Consacré à Sigmund Freud, ce Cahier présente un ensemble de textes rassemblés sur la base d’une idée simple et forte, énoncée en un « argument » préalablement soumis aux auteurs sollicités, et dont voici l’essentiel : La visée est de situer les déterminants et la portée de l’oeuvre de Freud dans la culture occidentale, compte tenu du recul dont nous disposons aujourd’hui.

La psychanalyse y est apparue comme un produit du 19ème siècle, née à la confluence d’influences culturelles, de mouvements scientifiques, de traditions philosophiques, de mouvements sociaux, etc., qui lui ont donné, via l’homme Freud, sa figure particulière. Cette oeuvre aura fortement contribué à modeler le siècle suivant. On se propose donc d’organiser ce volume sur le thème « Freud résonateur », par analogie avec le « résonateur » dispositif physique qui vibre en réponse à des actions du milieu, choisit et transforme ces vibrations selon des lois qui lui sont propres, et qui en retour fait vibrer son entourage selon de nouvelles fréquences. Cette métaphore est utile pour évaluer la vie et l’oeuvre d’un Sigmund Freud né en 1856 et à bien des égards produit du 19ème siècle, mort en 1939 au coeur d’un 20ème siècle qu’il aura puissamment contribué à modifier.

Cahier dirigé par Roger Perron et Sylvain Missonnier.

Henri Ellenberger, médecin, psychiatre, criminologue, est né en Afrique en 1905. Il a longtemps vécu en France et en Suisse puis il a passé quelques années aux États-Unis, à Topeka (Kansas), avant de s’établir au Canada, à la fin des années 1950. Il a enseigné à l’université McGill et à l’université de Montréal. Il est l’auteur de l’œuvre monumentale mondialement louée La découverte de l’inconscient (1970), résultat de vingt ans de travail, qui fait l’histoire des différentes interprétations de l’inconscient, depuis les temps les plus reculés jusqu’aux théories psychanalytiques du vingtième siècle. Chercheur irréprochable, il incarne le modèle du savant rigoureux, obstiné, intransigeant avec la vérité des faits. Grâce à ses enquêtes si minutieusement menées, il a ouvert nombre de chemins que les chercheurs ont non seulement empruntés mais encore prolongés pour pénétrer encore plus profondément dans la citadelle du savoir. Cette biographie le suit pas à pas sur trois continents, soucieuse de faire apparaître dans la lumière la plus juste et la plus nuancée la contribution du savant et la nature de l’homme.

La psychanalyse est d’abord une expérience clinique intime et les concepts qu’elle élabore ont un objet particulier : ressaisir les phénomènes spécifiques qui se déroulent dans l’espace singulier d’une cure, quand un patient parle et qu’un analyste l’écoute. C’est à cette dimension-là que s’attache ce glossaire : montrer en somme comment les analystes pensent avec les concepts qu’ils se donnent pour accompagner ceux qui leur confient un moment de leur vie intérieure.
Ceci n’est donc pas un dictionnaire ni un vocabulaire de psychanalyse, qui, comme tous ceux qui existent déjà, situerait les notions classiques dans l’appareil freudien et leur trajectoire dans les différents courants de pensée de la discipline. Au contraire. Chaque contribution, prenant appui sur un fragment de cure, illustre comment telle ou telle notion fait surgir des perspectives imprévues. Elle constitue ainsi un témoignage du travail de pensée qui prend sa source dans les concepts élaborés depuis Freud pour organiser la réflexion clinique au quotidien. Ce glossaire plonge le lecteur dans l’incessant va-et-vient qui, de la clinique à la théorie, conduit la réflexion de l’analyste.

« À moins de trente ans, J.-B. Pontalis a déjà vécu ou pensé dans l’intimité de trois hommes illustres considérés comme des maîtres dans leur discipline et leur temps, Louis Renault, Sartre, Lacan. Philosophe, psychanalyste, grand lecteur, éditeur. Et Écrivain. Tôt occupé par le bonheur et la douleur d’aimer, subjugué par le secret de fabrique du rêve, collectionneur des contrées de l’absence, traqueur d’obscurité, il se tient en sentinelle, à l’affût de chaque vacillement, de tout surgissement. Mieux encore qu’écrire, admirablement, il veut s’écrire. Il invente l’autobiographie, de brefs récits, comme autant de petits romans où la parole se trouve en se perdant, dans le désordre de la mémoire. »
Martine Bacherich.

