« Le sexuel » est au foyer même de ce qui organise le psychisme. L’exercice de la sexualité n’en est qu’un aspect. Vu comme une entité, le sexuel subsume un jeu de forces paradoxales : libido, pulsions mais aussi les formes prises par ces forces, le narcissisme par exemple. Il s’agit « d’un principe évolutif qui s’oppose tant à la reproduction à l’identique qu’à la mort ». Principe qui réunit mais également sépare, « troisième terme qui dépasse l’opposition vie/mort »… Paradoxe du sexuel donc, qui ne peut se ranger sous la seule bannière d’Éros. Jean-Louis Baldacci resitue la notion de sexualité infantile, reprend de façon féconde l’opposition sexualisation/désexualisation. Ainsi, au cœur du livre, ce destin essentiel du « sexuel » qu’est la sublimation apparaît, non pas seulement comme un usage des pulsions, mais comme un mouvement organisateur du psychisme « dès le début » et du développement du processus analytique lui-même. Des exemples cliniques, dont l’un est exposé dans ses différents temps, détours et nuances, viennent illustrer cette place particulière de la sublimation, mais aussi l’expérience irremplaçable qu’offre à quelqu’un une psychanalyse « classique ». La pensée clinique singulière de Jean-Louis Baldacci nous conduit à « dépasser les bornes » du conformisme théorique et renouvelle notre appréhension de questions cruciales telles que la transitionnalité, le narcissisme, le transfert sur la parole et le contre-transfert.

Etre analysé par le père de la psychanalyse, comment était-ce ? Très peu de patients du Dr Freud ont gardé des traces écrites de leur analyse et plus rares encore sont ceux qui les ont publiées. Les souvenirs intimes réunis dans ces pages constituent l’un des premiers témoignages d’une analyse conduite par Sigmund Freud.

Le Dr Smiley Blanton, professeur, psychiatre et cofondateur de la Fondation américaine pour la Religion  et la Psychiatrie, a conservé soigneusement des notes et un journal intime de ses rencontres avec Freud. Le lecteur en vient ainsi à connaître la personnalité de Freud aussi bien que celle du Dr Blanton. On apprend également – ce qui est plus important – de quelle façon Freud travaillait : ce qu’il disait, ses diverses réactions, comment le patient était questionné, etc.

Le journal retrace l’analyse du Dr Blanton de septembre 1929 à juin 1930 et durant trois périodes ultérieures : en 1935, 1937 et 1938.

Des notes biographiques et une introduction de Margaret Gray Blanton, veuve de l’auteur, complètent le journal et le replacent dans son contexte historique.

« Le passé recomposé » est le troisième et dernier livre de F. Pasche constitué de textes qu’il avait choisis. Les lignes de force de son oeuvre apparaissent à travers les thèmes qui regroupent ses travaux indépendamment de l’ordre chronologique. Ce ensemble passionné et cohérent, conduit à ravers l’approche de la mythologie, de l’art et du langage, à un enrichissement des conceptions freudiennes et à la critique de positions extrêmes comme celles de Lacan ou de Viderman. Aucune adhésion à un système préétabli chez F. Pasche pour qui la liberté est une nécessité fondamentale de l’esprit. L’ensemble de ses écris révèle un penseur à la fois généreux et rigoureux, sensible à l’articulation entre psychanalyse et anthropologie.

Le plaisir de penser, de comprendre l’autre ont animé tout le parcours de cet auteur passionné par la psychanalyse.

La psychanalyse n’est pas sortie du néant au début du XXe siècle, pour y rentrer, peut-être bientôt. La métapsychologie freudienne a des antécédents millénaires : mythologies, théologies, métaphysiques. Elle a surgi au milieu d’elles, s’en distinguant par différences et oppositions, trouvant sa place et sa spécificité, mais leur restant liée par une sorte de consanguinité qui explique sans doute cet enrichissement mutuel qui se poursuit depuis son apparition. Cela tient à ce qu’elles constituent des modes de défense et une élaboration comparables contre et à partir des premières angoisses ; c’est ce que l’auteur s’est efforcé de montrer à la lumière de l’analyse de certains mythes, de quelques doctrines philosophiques et de textes religieux. Afin de fonder cette approche, il a poursuivi sa réflexion sur la notion d’angoisse primaire et sur les procédés du moi pour s’en dégager et en faire, parfois, son miel. Mais toutes ces élaborations souvent monumentales affirment une finalité qui leur est, à bien des égards, commune en particulier la connaissance de soi, et plus encore. En effet, qu’elles promettent le bonheur, la sagesse, la sainteté, le salut, il s’agit toujours de changer l’homme, de le parfaire, ne fût-ce qu’en le désabusant ; il s’agit de mettre chacun en face de sa vérité. Cela demande rites, secrets ou non, spectacles, transmission orale, prescriptions pour « conduire ses pensées », tête-à-tête avec un personnage plus ou moins sacralisé ; cela demande un mode d’emploi, en un mot : une praxis. L’examen approfondi de la théorie freudienne de la technique complète notre mise en place de la psychanalyse parmi ces entreprises, et se porte ainsi garant de son lignage et de la pérennité de sa fonction.

