Le but de cet ouvrage est de synthétiser et de présenter les théories de Carl Rogers basées sur ses pratiques thérapeutiques. Sa conception d’une psychologie humaniste, qui s’est développée dans les années 1950, représente véritablement la « troisième force » de la psychothérapie, aux cotés de la psychanalyse et des thérapies comportementales. La pensée de Rogers est plus que jamais dans l’air du temps puisqu’on s’aperçoit, en fait, que de nombreuses pratiques ou techniques d’aujourd’hui sont issues de ses travaux (CNV, coaching, cellules de crise psychologique. questionnaires d’enquêtes…). La notion rogérienne de l’écoute a influencé et précédé de plusieurs décennies les récentes « découvertes » de la psychologie dans ce domaine. Le lecteur trouvera dans ce livre d’une part, les aspects théoriques de l’approche de la thérapie de Carl Rogers, thérapie centrée sur la personne (appelée également non directive). D’autre part, sont aussi présentées dans cet ouvrage les bases de la pensée de l’auteur se fondant sur une théorie de la personnalité et de la dynamique du comportement humain, ainsi qu’une vision des relations humaines et ses réflexions sur un fonctionnement optimal de la personnalité.

Counseling and Psychotherapy est en 1942 le premier ouvrage où Carl Rogers définit et illustre sa conception de l’aide psychologique. Alors âgé de quarante ans, Rogers crée en quelque sorte le modèle du psychologue thérapeute qu’il nomme « l’aidant », c’est-à-dire celui qui sait apporter sa spontanéité créatrice au projet d’autonomisation de son client. Cette nouvelle orientation de pensée abandonne tout a priori de jugement, de soutien et de contrôle. La non-directivité comporte une attitude de compréhension foncière laissant au client le choix de son itinéraire, de son langage et de ses décisions. Evitant les artéfacts transférentiels et les étiquettes, la relation d’aide se fonde sur l’optimisme et la confiance dans les capacités évolutives de chaque individu, malgré la souffrance psychique. Clairement ou non, elle sert de mode relationnel de base à de nombreuses situations et méthodes psychothérapiques d’aujourd’hui. D’autres ouvrages de Rogers – Liberté pour apprendre, par exemple – placent ce créateur parmi les tout premiers des praticiens et théoriciens de la psychothérapie moderne. Ce livre, à l’étape initiale d’une grande découverte, apporte une ligne claire à l’action thérapeutique, dans le chaos des techniques et la confusion des idées contemporaines.

Casse-tête selon Watzlawick ; une question de point de vue

Neuf points étant disposés en carrés, comment faire pour les relier par 4 segments sans lever le crayon ?

« Presque tous ceux qui rencontrent ce problème pour la première fois introduisent une hypothèse qui rend la solution impossible. Ils pensent, en effet, que les points forment un carré et que la solution doit, s’inscrire dans ce carré, s’imposant ainsi une condition que l’énonce ne comporte pas…leur échec, par conséquent n’est pas du à l’impossibilité de la tache mais à la solution choisie…ce qui signifie que, même en utilisant toutes les possibilités de changement 1 à l’intérieur du carré, ils ne résoudront pas le problème. La solution serait pour eux un changement de type 2, qui consiste à dépasser ce champ »…  à sortir du cadre

Voici la solution :

Ce dont Watzlawick cherche ici à nous faire prendre conscience c’est que bien souvent le problème : c’est la solution…parce que nous la restreignons d’emblée à son cadre d’action sans le questionner…et ça vaut pour un nombre considérable de situations dans notre vie quotidienne et/ou professionnelle…Lâcher prise et sortir du cadre de référence (décadrer) n’est pas si simple…mais avoir conscience du biais est déjà un pas décisif vers un élargissement et vers une nouvelle perspective de vie ! 🙂

A noter : sur un plan conceptuel, Watzlawick se réfère à l’autopoïèse comme processus complémentaire à la technique du recadrage. C’est la faculté des systèmes ouverts de se recomposer consécutivement à l’émergence d’un autre système de structuration des relations qui le composent.

Florence Meichel

Cette 3ème édition corrigée et actualisée est composée de 16 articles courts et synthétiques définissant les grands concepts de la psychologie clinique psychanalytique.

