L’accès à la psychologie des profondeurs passe par la découverte d’un langage différent des discours psychologiques classiques et traditionnels.

Cet ABC ouvre la voie qui mène à la connaissance et à l’approfondissement des oeuvres de Jung si complexes pour le néophyte.

L’introduction à ce vocabulaire s’appuie sur de nombreux textes de Jung lui-même, permettant ainsi de se familiariser avec l’esprit de son auteur. Grâce à cette vue d’ensemble, le regard peut s’accrocher et s’approcher du fondement de cette oeuvre colossale pour lui donner un sens pratique.

Méthodiquement et progressivement, cet ouvrage
expose les terminologies spécifiques au créateur de cette  » quête des sens  » dont l’aboutissement est le Soi. L’aspect initiatique du processus d’individuation se révèle au fur et à mesure des rencontres avec la persona, l’ombre, l’anima et l’animus ainsi que la révélation des structures psychiques, collectives et individuelles.

En élargissant le concept de l’inconscient, Jung élabore la notion des archétypes dont l’apport considérable ne cesse encore aujourd’hui d’enrichir la psychologie analytique.

Ce livre s’adresse à celles et ceux qui désirent connaître les outils leur permettant de se confronter avec eux-mêmes grâce au passage enrichissant de l’expérience intérieure.

Jung raconte : « Lors de notre premier entretien, Freud me demanda tout à trac : – et que pensez-vous du transfert ?… Je lui répondis qu’à mon avis c’était l’alpha et l’oméga de la méthode. – Alors, me dit-il, vous avez compris l’essentiel. »

Le dialogue entre praticien et patient (ou patiente) est une réalité brûlante. Sur ce point comme sur tant d’autres, Jung avait conscience d’avoir mené à son terme la recherche de son prédécesseur. Cela ne put se faire que par la reconnaissance de la dimension transpersonnelle de l’échange thérapeutique. Pour la mettre en évidence Jung recourt au symbolisme alchimique.

A travers la rencontre de deux individus, il montre la mise en présence, à des niveaux divers, de deux archétypes, « le roi et la reine », l’homme et la femme en tant que principes.

S’appuyant sur les figures d’un traité publié en 1550, Le Rosaire des philosophes (Rosarium philosophorum), il décrit les phases dramatiques conduisant aux « noces royales ». La mort et la résurrection des deux partenaires donnent naissance au « fils des sages » ou androgyne, où s’unifient le masculin et le féminin.

Les chatoiements des symboles hermétiques laissent transparaître à chaque ligne l’expérience d’un praticien hardi et doté d’un sens aigu de sa responsabilité éthique, au service de l’âme, « sa seule maîtresse ». Le transfert, périlleuse et irremplaçable voie d’amour, est le cœur de la psychologie des profondeurs.

La pudeur habituelle de Jung ne l’a pas empêché de lever ici un coin du voile. Cet ouvrage servira de guide à quiconque est appelé à plonger, par le dialogue, dans « le feu secret des sages », nom de l’amour transformant, créateur de l’hermaphrodite, l’un des mille noms de la totalité psychique, du Soi jungien.

Carl Gustav Jung (1875-1961) est l’un des pères fondateurs de la psychanalyse. Et sans aucun doute le plus controversé. Pour deux raisons : sa conception du rapport à l’inconscient et ses choix politiques durant la Seconde Guerre mondiale, que ce livre éclaire d’un tout nouveau jour. Pourquoi Jung a-t-il autant dérangé Freud et les freudiens ? Jung était-il antisémite ? A-t-il collaboré avec les nazis ? En 1900, Jung est un jeune psychiatre prometteur, qui travaille dans le prestigieux hôpital du Burghölzli (Zurich) avec le professeur Eugen Bleuler. Ensemble, ils remettent en question le traitement carcéral de la folie pour prendre en compte la psychologie des patients. Jung explore les phénomènes paranormaux, la schizophrénie, et développe les tests sur les associations de mots. C’est l’époque ou’ Freud publie L’Interprétation des rêves, et Jung promeut la théorie freudienne alors largement décriée. Devenu analyste, il est placé à la tête du mouvement psychanalytique par Freud lui-même, qui voit en lui son héritier. Mais il y aura rupture, en 1912. Entre-temps, il a pris une jeune maîtresse, Toni Wolff, qu’il traite comme une seconde épouse en instaurant publiquement une relation triangulaire. La réputation de Jung se trouble. Il voyage beaucoup, étudie avec acharnement : philosophie, mythologie, gnose, alchimie. Puis, en 1933, il y a ce choix fatal : son engagement à la tête de la Société médicale internationale de psychothérapie, alors prise en main par une majorité de psychiatres allemands ralliés au nazisme. Il démissionne en 1939, mais sa réputation est définitivement salie. Pourtant, les services secrets américains le recrutent comme agent spécial… Quand il meurt, en 1961, Jung est l’auteur d’une œuvre monumentale, traduite dans plusieurs langues. Il a élaboré les concepts d’individuation, de Soi, d’archétype, d’inconscient collectif, d’anima, d’animus… Il est célèbre dans le monde entier, avec autant de détracteurs que de partisans. Deirdre Bair s’appuie sur des documents inédits, notamment les archives de la famille Jung récemment ouvertes, pour instruire enfin le « dossier Jung » – un dossier sensible et passionnant. Et elle nous offre une fresque inattendue des débuts de la psychanalyse.