans un monde dominé par la culture du résultat, de l’efficacité et de la réussite ? Dans un monde où le temps n’a plus de valeur et où l’évaluation chiffrée est permanente ?
En se métamorphosant et en se réinventant nous répond Elsa Godart dans cet essai brillant qui ouvre de passionnantes perspectives.

Mettre en relation l’oeuvre et la vie d’André Green, appréhender le processus théorique chez lui comme le processus psychanalytique – en grande partie indépendant des intentions conscientes de son auteur : tel était l’objectif de ces entretiens. Au long de ce livre foisonnant, l’oeuvre se dessine ainsi en devenir, dans son évolution historique, éclairant au passage d’une lumière nouvelle de nombreuses notions telles que la vérité de l’affect ; la relation maître-élève ; la question des origines et du refoulement et celle de l’identité ; la psychiatrie et les neurosciences ; la psychanalyse appliquée ; la clinique des limites et les limites de l’analyse ; l’amour ; les philosophies libertaires ; le besoin d’illusion ; l’influence de Lacan…

La vogue de la méditation en Occident répond à un besoin essentiel de notre société contemporaine : reprendre son souffle et trouver un sens dans une course s’accélérant sans cesse. Marc de Smedt a réuni ici les plus grands connaisseurs de la méditation pour interroger ce phénomène qui a bousculé les frontières traditionnelles des spiritualités. Soulevant des questions souvent laissées dans l’ombre, ces différents points de vue éclairent les métamorphoses actuelles de ces pratiques ancestrales.
La méditation sera-t-elle la grande aventure des futures décennies en Occident ?

Ce numéro de la revue Question de est repris en poche avec les contributions de : Christophe André, Yvan Amar, Catherine Despeux, Gilles Farcet, Nathalie Ferron, Aurélie Godefroy, Elisabeth D. Inandiak, Thierry Janssen, Christine Kristof-Lardet, Elisabeth Marshall, Fabrice Midal, Philippe Nassif, Brigitte Anne Neveux, Daniel Odier, Olivier Py, Roland Rech, Matthieu Ricard, Isabelle Sorente, Annick de Souzenelle, Jean-Philippe de Tonnac, Serge Valletti, Jacques Vigne.

Quelles sont les valeurs éthiques et spirituelles des Chinois, et en quoi peuvent-elles nous parler ? Les mots « dieu », « esprit », « immortalité » ont-ils pour eux le même sens qu’en Occident ? Le taoïsme, le confucianisme et le bouddhisme sont-ils des croyances, des philosophies, des sagesses ? À partir de sa connaissance intime de la Chine, Cyrille Javary, auteur d’une monumentale traduction du Yi Jing, nous introduit à la perception qu’ont les Chinois eux-mêmes de leur univers spirituel et nous donne les clefs pour l’appréhender. Du chamanisme archaïque et toujours vivace aux cultes contemporains, tel celui de Mao, en passant par les enseignements de Lao Zi et de Confucius, il retrace avec clarté une histoire plurimillénaire de rivalités  autant que de dialogues et d’influences. Surtout, il nous montre ce que ces sagesses ont d’universel.

La solitude est le mal du siècle et les surdoués, par leur extrême sensibilité, y sont particulièrement exposés. Pour avoir pendant longtemps recueilli leur parole, Monique de Kermadec, psychothérapeute et psychanalyste, est allée au plus près de cette souffrance souvent inavouable. Elle nous invite ici à identifier l’origine de ce sentiment afin de ne plus en souffrir mais, au contraire, d’en faire une force. Car la capacité à être seul est indispensable à la connaissance de soi et donc des autres.
Quels sont les liens entre solitude et isolement  ? Comment s’exprime cette solitude sous sa forme négative et quelles sont les manifestations de sa souffrance  ? Ses causes objectives et ses raisons subjectives ?
En répondant à ces questions et à tant d’autres, Monique de Kermadec livre les clés qui permettront à chacun de découvrir les pouvoirs de la solitude afin d’y trouver une source d’épanouissement et de construction personnelle.

Un voyage inédit aux sources du langage et de la peinture.
Dans ce livre unique, Alain Rey et Fabienne Verdier partent à la découverte des sources de leur inspiration langagière et picturale. Les forces telluriques, la musique, le chant de la terre, le cosmos… À deux voix, ils dessinent les contours des formes sensibles du monde : une « polyphonie » littéraire et artistique, illustrée des tableaux, des films, des Carnets et des photographies de l’artiste à l’œuvre dans son atelier.

