Si Freud n’a pas construit à proprement parler une théorie de la mémoire, c’est sans doute parce que toute son œuvre, des Études sur l’hystérie à L’homme Moïse, en passant par L’interprétation du rêve et Au-delà du principe de plaisir, ne traite que de la mémoire et de ses défaillances – oublis des noms propres, impressions de «déjà-vu», répétition prenant la place de la remémoration, amnésie infantile..
Comment rendre compte de la complexité de la mémoire humaine, de ses lacunes et de ses troubles, sinon en affirmant l’existence de différents «systèmes mnésiques», autrement dit de plusieurs mémoires? Comment l’éphémère et l’indestructible peuvent-ils aller de pair?

Ce volume contient les textes suivants :
– Sur le mécanisme psychique de la propension à l’oubli
– Un trouble de mémoire surt l’Acropole
– Sur la fausse reconnaissance («déjà raconté») pendant le travail psychanalytique– Sur les souvenirs-écrans
– Éphémère destinée
– Note sur le «bloc-notes magique»
– Remémoration, répétition et perlaboration
– Constructions en analyse

Freud avait un faible pour les histoires de «marieurs» dont on trouvera plusieurs échantillons savoureux dans ce livre. C’est que le Witz – le mot ou le trait d’esprit – met en rapport des choses et des pensées hétérogènes : il les condense, il les combine ou, mieux, il les marie, le plus souvent dans une mésalliance qui déclenche le rire de l’auditeur et surprend même celui qui l’énonce. Le Witz réussi a la fulgurance de l’éclair.
Le mot d’esprit est ici analysé, dans sa technique et dans ses visées, comme le furent, quelques années plus tôt, le rêve et les actes manqués. C’est qu’il est comme eux, aux yeux de Freud, une formation de l’inconscient plus qu’une production volontaire.
Le mot d’esprit ou l’esprit des mots.