Photo Bruno Bourel, L’enjambeur de lumière (détail)

Au cours des années 1915-1917 Freud prononce à l’Université de Vienne vingt-huit conférences destinées à un public «profane» afin d’introduire ses auditeurs à la «jeune science» qu’est la psychanalyse. Il y déploie un rare talent de pédagogue, avançant pas à pas, anticipant les objections (les contradicteurs d’hier sont encore ceux d’aujourd’hui), recourant à des images concrètes qui rendent les développements théoriques plus accessibles. Sa démarche est progressive. Elle n’est pas celle d’un maître d’école, soucieux d’endoctriner. Elle est celle d’un éveilleur.
Les Conférences d’introduction, qui connurent à travers le monde un immense succès, paraissent souffrir aujourd’hui d’un relatif discrédit : «Élémentaire, bon pour les lycéens !» prétendent ceux qui croient tout connaître de la psychanalyse. Rien de plus faux. N’est-il pas nécessaire à chacun – psychanalystes inclus – d’être encore et encore introduit à la psychanalyse, bref de demeurer «profane» face à une terre étrangère que personne ne saurait s’approprier ?
Cette traduction nouvelle, qui s’imposait, invite à lire Freud pour la première fois. Mieux encore : à entendre sa voix.