L’expérience est commune, qui nous fait rougir ou mourir de honte. Diverse aussi : honte de ce que je suis ou de ce que je n’ai pas, honte de demander quand il faudrait taire ou de taire quand il faudrait faire, honte de soi ou honte pour eux. C’est toujours sous le regard d’un autre, et le jugement que nous lui prêtons, que la honte nous saisit, et parfois nous ronge. À cet autre qui la fait naître, comment la dire sans en être davantage accablé ?

L’écoute d’un psychanalyste peut aider à la dire sans en mourir, et ce faisant à la déplacer, c’est-à-dire à la transformer. Six analystes s’interrogent, à partir de ce qui survient dans le traitement, sur les accointances inattendues de cet affect avec l’excitation et le plaisir infantiles comme avec la rage et les blessures liées aux défaillances du moi et à la menace de ses idéaux ; ailleurs, c’est avec la culpabilité et la cruauté du surmoi qu’elle pactise. Et si la cure permettait de retrouver la face que la honte nous a fait perdre ?