« Nasr Eddin est au plus mal. Sa femme est là, l’imam est là ainsi que le cadi qui est venu entendre ses dernières volontés :
– À l’école coranique, dit le Hodja dans un souffle, je lègue dix mille dinars…
– Mais mon cher mari, le coupe aussitôt Khadidja, nous n’avons jamais possédé une telle somme !
– Dis donc, proteste-t-il en se redressant un peu, c’est toi qui meurs ou c’est moi ? »
Du monde arabe aux pays balkaniques, en passant par l’Asie mineure et centrale, la renommée de Nasr Eddin Hodja – Ch’ha au Maghreb – est sans pareille. Tous les peuples qui connaissent ses aventures se sont approprié le mythique « savant », dont on ne sait jamais si la folie dissimule une grande sagesse… ou l’inverse. Jean-Louis Maunoury, qui régale depuis longtemps les lecteurs français de ses aventures et pitreries, nous en offre ici l’ultime recueil.

Texte fondateur du taoïsme, le Lao Tseu, connu également sous le titre de Tao te King (Livre de la Voie et de la Vertu), est aujourd’hui encore l’une des clefs les plus précieuses pour pénétrer la pensée chinoise. Ce grand classique se présente ici sous un nouveau visage, grâce au travail du sinologue Jean Lévi, qui s’est penché sur les versions les plus anciennes de ce texte, calligraphiées sur bambou ou sur soie, récemment retrouvées. Ces manuscrits offrent la particularité remarquable d’inverser l’ordre des parties (« Le Livre de la Vertu » y précède le « Livre de la Voie ») et d’être complétés par un autre texte : les Quatre canons de l’empereur jaune. Accompagnée de commentaires éclairants, cette nouvelle traduction permet de saisir toute l’ampleur de la pensée taoïste jusque dans ses versants politiques et stratégiques : la Voie se fait Loi.

« Mon ami Serge a acheté un tableau. C’est une toile d’environ un mètre soixante sur un mètre vingt, peinte en blanc. Le fond est blanc et si on cligne des yeux, on peut apercevoir de fins liserés blancs transversaux. Mon ami Serge est un ami depuis longtemps. »

Le taoïsme ne correspondait tout d’abord qu’à une classification de bibliographe où l’on faisait entrer des ouvrages attribués à Lao Zi (ou Lao Tseu, son nom est associé au Tao Te King, le Livre de la Voie et de Vertu), à Zhuang zi (ou Tchouang-Tseu, auteur d’un traité éponyme) et au mythique « empereur jaune  » Huang di. Cette philosophie repose sur la dialectique universelle des principes féminin et masculin et de la non-existence et de l’existence (Yin et yang). Suivre la voie du Tao, c’est vivre en harmonie avec la nature, respecter la liberté humaine, pénétrer la source de vie qui imprègne toute chose. Allant aux sources mêmes de cette pensée, la rendant accessible, mettant à la disposition du lecteur quelques-uns de ces textes fondateurs, Isabelle Robinet, qui fut l’une des meilleures spécialistes françaises du taoïsme, nous livre ici une excellente introduction à la méditation taoïste. Les pratiques de la Grande Pureté sont caractérisées par l’intériorisation de pratiques antérieures : les techniques sexuelles sont converties en une union symbolique des principes masculin et féminin ; les anciennes méthodes magiques, sublimées, se détachent de la quête des pouvoirs surnaturels et se concentrent sur la transformation de l’âme ; le rituel passe au second plan pour laisser place à la solitude et au silence du méditant. Considérés comme les plus profonds des Ecrits sacrés de la Chine, les textes de la Grande Pureté constituent l’un des plus importants maillons de cette chaîne qui relie le taoïsme des premiers siècles à celui d’aujourd’hui. Isabelle Robinet nous en offre une lecture particulièrement éclairante.

