A paraître le 16 août 2018

Ce manuel présente la logique des processus de la vie psychique à tous les âges de la vie de la naissance à la vieillesse.

Les auteurs issus de la pensée psychanalytique retracent tout d’abord l’histoire de la réalité psychique de la subjectivité. Ils présentent ensuite les logiques en large partie inconscientes qui sous-tendent les formes d’expression de la psychopathologie. L’apport des neurosciences dans le champ de la psychopathologie est également abordé. Une approche projective complète enfin cette démarche d’ensemble et fournit une méthode pour médiatiser la subjectivité propre du clinicien.

Ainsi composé ce manuel s’adresse à tous ceux qui étudiants jeunes professionnels et psychologues confirmés sont soucieux d’une vue d’ensemble actualisée de l’approche clinique de la vie psychique et des formes de sa pathologie.

Cette troisième édition a été enrichie d’un nouveau chapitre sur la délinquance et la criminalité et d’un développement conséquent sur les psychothérapies.

Psychanalyse ou psychothérapie Psychanalytique ? Fondements de la position clinique par Albert Ciccone

Résumé

Dans la première partie de cet article, l’auteur déconstruit l’opposition entre « psychanalyse » et « psychothérapie psychanalytique », à partir notamment des textes freudiens. La « psychothérapie psychanalytique » ne désigne rien d’autre que la psychanalyse « en tant que traitement », ce qui correspond à l’un des axes de la définition que donne Freud de la psychanalyse. D’ailleurs Freud lui-même emploie indifféremment les termes « psychanalyse » et « psychothérapie psychanalytique ».
Un premier argument pour soutenir que la psychanalyse ne serait pas une « psychothérapie » concerne la question de la guérison qui serait étrangère à la psychanalyse. Or, Freud n’a jamais renoncé à l’idée de la guérison. Un deuxième argument concerne la suggestion qui serait antagoniste à la psychanalyse. Or, les textes techniques de Freud montrent qu’il utilisait abondamment cette dernière. Un troisième argument concerne le setting. Or, celui-ci a été adopté par Freud pour des raisons essentiellement personnelles. Par ailleurs que serait une psychanalyse qui ne s’adapterait pas aux contextes cliniques et aux patients ? La « psychothérapie psychanalytique » n’est que le nom de la psychanalyse qui peut s’ajuster aux patients ainsi qu’aux limites de l’analyste. Un quatrième argument concerne la différence entre « liaison » (qui relèverait de la psychothérapie) et « déliaison » (qui relèverait de la psychanalyse). Or, tout travail psychanalytique contient inévitablement ces deux processus.
On ne peut pas opposer « psychothérapie psychanalytique » et « psychanalyse », par contre on peut éclairer ce qui fait qu’une psychothérapie est psychanalytique, et détailler les fondements de la position clinique. L’auteur s’attache à décrire ces fondements dans la deuxième partie. Ils concernent l’écoute et l’observation de la réalité psychique, de l’inconscient, de l’infantile, des phénomènes transférentiels, l’importance de l’intersubjectivité, du cadre interne, le travail de pensée, l’engagement et l’implication de l’analyste, le travail d’élaboration contre-transférentielle, la considération du discours et de l’expressivité, quels qu’ils soient, comme matériel, l’observation du rapport aux objets réels et à l’espace, la mise en suspens du savoir, la prise en compte des « théories » du patient (de sa souffrance, du soin), la position d’humilité et de doute, la conviction qu’il n’y a jamais de contre-indication de soin psychanalytique.
Ces principes (il y en a d’autres) caractérisent le « psychanalytique » des psychothérapies, quelle qu’en soit la forme, cure-type ou dispositifs autres.