Evangile selon St Matthieu, 6

25 C’est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ?

26 Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ?

27 Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie ?

28 Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement ? Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent ni ne filent ;

29 cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux.

30 Si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi ?

31 Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas : Que mangerons-nous ? que boirons-nous ? de quoi serons-nous vêtus?

32 Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin.

33 Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus.

34 Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.

Traduction Louis Segond

« On voudrait croire que, quand les choses en viennent enfin à s’accorder, c’est là le bonheur…

Or, c’est précisément quand les choses se recoupent complètement et coïncident que cette adéquation, en se stabilisant, se stérilise.

La coïncidence est la mort. C’est par dé-coïncidence qu’advient l’essor.

Dieu lui-même dé-coïncide d’avec soi, en mourant sur la Croix, pour promouvoir la vie vivante. Dans la faille de la dé-coïncidence une initiative est à nouveau possible se déployant en liberté.

Or, comme l’Age classique a fait de l’adéquation la définition même de la vérité, ou de la coïncidence avec la Nature le grand précepte de l’art comme de la morale, il est revenu à la modernité de rompre avec ce confort de la pensée.

François Jullien fait jouer ici le concept de « dé-coïncidence » dans la Bible, la peinture, la littérature, la philosophie, pour montrer comment il est à la source de l’art et de l’existence. « 

Les Grandes Religions est une invitation à découvrir ou à mieux comprendre les quatre principales religions qui participent, en cette fin de millénaire, à la marche du monde : le judaïsme, le catholicisme, l’islam et le bouddhisme tibétain. Le livre s’ouvre sur douze questions essentielles –  » Pourquoi Dieu permet-il le mal ? « ,  » Qu’est-ce que l’au-delà ? « ,  » La religion est-elle nécessaire ? « , etc. – auxquelles répondent, de façon claire et accessible, quatre auteurs représentant les différentes croyances. Une seconde partie, réunissant les textes de la collection  » Symboles des religions  » (Editions Assouline, 1996-1997), explique l’origine et le sens de chacune des religions à partir des symboles qui les représentent – objets, rites ou fêtes. Les Grandes Religions offre une réponse contemporaine à nos interrogations spirituelles, tout en nous aidant à décrypter ces symboles qui constituent notre héritage, parfois même à notre insu.

Proclamation de l’Islam en France de la Grande Mosquée de Paris :

1. L’islam en France n’est ni un nouvel islam, ni une innovation. L’islam en France est simplement la clarification du dogme au regard des réalités d’aujourd’hui. L’islam en France est la résultante de la réinterprétation du texte dans le contexte, c’est-à-dire l’ijtihad.

2. Tout musulman doit prendre garde à ne pas chercher sa culture religieuse auprès de sources, de prédicateurs, de prêcheurs télévisuels, qui ne sont pas reconnus par les savants les plus respectés de la communauté. Il doit préférer directement lire les écrits de tels savants. Il doit se prémunir en la matière du péché de vanité, qui consiste à donner des leçons à autrui sur ce qu’est un bon ou un mauvais musulman quand on n’a soi-même qu’une culture religieuse péremptoire, superficielle et approximative.

3. Tout musulman doit prendre garde à ne pas verser dans l’observation irréfléchie et obsessionnelle de règles sans finalité spirituelle. Tout musulman doit se prémunir des diversions superficielles, pour se concentrer sur le respect des principes spirituels de sa foi.

4. Est musulman celui qui croit en l’unicité d’Allah, dieu unique et universel, et en la révélation divine faite au dernier prophète Mohammed (paix et bénédictions soient sur lui).

5. Tout musulman a le devoir de respecter l’éthique de réciprocité : il faut en tous points traiter autrui comme l’on voudrait soi-même être traité. La tradition prophétique dit en effet : « Vous ne serez musulmans que quand vous voudrez pour les autres ce que vous voulez pour vous-mêmes. »

6. Tout musulman a le devoir d’être miséricordieux : le saint Coran insiste sur la nécessité de savoir pardonner.

 7. Tout musulman a un devoir de solidarité : il doit pratiquer l’aumône au bénéfice des plus pauvres, à proportion de ses moyens.

8. Tout musulman a le devoir de cultiver sa connaissance des sciences et des savoirs de tous ordres. Il s’ensuit que l’obscurantisme, le refus de la science, le refus du progrès scientifique, sont des lectures erronées de l’islam.

9. Allah a créé l’Univers et tout ce qu’il contient. Les théories scientifiques actuelles les plus avancées laissent sans réponse la question de la cause première de la naissance de l’Univers. Il s’ensuit qu’elles sont compatibles avec l’islam.

10.    Allah a créé l’humanité. Il n’y a nulle contradiction entre la création de l’humanité selon le saint Coran, qui révèle métaphoriquement qu’Adam a été façonné à partir de la terre, et les théories scientifiques actuelles les plus avancées, selon lesquelles l’humanité a été façonnée au fil de l’évolution successive d’espèces terrestres.

11.    Allah a créé l’humanité en la voulant fraternelle. Tout musulman doit donc militer en toutes circonstances pour la paix et contre la guerre, pour la fraternité et contre le racisme, pour les paroles de concorde et contre les paroles de haine.

12.    Lorsqu’il entend quiconque asséner des mensonges et des préjugés sur ce qu’est l’islam et sur ce que sont les musulmans, la meilleure réponse d’un musulman est d’accomplir des actes de bienfaisance.

13.    Comme le rappelle la tradition prophétique, la pratique de la prière ne doit en aucune manière produire du désordre ou du trouble.