Ce livre propose une réflexion théorico-clinique sur un outil psychanalytique encore trop méconnu, que l’auteur intitule : Cet autre divan. Il traite d’une autre façon d’utiliser la méthode psychanalytique de Freud pour les pathologies non névrotiques actuelles. Cet autre divan peut éveiller la curiosité, car ici le divan lui-même est un outil de la cure. Ce concept de la psychothérapie psychanalytique corporelle (PPC) est issu de la rencontre des travaux de Julian de Ajuriaguerra et des recherches post-freudiennes sur les pathologies des limites. Avec de nombreuses illustrations, l’auteur montre que la PPC permet le dégagement de l’archaïque traumatique à l’aide de la médiation corporelle, en prenant au transfert contretransfert les traces mnémoniques de la mémoire du corps pour libérer l’énergie libidinale. Ainsi s’opère la revitalisation des différents niveaux du fonctionnement psychique sans qu’aucun n’écrase l’autre, mais bien au contraire maintient vivant le lien entre eux, étant ainsi source de la créativité. L’originalité de cet abord psychanalytique est de faire travailler les paramètres oubliés parce que silencieux dans le cadre psychanalytique classique qui est mis en difficulté par les patients non névrotiques. Ce livre qui donne au corps toute son importance organisatrice pour la psyché montre que nous pouvons innover à partir de Freud pour aider psychanalytiquement ces personnes qui présentent des souffrances identitaires et narcissiques et qui s’adressent à nous.

Les « retraits psychiques » sont des états dans lesquels les patients peuvent se réfugier pour fuir l’angoisse et la souffrance psychique. Lorsque cela se produit, les patients sont limités dans leur vie et ‘bloqués’ dans leur traitement. L’auteur, qui écrit en pensant aux praticiens, psychanalystes et psychothérapeutes, apporte de nouveaux développements à la pensée kleinienne, afin d’élargir la compréhension des problèmes posés par le traitement de patients gravement atteints. Il décrit la manière dont se construisent les retraits psychiques et, à l’aide d’un matériel clinique détaillé, essaye de montrer comment on peut traiter les patients qui cherchent ainsi à fuir la réalité

Après avoir retracé l’itinéraire qui l’a conduit à la compréhension des patients schizophrènes et à la conviction que les états psychotiques pouvaient être traités psychanalytiquement, H. Rosenfeld s’interroge sur les facteurs thérapeutiques et anti-thérapeutiques dans l’analyse. Qu’ils soient liés au rôle de l’analyste ou à celui du narcissisme et de l’identification projective, Rosenfeld démontre que la compréhension de ces deux notions est essentielle pour éviter l’impasse dans l’analyse.

Sa démarche – étayée sur une méthodologie très détaillée et critique – apporte, outre une analyse des phénomènes de collusion, une théorie des relations d’objet narcissique, ainsi qu’une conception originale de l’interprétation, fondée sur une attention très soutenue au transfert et au contre-transfert.

En conclusion, H. Rosenfeld reprend non seulement l’évolution des théories et des techniques analytiques de la psychose et des techniques analytiques de la psychose et des états narcissiques, mais propose, à partir de sa propre évolution, un nouveau modèle d’analyse, qui noue une compréhension précise de l’histoire et de l’organisation mentale du patient au hic et nunc de la situation transférentielle.

Le fantasme est au cœur de la théorie psychanalytique en ce qu’il implique conjointement l’inconscient et la sexualité. Autour de cette notion centrale, cet ouvrage réarticule et remet en discussion des questions classiques de la psychanalyse : pulsion, désir, objet, représentation, symbolisation, etc.

L’accent est mis sur les fonctions dynamiques et organisatrices les plus spécifiques du fantasme. En ce sens, une importance particulière est accordée à son organisation structurelle et au rôle qu’y jouent les représentations d’actions.

La « dynamique du fantasme » est ici traitée, en liaison avec les modèles du rêve, comme paradigme de l’actualisation des conflits psychiques et de leur élaboration. Cette dynamique implique et engage toutes les relations de désir du sujet à ses objets, dans leur diversité, leur complexité et les potentialités de leur devenir.

Paul Denis propose une analyse inédite du complexe d’Œdipe comme un champ permettant à un sujet, enfant ou adulte, de se reconstruire au mieux lorsqu’il est confronté à un événement traumatique tel que la perte, le deuil ou la dépression.
À partir de l’évocation de ces deux expériences psychiques essentielles que sont  la dépression et la séparation, l’auteur envisage différents processus psychiques qui permettent de trouver une ligne créative ou, à l’inverse, contribuent à limiter les mouvements de l’esprit comme « l’isolation » ou ce qui constitue des « fixations ». Il reconsidère la question de la passivité psychique, trop facilement assimilée à une position « féminine » – alors que « le féminin » est une conquête activement gagnée et exercée par les sujets de sexe féminin. La nature et la place des sensations, qu’elles soient le premier temps de la perception ou qu’elles soient cultivées pour elles-mêmes, sont resituées en vue de comprendre leur destin possible vers la douleur dans ses deux versants physique et psychique. Acte, sublimation, création, humour sont alors envisagés dans leur rapport au fonctionnement pulsionnel et à sa régulation par le jeu de forces organisé par le complexe d’Œdipe. Ce serait par cet héritage pulsionnel, nous dit l’auteur, que nous parviendrions à guérir. En un mot : Œdipe deviendrait médecin.