Une légende tenace tient l’hystérie freudienne pour disparue – trop viennoise, trop misogyne, trop confuse. Christopher Bollas, témoin aux premières loges de l’épidémie de personnalités multiples aux États-Unis dans les années 1980, et de la diffusion incontrôlée du diagnostic d’état-limite, montre ici qu’il n’en est rien. Et pour en retrouver le sens et la raison, il puise chez les grands auteurs de la psychanalyse :  Fairbairn, Winnicott, Masud Khan, Lacan…
Cette hystérie profondément repensée n’est plus, comme chez Freud, centrée sur le père. Elle procède, en amont, des rapports des mères avec leurs tout-petits. Elle n’est pas plus féminine que masculine. On ne saurait enfin la
soigner sans faire part aux patients de la théorie qu’on s’en fait.
À l’appui de ses thèses audacieuses, Christopher Bollas livre ici une foule d’exemples cliniques, où la plume du clinicien trempe dans l’encrier du scénariste et du dramaturge.

Christopher Bollas est psychanalyste, membre de la Société psychanalytique britannique et des Instituts psychanalytiques de Los Angeles et de New York.  Théoricien original et engagé de plain pied dans les développements de la psychanalyse contemporaine, il est aujourd’hui l’un des auteurs psycha­nalytiques les plus lus en langue anglaise. Son ouvrage, Le Moment freudien, un véritable manifeste contre le sectarisme mortifère qui règne au sein de certaines institutions psychanalytiques a été publié par Ithaque en 2012.

Résurgences et dérivés de la mystique

Automne 1980

Nouvelle Revue de Psychanalyse (n° 22), Gallimard

Parution : 04-12-1980

Guy Rosolato, Présente mystique
Paul-Laurent Assoun, Freud et la mystique
Marie Moscovici, Le monde réel
Christian Gaillard, Jung et la mystique
Roger Dadoun, Un vol d’Upanishads au-dessus de Sigmund Freud
Didier Anzieu, Du code et du corps mystiques et de leurs paradoxes
Sami-Ali, Langue arabe et langage mystique
Jacques Hassoun, L’impatience mystique
Jean Guyotat, Délire mystique et mystique du soin
Michel Ledoux, La relation d’absence
Jean-Claude Lavie, Servir

Témoignages :
Marie-Madeleine Davy, La nouvelle mystique
Claude Louis-Combet, Ad (te) clamamus… ad (te) suspiramus
François Roustang, Adieu la vérité
Guy Rosolato, Brève anthologie de textes mystiques

Culpabilité excessive, voire monstrueuse, petites manies angoissées, perfectionnisme, sentiment d’être forcé à toucher, à laver, à vérifier, idées horribles qu’on redoute de mettre en œuvre malgré soi, ces symptômes, que la psychiatrie qualifie aujourd’hui d’obsessions-compulsions, n’ont pas toujours existé. Pierre-Henri Castel raconte ici comment toutes ces souffrances, souvent secrètes, se sont compliquées à mesure que la conscience morale devenait la valeur suprême de l’individu occidental.  Des « scrupules religieux » au début du XVIIe siècle à l’invention par Freud de la « névrose obsessionnelle », il retrace, telle une épopée morale, la douloureuse naissance de notre intériorité.

Pierre Henri-Castel est directeur de recherches au CNRS (Paris Sciences et Lettres, Institut Marcel Mauss, EHESS – Laboratoire interdisciplinaire d’études sur les réflexivités, LIER). Ses travaux portent sur l’histoire et l’épistémologie de la médecine mentale, la philosophie de l’esprit et l’anthropologie sociale. Membre de l’Association lacanienne internationale (ALI), il exerce la psychanalyse à Paris.

Le Travail du psychanalyste

François Duparc

Le but de ce livre est de repenser le travail du psychanalyste dans une perspective de recherche quant aux moyens et aux visées de l’analyse contemporaine.
Au centre de ce travail, un principe de diversité pour accueillir, au-delà d’une nosologie statistique réductrice, l’éventail des pathologies actuelles à tous les âges critiques de la vie. Pour cela, la construction d’un cadre sur mesure est souvent nécessaire. Sans oublier les paramètres fondamentaux et traditionnels que sont la libre association par la parole, la neutralité et l’écoute bienveillante, ainsi que l’interprétation sous toutes ses formes, ce soutien spécifique du cadre peut aller des aménagements restaurant la contenance de l’agir jusqu’au psychodrame ou à la relaxation analytique.
Au-delà des rêves ou des fantasmes racontés, le matériel pris en compte par
l’analyste peut aussi inclure le préverbal et la résonance des émotions, voire les formes sensorimotrices des traumatismes, aux limites du somatique. Une analyse plus classique reste toutefois une perspective évolutive à plus ou moins long terme.
Dans un langage simple et clair, François Duparc présente ici les outils essentiels à la prise en charge psychanalytique des pathologies actuelles.

François Duparc est psychiatre, psychanalyste, membre formateur de la Société psychanalytique de Paris et du Groupe lyonnais de psychanalyse.
Il a publié de nombreux travaux, notamment sur la psychosomatique, les addictions, les conduites à risque, les idéologies et les nouvelles maternités.