L’inconscient. Les pulsions. Le rêve. La projection. L’identification. Les fantasmes. Les mécanismes de défense. L’infantile. Le narcissisme. Le complexe d’Oedipe. La névrose. Les psychoses. Les états limites. La dépression. Le transfert. Le traumatisme.

Ce dont on ne peut parler, il faut le taire. Cette dernière proposition du Tractatus de Ludwig Wittgenstein résume assez bien l’approche exigeante de la Thérapie Brève Solutionniste (TBS) développée par Steve de Shazer et Insoo Kim Berg : au lieu de s’attacher à rechercher les – hypothétiques – causes du problème, aidons le client à se construire ses propres solutions. À cet effet, le thérapeute – tout comme son client – ne dispose que d’un outil : le langage.

Il importe donc d’écouter scrupuleusement, d’écarter toute interprétation personnelle et toute attitude dirigiste, de bien poser les bonnes questions : simple, pas facile, comme aimait à le rappeler de Shazer.

Au-delà des miracles vient à point nommé actualiser la pratique de la thérapie brève solutionniste. Y sont développés – et exemplifiés par de magistrales séances de thérapie (de Shazer, Berg, Dolan) – les concepts de base de l’approche et ses interventions majeures : question (du) miracle, exceptions, questions à échelle… Le texte est ponctué par les interrogations des auteurs et les citations du décapant philosophe autrichien, dont le minimalisme radical rappelle si fort celui de Steve de Shazer.

Ce livre vient aussi remettre en question certaines idées reçues sur la TBS, qui ne rejette en rien les émotions et les problèmes mais en propose une approche différente. Austère, la TBS ? Nullement, même si, comme le dit de Shazer, elle s’apparente davantage à la finesse d’un trio de jazz qu’à l’exubérance d’un big band.

Au-delà des miracles : un vibrant hommage à l’ « écoute respectueuse » de Steve de Shazer et Insoo Kim Berg, trop tôt disparus, un outil essentiel pour le thérapeute confirmé comme pour toute personne travaillant dans le domaine des relations humaines.

Les hommes ont tendance à vivre en jouant avec logique à certains « jeux » dans leurs relations avec autrui. Ils jouent à ces jeux pour toutes sortes de raisons : pour éviter d’affronter la réalité, pour cacher des motifs profonds, pour rationaliser leurs activités, ou pour rester « en dehors du coup ». Ces jeux – sauf quand ils se révèlent destructeurs – sont à la fois souhaitables et nécessaires. Le docteur Berne présente une analyse fascinante de trente-six jeux qu’il classe sous diverses rubriques : les « jeux vitaux » qui transcendent un mode spécifique de réaction dans une situation donnée, et affectent chaque action du joueur ; les « jeux conjugaux », auxquels deux personnes peuvent recourir afin de supporter une vie de frustration ou d’insatisfaction (un jeu conjugal des plus joués est celui de « la femme frigide », où l’un des deux joueurs provoque une discussion menant à la colère, à l’aliénation des sentiments, pour éviter les rapports sexuels) ; les « jeux sexuels », où quelqu’un provoque des réactions sexuelles chez quelqu’un d’autre, puis, agit comme si lui ou elle était la victime innocente ; les « jeux de société », sociaux par définition, et qui vont du cancan perpétuel au gémissement chronique ; les « jeux des bas-fonds » tel que « aux gendarmes et aux voleurs », pratiqués le plus souvent pour des gains matériels, mais pouvant aussi viser à des avantages psychologiques ; les « jeux du cabinet de consultation », peuvent être joués par un malade avec un médecin afin d’éviter la guérison. Le docteur Berne, poursuit dans cet ouvrage le développement et l’élaboration d’un concept qu’il a déjà décrit pour le spécialiste, et qu’il emploie dans son nouveau système de psychiatrie individuelle et sociale, où la thérapeutique de groupe tient lieu de méthode fondamentale, et où l’analyse des jeux forme un élément majeur du traitement. Le docteur Berne montre en outre comment ce concept peut aider à prendre une nouvelle conscience de soi, ainsi qu’à mener une existence plus constructive. Ce livre dont le succès est considérable aux Etats-Unis, traite de façon concise, claire et spirituelle un sujet profondément sérieux qui concerne chacun de nous de la façon la plus intime.

