Pourquoi le maniement du transfert est-il si difficile ?  Pourquoi rechigne-t-on tant à explorer le contre-transfert ? Freud avait-il raison de nous mettre en garde contre les dangers  “radioactifs” du transfert ?

Ce recueil, constitué de sept essais du grand psychanalyste argentin León Grinberg, offre une réflexion précieuse sur l’un des phénomènes les plus délicats de la technique analytique : le transfert et le contre-transfert. Ces travaux, déjà largement reconnus sur un plan international, sont parus en espagnol ou en anglais dans différentes revues entre 1956 et 1995 ; leur traduction en français est maintenant chose faite. Rédigé dans un langage technique mais facile d’accès, ce livre reprend aussi bien les textes pionniers de l’auteur sur le sujet que des articles de synthèse plus tardifs, suivis d’un texte rétrospectif où Grinberg questionne les fils conducteurs de son parcours de clinicien et de théoricien.

Ouvrage indispensable à l’analyste en formation, il ne manquera pas d’intéresser également, pour son importance historique et critique, les analystes les plus aguerris.

Quels modèles théoriques inspirent principalement la psychanalyse actuelle ? Comment comprendre les lois de l’inconscient face à celles de la réalité émotionnelle ? Quelle est la différence entre le transfert et la relation analytique, la dépression mélancolique et la dépression non mélancolique ? Comment travailler avec le contre-transfert ou avec les identifications projectives ? Comment aborder, dans la cure, le narcissisme et la construction des refuges psychiques ? Voici quelques-uns des nombreux sujets auxquels Franco De Masi s’attaque dans cette série de leçons psychanalytiques données à l’Institut de formation de Milan. Pleinement averti des transformations qui agitent la psychanalyse contemporaine, l’auteur passe en revue les fondamentaux de la pratique de l’analyste. Portant haut les couleurs d’une psychopathologie proprement psychanalytique, l’ouvrage contextualise l’émergence de certains concepts-clés et suit leur évolution au fil du temps, fournissant à l’analyste en formation un panorama extrêmement clair et utile de la psychanalyse clinique d’aujourd’hui. 

Nous sommes après Freud, bien sûr, et aussi avec Freud, pour penser les problèmes de notre temps. Selon moi, la plupart des analystes français sont freudiens, mais « freudiens » ne veut pas dire orthodoxe. On ne prétend pas que Freud a tout dit, qu’il a réponse à tout.

André Green, Entretiens avec Fernando Urribarri, « Dialoguer avec André Green »

En présentant douze entretiens tenus entre 1992 et 2011, Fernando Urribarri restitue ici une vingtaine d’années de dialogue avec les plus grandes figures du postlacanisme français. D’abord élèves de Jacques Lacan à l’époque du glorieux
« retour à Freud », Laplanche, Pontalis, Aulagnier, McDougall et Green, allaient bientôt se séparer du « Maître» pour développer leurs propres pensées, inspirées avant tout d’un retour à la clinique.

Comme l’explique Pontalis, auteur du célèbre Vocabulaire de la Psychanalyse, dans l’un de ces entretiens, c’est en appliquant à la lettre la consigne lacanienne du « retour à Freud » que, paradoxalement, les plus brillants parmi cette génération finiront par s’éloigner de Lacan : un exercice de radicalité salutaire puisqu’il jettera les bases d’une pensée psychanalytique renouvelée,
non dogmatique, en phase avec les bouleversements nosologiques
du XXIe siècle.

Dans l’essai introductif, Urribarri revient sur le contexte historique de ces dialogues et en explicite l’importance pour le psychanalyste d’aujourd’hui.