Cristallisé ici sous la forme de six entretiens, menés de 1991 à 2011, le dialogue continu entre André Green et Fernando Urribarri revisite et interroge la totalité de l’œuvre greenienne. Comment répondre à la crise de la psychanalyse ? Comment faire face aux défis posés par un champ clinique qui s’étend désormais au-delà de la névrose ? De quelle façon les apports de Lacan, Winnicott ou Bion viennent-ils renouveler l’édifice freudien ? Comment articuler l’intrapsychique et l’intersubjectif ? Comment la théorie générale de la représentation forgée par Green éclaire-t-elle les échecs de la symbolisation ? Comment repenser le cadre analytique et ses variations, notamment à partir de la notion de cadre interne de l’analyste ? De l’affect à la pensée clinique, en passant par la folie privée et le travail du négatif, nous accompagnons pas à pas la genèse et le déploiement des idées majeures de celui qui s’est efforcé de construire, après Freud et avec Freud, un nouveau modèle théorique et clinique, susceptible de répondre aux enjeux de la psychanalyse contemporaine. En refermant cet ouvrage, le lecteur aura eu accès à une introduction vivante et directe à l’œuvre de Green, et acquis une vision panoramique de sa pensée.

Cet ouvrage réunit les textes du colloque organisé par la Société Psychanalytique de Paris, « André Green », qui s’est tenu le 17 novembre 2012 à Paris (Maison de la Mutualité), présidé par Bernard Chervet.

André Green fut l’un des penseurs majeurs de la psychanalyse contemporaine. L’ampleur des champs qu’il a abordés et étudiés du point de vue de la pensée psychanalytique témoigne de son envergure. Ses travaux sont respectés par tous les milieux intellectuels et de la culture.

Ses avancées sur les états-limites font référence. De nombreuses notions qu’il a introduites ont prouvé leur valeur heuristique et nous sont devenues familières. Ainsi, le « complexe de la mère morte », la désobjectalisation, les processus tertiaires, la tiercéïté, les narcissismes de vie et de mort, ses travaux sur l’affect, la représentation, le langage, les forces de destructivité, le « mal », le rôle de l’objet et de la pulsion, l’importance de la sexualité au sein du psychisme ; mais aussi, l’introduction du « négatif » en psychanalyse et dans les autres champs culturels, son approche originale de la fonction maternelle et de la structure encadrante, matrice de la pensée, en lien à l’hallucination négative de la mère.

Afin de rendre pleinement hommage à la complexité de sa pensée, rappelons que c’est lui-même, homme du langage, psychanalyste de la parole, qui nous rappelait que quand l’affect se présente en son fond de douleur, les mots viennent à manquer.