Pour réaliser cette anthologie, Jean-Pierre Dahdah a recherché dans toute l’oeuvre de Khalil Gibran, en anglais ou en arabe, ainsi que dans sa correspondance, les joyaux de sa pensée, les passages fulgurants, les textes éclairants, les maximes et adages utiles à notre existence et à notre réflexion.
Cette sélection est articulée selon le plan même de son chef-d’oeuvre, Le Prophète, afin de rester proche des thèmes chers au poète, thèmes majeurs qui l’ont fasciné toute sa vie durant.
Ce recueil nous propose donc les textes essentiels qui nous permettent de mieux comprendre l’originalité profonde de l’inspiration de Khalil Gibran.

Né il y a plus de deux mille ans, le taoïsme fait partie des « trois enseignements » de la Chine, avec le confucianisme et le bouddhisme. Mais tandis que ces deux derniers sont centrés sur une figure fondatrice, il est pratiquement impossible d’en attribuer une au taoïsme. Celui-ci s’est formé en intégrant différents courants puisés au fonds ancien de la Chine. Suivre la voie du Tao, c’est vivre en harmonie avec la nature, respecter la liberté humaine, pénétrer la source de vie qui imprègne toute chose.
Allant aux origines mêmes de cette pensée, la rendant accessible, mettant à la disposition du lecteur quelques-uns de ses textes majeurs, dont ceux de Lao zi (ou Lao Tseu), et de Zhuang zi (ou Tchouang-Tseu), Isabelle Robinet nous livre ici une excellente introduction.

John Blofeld est avec Alexandra David-Neel, Govinda ou Bacot un des grands découvreurs de la spiritualité orientale de ce siècle. II vécut, avant et après la Seconde Guerre mondiale, plus de la moitié de son existence en Extrême-Orient. En Chine, où il passa de nombreuses années, il devint le disciple de maîtres taoïstes et découvrit des pratiques et des rites restés inconnus jusqu’alors des Occidentaux.
Voici donc un passionnant et authentique témoignage sur la vie des monastères taoïstes telle qu’elle était vécue avant la Révolution culturelle. Epoque qui n’est pas si révolue puisque la Chine assiste aujourd’hui à un retour de toutes les pratiques et théories issues de l’antique taoïsme.

Durant les dix ans qu’elle passa en Chine, Fabienne Verdier fut formée à l’art du trait – mais aussi à l’ascèse et à la méditation taoïstes – par les plus grands maîtres calligraphes. Cette transmission au plus haut niveau de la tradition picturale chinoise à une Occidentale – et qui plus est, à une femme – constitue une expérience unique : Fabienne Verdier est tout à la fois le témoin vivant d’une discipline orientale millénaire, et une artiste contemporaine occidentale au plein sens du terme. Elle maîtrise non seulement les techniques de la peinture et de la calligraphie chinoises, mais aussi l’esprit et la philosophie qui les sous-tendent, au point qu’elle peut se permettre d’en bouleverser les règles par des apports totalement novateurs.
Les créations qui composent ce livre sont des interprétations de poèmes anciens et d’idéogrammes exprimant des concepts philosophiques, ou des voyages dans l’univers minéral et végétal. Les textes qui accompagnent les couvres, et dont ils sont la matrice, expriment une profonde communion avec la nature. L’art calligraphique se fonde en effet sur une adéquation parfaite entre l’âme de l’artiste et le  » principe qui régit toute chose ». II exige une implication totale du corps et de l’esprit. Après des heures de silence et de concentration, toute la difficulté réside dans le fait qu’une fois le geste amorcé, le sort du tableau est joué sans qu’il soit possible de revenir en arrière : « La règle se fonde sur l’Unique Trait de pinceau, écrivait au XVllle siècle Shitao, l’un des plus grands peintres chinois. L’Unique Trait de Pinceau est l’origine de toutes choses, la racine de tous les phénomènes. »
Les préfaces passionnantes de deux spécialistes de la pensée chinoise, Cyrille J.-D. Javary et Jacques Dars, mettent en évidence la dimension spirituelle de cet art, et la façon très singulière par laquelle Fabienne Verdier excellé à la transmettre. L’Unique Trait de pinceau est avant tout une invitation à retrouver une unité primordiale, et à porter un autre regard sur le monde sensible.

