Durant ces cinquante dernières années, le trouble borderline a navigué entre les névroses et les psychoses, a été appréhendé comme un type de personnalité pathologique, a été rapproché des maladies bipolaires, des désordres narcissiques, des personnalités psychopathiques… Du côté de la psychiatrie, comme de la psychanalyse, la liste de noms donnés à ces folies limites est longue et les qualifications singulières.

Aujourd’hui, l’état limite ne peut plus être défini sérieusement selon une approche extrinsèque  (la définition « ni ni », ni névrotique, ni psychotique) qui risquerait de réduire cette configuration clinique à un fourre-tout privé d’une cohérence interne. Il importe de donner une définition intrinsèque de l’état limite car il ne s’agit ni d’une psychonévrose gravissime, ni d’une prépsychose, ni d’un état passager naviguant entre les structures. Désormais, ce n’est plus tant une pathologie « à la limite de » qu’une pathologie des limites du Moi.

À partir d’une clinique actuelle grandissante, les auteurs soulignent la richesse des débats qui interrogent les limites du système de classification nosographique et poussent à réviser, voire à reconstruire de manière innovante certaines bases théorico-cliniques des techniques de soin.

Des amis, des collègues, racontent Didier Anzieu, son parcours personnel, de chercheur et d’innovateur de la théorie et de la praxis psychanalytique.

« Je ne crois pas à, l’immortalité de l’âme individuelle. Je crois seulement à l’immortalité des pensées. C’est mieux ainsi. Le penser est ce qui donne à la matière humaine sa forme. Il faut que l’individu meure pour que cette forme continue de prendre forme en d’autres formes, continue de se transmettre vivante en d’autres humains.

J’ai reçu, j’ai transmis. Je me sens quitte envers ceux qui m’ont donné. Soyez quitte à votre tour de la même façon que moi. La caravane des individus passe. La conscience, l’inconscient restent. Il n’y a personne d’autre à remercier. »

Cet ouvrage, premier tome d’un traité en 4 volumes (tome 1 : Les névroses ; tome 2 : Narcissisme et dépression ; tome 3 : Psychopathologie des limites ; tome 4 : Les psychoses) est consacré aux névroses. Il analyse l’apport de l’oeuvre freudienne à l’étude de ces pathologies.

Aimer et travailler constituent les deux grandes entreprises de la vie et de la psychanalyse, selon Freud. L’auteur propose d’y ajouter : « être capable de se quitter ». Car, tout au long de la vie, la séparation scande le rythme de la présence et de l’absence, dans ses passages, ses aléas et ses désordres, dans ses rencontres et dans ses créations. Le rôle de la psychanalyse est aussi de faire cet apprentissage par l’expérience de la fin de la thérapie.
« Maintenant, il faut se quitter » : c’est l’injonction douloureuse qui résonne à nos oreilles lors de scènes de séparation et de disparition. Cet ouvrage les expose et interroge : comment y parvient-on ? Au-delà de la classique trilogie freudienne (angoisse, deuil, douleur), sont abordées les humeurs noires qui annoncent la clinique (dépressions), la métapsychologie (pulsion de mort), l’histoire via la littérature (Shoah), et l’amour maniaque, illustration de la lutte parfois folle, parfois indispensable, contre l’absence et l’oubli.
En traitant des angoisses liées à la séparation et à l’absence, la psychanalyste révèle alors une ultime question : le patient, guéri, peut-il se séparer de son médecin ?

Le débat sur le statut du psychothérapeute et sur les relations entre psychanalyse et psychothérapie fait l’objet de cet ouvrage qui réunit les contributions de cinq grands noms du domaine. Ce livre détaille les caractéristiques du processus analytique dans les dispositifs psychothérapiques pratiques par les psychanalystes : face à face, psychodrame, situation groupale, travail avec les adolescents.

Dans la traversée de la vie, de ses tout-débuts jusqu’à son extrême fin, dans ses liaisons possibles avec le plaisir ou dans ses dérives mélancoliques, la douleur reste la compagne fidèle du corps et de la psyché.

La douleur relève de l’effraction, par rupture des barrières, par excès d’excitation, une implosion violente qui déborde les limites du moi-corps. Si le privilège est accordé à l’expérience de satisfaction dans la construction du psychisme, du moi et de ses objets, dans la création des fantasmes et des représentations, la douleur fait toujours retour, comme expérience humaine inéluctable et sans doute indispensable parce que toujours liée à la perte d’objet.

La douleur ne se confond ni avec la détresse ni avec la souffrance. Elle en désigne l’au-delà dans une radicalité qui défait les liaisons trop convenues entre les affects et les représentations. Comme éprouvé pur, elle peut exclure la part de l’autre et, en particulier, sa fonction consolatrice. Elle peut aussi et ce sont là son essence et son destin en psychanalyse comme dans la littérature constituer un point d’appel pour les mots et donc pour celui qui les dit ou les écrit.

Pour Freud, il n’y a qu’un seul sexe, le masculin, et il ne changera pas de convictions au cours de son oeuvre. Champ mystérieux,inconnu, caché, continent noir ou terra incognitæ : telles sont ses représentations de la féminité. Il rapporte l’interminable de certaines cures à l’importance qu’occupe le féminin dans les deux sexes : l’envie du pénis chez la femme, la position passive de l’homme.
Comment en est-il arrivé à ces sombres conclusions ? Quelle est l’influence de l’empreinte maternelle dans ce refus ? Quel est l’impact de cette théorie phallocentrique sur la perception du féminin ? Ce sont quelques-unes des questions auxquelles se sont confrontés des psychanalystes de divers horizons. À la faveur de contributions claires et fortement étayées, ils nous permettent de mieux comprendre les enjeux inconscients que révèle le féminin par-delà la différence des sexes.