14.    La France n’est pas une terre d’islam : elle est une terre où coexistent plusieurs religions dont l’islam, ainsi que des habitants qui sont athées ou agnostiques. Dans ce contexte, tout musulman doit évidemment respecter les valeurs et les lois de la République française. Par exemple, puisque le blasphème et la caricature religieuse sont autorisés par la loi française, l’on peut s’en déclarer blessé ou offensé mais il ne faut ni exiger leur interdiction ni réagir par la violence. Plus largement, bien évidemment, nul musulman n’a le droit d’exiger que la France modifie ses valeurs et ses lois pour convenir à sa propre foi, tout comme nul chrétien, nul juif, nul athée, nul agnostique, n’en a le droit.

15.    Au sens de la loi de 1905, la laïcité est un principe de neutralité de l’État, de l’administration, des services publics, et des fonctionnaires, en ce qui concerne les religions et la spiritualité. En d’autres termes, la République française ne finance aucun culte, n’accepte aucune demande formulée au nom d’un culte, ne favorise aucun culte, ne pratique pas d’ingérence dans la vie d’un culte, et se contente de donner aux communautés religieuses les mêmes droits et les mêmes devoirs qu’à toute association d’habitants du pays, qu’elle soit cultuelle ou pas. Sa définition ainsi rappelée, l’existence du fait religieux musulman dans la société française est compatible avec la laïcité.

16.    La laïcité n’est pas un principe d’intolérance envers la manifestation du fait religieux dans l’espace public. Celles et ceux qui veulent la redéfinir ainsi se fourvoient et méconnaissent gravement la loi de 1905.

17.    Concernant les versets consacrés au devoir de chasteté et de pudeur en matière vestimentaire pour les hommes et les femmes, il faut retenir le principe général d’une tenue vestimentaire pudique en toutes circonstances, et non pas les vêtements précis qui sont cités. Il s’ensuit qu’hommes et femmes de confession musulmane ont simplement le devoir de s’habiller d’une façon décente.

18.    Dans un esprit de contextualisation nécessaire aux pratiques de la foi musulmane aujourd’hui, les châtiments corporels, la polygamie, ne se justifient plus et n’ont plus lieu d’être. Dans le même esprit, l’égalité entre hommes et femmes s’impose.

19.    Dans ses relations sociales, familiales et affectives, tout musulman doit faire preuve d’une maturité épanouie et responsable.

20.    Dans sa vie quotidienne, tout musulman doit faire preuve de tempérance et chercher le juste milieu.

21.    Tout musulman consomme de la viande halal. La souffrance animale ne saurait être admise par Allah. Il est donc nécessaire de réduire au maximum la souffrance causée à l’animal.

22.    Durant le mois de Ramadan, tout musulman s’abstient de boire, de manger, d’avoir des relations sexuelles, et de fumer s’il est fumeur, depuis l’aube jusqu’au coucher du soleil, afin de commémorer la révélation coranique. En cas d’incapacité, le croyant est tenu de remplacer son jeûne par une aumône ou par le fait de jeûner un autre jour. Les personnes malades, ainsi que les femmes durant leurs menstruations et leur grossesse, sont dispensées du jeûne. La règle qui suspend le jeûne lorsque l’on est en voyage ne vaut évidemment pas pour un trajet de quelques heures en train ou en avion. En outre, le Ramadan implique que les musulmans fassent montre de respect à l’égard du voisinage : il ne faut pas importuner la population, notamment pendant la nuit.

23.    Le prophète Mohammed (paix et bénédictions soient sur lui) avait proclamé lui-même, au moyen de la Constitution de Médine, que tous ceux qui croient en l’unicité d’Allah, qu’ils soient musulmans, juifs ou autres, faisaient partie de la même communauté du Livre. Il s’ensuit que toute forme d’antisémitisme est contraire à l’enseignement du prophète Mohammed lui-même (paix et bénédictions soient sur lui). Plus largement, sur son exemple, l’islam implique les vertus de tolérance et de bienveillance, car seul Dieu est juge.

24.    Il est explicitement interdit à tout musulman de déclencher une guerre, car ce type de djihad n’est permis qu’en situation de légitime défense contre un agresseur (Coran 2, 190). En outre, si l’adversaire est disposé à faire la paix, les musulmans ont le devoir de chercher eux aussi à obtenir la paix. Il s’ensuit que les criminels qui se prétendent « djihadistes » sont des usurpateurs impies du djihad et par voie de conséquence, des usurpateurs impies de l’islam, qui est la religion de la paix.

25.    Le djihad le plus noble est l’effort de maîtrise de soi, de dépassement de soi, pour atteindre les vertus du meilleur des musulmans.

Fait à Paris, le 28 mars 2017.

Le recteur de la Grande Mosquée de Paris,

Docteur Dalil Boubakeur

Suite à d’étranges rêves, le Roi d’un pays lointain, conseillé par son Sage et son Bouffon, décide de convoquer le premier Grand Tournoi de la Vérité. Les concurrents sont des athlètes de haut niveau ; leurs disciplines sont l’athéisme et les grandes religions du monde. A la recherche de la Beauté éternelle et de la Sagesse véritable, ils mettront tout en œuvre pour se dépasser et communiquer le meilleur d’eux-mêmes.

Mais que se passe-t-il quand un juif, un chrétien, un musulman, un hindou, un bouddhiste et un athée se rencontrent ?

Qui sortira vainqueur de cette compétition ?

Une fable brillante et pleine d’humour, où les religions sont au cœur d’un récit passionnant.