Le plus ancien traité divinatoire de l’humanité, le grand livre de la sagesse chinoise depuis deux millénaires, accompagné d’un guide de consultation.

Parce qu’il associe l’homme à la formation de son destin, le Yi King est à la fois livre de sagesse et recueil divinatoire. Sa fréquentation permet d’apprendre à lire l’ordre de l’univers, d’apprivoiser le hasard et d’épouser l’harmonie du monde. Epouser l’harmonie du monde pour établir l’harmonie en soi.

Œuvre d’une absolue singularité, le Yi King délivre son message à travers 64 figures ou hexagrammes. Ces signes d’avant l’écriture symbolisent les lois de la vie ou du changement, les énergies opérant en toute situation. En offrant la connaissance de ces lois, ce livre rend l’homme apte à pressentir les déroulements prochains et à déterminer une juste conduite. L’homme devient ainsi son propre devin et l’artisan de son destin.

Ouvrir ce livre, c’est ouvrir le monde.

Collège International des Thérapeutes

LES DIX « ORIENTATIONS »

Jean Yves Leloup a donné aux Membres du Collège 10 orientations. Elles ne sont pas une règle qui impose ou qui oblige. Elles sont un rappel, une exigence qui inspire et qui oriente.

1 Anthropologie :

Reconnaître, respecter et en prendre soin de l’être dans son entièreté physique, psychique et spirituelle : soma-psyché-noos-pneuma.

Voir les équivalences dans les anthropologies traditionnelles :

Inde, Tibet, etc.

Cette anthropologie est également une cosmologie : elle n’envisage pas l’Homme comme séparé de l’Univers (d’où l’importance du soin accordé à l’environnement).

Elle est encore une ontologie : elle n’envisage pas l’Homme comme séparé d’une Origine, qui sans cesse lui manque et qui sans cesse le fonde.

2 Ethique :

Prendre soin de l’Etre en soi-même : l’accueillir, le contempler, l’incarner, le communiquer…

Prendre soin de l’Etre chez les autres : l’accueillir, le respecter, l’écouter (et si cela est nécessaire l’orienter, l’aider à guérir, l’épanouir)

Vire autant que possible, dans la simplicité et la beauté (nourriture, vêtement, habitation…) et demeurer libre à l’égard de l’accumulation des avoirs, des savoirs et des pouvoirs qui peuvent éloigner de l’Etre.

3 Silence :

Vivre chaque jour un temps de silence (d’environ 1 heure)

selon les pratiques propres à chaque Thérapeute.

4 Etude :

Vivre chaque jour un temps d’étude (d’environ 1 heure) des textes, écrits, « informations » nécessaires à l’édification et au ressourcement du Thérapeute.

5 Gratuité :

Donner un temps de « soin » gratuit et de disponibilité par jour

Selon la compétence particulière du Thérapeute.

6 Ressourcement :

Prendre chaque année une semaine de silence et une semaine d’étude, pour se « recentrer » et vérifier ses présupposés anthropologiques.

7 Reconnaissance :

Se placer dans l’écoute attentive et bienveillante d’un Thérapeute Accompagnant qui aura à valider chaque annéel’appartenance au Collège des Thérapeutes et à reconnaître la fidélité du Thérapeute à ses propres engagements, c’est-à-dire aux dix Orientations majeures.

8 Anamnèse :

Tenir un carnet d’anamnèse où seront consignés rêves et songes signifiants, ainsi que les évènements qui témoignent de la présence de l’Etre dans une vie.

(Ce carnet demeure la propriété de chaque Thérapeute.

9 Rappel :

Vivre si possible toutes les heures une minute de « Rappel » de mon être, à l’Etre qui l’informe, de mon souffle, au Souffle qui l’inspire.

Cet instant de « Rappel » peut se vivre à travers une invocation, une respiration ou simplement une attention sensorielle ou affective à la Présence de l’Etre dans le corps que nous sommes.

10 Fraternité :

Les Thérapeutes, dispersés à travers le monde, forment un réseau fraternel. L’hospitalité réciproque est un bonheur dont ils ne se priveront pas. Faisant mémoire de leurs engagements communs, ils partageront volontiers leur temps d’étude et de silence.

