« Si nous plaçons l’inceste, donc la sexualité, comme plaisir des plaisirs nécessitant l’invention d’une règle des règles, la castration apparaît bien comme le régulateur indispensable de la sexualité non seulement pour la vie sociale mais pour la croyance de l’individu en sa propre survie terrestre, aussi longue que possible. […] Le sens de la castration est donc bien symbolique : pas seulement par sa face érotique en relation avec la mère incestueuse du complexe d’Œdipe, mais aussi par sa face meurtrière, vectrice du désir de faire mourir celui qui s’oppose à ce plaisir incestueux. La castration apparaît comme une mesure qui évite la vengeance du talion en punition du désir parricide. Non par mansuétude, mais parce que les raisons du meurtre peuvent être multipliées. […] La sexualité est donc ici reconnue dans sa double valeur : celle de la différence des sexes et celle du rapport de la génération, c’est-à-dire de la perpétuation de la vie. L’inceste et la mort sont réunis à travers le symbole négatif de la castration. »

L’ aphorisme de Lacan selon lequel le psychanalyste ne s’autorise que de lui-même a-t-il un sens véritable par rapport à ce qui conduit un homme à devenir psychanalyste L’accent mis sur l’ autorisation ne risque-t-il pas d’entraîner un gauchissement transgressif de la question Si de nombreux aspects de la théorie psychanalytique font aujourd’hui l’objet de travaux universitaires, ce qui constitue véritablement la psychanalyse et sa pratique ne s’enseigne pas ex cathedra : le devenir psychanalyste se fonde sur la transposition progressive d’une expérience personnelle de la psychanalyse, en tant que patient. Les dimensions de ce mouvement sont multiples et remettent en cause à tout moment les repères que le candidat analyste croyait avoir acquis : tout nouveau patient sollicite ses conflits personnels et le confronte à la nécessité d’inventer, de changer sans cesse, aidé ou gêné en cela par le contexte social et politique et… les idéologies de l’analyse. Plus que jamais, le caractère fondamentalement privé de cette démarche doit être souligné.

La réédition de cet ensemble d’articles de la Revue française de psychanalyse éclaire les aspects les plus essentiels de cette transmutation.

Le mal-être psychique se spécifie de plus en plus, de nos jours, dans ce qu’il est convenu d’appeler les états limites : les dysfonctionnements de la pensée, les difficultés de la procréation, les troubles psychosomatiques, les agirs de la sexualité. La pensée psychanalytique a ainsi entrepris l’analyse métapsychologique de certains concepts ou notions qui guident sa réflexion alors que ceux-ci ne font pas toujours partie du corpus métapsychologique freudien. Elle s’intéresse à la signification de ce qui pourrait leur être attribué comme position limite, d’un point de vue psychique. Cinq volets organisent cet ouvrage : ils traitent de la position et de la signification limite des concepts de pulsion, de perceptif, de pensée, de Moi-idéal ainsi que des liens de ce dernier avec la création et la culture. En filigrane, ces concepts s’articulent avec la notion même de concept qui, à elle seule, occupe déjà une position limite par rapport à la spécificité de la recherche théorique en psychanalyse.

 

 

 

 

 

Nul ne nous a obligés à devenir psychanalystes. Mais si nous prenons l’initiative de le devenir, il nous faut avoir le courage d’être sincères et conséquents.

André Green

Les recherches d’André Green témoignent d’une attention constante portée à la question du langage en psychanalyse. C’est là une des caractéristiques les plus remarquables de son œuvre, mais sans doute aussi la moins connue. Du signe au discours met maintenant en évidence les principaux jalons de sa réflexion sur ce thème durant ces quinze dernières années. Si Green mobilise ici les apports des théories du langage et sollicite notamment les travaux de Hagège, Culioli, Halliday, Austin ou Peirce, il soutient avant tout la spécificité de la position psychanalytique et propose un modèle original des rapports entre psychanalyse et langage, en défendant la singularité du discours au sein du cadre analytique. Privilégiant une conception complexe, à la fois intrapsychique et intersubjective, du processus de création et de destruction du sens en séance, il explicite les impasses dues au réductionnisme du modèle lacanien, insiste sur l’hétérogénéité de la signification en psychanalyse, fait valoir la dimension de l’affect dans le discours analytique, et montre, enfin, comment seule une théorie de la représentation généralisée peut répondre aux problèmes soulevés par la pratique et la théorie de la psychanalyse contemporaine.