Lao Tseu, qui aurait vécu six siècles avant notre ère, est avec Confucius, dont il fut le contemporain, le personnage le plus illustre de l’antiquité chinoise. Quant au Tao Te King qui lui est attribué, sur des bases d’ailleurs moins historiques que légendaires, c’est sans aucun doute l’ouvrage le plus souvent traduit de toute la littérature extrême-orientale.
Ces quelque cinq mille caractères chinois ont donné lieu à d’innombrables traductions et interprétations. La présente version se situe résolument dans la perspective d’une adaptation de l’antique sagesse à notre monde et à notre langage contemporains. Plus que jamais, en effet, notre conscience occidentale a besoin d’entendre ces paroles fascinantes, porteuses du secret spirituel de l’Orient.

Cette planète est notre berceau mais nous l’avons saccagée.
Nous ne pourrons plus jamais la soigner ni la retrouver comme avant.
Quand la maison s’effondre, il faut partir.
Recommencer tout,
autrement et ailleurs.
Le Dernier Espoir, c’est la fuite.

Décidant d’aller voir si l’aventure humaine peut recommencer ailleurs, un jeune ingénieur en aéronautique conçoit et fabrique un gigantesque voilier solaire, capable de se propulser dans le vide interstellaire. A son bord, 144.000 passagers, dont la descendance aura une chance de parvenir à destination, après un voyage de 1000 ans.

Une liste des obligations vis-à-vis de soi-même

Voici, pour l’adulte surdoué, un mémo d’exercices à faire au quotidien, de consoles à méditer pour retrouver une cohérence dans sa vie et renouer le dialogue avec soi-même.

  • Trouvez un sens à votre destin, à vos actes, à vos désirs.
  • Devenez conscient de ce qui a de l’importance à vos yeux, et rassemblez vos pensées et vos actions pour soutenir votre définition du sens.
  • Gardez à l’esprit que vous vous souciez davantage d’être aimé que d’être ce que vous aimez, et qu’il faut inverser cette tendance.
  • Votre réussite ne peut se construire en suivant le chemin tracé par les autres. Elle ne peut se bâtir que sur des choix personnels.
  • Personne ne peut établir pour vous le chemin que vous devriez prendre. Choisissez la voie que vous aimez, pour le meilleur et pour le pire.
  • Vous n’avez pas à faire carrière dans tout ce qui a du sens à vos yeux, mais il vous faut trouver une place pour quelque chose qui en a. c’est l’équilibre à trouver.
  • Votre personnalité ne détermine pas une réussite durable. C’est ce que vous faites avec votre personnalité qui compte.
  • Ceux qui bâtissent voient dans chaque expérience l’occasion d’apprendre. Une faiblesse, un pas en arrière n’affectent pas de façon durable leur confiance en eux-mêmes.
  • On ne peut réussir à trouver le bonheur, et une certain bien-être dans sa vie, sans s’impliquer avec foi et passion dans une action ou dans un travail de recherche. ces actions, recherche et travaux, il faut s’y engager sans compter sur une récompense en argent, en pouvoir ou en admiration de l’entourage. Il faut s’engager par ce que c’est essentiel pour soi.
  • Visez un succès durable : ce que vous faites doit avoir un sens profond pour vous, vous passionner au point d’en perdre la notion du temps, et en dépit des critiques.
  • Adoptez une nouvelle façon de penser, avec audace, optimisme et responsabilité.
  • Adoptez une nouvelle façon d’agir, avec efficacité. Ayez une idée précise de ce qui est à accomplir, tout en acceptant que sa réalisation ne sera jamais aussi parfaite que l’idée que vous en aviez.
  • Renoncez à aller très vite. Réprimez votre impatience chronique. Notre époque entretient le mythe que tout doit et peut se faire très vite. Or la vitesse n’est pas garante de la perfection ni de la réussite.
  • Réfutez le mensonge de notre époque : la réussite n’est pas dans la célébrité.
  • Utilisez les nouvelles technologies avec méfiance et parcimonie. Elles flattent votre surefficience intellectuelle et entretiennent l’arborescence de votre pensée ; elles vous permettent d’accomplir plusieurs tâches dans un même moment, abolir le temps et les distances, d’être toujours avec tout le monderons être jamais avec personne… cependant, elles augmentent en proportion votre solitude.
  • Rappelez-vous cette phrase du psychologie Robert Sternberg, auteur d’un ouvrage sur l’« l’intelligence qui réussit » : « L’intelligence devrait être de savoir quand penser et agir rapidement, et quand penser et agir lentement » ; et celle de l’écrivain James Thurber : « Tout homme devrait chercher à savoir avant qu’il ne meure ce qu’il cherche à éviter, ce qu’il recherche, et pourquoi. » […].
  • Apprenez à écouter ! Cela vous permettra d’entendre les petites voix étouffées depuis si longtemps et, ainsi, de mieux vous connaître pour être efficace dans vos choix. Savoir ce que vous désirez fera la différence entre la foi et le doute, le courage et la peur, le succès et l’échec.
  • Le dialogue intérieur contient les clés de vos perceptions, de vos décisions, de vos actions et de la meilleure façon de vivre votre vie.
  • Apprenez à distinguer entre celles de vos pensées qui résultent de ce que vous avez appris et que vos parents et vos enseignants vous ont répété tout au long de votre vie et celles qui émanent de votre sagesse intérieure. la méditation est un excellent moyen pour y parvenir.
  • Privilégiez les objectifs spirituels aux objectifs matériels. l’adulte surdoué est hautement sensible à tout ce qui est spirituel. Il est doté d’un haut sens de la justice et d’une profonde empathie à l’endroit de ceux qui souffrent. Et comme, le plus souvent, il juge le monde extérieur frivole et superficiel, il trouvera de la joie dans une consécration spirituelle ou dans l’accomplissement d’une vocation, bien plus qu’en gagnant de l’argent.
  • Rappelez-vous qu’être à ce que l’on fait, cultiver sa singularité, ce n’est pas se différencier, voire mépriser le monde, c’est s’en rapprocher et créer des liens avec lui.