Télécharger :

CIT 10 orientations

http://www.college-international-des-therapeutes.eu/

Les fous du Monte Verità 

Sur les rives du lac Majeur, Ascona somnole dans la quiétude d’une après-midi bercée par les reflets du soleil. Les terrasses de la promenade des rives du lac accueillent des badauds détendus dans le climat tessinois. Bercés par la douceur du paysage, ils ne remarquent guère la petite colline qui se gravit à pied non loin de là (quelques centaines de mètres à peine). Mais comment imaginer que la commune la plus basse de Suisse (196 mètres) abrite un « axe du monde », un point de rapprochement vertical entre le Ciel et la Terre, la colline baptisée le Monte Verità, la montagne de la vérité ?

[…]

Delphine Bovey

https://www.vivreensemblelongtemps.ch/les-fous-du-monte-verita-ascona.html

Monte Verità
La Montagne de la vérité

France | 1997 | 52 minutes | Betacam SP

Un film de Henry Colomer

A la fin du siècle dernier, naît en Allemagne un mouvement tourné vers le passé, vers la pureté des origines, un idéal de liberté et de beauté : le mouvement de réforme de la vie. Il invite ses adeptes à fuir la ville, ses conflits, ses plaisirs factices. Artistes libertaires, colonies végétariennes, … de nombreuses sectes naissent alors. Le film recherche les racines de ce mouvement dans l’histoire allemande et analyse son implantation en 1900 dans un lieu « inspiré » : le Monte Verita, la colline de la vérité, sur les bords du Lac Majeur, au-dessus d’Ascona. Fondé par Henri Oedenkoven, fils d’un grand industriel d’Anvers et Ida Hoffman, musicienne du Montenegro , ainsi que par Gusto Gräser, le « prophète aux pieds nus » décrit par Hermann Hesse, et quatre autres pionniers, Monte Verità devient un lieu de refuge pour de nombreux rebelles de la politique et des arts : des écrivains et des poètes, comme Hermann Hesse et Erich Müsham, des danseurs, comme Isadora Duncan, Mary Wigman, Rudolf von Laban, le psychanalyste Otto Gross,… Le réalisateur décrit les sectes et les mouvements qui gravitent autour de ce noyau, avec toutes leurs ambiguités, notamment celui des « oiseaux migrateurs », auquel Gusto Gräser a été lié, qui a rendu familières et présentables des idées et des modèles de comportements que l’on retrouvera dans l’idéologie nazie : un passé idéalisé, les valeurs du sol et de l’enracinement, l’attachement organique du groupe à son chef, l’antisémitisme et le racisme.

4 expériences de retour à la nature (2/4)

Monte Verità, une réforme de la vie sur la montagne

Inspirés par le mouvement germanique de la Lebensreform (la réforme de la vie), six jeunes gens fondent en 1900 à Ascona la communauté Monte Verità qui devient rapidement un important centre culturel où se croisent dans un foisonnement intellectuel rare, artistes, écrivains et danseurs.

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/retours-a-la-nature-24-monte-verita-une-reforme-de-la-vie-sur-la-montagne

Summer camp (5/5): Monte Verità, la célébration des corps d’une communauté pré-hippie

Au début du XXe siècle, une petite communauté pré-hippie s’installe sur les bords du lac Majeur. Elle va accueillir écrivains, peintres, musiciens ou danseuses dans une célébration naturaliste des corps.

https://www.lesinrocks.com/2012/08/26/arts/summer-camp-monte-verita-11288720/

Scène de la colonie du Monte Verità – Revue Initiales n° 4, septembre 2014

Présentation
Monte Verità revisité, constellé, réinitialisé

Après George Maciunas, John Baldessari et Marguerite Duras, c’est à une expérience collective et à un lieu que s’intéresse en 2014 la revue Initiales avec cette quatrième livraison dédiée à Monte Verità.

Une communauté à géométrie variable à laquelle théoriciens et artistes donneront corps à travers les 130 pages de cette revue d’art et de recherche « rétro-prospective ».