Mettre en relation l’oeuvre et la vie d’André Green, appréhender le processus théorique chez lui comme le processus psychanalytique – en grande partie indépendant des intentions conscientes de son auteur : tel était l’objectif de ces entretiens. Au long de ce livre foisonnant, l’oeuvre se dessine ainsi en devenir, dans son évolution historique, éclairant au passage d’une lumière nouvelle de nombreuses notions telles que la vérité de l’affect ; la relation maître-élève ; la question des origines et du refoulement et celle de l’identité ; la psychiatrie et les neurosciences ; la psychanalyse appliquée ; la clinique des limites et les limites de l’analyse ; l’amour ; les philosophies libertaires ; le besoin d’illusion ; l’influence de Lacan…

La référence au travail de la séance montre bien que nous ne cessons d’avoir en tête la préoccupation de suivre, au fur et à mesure que celle-ci progresse, l’expression d’un processus de transformations incessant selon les relations de l’intrapsychique et de l’intersubjectif, et selon le double angle du transfert sur la parole et du transfert sur l’objet.

André Green, Idées directrices pour une psychanalyse contemporaine

Borderline, cas-limites, états-limites… les mots cherchent moins à cerner une personnalité originale qu’à dire l’incertitude de la limite qui sépare les catégories psychopathologiques, de la limite qui distingue les composantes de la personnalité psychique, des limites qui balisent le territoire du traitement d’âme. Des contributions d’auteurs, eux-mêmes psychanalystes, permettant de comprendre ces états et leurs possibles traitements.

L’élaboration dont il est question dans cet ouvrage est une mise au travail de la pulsion au sein du cadre analytique. Elle permet de passer de l’acte à la pensée, du corps au langage, et de l’espace de la cure à la transformation en action dans le champ de l’expérience.
Trois processus successifs de la cure analytique sont envisagés : l’analyste reçoit les représentations que lui apporte le patient, en tentant de déceler les limites de la capacité représentative du sujet. Il offre un cadre et un étayage minimal adapté à chacun. Enfin, lorsque le matériel à élaborer est assez investi dans le cadre et le contre-transfert, l’analyste devra, pour le restituer, s’en dégager par une réflexion sur les options idéologiques de sa technique. Le but final est la mise en sens de ce matériel par le patient à partir des interprétations de l’analyste, et leur nécessaire perlaboration.

Nous sommes après Freud, bien sûr, et aussi avec Freud, pour penser les problèmes de notre temps. Selon moi, la plupart des analystes français sont freudiens, mais « freudiens » ne veut pas dire orthodoxe. On ne prétend pas que Freud a tout dit, qu’il a réponse à tout.

André Green, Entretiens avec Fernando Urribarri, « Dialoguer avec André Green »

Ce volume présente les textes du colloque de la Société psychanalytique de Paris qui a eu lieu en janvier 2006. les participants ont confronté leurs pratiques, comparé la situation en France et à l’étranger, analysé les axes théoriques communs, évoqué les principes pouvant orienter vers la psychothérapie considérée comme branche contemporaine de la psychanalyse. Des débats passionnés et passionnants.  

En somme, il faut distinguer entre le désir de soulager qui domine la psychothérapie et celui d’analyser, qui implique un travail d’une autre nature. D’où les malentendus entre supervisé et superviseur. Le premier voudra que le superviseur reconnaisse que le patient « a fait des progrès », tandis que celui-ci pourra faire remarquer, sans contester les progrès, que la nature de ceux-ci, ne plaide pas en faveur d’une intégration portant sur la reconnaissance de l’inconscient. Et l’évolution vers l’autoanalyse (F. Busch).

Les mérites des deux méthodes ne sont pas à opposer mais à distinguer, en reconnaissant ce qui est spécifique au travail analytique. Il faut pour cela admettre que l’effet recherché de l’analyse ne se limite pas au « progrès » de l’analysant, et se donner pour but la nécessité de parvenir à une sorte de « conversion » interne […].