« Impulsion et maîtrise, science du passé et spontanéité de l’instant, Orient et Occident, le travail de Fabienne Verdier semble non se jouer des contraires mais vouloir les concilier en une inédite et paradoxale unité. (…) La liberté de son travail actuel ne s’explique que par la longue ascèse de son travail d’apprentissage de la calligraphie, vécue moins comme un exercice formel que comme vecteur d’une culture riche et complexe, celle de la pensée chinoise, puis au contraire par la relecture, à travers ce filtre spécifique, de sa culture première. (…) Ses dernières œuvres conjuguent monumentalité et fragilité, comme si, nouvelle Alice ayant traversé le miroir, après avoir effectué sa traversée des signes, elle avait retrouvé l’envie, à nouveau, de concilier l’inconciliable. »

Daniel Abadie

Par l’auteur du Prophète, 322 maximes sur la liberté, la justice, l’amour, l’art, le temps, l’espace, la guerre, le génie, le bien et le mal, les lois, les valeurs morales, le savoir, le sacré…
Ces aphorismes, que Khalil Gibran notait sur des bouts de papier au fil de son inspiration, nous livrent la quintessence de la pensée du grand poète et philosophe du Liban.

Depuis des années, Monique de Kermadec est à l’écoute de la solitude et de l’extrême difficulté à s’intégrer des adultes surdoués. Elle explore ici la souffrance particulière de ces personnalités à part et ses conséquences sur la famille, la profession, ou l’amour. Et propose d’y remédier par un travail de reconnaissance de la souffrance, par l’acceptation de son abandon, par le travail de résilience.

Il est possible de sortir de situations d’échec en créant un lien nouveau avec le monde… à condition de s’en donner les moyens. Mais les outils thérapeutiques à disposition aujourd’hui ne conviennent pas tous aux adultes surdoués. Ce livre en propose une évaluation critique afin de les orienter vers les outils qui leur seront d’une aide efficace.

Forte de son expérience de thérapeute, Monique de Kermadec apporte ainsi un démenti lumineux à l’idée que souffrir serait une fatalité.

Le taoïsme est un grand courant de pensée qui imprègne depuis l’Antiquité toute la culture chinoise. Mal connu jusqu’à aujourd’hui en Occident, cette philosophie est redécouverte grâce à l’engouement actuel pour les arts et disciplines qui s’en inspirent (Tai-chi, Qigong…). Le coffret les Maîtres du Tao réunit trois textes, tous édités dans la collection « Spiritualités vivantes », qui, au cœur de l’enseignement taoïste, ont acquis le statut de classique :

– Le Tao te king ou « Livre de la Voie et de la Vertu » de Lao tseu (Laozi) enseigne la conduite à tenir pour vivre en harmonie avec le Tao. Le livre comprend 81 courts chapitres sous forme d’aphorismes et d’images poétiques.