Tandis que les psychologues la placent à la racine du développement du nourrisson, que les psychothérapeutes en font leur atout essentiel et que les neurosciences essaient d’en déterminer les fondements biologiques, l’empathie devient presque la bonne à tout faire du management, du marketing, de la médecine, du travail social, de l’éducation, voire de la politique. Pourquoi un vocable aujourd’hui encore absent de certains dictionnaires connaît-il un tel succès ? D’où vient-il et, malgré les confusions qui l’entourent, que signifie-t-il ?

Jacques Hochmann propose un étonnant parcours dans l’histoire de la philosophie et de la psychologie, jusqu’aux recherches les plus fines d’aujourd’hui. Qu’était-ce que l’empathie « avant l’empathie », à l’époque où seule régnait la « sympathie » ? Tantôt moyen de se mettre à la place d’autrui, pour Freud et Husserl, tantôt tonalité affective, chez Scheler, Ferenczi ou encore Rogers et Kohut, quel a été son destin, en philosophie d’abord, puis en psychologie, en psychanalyse et dans les neurosciences ? Pourquoi est-elle centrale pour considérer de manière nouvelle des pathologies lourdes comme l’autisme infantile ou la schizophrénie ?

Auteur notamment d’une Histoire de l’autisme, de Pour soigner l’enfant autiste et de La Consolation, Jacques Hochmann est membre honoraire de la Société psychanalytique de Paris, professeur émérite à l’université Claude-Bernard et médecin honoraire des Hôpitaux de Lyon.

Pour reprendre les mots du professeur Sidney B. Simon : « Ce livre est un écrin, dans lequel on trouvera un joyau : le meilleur de Rogers. »

Inventeur de la « thérapie centrée sur la personne », Carl Rogers est considéré comme le plus influent de tous les psychologues américains. On lui doit seize livres et plus de deux cents articles.

Moins d’un an avant sa disparition, en février 1987, il avait entrepris de regrouper en un seul volume certains de ses écrits, s’assurant pour cela le concours de son biographe, Howard Kirschenbaum, et d’une collaboratrice de longue date, Valérie Land Henderson, qui ont, à la mort du grand psychologue, mené ce projet à son terme.

L’approche centrée sur la personne constitue la meilleure introduction possible à la vie et à l’œuvre de l’un des penseurs les plus créatifs et les plus novateurs du XXe siècle.

À travers des textes, dont la publication s’étend de 1942 à 1987, le lecteur découvrira l’homme évoquant l’origine de sa vocation ou encore son mariage ; le thérapeute aux prises avec des cas individuels mais aussi le chercheur, l’enseignant et l’humaniste, soucieux d’approfondir le dialogue par-delà les frontières. Il assistera à la naissance de la thérapie centrée sur la personne et, sous ses yeux, se déroulera une vie entièrement consacrée, par Rogers, aux idéaux qui furent les siens.

À côté de textes déjà publiés, cet ouvrage met à la disposition du public des documents dont l’originalité et l’importance avaient jusqu’alors été réservées au cercle étroit des revues spécialisées.

Le débat sur le statut du psychothérapeute et sur les relations entre psychanalyse et psychothérapie fait l’objet de cet ouvrage qui réunit les contributions de cinq grands noms du domaine. Ce livre détaille les caractéristiques du processus analytique dans les dispositifs psychothérapiques pratiques par les psychanalystes : face à face, psychodrame, situation groupale, travail avec les adolescents.

Suffit-il de supprimer les symptômes de la dépression pour en guérir ? Peut-on évacuer si facilement la souffrance psychique qui est au fond de l’état déprimé ? Peut-on, comme par enchantement, retrouver le désir de vivre, de rêver et d’agir ? Psychanalyste, Pierre Fédida montre ici pourquoi la psychothérapie aide à revivre. Les médicaments ont toute leur utilité, mais ils ne guérissent pas du malaise de l’existence. Pour cela, il faut être deux, et donner du temps — pas forcément longtemps. Alors, et alors seulement, la pensée, la parole et l’action redeviennent possibles. Et si la dépression survenait dans ces moments où la vie cherche à se protéger et à se transformer ? Alors, comment faire bon usage de la dépression ?

Pierre Fédida est membre de l’Association psychanalytique de France et professeur de psychopathologie à l’université de Paris-VII-Denis-Diderot. Il est directeur du Centre d’études du vivant.