André Green, Illusions et désillusions du travail psychanalytique

André Green n’a cessé de montrer comment la psychanalyse, tant dans sa théorie que dans sa pratique, ne peut plus se satisfaire du seul recours aux «modèles» freudiens. Ceux-ci ne permettent pas en effet de comprendre ce qu’on a appelé les cas-limites, pourtant de plus en plus fréquemment rencontrés dans la clinique de notre temps.
Ces cas se situent entre les névroses classiques et les psychoses avérées : à la frontière. Car «limite» désigne le fait que la ligne fragile qui sépare le dehors et le dedans, le moi et l’autre, est mal assurée. De là une perturbation de l’identité personnelle, un douloureux sentiment de vide, une aspiration vers le rien. Il arrive qu’Œdipe cède la place à Hamlet…
Toutes inspirées par la riche expérience clinique de l’auteur comme par le souci d’intégrer dans une théorisation personnelle les grands courants de la psychanalyse contemporaine, les onze études ici rassemblées, au-delà de la description des états-limites, dévoilent ce qui est le plus souvent maintenu au secret : notre folie privée.

En présentant douze entretiens tenus entre 1992 et 2011, Fernando Urribarri restitue ici une vingtaine d’années de dialogue avec les plus grandes figures du postlacanisme français. D’abord élèves de Jacques Lacan à l’époque du glorieux
« retour à Freud », Laplanche, Pontalis, Aulagnier, McDougall et Green, allaient bientôt se séparer du « Maître» pour développer leurs propres pensées, inspirées avant tout d’un retour à la clinique.

Comme l’explique Pontalis, auteur du célèbre Vocabulaire de la Psychanalyse, dans l’un de ces entretiens, c’est en appliquant à la lettre la consigne lacanienne du « retour à Freud » que, paradoxalement, les plus brillants parmi cette génération finiront par s’éloigner de Lacan : un exercice de radicalité salutaire puisqu’il jettera les bases d’une pensée psychanalytique renouvelée,
non dogmatique, en phase avec les bouleversements nosologiques
du XXIe siècle.

Dans l’essai introductif, Urribarri revient sur le contexte historique de ces dialogues et en explicite l’importance pour le psychanalyste d’aujourd’hui.

La pensée habite des champs d’activité divers. Elle peut être philosophique, scientifique ou religieuse. Mais elle ne peut pas, à moins de renoncer à l’exigence théorique qui la fonde, investir le domaine de la clinique. Et pourtant… Comment qualifier le mode de rationalité issu de la pratique psychanalytique ? Comment rendre compte du travail de pensée qui est à l’œuvre dans l’expérience de la cure ? André Green montre de quelle façon il est possible d’introduire en psychanalyse le concept de pensée clinique. Il analyse, en particulier, la modification des tableaux cliniques sur lesquels l’œuvre de Freud s’est édifiée, apportant des innovations et des réponses que le père de la psychanalyse ne pouvait prévoir.

Cristallisé ici sous la forme de six entretiens, menés de 1991 à 2011, le dialogue continu entre André Green et Fernando Urribarri revisite et interroge la totalité de l’œuvre greenienne. Comment répondre à la crise de la psychanalyse ? Comment faire face aux défis posés par un champ clinique qui s’étend désormais au-delà de la névrose ? De quelle façon les apports de Lacan, Winnicott ou Bion viennent-ils renouveler l’édifice freudien ? Comment articuler l’intrapsychique et l’intersubjectif ? Comment la théorie générale de la représentation forgée par Green éclaire-t-elle les échecs de la symbolisation ? Comment repenser le cadre analytique et ses variations, notamment à partir de la notion de cadre interne de l’analyste ? De l’affect à la pensée clinique, en passant par la folie privée et le travail du négatif, nous accompagnons pas à pas la genèse et le déploiement des idées majeures de celui qui s’est efforcé de construire, après Freud et avec Freud, un nouveau modèle théorique et clinique, susceptible de répondre aux enjeux de la psychanalyse contemporaine. En refermant cet ouvrage, le lecteur aura eu accès à une introduction vivante et directe à l’œuvre de Green, et acquis une vision panoramique de sa pensée.

