« Se révolter, c’est courir à sa perte, car la révolte, si elle se réalise en groupe, retrouve aussitôt une échelle hiérarchique de soumission à l’intérieur du groupe, et la révolte, seule, aboutit rapidement à la soumission du révolté… Il ne reste plus que la fuite. »
Henri Laborit pose, à la lumière des découvertes biologiques, la question de notre libre arbitre, de notre personnalité même. La politique, la société, tout prend dès lors une autre dimension.

Casse-tête selon Watzlawick ; une question de point de vue

Neuf points étant disposés en carrés, comment faire pour les relier par 4 segments sans lever le crayon ?

« Presque tous ceux qui rencontrent ce problème pour la première fois introduisent une hypothèse qui rend la solution impossible. Ils pensent, en effet, que les points forment un carré et que la solution doit, s’inscrire dans ce carré, s’imposant ainsi une condition que l’énonce ne comporte pas…leur échec, par conséquent n’est pas du à l’impossibilité de la tache mais à la solution choisie…ce qui signifie que, même en utilisant toutes les possibilités de changement 1 à l’intérieur du carré, ils ne résoudront pas le problème. La solution serait pour eux un changement de type 2, qui consiste à dépasser ce champ »…  à sortir du cadre

Voici la solution :

Ce dont Watzlawick cherche ici à nous faire prendre conscience c’est que bien souvent le problème : c’est la solution…parce que nous la restreignons d’emblée à son cadre d’action sans le questionner…et ça vaut pour un nombre considérable de situations dans notre vie quotidienne et/ou professionnelle…Lâcher prise et sortir du cadre de référence (décadrer) n’est pas si simple…mais avoir conscience du biais est déjà un pas décisif vers un élargissement et vers une nouvelle perspective de vie ! 🙂

A noter : sur un plan conceptuel, Watzlawick se réfère à l’autopoïèse comme processus complémentaire à la technique du recadrage. C’est la faculté des systèmes ouverts de se recomposer consécutivement à l’émergence d’un autre système de structuration des relations qui le composent.

Florence Meichel

Cerveau gauche, cerveau droit, un mythe neuronal

La localisation asymétrique de certaines fonctions cérébrales est une réalité connue depuis le 19e sicèle. mais l’idée d’attribuer à la dominance d’un hémisphère du cerveau la raison de dispositions intellectuelles ou caractérielles différentes est bien plus récente : on l’attribue à deux neurologues, Norman Geschwind et Albert Galaburda, qui publièrent en 1987 une hypothèse séduisante opposant le cerveau gauche « rationnel » au cerveau droit « intuitif » : selon que vous vous servez plus de l’un que de l’autre, vous serez donc comme ceci ou comme cela. En dépit du scepticisme de nombreux spécialistes, cette phrénologie moderne a connu, en raison de son dualisme simple, un grand succès médiatique, et reçu quelques appuis scientifiques (en France Lucien Israël, Béatrice Millêtre). Hélas, le flop devait arriver : une étude publiée en 2013 montrait – imagerie cérébrale à l’appui – que tout le monde utilise ses deux hémisphères à peu près de la même façon.

Nicolas Journet