Initiales M.V. pour Monte Verità, du nom de cette colline du canton du Tessin en Suisse où s’implanta, en 1900 et jusqu’à la fin de la Première guerre mondiale, une communauté d’artistes et anarchistes pré-hippie.
Un collectif donc, à rebours du travail de décryptage d’une figure unique, puisqu’ici, de l’écrivain Herman Hesse au psychanalyste Otto Gross, en passant par Dalcroze et Laban, deux théoriciens de l’art chorégraphique, les danseuses Mary Wigman et Isadora Duncan ou encore l’économiste Max Weber, c’est toute une galerie de portraits qui s’offre à nous. Et autant de personnalités diverses, réunies temporairement, le temps d’un projet qui connaîtra ses heures de gloire avant une descente aux enfers parfois mal interprétée.
Autre enjeu majeur pour cette revue d’art et de recherche qu’est la revue Initiales, la disparition relative de cet épisode qui échappa longtemps aux radars de l’histoire de l’art, jusqu’à sa redécouverte, à la fin des années 1970, par le commissaire d’exposition Harald Szeemann. Et donc une réflexion plus générale sur la question et la matérialité de l’archive. Installé à Tegna, à quelques kilomètres de Monte Verità, Szeemann fondera successivement, en 1978, 1983 et 1987, trois musées documentant les vestiges de l’ancienne communauté – dont l’un d’entre eux, construit sur le site de l’ancienne Casa Anatta accueille depuis 1981 l’exposition permanente « Les Mamelles de la vérité ». Curateur et théoricien culte, Harald Szeemann sera l’une des figures à hanter ce projet éditorial. Le contexte politique, économique et idéologique de cette période, qui présente bien des similitudes avec notre époque, constituera également un angle de lecture.
De nombreux artistes d’aujourd’hui enfin, de Kaye Donachie à Nico Vascellari en passant par David Evrard, Lola González, Gaëlle Cintré ou Romana Schmalisch viendront également émailler ce quatrième numéro.

Une colline dominant Ascona et le lac Majeur est devenue dès 1900 un haut lieu de la liberté de pensée et de vie. A Monte Verità le jaillissement des esprits fut proprement stupéfiant à un moment où en Europe les interrogations sur un mode de vie alternatif et les condamnations de la société industrielle se faisaient pressantes: recherches croisées et innovations dans tous les arts, ardeur réformatrice jusqu’à la libération des corps et du sexe, ascétisme végétarien, valeurs opposées à la morale bourgeoise dans une succession de groupes et de courants d’idées, chorégraphes d’avant-garde, révolutionnaires russes, Allemands en nombre comme dans une banlieue de Munich, vagabonds-prophètes inspirant Hermann Hesse, chercheurs de grand renom réunis autour de Carl Gustav Jung, historiens des religions tel Mircea Eliade ou inspirateurs futurs du New Age rapprochant l’Orient et l’Occident. Il n’existait pas de livre en langue française pour décrire l’un des feux d’artifice les plus étonnants du 20e siècle. Le voici, dans une approche nouvelle et contemporaine des pouvoirs d’un lieu.

Face à la multiplication des savoirs qui prennent désormais pour objet l’individu et son rapport à soi – de la sociologie à la psychanalyse en passant par les sciences cognitives, la philosophie ou la spiritualité –, il est devenu difficile de savoir de quoi il est réellement question quand on parle de « connaissance de soi ».

Dans un monde en changements constants où l’esprit humain est sans cesse sollicité par ce qui se passe « à l’extérieur », où la connaissance tend à être supplantée par la communication, quelle(s) signification(s) peut prendre la connaissance de soi ? Comment concilier le vivre-au-monde avec cette quête intérieure ? C’est cette question que l’édition 2012 de la Journée de la solidarité humaine se proposait de clarifier en se plaçant au carrefour des savoirs et des disciplines.

Que s’agit-il de connaître en soi ou de soi ? Le « moi » renvoie-t-il à une réalité, ou à un projet ? Et pourquoi, d’ailleurs, chercher à se connaître ?

Philosophie, psychologie et spiritualité ont souvent divergé sur les modalités d’une telle connaissance et les méthodes qui permettent d’y parvenir : approches plus ou moins théoriques ou pratiques, rationnelles ou intuitives, dans la solitude de soi avec soi ou dans la relation avec autrui, par référence à une transcendance ou pas…

De ce foisonnement, peut-on dégager certaines lignes de force et, surtout, des approches concrètes qui permettraient à chacun, aujourd’hui et maintenant, de s’engager à son tour dans cette aventure qu’est la connaissance de soi ?

La douceur est une énigme. Incluse dans un double mouvement d’accueil et de don, elle apparaît à la lisière des passages que naissance et mort signent. Parce qu’elle a ses degrés d’intensité, parce qu’elle a une force symbolique et un pouvoir de transformation sur les êtres et les choses, elle est une puissance. En écoutant ceux qui viennent me confier leur détresse, je l’ai entendue traverser chaque expérience vécue. En méditant son rapport au monde, il apparaît que son intelligence porte la vie, la sauve et l’accroît.