En avril 1976, au Veterans Administration Hospital, à Los Angeles, vingt-cinq psychiatres, psychothérapeutes et psychologues se réunissent pour quatre discussions successives avec le psychanalyste britannique W. R. Bion.
Ce livre est la retranscription des propos recueillis lors de cette rencontre, où l’on questionne l’auteur sur certains de ses concepts, mais avant tout sur sa pratique analytique. Il fait partie de la série des séminaires cliniques donnés par l’auteur.

Le débat sur le statut du psychothérapeute et sur les relations entre psychanalyse et psychothérapie fait l’objet de cet ouvrage qui réunit les contributions de cinq grands noms du domaine. Ce livre détaille les caractéristiques du processus analytique dans les dispositifs psychothérapiques pratiques par les psychanalystes : face à face, psychodrame, situation groupale, travail avec les adolescents.

Cet ouvrage part d’un constat et défend un point de vue, à savoir qu’il existe aujourd’hui une nouvelle psychanalyse qui ne se contente pas d’aborder la réalité psychique interne mais étend son champ à « l’articulation du dedans et du dehors » selon l’expression de Freud. Ce recueil se veut le miroir de l’activité psychanalytique actuelle. Une place centrale est accordée à la clinique contemporaine, à quelques unes de ses « constellations », ainsi qu’à l’exposé de deux situations extrêmes appartenant au domaine de la psychose. Plusieurs exposés présentent les innovations dans quelques domaines phares. Une section théorique termine cet ouvrage, composée d’articles signés de grands auteurs participant à la réflexion psychanalytique contemporaine.

Dans ce livre bref mais aussi fulgurant qu’un  manifeste, Christopher Bollas s’efforce de penser ce “Moment freudien” qui a vu naître la psychanalyse et qui a répondu, selon lui, à une nécessité inscrite dans l’humanité depuis que l’homme a raconté son premier rêve. Soutenant que nous n’avons pas encore fait complètement le tour de l’importante découverte de Freud, il regrette que la psychanalyse n’ait pas été menée à ses dernières conséquences, restant souvent un appendice d’autres disciplines comme la psychologie ou la psychiatrie. En critiquant le rôle paralysant et le sectarisme mortifère des institutions et des écoles psychanalytiques (“Nous passons trop souvent sous silence la corruption et les comportements destructeurs à l’œuvre chez les analystes et au sein des groupes analytiques”), il plaide pour une approche pluraliste des différentes théories analytiques et pour une réelle ouverture d’esprit, capables de donner toute son ampleur à cette pratique qu’il considère comme l’un des grands acquis de l’humanité.

Vincenzo Bonaminio, membre de la Société psychanalytique italienne et professeur à La Sapienza, à Rome, a collaboré à l’ouvrage, en menant les entretiens avec l’auteur. (L’ouvrage est constitué de deux longs entretiens avec V. Bonaminio, suivis d’un recueil d’articles.)

Il est dit d’André Green qu’  » il est le plus grand psychanalyste vivant « , voire que, dans l’après-Freud, il est celui qui véritablement a repensé l’œuvre freudienne dans son ensemble, la complétant avec des notions révolutionnaires telles que travail de négatif ou narcissisme de mort, pour ne citer que les plus connues. En la relançant ainsi vers des espaces que Freud n’eût pas le temps d’explorer, A. Green confère à la pensée psychanalytique contemporaine l’ampleur nécessaire lui permettant enfin d’accéder à certaines pathologies jusqu’à alors rebelles à tout traitement et cause de tant d’échecs de la cure analytique.
Mais, de par son étendue, l’œuvre greenienne aborde également d’autres domaines du savoir de l’homme. C’est pourquoi, participent à cet ouvrage en l’honneur d’André Green et en hommage à son œuvre, aux côtés d’une pléiade de personnalités psychanalytiques du monde entier, des éminents spécialistes des disciplines ayant un lien avec la psychanalyse. Son fil conducteur, la notion de limites, a été choisi pour la double raison qu’elle représente l’un des objets d’étude principaux d’A. Green, et que toute la problématique de l’homme contemporain tourne autour de la quête d’un dépassement des limites, qu’il s’agisse de celles de l’information, de la science ou des arts. Ce livre, qui marquera sans doute une date, est un rendez-vous entre les participants d’une part, plus de soixante-dix, et avec le lecteur d’autre part en vue de s’atteler à la tâche de Penser les limites de la vie psychique, comme de toute discipline et, plus largement, de la pensée de l’homme.

