À une époque où la sécurité nous est donnée comme valeur principale, où l’exacerbation des peurs de toutes sortes et la servitude volontaire sont encouragées, ce livre fait l’éloge de la prise de risque. Cet ouvrage pose comme question centrale : qu’est-ce que risquer sa vie, à savoir prendre le risque de vivre ? Dans de courts chapitres, sont explorés les divers lieux où le risque se rencontre : la vie amoureuse, la séparation, la dépendance, mais aussi la vie sociale, le langage ou les biotechnologies.

C’est dans la cadre de son engagement auprès de la SDN pour la paix et le désarmement qu’Einstein propose à Freud, en 1931, de collaborer avec lui à une brochure sur les racines psychologiques de la guerre et les moyens de l’empêcher à l’avenir. l’échange épistolaire entre les deux hommes, qui s’étaient déjà rencontrés et qui s’admiraient à bonne distance, met en lumière leurs divergences aussi bien que leur commune lucidité vis-à-vis des urgences et des périls du siècle : à l’idéal visionnaire d’Einstein, celui d’un arbitrage supranational dont les ressorts restent à penser, Freud répond en insistant sur la puissance de la pulsion de mort et suggère que le chemin de la paix universelle sera encore long et imprévisible. Les nazis, arrivés au pouvoir quelques semaines avant la publication de Pourquoi la guerre ?, en interdiront aussitôt la diffusion.