Introduction : Qu’est-ce qu’un thérapeute ?

Il est toujours d’actualité de se poser la question et, dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, de revenir aux sources, aux origines, non seulement à l’étymologie du terme mais à la pratique impliquée par ce terme. C’est à ce titre que nous nous intéressons à ceux que Philon d’Alexandrie appelle les « Thérapeutes », même si leur « art de vivre » semble bien différent de celui qui est vécu par ceux qui portent ce nom aujourd’hui. Mais n’y aurait-il pas là justement matière à réflexion, réévaluation de nos présupposés anthropologiques et source d’inspiration pour un ordre de thérapeutes à venir ? Thérapeutes dont l’anthropologie ne serait pas amputée de la dimension spirituelle, nécessaire au plein épanouissement sinon à la santé de l’homme.

Juif de culture hellénistique, Philon d’Alexandrie, contemporain du Christ, est très représentatif des mouvements spirituels d’un milieu où se côtoient les syncrétismes les plus audacieux et les sectarismes les plus virulents. Précurseur d’Origène, il est surtout connu pour son  » art de l’interprétation  » des rêves et des textes sacrés, qui n’est pas sans rappeler celui de la psychologie des profondeurs au XXe siècle.
Dans son livre Les Thérapeutes, présenté et commenté ici par Jean-Yves Leloup, Philon se fait le chantre d’une communauté dont on connaît mal la nature, mais qui se caractérise par son hospitalité et son attention à l’Être dans toutes ses dimensions : corps, âme et esprit. Les Thérapeutes, par cette vision globale de l’Homme, enracinée dans l’anthropologie biblique, préfigure déjà les psychologies contemporaines ouvertes aux domaines du corps et de la spiritualité.

Quelles sont les valeurs éthiques et spirituelles des Chinois, et en quoi peuvent-elles nous parler ? Les mots « dieu », « esprit », « immortalité » ont-ils pour eux le même sens qu’en Occident ? Le taoïsme, le confucianisme et le bouddhisme sont-ils des croyances, des philosophies, des sagesses ? À partir de sa connaissance intime de la Chine, Cyrille Javary, auteur d’une monumentale traduction du Yi Jing, nous introduit à la perception qu’ont les Chinois eux-mêmes de leur univers spirituel et nous donne les clefs pour l’appréhender. Du chamanisme archaïque et toujours vivace aux cultes contemporains, tel celui de Mao, en passant par les enseignements de Lao Zi et de Confucius, il retrace avec clarté une histoire plurimillénaire de rivalités  autant que de dialogues et d’influences. Surtout, il nous montre ce que ces sagesses ont d’universel.

« Nasr Eddin est au plus mal. Sa femme est là, l’imam est là ainsi que le cadi qui est venu entendre ses dernières volontés :
– À l’école coranique, dit le Hodja dans un souffle, je lègue dix mille dinars…
– Mais mon cher mari, le coupe aussitôt Khadidja, nous n’avons jamais possédé une telle somme !
– Dis donc, proteste-t-il en se redressant un peu, c’est toi qui meurs ou c’est moi ? »
Du monde arabe aux pays balkaniques, en passant par l’Asie mineure et centrale, la renommée de Nasr Eddin Hodja – Ch’ha au Maghreb – est sans pareille. Tous les peuples qui connaissent ses aventures se sont approprié le mythique « savant », dont on ne sait jamais si la folie dissimule une grande sagesse… ou l’inverse. Jean-Louis Maunoury, qui régale depuis longtemps les lecteurs français de ses aventures et pitreries, nous en offre ici l’ultime recueil.

Le taoïsme ne correspondait tout d’abord qu’à une classification de bibliographe où l’on faisait entrer des ouvrages attribués à Lao Zi (ou Lao Tseu, son nom est associé au Tao Te King, le Livre de la Voie et de Vertu), à Zhuang zi (ou Tchouang-Tseu, auteur d’un traité éponyme) et au mythique « empereur jaune  » Huang di. Cette philosophie repose sur la dialectique universelle des principes féminin et masculin et de la non-existence et de l’existence (Yin et yang). Suivre la voie du Tao, c’est vivre en harmonie avec la nature, respecter la liberté humaine, pénétrer la source de vie qui imprègne toute chose. Allant aux sources mêmes de cette pensée, la rendant accessible, mettant à la disposition du lecteur quelques-uns de ces textes fondateurs, Isabelle Robinet, qui fut l’une des meilleures spécialistes françaises du taoïsme, nous livre ici une excellente introduction à la méditation taoïste. Les pratiques de la Grande Pureté sont caractérisées par l’intériorisation de pratiques antérieures : les techniques sexuelles sont converties en une union symbolique des principes masculin et féminin ; les anciennes méthodes magiques, sublimées, se détachent de la quête des pouvoirs surnaturels et se concentrent sur la transformation de l’âme ; le rituel passe au second plan pour laisser place à la solitude et au silence du méditant. Considérés comme les plus profonds des Ecrits sacrés de la Chine, les textes de la Grande Pureté constituent l’un des plus importants maillons de cette chaîne qui relie le taoïsme des premiers siècles à celui d’aujourd’hui. Isabelle Robinet nous en offre une lecture particulièrement éclairante.

Pour réaliser cette anthologie, Jean-Pierre Dahdah a recherché dans toute l’oeuvre de Khalil Gibran, en anglais ou en arabe, ainsi que dans sa correspondance, les joyaux de sa pensée, les passages fulgurants, les textes éclairants, les maximes et adages utiles à notre existence et à notre réflexion.
Cette sélection est articulée selon le plan même de son chef-d’oeuvre, Le Prophète, afin de rester proche des thèmes chers au poète, thèmes majeurs qui l’ont fasciné toute sa vie durant.
Ce recueil nous propose donc les textes essentiels qui nous permettent de mieux comprendre l’originalité profonde de l’inspiration de Khalil Gibran.

Né il y a plus de deux mille ans, le taoïsme fait partie des « trois enseignements » de la Chine, avec le confucianisme et le bouddhisme. Mais tandis que ces deux derniers sont centrés sur une figure fondatrice, il est pratiquement impossible d’en attribuer une au taoïsme. Celui-ci s’est formé en intégrant différents courants puisés au fonds ancien de la Chine. Suivre la voie du Tao, c’est vivre en harmonie avec la nature, respecter la liberté humaine, pénétrer la source de vie qui imprègne toute chose.
Allant aux origines mêmes de cette pensée, la rendant accessible, mettant à la disposition du lecteur quelques-uns de ses textes majeurs, dont ceux de Lao zi (ou Lao Tseu), et de Zhuang zi (ou Tchouang-Tseu), Isabelle Robinet nous livre ici une excellente introduction.

John Blofeld est avec Alexandra David-Neel, Govinda ou Bacot un des grands découvreurs de la spiritualité orientale de ce siècle. II vécut, avant et après la Seconde Guerre mondiale, plus de la moitié de son existence en Extrême-Orient. En Chine, où il passa de nombreuses années, il devint le disciple de maîtres taoïstes et découvrit des pratiques et des rites restés inconnus jusqu’alors des Occidentaux.
Voici donc un passionnant et authentique témoignage sur la vie des monastères taoïstes telle qu’elle était vécue avant la Révolution culturelle. Epoque qui n’est pas si révolue puisque la Chine assiste aujourd’hui à un retour de toutes les pratiques et théories issues de l’antique taoïsme.