« Trouver un titre à ce livre.
Il pourrait s’appeler : De l’âme — car c’est bien ce qu’il cherche, ce qu’il s’essaie à dire : cela dans l’homme qui le dépasse, la plus haute partie de lui-même, sa grandeur, sa verticalité, sa spiritualité. Mais puisque “l’âme et le corps sont une seule et même chose”, comme dit Spinoza, autant l’appeler : Du corps. Cela prêtera moins à confusion. »

Du corps est le premier livre d’André Comte-Sponville, resté jusqu’à présent inédit. Dans une préface inattendue, l’auteur jette un regard amusé sur le jeune homme qu’il était quand il affûtait ses premières armes théoriques. Ce portrait du philosophe en quête d’éternité est marqué du sceau de l’authenticité la plus troublante.

Pourquoi donc sommes-nous si accrochés à notre maigre « je » ? Pourquoi refusons-nous d’accepter les leçons les plus radicales des neurosciences ou de la psychologie cognitive à propos de notre « identité » ou de ce que nous aimons à considérer comme notre « libre arbitre » ? Quel mal y aurait-il à accepter que nous soyons le résultat de déterminations qui nous dépassent – et que nos choix ne soient que des coli-fichets ayant pour seule fonction de nous rassurer ? Dans Lost Ego, François De Smet répond à toutes ces questions de la meilleure manière qui soit : en mettant le doigt sur les peurs qui continuent à nous voir nous accrocher aux reliques de notre « moi » en miettes et que nous refusons de regarder en face. Non, nous n’existons pas – mais c’est précisément parce que nous n’existons pas que nous pouvons trouver le moyen de vivre. Seuls, et surtout ensemble.