Ferenczi occupe, dans l’histoire de la psychanalyse, une place particulière. l’un des cliniciens les plus doués, l’un des penseurs les plus inventifs, et sans doute le plus estimé de Freud, il fut aussi l’un des plus controversés.

Nous présentons un Ferenczi « patient et psychanalyste », tout à la fois l’homme de passion et l’homme de savoir. La première partie prend en compte, à partir de sa correspondance avec Freud, ou de son Journal Clinique, la dimension pathétique de son transfert à Freud. La seconde analyse, à travers les aspects les plus originaux de sa pensée et de son œuvre, sa contribution spécifique à la théorie psychanalytique, et son apport, parfois contesté concernant les développements récents dans le champ de la clinique et des thérapeutiques.

La transversalité de la psychanalyse témoigne avec les neurosciences et le sociopolitique de « l’intelligence du corps » mise en forme par la notion d’empathie qui porte en elle-même la limite du soi et de l’autre, du singulier et du collectif. Peut-on parler du corps, ou des corps définis, dont la diversité des approches relationnelles interroge la sensibilité ? Si la conception de l’archaïcité fait sortir d’un dualisme psyché/matière, de quelle sensibilité s’agit-il ? Celle d’un « Je », carrefour de bouleversants impacts émotionnels, traces enracinées à l’insu du sujet dès sa naissance ? Ces traces ne surgissent-elles pas tout au long d’une vie, favorisant la pensée, l’imagination et la rencontre avec autrui ? A travers un point de vue anthropologique, et chacun dans sa spécificité, les auteurs se retrouvent autour des concepts qui animent le Collège International de Psychanalyse et d’Anthropologie.
Cet ouvrage éclaire les nouvelles formes de subjectivation et tente de saisir la complexité de l’empathie, d’en dégager les mouvements et les appartenances qui contribuent à donner à l’homme sa qualité d’être humain.