La douleur ne peut être absente de la personnalité. Une analyse doit être douloureuse, non parce que la douleur a nécessairement une valeur, mais parce qu’une analyse où la douleur ne serait pas observée et prise en compte ne saurait s’attaquer à une des principales raisons de la présence du patient.

Wilfred R. Bion, Eléments de la psychanalyse

La pratique de la psychanalyse incluant ses bases théoriques peut être décrite selon des orientations distribuées en cinq axes. Certains d’entre eux constituent des options dominantes, propres aux courants actuels, mais ils sont surtout des potentiels toujours présents auxquels le psychanalyste peu se référer.

On distinguera :

— La psychanalyse logodynamique qui tient à l’essentiel de toute pratique, à la relation de parole qui par elle-même conduit à la découverte du refoulement et de l’inconscient où se révèle le désir. L’écoute de l’analyste soutient cette dynamique des signifiants et du sens en écartant les effets de suggestion. Cet axe est toujours présent dans la cure où le sujet se trouve à juste titre en position d’analysant.

— La psychanalyse technologique regroupe les acquis depuis Freud qui orientent rationnellement la pratique. Elle situe des repères bien mis en évidence par l’expérience, à savoir le cadre, les interprétations, le transfert, le contre transfert et les résistances.

— La psychanalyse idéaloducte répond à la valeur prise par l’idéalisation des théories et des pratiques dans la transmission d’une expérience et d’un savoir, d’une science dans la succession des maîtres à travers les générations.

— La psychanalyse au négatif a mis en relief la nécessité d’une remise en cause continuelle des théories en fonction d’un inconnu, en limitant les interprétations systématiques et abusives, en s’ouvrant à un appel du désir vers des découvertes successives.

— La psychanalyse transgressive à l’exemple des recherches de Frerenczi, de Rank de Reich, offre des voies d’exploration selon des techniques actives ou de suppléance et de compensation, ou libératrices lesquelles au minimum, peuvent être virtuellement évoquées par le psychanalyste.

— Enfin dans un dernier chapitre un examen critique des cinq axes permet d’évaluer le choix exclusif de l’un d’eux et les raisons de recourir aux autres.

Inspiré du célèbre Vocabulaire de la psychanalyse de J. Laplanche et J.-B. Pontalis, mais conçu de manière à explorer les concepts freudiens dans une perspective historique, le présent dictionnaire est aussi l’enquête la plus complète à ce jour sur la pensée de Melanie Klein et de ses successeurs.

On sait que, lors d’une réunion conjointe des Sociétés britannique et française de psychanalyse en juin 1939, alors qu’Anna Freud présentait ses premières communications, Melanie Klein prit conscience de la nécessité d’établir son propre groupe de travail. Fréquemment dénoncé par les autres analystes, le Groupe kleinien permit l’apparition d’un mode d’interprétation spécifique et fécond et d’une théorie influente sur la schizophrénie qui allaient rencontrer de larges échos dans de nombreux pays.

Controversés ou non, les travaux de Melanie Klein et de ses successeurs « ont ouvert la voie à ces changements dont le moindre n’est pas l’importance accordée aux découvertes relatives à l’enfance et à la petite enfance ». Le présent ouvrage donne au lecteur toutes les clés nécessaires à leur compréhension et à leur évaluation.

Le travail analytique mené par W. R. Bion avec des patients psychotiques, l’a conduit à s’interroger sur le processus psychique par lequel une « chose » est convertie en une représentation visuelle ou verbale. Cette recherche théorique sur la formation de la mémoire, de la pensée et du langage s’articule ici autour du concept fondateur (« fonction-alpha ») d’une fonction symbolique primordiale permettant à la personnalité d’enregistrer, d’élaborer et de communiquer la somme d’expériences qui la définit. Cette fonction porte en retour sur les processus d’enregistrement, d’élaboration et de communication que l’analyste est lui-même appelé à développer.  

Cet ouvrage rassemble des textes publiés dans différentes revues, liés à un travail d’observation originale sur le fonctionnement des groupes, à partir d’échanges entre les participants dans le cadre de ces réunions de travail. Il permet de faire une synthèse entre les méthodes de la psychanalyse classique centrées sur l’individu et celles de la dynamique des groupes qui révèlent d’autres aspects. Un ouvrage fondamental d’un auteur dont les ouvrages sont de nouveau étudiés.