Introduction : Qu’est-ce qu’un thérapeute ?

Il est toujours d’actualité de se poser la question et, dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, de revenir aux sources, aux origines, non seulement à l’étymologie du terme mais à la pratique impliquée par ce terme. C’est à ce titre que nous nous intéressons à ceux que Philon d’Alexandrie appelle les « Thérapeutes », même si leur « art de vivre » semble bien différent de celui qui est vécu par ceux qui portent ce nom aujourd’hui. Mais n’y aurait-il pas là justement matière à réflexion, réévaluation de nos présupposés anthropologiques et source d’inspiration pour un ordre de thérapeutes à venir ? Thérapeutes dont l’anthropologie ne serait pas amputée de la dimension spirituelle, nécessaire au plein épanouissement sinon à la santé de l’homme.

Qu’est-ce que la maladie ? Pourquoi suis-je malade ?

Question sans fin, qui en présuppose d’autres : qu’est-ce que être ? Qui suis-je ? Qui est malade ?

Dans la continuité de ses ouvrages devenus des classiques : Manque et Plénitude et Prendre soin de l’être, Jean-Yves Leloup interroge les Thérapeutes d’Alexandrie, les penseurs de l’Antiquité, les différentes traditions spirituelles et les pratiques analytiques d’aujourd’hui, afin de nous conduire à nous « souvenir de l’essentiel ».

Ces sagesses prennent en compte l’intégralité de l’être humain (corps-âme-esprit/pneuma). Elles l’amènent à la découverte de son Être authentique. On retrouve ici l’approche synthétique et transdisciplinaire qui caractérise l’oeuvre de Jean-Yves Leloup.

Juif de culture hellénistique, Philon d’Alexandrie, contemporain du Christ, est très représentatif des mouvements spirituels d’un milieu où se côtoient les syncrétismes les plus audacieux et les sectarismes les plus virulents. Précurseur d’Origène, il est surtout connu pour son  » art de l’interprétation  » des rêves et des textes sacrés, qui n’est pas sans rappeler celui de la psychologie des profondeurs au XXe siècle.
Dans son livre Les Thérapeutes, présenté et commenté ici par Jean-Yves Leloup, Philon se fait le chantre d’une communauté dont on connaît mal la nature, mais qui se caractérise par son hospitalité et son attention à l’Être dans toutes ses dimensions : corps, âme et esprit. Les Thérapeutes, par cette vision globale de l’Homme, enracinée dans l’anthropologie biblique, préfigure déjà les psychologies contemporaines ouvertes aux domaines du corps et de la spiritualité.

Le corps est un univers à rencontrer d’urgence et qui peut nourrir la pratique de tout art, y compris celui de soigner ou d’enseigner. « Dansez ! » s’adresse donc autant aux danseurs qu’aux acteurs, psys et thérapeutes de tous horizons, philosophes, poètes et à tous ceux pour qui le corps est le point de départ de la connaissance. Art, spiritualité et thérapie sont ici indissociables.
La danse y est vécue comme outil de transformation en englobant l’être entier, physique, subtil et spirituel, vers l’expérience de l’unité. . La danse vue par Poumi Lescaut nous invite à poser un regard neuf sur soi, sur l’autre, sur la vie de tous les jours en déshabituant le regard, qui alors s’élargi. Nous sommes invités à explorer tous les étages de l’être, dense et subtils qui s’unifient pour accoucher de notre propre mystère.

« Ce livre est un puzzle merveilleux. Une combinaison inclassable. On y trouve des cosmogonies, des envolées esthétiques et des considérations scientifiques, des témoignages spirituels et beaucoup de souvenirs extraordinaires, notamment rapportés d’Inde. Dans ce livre, on trouve aussi de très intéressantes considérations sur le mouvement, sur le corps, le rythme, la respiration, l’énergie, l’espace-temps, le vide. »
Extrait de la préface de Patrice van Eersel.