– Tchouang tseu illustre le principe de la transformation des êtres. Collection d’essais, de poèmes et d’histoires, Le Rêve du papillon se présente sous forme de paraboles et d’allégories.

– Le Traité ou « Vrai classique du Vide parfait », de Lie tseu (Liezi), présente des compilations sur le vide et la cosmologie.

Ouvrage, à la fois méditatif et poétique, dans lequel Jacques Salomé nous propose plusieurs thèmes de réflexion qui ont une portée universelle, dans le sens où ils vont toucher chacun au plus intime de lui-même. Que l’auteur parle d’amitié, d’amour, de tendresse, de souffrance, de séparation ou de grandes et petites douleurs et joies, il établit une connivence réelle avec son lecteur que se reconnaît dans le miroir ainsi tendu, avec toutes ses imperfections, ses espoirs et aussi sa quête d’absolu. Illustré par les dessins de Dominique de Mestral, qui sont comme autant de ponctuations colorant et dynamisant symboliquement ses propos.

Les mots Zen, en japonais, Ch’an, en chinois, viennent du sanscrit dhyana, qui signifie : méditation. Le Zen n’est ni une religion, même s’il se rattache au bouddhisme, ni une idéologie, même si une profonde philosophie naquit de la graine semée par le Bouddha, mais tout simplement l’acte de méditer la vie et de la vivre en pleine conscience. En posture de zazen (la méditation assise) mais aussi en chacun des actes de la vie quotidienne.
La pratique du Zen est donc l’essentiel que légua le maître Taisen Deshimaru (1914-1982) à l’Occident. Cet album présente, par les mots et par l’image, son enseignement ainsi que celui des grands patriarches de la tradition.

Portrait de l’adulte surdoué

Outre l’essence même de son intelligence, […] il est nanti de traits de personnalité qui le singularisent et qu’on ne peut, d’emblée, assimiler aux caractéristiques de l’intelligence telle que nous la définissons habituellement.

Ainsi, pour la plupart des adultes surdoués, on note une intensité exacerbée des émotions et de l’expression de leurs sentiments.

On note aussi une hyperperception de leurs cinq sens et un don réel de lucidité.

On retrouve aussi, chez tous, une grande maladresse en société, notamment dans leurs interventions en public.

Mais pour établir ce portrait avec le plus de rigueur possible, commençons par distinguer quatre formes d’intelligence, aujourd’hui clairement définies par les psychologues : cognitive, émotionnelle, relationnelle et créative. Pour chacune d’elle, les caractéristiques qui suivent sont classées de la plus fréquente à la plus rare.

Pour ce qui concerne l’intelligence cognitive

  • Capacité exceptionnelle à raisonner et goût pour le raisonnement ;
  • Esprit de synthèse et compréhension immédiate (pensée magique) ;
  • Soif d’apprendre ;
  • Attirance pour la complexité, la difficulté dans le choix des problèmes à résoudre ;
  • Indépendance d’esprit dans l’apprentissage, tendance à l’autodidactisme ;
  • Large vocabulaire, facilité d’élocution, plaisir et attirance pour les mots, les expressions verbales ;
  • Compréhension rapide des nouveautés ;
  • Excellente mémoire à long terme ;
  • Saisie aisée des concepts mathématiques ou scientifiques ;
  • Goût vorace pour la lecture ;
  • Elaboration de pensées abstraites ;
  • Capacité à travailler en même temps, intellectuellement, sur plusieurs pistes ou disciplines différentes.

Pour ce qui concerne l’intelligence émotionnelle

  • Hypersensibilité ;
  • Sens aigu de l’humour et du comique de situation ;
  • Sens aigu de l’observation, perspicacité sur les sentiments d’autrui ;
  • Sentiments passionnés, affections compulsives ;
  • Sensibilité extrême aux changements subtils d’atmosphère ;
  • Introversion ;
  • Tolérance pour l’ambiguïté ;
  • Capacité à envisager un problème sous différents angles, différents points de vue ;
  • Sens du merveilleux et capacité à l’émerveillement ;
  • Ouverture aux expériences nouvelles ;
  • Stabilité émotionnelle, sérénité.