La Structure de la Magie forme un duo d’ouvrages audacieux, pédagogiques et visionnaires, fondant une approche dont on connait le fantastique développement. Ce tome 1 décrypte les secrets du langage. Il montre comment la grammaire transformationnelle a profondément influencé la psychologie expérimentale. Le livre a été explicitement conçu pour permettre aux personnes travaillant sur la complexité du comportement humain de prendre la mesure des découvertes de la grammaire transformationnelle. Il fournit un ensemble d’outils concrets pour devenir meilleur thérapeute.

Lorsqu’en 1334, la duchesse du Tyrol, Margareta Maultasch, encercla le château d’Hochosterwitz, dans la province de Carinthie, elle savait trop bien que la forteresse, juchée au sommet d’un rocher incroyablement escarpé, dominant la vallée d’une grande hauteur, résisterait à toute attaque de front et ne serait prise que par un long siège. À la longue, la situation des assiégés se fit effectivement intenable : ils étaient réduits à leur dernier bœuf et à deux sacs d’orge. Mais la situation de Margareta devenait également critique, pour d’autres raisons : ses troupes commençaient à s’agiter, le siège semblait devoir durer une éternité, et d’autres expéditions armées se faisaient tout aussi urgentes. C’est alors que le commandant de la forteresse se résolut à une action désespérée qui dut passer pour de la pure folie auprès de ses hommes : il fit abattre le dernier bœuf, remplir sa cavité abdominale des deux derniers sacs d’orge, et ordonna que la carcasse fût ainsi jetée du haut du rocher dans un champ devant le camp de l’ennemi. Lorsqu’elle reçut ce message méprisant, la duchesse, découragée, leva le siège et partit.

En psychologie appliquée, la PNL est une démarche pragmatique qui consiste à modéliser les savoir-faire et les savoir-être de ceux qui ont du succès pour les transmettre à ceux qui en ont besoin.
S’appuyant sur des exemples concrets, Alain Thiry donne une description complète d’une méthode qui a fait ses preuves et qui, inspirée de protocoles tirés notamment de la Gestalt-thérapie ou encore de la thérapie brève, peut se révéler efficace dans les domaines les plus variés, de la psychothérapie au management en passant par le sport, la vente ou encore la pédagogie…
Vous y découvrirez comment vous décentrer pour mieux comprendre l’autre, que derrière tout comportement il y a une intention positive, et qu’il n’y a pas d’échecs, mais seulement des raisons d’apprendre.


Paul Watzlawick nous avait enseigné, dans Faites vous-même votre malheur, les moyens les plus raffinés pour parvenir à se rendre malheureux. Le voici maintenant qui tente de comprendre et d’approfondir les recettes qui mènent infailliblement à l’échec.

Comment réussir à échouer ? C’est simple. A chaque problème, il suffit de trouver l’ultrasolution. Qu’est-ce qu’une ultrasolution ?  » Une solution qui se débarrasse non seulement du problème, mais de tout le reste – un peu comparable à cette vieille plaisanterie de carabin : opération réussie, patient décédé.  » Il existe beaucoup d’ultrasolutions, étudiées et répertoriées dans ce livre : elles s’appliquent tout autant aux conflits conjugaux qu’aux relations internationales. La règle est simple : il faut que le jeu que l’on joue avec l’autre soit toujours à somme nulle, c’est-à-dire que vous ne puissiez gagner que s’il perd, et vice versa. Il est donc impossible que les deux gagnent, et coutumier que les deux perdent. Chacun trouvera facilement des ultrasolutions dans sa vie et celle de ses proches, en lisant le journal ou en écoutant les informations, mais leur mécanisme est ici minutieusement démonté, mis à la portée de tous.

Ce livre, qui révèle les principes de base de l’Analyse transactionnelle – découverte par le Dr Eric Berne – est l’un des plus significatif et des plus importants de son œuvre.

Cette méthode d’analyse propose en effet une théorie nouvelle : la personnalité d’un individu serait composée de trois éléments : le Parent, l’Adulte, l’Enfant. Notre destin serait donc conditionné dès l’enfance par un « scénario » qui dicterait toutes nos actions, entraînerait nos échecs ou nos réussites. Est-il possible de se libérer de ce scénario ? Oui, répond Eric Berne, en proposant un questionnaire qui permet au lecteur de découvrir le pourquoi profond de ses actes.
Ce livre est un classique de la thérapie moderne. Aussi important que les grands textes de Freud, auxquels il apporte un complément éminemment utile : l’efficacité immédiate. En effet, cette méthode, qui permet un dialogue avec soi-même – donc avec l’autre – accorde autant d’importance aux événements actuels qu’aux événements anciens de sa vie.

