Entretiens

Avec Lin-tsi, son fils spirituel, et Ma Tsou, l’ancêtre de sa lignée spirituelle, Houang-po (?-850) est sans doute l’un des plus remarquables représentants de la mystique bouddhiste tch’an (zen) dite de Hong-tcheou, soit l’expérience immédiate de la réalité absolue, qu’il nomme esprit un. « Cet esprit, jamais venu à l’existence, n’a jamais cessé d’exister. Illimité et insondable, on dirait l’espace vide. »

Son discours non duel, fondé essentiellement sur la contradiction, fait écho aux préoccupations de son auditoire de chercheurs spirituels. « Hors l’Éveil, il n’est aucune Réalité, et si l’Éveil avait une quelconque réalité, ce ne serait pas l’Éveil », répète-t-il inlassablement, à la suite du Bouddha. Et comme Houang-po nie toute transmission de son Éveil, car en celui-ci il n’est pas d’autre susceptible de recevoir quoi que ce soit, aucun être se prenant pour tel ne peut le dire ou le penser. Seule une silencieuse coïncidence ouvre l’accès à la Voie où l’esprit se dissout et s’affine au fil de sa pureté primordiale.

Le livre est constitué en grande partie de questions et de réponses mais pas seulement. On y trouve également un discours d’encouragement lors d’une sesshin, la traduction de chants, des récits d’illumination de pratiquants et des correspondances et pour finir le récit autobiographique du parcours de Philip Kapleau. Ce livre est donc extrêmement riche et par conséquent impossible à résumer.

L’enseignement de Krishnamurti repose sur la conviction que les transformations de la société ne peuvent se faire qu’au terme d’une transformation des individus. Critique vis-à-vis des religions et des sectes, Krishnamurti n’aura de cesse de répéter que le bonheur passe par le refus de tout type d’autorité. C’est le sens des multiples conférences qu’il a données pendant des dizaines d’années, partout dans le monde.

« Dès l’instant où vous suivez quelqu’un, vous cessez de suivre la Vérité. »

Le Sens du bonheur– un best-seller mondial – nous permet de voir le monde autrement. Sans parti pris, universelle, la parole de Krishnamurti nous fait découvrir les racines mêmes de nos problèmes personnels et de ceux de la société qui nous entoure. Il nous apprend l’art de voir et d’écouter avec notre cœur. Et à découvrir la Vérité qui est en nous.

« Nous devons avoir l’esprit neuf d’un débutant, affranchi de toute possession, un esprit qui sait que tout est en changement continuel. Rien n’existe si ce n’est momentanément dans sa forme et sa couleur actuelles. Une chose coule en une autre sans pouvoir être saisie. Avant la fin de la pluie, nous entendons un chant d’oiseau. Même sous la neige épaisse, nous voyons poindre des perce-neige et des pousses nouvelles. »

Shunryu Suzuki

La voie et sa vertu

Malgré son contenu très bref, le Tao-tê-king, attribué par la tradition au philosophe Lao-tzeu, a joué un rôle particulièrement important dans l’histoire de la civilisation chinoise. Dès le IVe et le IIIe siècle avant J.-C., son influence était considérable.

La prodigieuse fortune du Tao-tê-king a été due en partie à sa forme littéraire, et singulièrement au fait qu’il abonde en aphorismes et en paradoxes susceptibles d’être pris soit à la lettre, soit au sens figuré. D’où la possibilité pour les philosophes des écoles les plus diverses de se réclamer de lui ; d’où, aussi, le nombre étonnant de proverbes courants qui sont tirés de ce livre.

Texte chinois présenté et traduit par François Houang et Pierre Leyris