Pour ce qui concerne l’intelligence relationnelle

  • Tendance marquée à questionner ou à contester l’autorité, à poser des questions embarrassantes ;
  • Propension au non-conformisme ;
  • Sentiment d’une différence, d’un décalage permanent avec les autres ;
  • Sentiment d’enfermement et de solitude ;
  • Très grande propension à la compassion ;
  • Très grande propension à l’empathie, à aider les autres à se comprendre eux-mêmes.

Pour ce qui concerne l’intelligence créative

  • Très grande propension à l’invention ;
  • Grande originalité dans l’imagination et la création ;
  • Curiosité insatiable ;
  • Idées inhabituelles ;
  • Tendance à connecter entre elles des idées traditionnellement opposées ou indépendantes les unes des autres, à marier les concepts ;
  • Imagination vivace et permanente, déployée dans tous les domaines d’activités, de la plus intellectuelle à la plus pragmatique et quotidienne.

Pour parachever le tableau de l’adulte surdoué, il faudrait ajouter ses qualités morales. Là encore, l’étude de ces individus a permis de dégager un certain nombre de points communs, dont on verra qu’ils ne sont pas sans conséquences dans leurs rapports avec leur entourage affectif ou professionnel :

  • Les adultes surdoués sont des perfectionnistes qui ont tendance à placer la barre toujours très haut, pour eux-mêmes et pour les autres ;
  • Ils sont plus sensibles aux défis personnels qu’aux récompenses décernées par la société ;
  • Ils sont préoccupés par les questions mystiques, par la recherche de vérité et la découverte d’un sens à la vie ;
  • Ils aiment les défis et les prises de risque ;
  • L’injustice, les conduites immorales les indignent. Ils possèdent d’ailleurs de fortes convictions morales, un sens de l’intégrité et de l’honnêteté ;
  • Il arrive, pour un petit nombre d’entre eux, qu’ils soient visionnaires ou qu’ils pressentent, pour leur vie, un destin à accomplir ou une mission personnelle à conduire ;
  • Ils aiment passionnément les discussions ardentes, la sincérité et la tolérance ;
  • Ils sont en général dotés d’une grande énergie, d’une formidable capacité d’attention et d’effort, de concentration exceptionnelle dans les domaines qui les attirent ;
  • Ils peuvent travailler jusqu’à l’épuisement ;
  • Ils ont sporadiquement besoin de contemplation et de solitude ;
  • Ils sont hypersensibles à leur environnement, dans toutes les acceptions du terme : changement de température, sons incongrus, parfums, dissonances, fautes de goût, matière des meubles, des tissus et des vêtements ;
  • Par manque de confiance en eux, ils ont tendance à l’autodérision, à l’autocritique, voire à l’autodénigrement.

pose-toi la question, être ministre à la cour,
ou être un immortel dans la forêt, peut-on comparer ?
un pichet de bon vin, un fourneau pour l’élixir,
le bonheur de s’endormir en pleine journée
en écoutant le vent dans les pins

La tradition taoïste, qui célèbre la vie pleinement vécue et la jouissance de l’instant présent, a donné à la Chine ses meilleurs poètes. Ce sont eux qui ont su rendre dans leurs poèmes l’atmosphère si particulière du tao et du zen. Cheng Wing fun et Hervé Collet ont réuni un nombre appréciable de ces poèmes qui esquissent les contours d’un ordinaire merveilleux dans une anthologie organisée en sept thématiques : la cabane, la cuisine, le vin et l’ivresse, le thé, les livres, la musique et la visite à un maître.

Être surdoué est une richesse formidable pour réussir sa vie. Alors pourquoi y a-t-il tant d’adultes surdoués malheureux ? Pourquoi tant d’anciens enfants précoces sont-ils en situation d’échec social, professionnel et sentimental ? Pourquoi les femmes et les hommes à fort potentiel vivent-ils si mal leur différence ?

Nourri de son expérience de clinicienne et des dernières recherches sur le sujet, le nouveau livre de Monique de Kermadec constitue un guide indispensable pour comprendre les adultes surdoués.

Cet ouvrage offre également aux surdoués les clés nécessaires pour réapprendre à s’estimer, se construire, trouver l’âme soeur, s’épanouir enfin dans la plénitude de leurs talents et de leur extraordinaire personnalité, et s’adresse aussi à leurs proches, alliés fondamentaux, pour qu’ils les aident à désamorcer leurs conduites d’échec.