Cet essai d’André Comte-Sponville sur Svâmi Prajnânpad révèle, pour la première fois, une adéquation totale entre la pensée d’un philosophe contemporain occidental et celle d’un sage de l’Inde.
Prajnânpad exerce une fascination particulière sur le philosophe, car dégagé de toute illusion, de toute croyance puérile et de toute religiosité, il démontre que la « spiritualité » est avant tout un chemin vers « l’indépendance » et la « liberté ».
Prajnânpad est un sage-philosophe doublé d’un thérapeute. Sa voie emprunte autant au Védantâ (texte sacré hindou) qu’à la psychanalyse freudienne, autant à la tradition qu’à la modernité.
Cet ouvrage qui se veut un hommage à l’un des grands sages de notre époque est également une réflexion éclairée et éclairante sur le sujet le plus important de l’existence humaine : la « quête du bonheur ». Ainsi ce livre est utile à tous, pour le bonheur de tous … « La sagesse se trouve exactement où tu es, il suffit de passer de l’autre côté du désespoir ».

La psychanalyse, « herméneutique du soupçon », s’est longtemps abstenue d’apprécier sans parti pris le monde de la spiritualité. Sudhir Kakar revient sur le classement hâtif d’un rationalisme assiégé par son contexte historique pour examiner différentes traditions spirituelles orientales à travers quelques-uns de leurs représentants. Un gourou de l’Occident, un sage-fou tibétain, un mystique hindou, Gandhi… Chacun de ses essais rend sa pertinence à une forme de quête de connaissance de l’esprit humain et nous entrouvre une porte où glisser un regard nouveau. Où l’on découvre comment, notamment dans le domaine de l’empathie, il reste à la psychanalyse beaucoup à apprendre. Quant à l’œil hindou qui observe le Freud de L’Avenir d’une illusion, il lui donne un relief inédit en le plaçant dans les limites de son contexte personnel et culturel.

Un œil qui pourrait bien appartenir à l’auteur de ce livre, « moins épris » aujourd’hui du « marché conclu dans sa jeunesse » sur sa propre voie en quête de lui-même.

La vogue de la méditation en Occident répond à un besoin essentiel de notre société contemporaine : reprendre son souffle et trouver un sens dans une course s’accélérant sans cesse. Marc de Smedt a réuni ici les plus grands connaisseurs de la méditation pour interroger ce phénomène qui a bousculé les frontières traditionnelles des spiritualités. Soulevant des questions souvent laissées dans l’ombre, ces différents points de vue éclairent les métamorphoses actuelles de ces pratiques ancestrales.
La méditation sera-t-elle la grande aventure des futures décennies en Occident ?

Ce numéro de la revue Question de est repris en poche avec les contributions de : Christophe André, Yvan Amar, Catherine Despeux, Gilles Farcet, Nathalie Ferron, Aurélie Godefroy, Elisabeth D. Inandiak, Thierry Janssen, Christine Kristof-Lardet, Elisabeth Marshall, Fabrice Midal, Philippe Nassif, Brigitte Anne Neveux, Daniel Odier, Olivier Py, Roland Rech, Matthieu Ricard, Isabelle Sorente, Annick de Souzenelle, Jean-Philippe de Tonnac, Serge Valletti, Jacques Vigne.

Les usages sociaux et culturels accordent à la parole et au silence une alternance qui varie d’un lieu à l’autre et d’une personne à l’autre. Cependant, face au silence les uns éprouvent un sentiment de recueillement, de bonheur tranquille, tandis que d’autres s’en effraient et cherchent dans le bruit ou la parole une manière de se défendre de la peur.

« Soudain paraît un anthropologue singulier, David Le Breton, jusqu’alors interrogateur du corps socialisé, de l’expressivité des visages, de la douleur et des maux de la chair , qui parle d’abondance du silence. Et qui s’étonne lui-même d’avoir conçu tant de phrases sur » une étoffe de silence » . » – Georges Balandier, Le Monde.

Evangile selon St Matthieu, 6

25 C’est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ?

26 Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ?

27 Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie ?

28 Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement ? Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent ni ne filent ;

29 cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux.

30 Si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi ?

31 Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas : Que mangerons-nous ? que boirons-nous ? de quoi serons-nous vêtus?

32 Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin.

33 Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus.

34 Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.

Traduction Louis Segond

L’enseignement de Krishnamurti repose sur la conviction que les transformations de la société ne peuvent se faire qu’au terme d’une transformation des individus. Critique vis-à-vis des religions et des sectes, Krishnamurti n’aura de cesse de répéter que le bonheur passe par le refus de tout type d’autorité. C’est le sens des multiples conférences qu’il a données pendant des dizaines d’années, partout dans le monde.

