© Derek Yarra

La perspective psychanalytique se conçoit à partir d’un certain nombre d’idées majeures, parmi lesquelles je compte : une conception des relations entre les aspects inconscient, préconscient et conscient du psychisme ; le concept de transfert/contre-transfert ; la notion de monde objectal interne ; l’idée d’une expérience engendrée en modes dépressifs, schizoparanoïdes ou autistiques-contigües, accompagnés de leurs formes respectives de subjectivité, d’angoisse, de défense, de relation d’objet et de croissance psychique ; les concepts de clivage, d’identification projective et de défense maniaque ; la notion du besoin humain de vérité ;  l’idée de vitalité (aliveness) et de léthargie (deadness) psychiques ; la conception d’un espace psychique entre réalité et fantasme dans lequel l’individu est susceptible de développer la capacité de penser symbolique, et ainsi venir imaginairement au monde ; la notion de cadre analytique ; la compréhension du rôle décisif que, depuis la naissance, joue la sexualité dans le développement sain ou psychopathologique ; une conception des voies par lesquelles le développement des capacités de symbolisation et de conscience de soi est inséparable de développement des relations d’objets externes et internes (incluant la triangulation œdipienne et le miroir du visage de la mère).

Thomas H. Ogden, Cet art qu’est la psychanalyse

Cet art qu’est la psychanalyse est une introduction indispensable à la théorie et à la clinique d’un des psychanalystes les plus éminents de notre époque. C’est à travers l’exploration (clinique, surtout) du rôle du rêve dans le monde psychologique que Thomas Ogden nous offre ici une approche novatrice de la psychanalyse contemporaine.
Revenant sur les travaux de Freud, Klein, Winnicott et particulièrement inspiré par Bion, l’auteur développe l’idée que la souffrance psychique est une manifestation de l’échec de l’individu à rêver son expérience. Ses recherches sur le rôle d’un analyste qui, par le biais du transfert/contre-transfert, participerait à l’activité onirique du patient sont illustrées par le compte rendu élégant et très détaillé de sa clinique, proposant ainsi non seulement des perspectives inédites pour la pratique, mais aussi une façon différente d’aborder l’écriture analytique. Le chapitre sur ce qui est vrai dans une séance ou celui sur les valeurs qui guident sa conduite avec ses patients (l’éthique de l’analyste) sont à ce titre des exemples clairs et directs de sa conception de la position d’analyste. Loin de se borner à nous transmettre un ensemble de préceptes ou de techniques, Ogden raconte et explicite, à l’aide de nombreux exemples, une façon d’être avec les patients – avant tout, humanisée, présente, disponible, impliquée et généreuse.