La pulsion de mort est un concept métapsychologique tardif dans l’oeuvre de Freud. Ses successeurs l’ont utilisé depuis dans des sens très différents. Tantôt il a été réduit à l’automatisme de répétition, tantôt à l’agressivité. Il apparaissait opportun que des psychanalystes d’inspirations diverses confrontent leurs vues et établissent les points d’accord et les raisons des divergences. La Fédération européenne de Psychanalyse, fidèle à sa vocation de lieu d’échange entre psychanalystes de cultures et de langues différentes, a organisé un débat entre cliniciens sur cette question. Des rapports introductifs avaient été préparés à cet effet ; ce sont eux et le compte rendu du panel qui a réuni les rapporteurs qui sont ici présentés.

À peine la psychanalyse était-elle inventée, à la fin du siècle dernier, que sa mort prochaine était annoncée (souhaitée ?). Alors où en est-on aujourd’hui, cent ans après sa naissance ?
Un chercheur venu du Québec a mené une enquête en profondeur au cours d’une série d’entretiens avec quelques analystes français dont il connaissait bien les travaux. Il les a interrogés en leur présentant un éventail de questions, celle que chacun peut légitimement se poser. Par exemple : Freud est-il dépassé ? Pourquoi la guerre entre psychanalystes – et les scissions et le babélisme ? Quelle est la spécificité de la psychanalyse française ? En quoi est-elle marquée par l’enseignement de Lacan ? La pulsion de mort, vous y croyez ? L’intervention de l’État, vous la redoutez ? Avez-vous quelque chose à nous dire sur la toxicomanie, la pédophilie, le racisme ? Le «divan» a-t-il un avenir ?
Les neuf analystes interrogés ne se sont pas dérobés. Chacun, avec cette liberté de ton que favorise l’échange oral, s’est aussi donné le temps de développer ses réponses. Elles sont divergentes mais chacune d’elles témoigne à sa manière que la psychanalyse, cent ans après, loin d’être moribonde, reste une jeune science. Menacée sans doute mais irremplaçable sous réserve qu’elle ne cesse d’affirmer la singularité, l’étrangeté de l’expérience qui la fonde.

La lecture critique de ses contemporains a sans nul doute constitué un des moteurs de la pensée d’André Green. En ce sens, Penser la psychanalyse… présente la constellation d’auteurs avec lesquels il a été en constant dialogue.
Constitué d’études exégétiques autour de certains travaux qui ont fait avancer la discipline, ce recueil, préparé par André Green lui-même en 2011, met également en évidence le contexte intellectuel fertile qui a accueilli sa pensée.

L’examen de l’œuvre de W. R. Bion, sous l’angle de la psyché primordiale, conduit à une réflexion sur le travail du négatif. La comparaison des travaux de Lacan et de Winnicott souligne leur évolution distincte et fait ressortir les sources théoriques extra-psychanalytiques du premier, et celles, puisées dans la clinique des limites, du second. Une remarquable enquête sur l’ontologie winnicottienne met la notion d’être à l’épreuve des concepts-clé de créativité, destructivité et sexualité.

Peut-être est-ce là, parmi les textes consacrés à un auteur, le plus inspiré de toute l’œuvre de Green. Point d’orgue historique : ce volume se clôt par une discussion de l’influence, sur Lacan, des théories de Lévi-Strauss et de Saussure. Qu’il s’agisse du sexual de Jean Laplanche, de l’originaire chez Piera Aulagnier, du penser chez Didier Anzieu ou de la relation d’inconnu de Guy Rosolato, ces notions et ces auteurs, commentés par Green, nous conduisent au cœur de la clinique contemporaine.