« Dès l’instant où vous suivez quelqu’un, vous cessez de suivre la Vérité. »

Le Sens du bonheur– un best-seller mondial – nous permet de voir le monde autrement. Sans parti pris, universelle, la parole de Krishnamurti nous fait découvrir les racines mêmes de nos problèmes personnels et de ceux de la société qui nous entoure. Il nous apprend l’art de voir et d’écouter avec notre cœur. Et à découvrir la Vérité qui est en nous.

Et un orateur dit : « Parle-nous de la Liberté ».
Et il répondit :
« A la porte de la cité et au coin du feu dans vos foyers je vous ai vus vous prosterner et adorer votre propre liberté,
Comme des esclaves qui s’humilient devant un tyran et bien qu’il les terrassent le glorifient.
Dans le jardin du temple et dans l’ombre de la citadelle j’ai vu les plus libres d’entre vous porter leur liberté comme un boulet à traîner.
Et en moi mon coeur saigna ; car vous ne pourrez être libre que si le désir de quérir la liberté devient un harnais pour vous, et si vous cessez de parler de liberté comme d’un but à atteindre et d’une fin en soi.
Vous ne serez réellement libre tant que vos jours ne seront pas chargés de soucis et que l’indigence et la souffrance ne pèseront pas sur vos nuits,
Mais plutôt lorsque votre vie sera ceint de ces contraintes et dès lors au-dessus d’elles vous vous élèverez, nu et délié.
Et comment pourriez-vous vous élever au-dessus de vos jours et de vos nuits si vous ne brisiez pas les chaînes que vous avez vous-même, à l’aube de votre esprit, attachées autour de votre midi ?
En vérité ce que vous appelez liberté est la plus solide de ces chaînes, même si ses maillons qui brillent au soleil et éblouissent vos yeux.
Et qu’est-ce que la liberté sinon des fragments de vous-même que vous cherchez à écarter pour devenir libre ?
Si vous croyez que la clé de la liberté se trouve derrière une loi injuste qu’il suffit d’abolir, dites-vous que cette loi a été inscrite de votre propre main sur votre propre front.
Vous ne pouvez l’effacer en brûlant tous vos livres de lois, ni même en lavant les fronts de vos juges, dussiez-vous y déverser la mer entière.
Et si vous pensez qu’en détrônant un despote, vous retrouverez votre liberté, voyez d’abord si son trône érigé en vous-même est bel et bien détruit.
Car nul tyran ne pourra dominer des sujets libres et fiers, que s’il existe déjà une tyrannie dans leur liberté et une honte dans leur fierté.
Et si vous cherchez à chasser vos soucis ou à dissiper vos craintes pour libérer ainsi votre esprit, sachez que vous-même les avez choisis avant que vous ne les ayez subis.
Et que le siège de votre frayeur est dans votre coeur et non point dans la main de celui qui vous fait peur.
En vérité tout ce qui se meut en vous est dans une constante semi-étreinte : ce qui vous terrifie et ce qui vous réjouit, ce que vous chérissez et ce que vous haïssez, ce que vous désirez saisir et ce que vous cherchez à fuir.
Vos actes sont des jeux d’ombres et de lumières en couples enlacés.
Toute ombre se dégrade, se fond et se meurt à l’arrivée d’une lumière,
Et quand l’ombre s’évanouit et n’est plus, toute lumière qui s’attarde derrière ses lisières devient alors une ombre pour une autre lumière.
Et ainsi quand votre liberté se désenchaîne devient elle-même les chaînes d’une plus grande liberté. »

Khalil Gibran, Le prophète

« Nasr Eddin est au plus mal. Sa femme est là, l’imam est là ainsi que le cadi qui est venu entendre ses dernières volontés :
– À l’école coranique, dit le Hodja dans un souffle, je lègue dix mille dinars…
– Mais mon cher mari, le coupe aussitôt Khadidja, nous n’avons jamais possédé une telle somme !
– Dis donc, proteste-t-il en se redressant un peu, c’est toi qui meurs ou c’est moi ? »
Du monde arabe aux pays balkaniques, en passant par l’Asie mineure et centrale, la renommée de Nasr Eddin Hodja – Ch’ha au Maghreb – est sans pareille. Tous les peuples qui connaissent ses aventures se sont approprié le mythique « savant », dont on ne sait jamais si la folie dissimule une grande sagesse… ou l’inverse. Jean-Louis Maunoury, qui régale depuis longtemps les lecteurs français de ses aventures et pitreries, nous en offre ici l’ultime recueil.