À une époque où la sécurité nous est donnée comme valeur principale, où l’exacerbation des peurs de toutes sortes et la servitude volontaire sont encouragées, ce livre fait l’éloge de la prise de risque. Cet ouvrage pose comme question centrale : qu’est-ce que risquer sa vie, à savoir prendre le risque de vivre ? Dans de courts chapitres, sont explorés les divers lieux où le risque se rencontre : la vie amoureuse, la séparation, la dépendance, mais aussi la vie sociale, le langage ou les biotechnologies.

Anne Dufourmantelle a péri le 21 juillet 2017 pour sauver des enfants de la noyade en Méditerranée, dont le propre fils de l’auteur.

Elle était psychanalyste, philosophe, romancière, auteure d’une œuvre reconnue de par le monde. Sa notoriété culturelle ne suffit pourtant pas à expliquer l’émotion considérable qui s’est répandue à l’annonce de sa mort, en France et au-delà, jusqu’auprès de gens qui ne l’avaient jamais lue ni entendue.

Ce récit de chagrin livre le portrait d’une femme exceptionnelle, en même temps qu’il médite sur les rapports père-fils, l’origine du sacré et l’aura d’un être qui avait « la passion de l’amitié ».

« Ses traits s’étiraient dès qu’elle voyait autrui heureux. Il n’y a pas beaucoup de gens qui nous donneraient envie d’être heureux rien que pour les rendre heureux. »

On se hisse à mains nues au-dessus des remblais, et là, vertige. Le rêve commence. Le rêve a ce pouvoir d’annoncer ce qui arrive, et de mettre entre nos mains la possibilité d’y répondre. S’ouvrir à l’intelligence du rêve, à sa promesse, c’est d’abord le distinguer du fantasme et de ses dédales, c’est surtout l’envisager comme une révélation intime, le signe d’une possible liberté qui advient par la voie du désir. L’auteur interroge aussi les figures symboliques de l’ange, du génie poétique et du daimôn, messagers de la parole comme le rêve l’est de notre plus secrète identité.

Une psychanalyse est une enquête risquée, sans assurance d’arriver jamais au terme de la recherche. Pas de certitude d’être dans la vérité d’une origine ni de résolution définitive à l’angoisse. Et pourtant il est question de se trouver. Une trouvaille pareille à nulle autre. Parce qu’il faut du courage pour l’entreprendre, et parce qu’il y a de la douceur aussi dans le cheminement de cette rencontre avec soi.

À partir des souffrances et des angoisses mais aussi des espérances que notre société entretient, Anne Dufourmantelle répond aux questions de Laure Leter. Ce dialogue passionnant explore de nombreuses situations cliniques et les nouvelles maladies de l’âme, comme la fatigue, la solitude affective, l’angoisse, les insomnies… Comment la psychanalyse, tant décriée aujourd’hui, peut-elle encore nous aider à moins souffrir ? En quoi peut-elle donner du sens à ce que nous vivons ?

La journée tragique où Anne Dufourmantelle a sauvé le fils de Jean-Philippe Domecq

C’était il y a un an, le 21 juillet 2017, à Ramatuelle. La philosophe d’ « Eloge du risque » y a laissé la vie. L’écrivain de « Sirènes, sirènes » lui paie sa dette.

La douceur est une énigme. Incluse dans un double mouvement d’accueil et de don, elle apparaît à la lisière des passages que naissance et mort signent. Parce qu’elle a ses degrés d’intensité, parce qu’elle a une force symbolique et un pouvoir de transformation sur les êtres et les choses, elle est une puissance. En écoutant ceux qui viennent me confier leur détresse, je l’ai entendue traverser chaque expérience vécue. En méditant son rapport au monde, il apparaît que son intelligence porte la vie, la sauve et l’accroît.

“Pour approcher la douceur, il faut faire un travail de guerrier  !”

La philosophe Anne Dufourmantelle nous éclaire

Source d’inspiration de notre dossier, Puissance de la douceur , écrit par cette philosophe et psychanalyste, est une incitation à la sérénité. Ou comment, de nos tempêtes et tourments, naît une extraordinaire force de vie.

http://madame.lefigaro.fr/societe/pour-approcher-douceur-faut-faire-travail-de-guerrier-170813-442966