C’est en 1968 que paraît Le Développement de la personne, traduction française du best-seller de Carl Rogers On becoming a Person. Dans cette oeuvre maîtresse, Carl Rogers met l’accent sur les différentes formes de la communication. Il s’intéresse particulièrement aux formes de relations d’aide (thérapeutiques, pédagogiques), qui favorisent une meilleure appréciation des ressources latentes de l’individu, ainsi qu’une plus grande possibilité d’expression. A l’occasion de cette nouvelle présentation, la bibliographie en français des oeuvres de Carl Rogers a été actualisée.

Apprivoiser son malheur est le premier pas vers la joie : le célèbre psychologue Paul Watzlawick, membre fondateur de l’École de Palo Alto, nous apprend pas à pas à nous réconcilier avec nos névroses les plus banales. Cette étude à l’humour railleur, sous forme de manuel parodique, s’appuie sur des exemples littéraires, philosophiques et historiques. Et révèle au lecteur qu’il tient le bonheur entre ses mains.

Paul Watzlawick (1921-2007)

Psychothérapeute et théoricien de la communication, il fut l’une des figures majeures de l’École de Palo Alto.

Revenir aux sources de la théorie Bernienne d’Analyse Transactionnelle, dans l’esprit de Berne lui-même, son fondateur : voici l’ambition de cet ouvrage. Chacun pourra y trouver matière à réflexion et à apprentissage : les débutants découvriront une approche rigoureuse et fondée de l’A.T., les personnes confirmées pourront enrichir leur réflexion à travers les subtilités théorique et la sensibilité clinique présente tout au long de ces pages.

Tenter d’informer le public sur la pléiade de méthodes psychothérapeutiques est une entreprise à risques. Comment en effet ne pas affoler le lecteur face à la très grande diversité des pratiques et des conceptions de l’humain sur lesquelles elles sont basées ? Est-il possible de lui apporter une réponse à la seule question qui finalement l’intéresse : quelle est la meilleure psychothérapie pour moi ? Comment, enfin, ne pas tomber dans le piège du « tout se vaut », « il faut être ouvert et tolérant », qui n’éclairent en rien celui qui tente désespérément de s’y retrouver ?

Ce traité semble pourtant bien éviter ces pièges. Il a le grand intérêt de proposer deux niveaux de lecture : tout d’abord, il remplit une fonction d’information. La grille de traitement commune à tous les chapitres offre la possibilité de comparer les méthodes entre elles. Les réponses des auteurs à la section « Indications et contre-indications », par exemple, révèlent leurs conceptions de la thérapie et de la maladie mentale. Jean-Nicolas Despland et Luc Michel, qui traitent de la psychanalyse selon Freud, affirment ainsi la difficulté de répondre à cette question puisqu’elle implique d’accepter des catégories médicales et de poser un diagnostic. Chose qui ne gêne en rien Valentino Pomini, Lilo Neis et Meinrad Perrez, qui traitent de l’approche cognitive et comportementale, puisqu’ils se basent sur les classifications scientifiques des troubles mentaux.

Le deuxième niveau de lecture offre une réflexion générale et critique. Dans l’introduction, Nicolas Duruz prône bien sûr l’ouverture et le dialogue, mais propose surtout l’utilisation d’une « charte épistémologique » qui oblige chacun à faire l’inventaire de ses croyances, de sa conception de l’homme, de la société et de la vérité scientifique. Avec un certain courage, il applique ce principe au travers des notes de bas de page dont il jalonne l’ouvrage. En accord avec les auteurs, il n’hésite pas à souligner des positions contraires entre méthodes ou à inférer certains présupposés implicites. Les points de rapprochements ou de fractures sont ainsi plus visibles. En postface, François Roustang développe quant à lui une dense et riche réflexion sur la relation thérapeutique, ce « facteur thérapeutique non-spécifique », et la nécessité de la prendre plus en compte dans le processus thérapeutique. Un ouvrage à conseiller donc vivement à ceux qui veulent s’informer sur les psychothérapies, mais surtout à ceux qui les pratiquent.