© Derek Yarra

La perspective psychanalytique se conçoit à partir d’un certain nombre d’idées majeures, parmi lesquelles je compte : une conception des relations entre les aspects inconscient, préconscient et conscient du psychisme ; le concept de transfert/contre-transfert ; la notion de monde objectal interne ; l’idée d’une expérience engendrée en modes dépressifs, schizoparanoïdes ou autistiques-contigües, accompagnés de leurs formes respectives de subjectivité, d’angoisse, de défense, de relation d’objet et de croissance psychique ; les concepts de clivage, d’identification projective et de défense maniaque ; la notion du besoin humain de vérité ;  l’idée de vitalité (aliveness) et de léthargie (deadness) psychiques ; la conception d’un espace psychique entre réalité et fantasme dans lequel l’individu est susceptible de développer la capacité de penser symbolique, et ainsi venir imaginairement au monde ; la notion de cadre analytique ; la compréhension du rôle décisif que, depuis la naissance, joue la sexualité dans le développement sain ou psychopathologique ; une conception des voies par lesquelles le développement des capacités de symbolisation et de conscience de soi est inséparable de développement des relations d’objets externes et internes (incluant la triangulation œdipienne et le miroir du visage de la mère).

Thomas H. Ogden, Cet art qu’est la psychanalyse

Est-il imaginable que la psychanalyse soit demeurée indemne du désastre du nazisme ? Pulsion, autoconservation, mystique de l’inconscient : entre la masse soudée autour de son Führer et l’effondrement de l’autonomie du droit, les psychanalystes assistèrent à l’entrée en force de la « nature », de ses forces souterraines et de sa « biologie » dans le champ langagier, politique, racial. Ils ont beaucoup lutté. Mais la transformation des conceptions analytiques qu’ils introduisirent alors ne les a-t-elle pas trahis ? Qu’advint-il de l’énigme de la transformation de la haine individuelle en psychose de masse quand le traitement psychanalytique de la Shoah privilégia l’écoute empathique en donnant la prévalence au trauma et à la pathologie des victimes ? Qu’est-il resté du paradoxe de l’engendrement de l’anti-civilisation par la civilisation elle-même ? Les psychanalystes ont-ils pris la pleine mesure de la désorientation, clinique et théorique, infligée par le déchaînement nazi ?

Après avoir retracé l’itinéraire qui l’a conduit à la compréhension des patients schizophrènes et à la conviction que les états psychotiques pouvaient être traités psychanalytiquement, H. Rosenfeld s’interroge sur les facteurs thérapeutiques et anti-thérapeutiques dans l’analyse. Qu’ils soient liés au rôle de l’analyste ou à celui du narcissisme et de l’identification projective, Rosenfeld démontre que la compréhension de ces deux notions est essentielle pour éviter l’impasse dans l’analyse.

Sa démarche – étayée sur une méthodologie très détaillée et critique – apporte, outre une analyse des phénomènes de collusion, une théorie des relations d’objet narcissique, ainsi qu’une conception originale de l’interprétation, fondée sur une attention très soutenue au transfert et au contre-transfert.

En conclusion, H. Rosenfeld reprend non seulement l’évolution des théories et des techniques analytiques de la psychose et des techniques analytiques de la psychose et des états narcissiques, mais propose, à partir de sa propre évolution, un nouveau modèle d’analyse, qui noue une compréhension précise de l’histoire et de l’organisation mentale du patient au hic et nunc de la situation transférentielle.

« Ce n’est pas la psychanalyse qui est nouvelle, mais Freud. De même que ce n’est pas l’Amérique qui était nouvelle, mais Christophe Colomb. » Par cette formule provocatrice, Arthur Schnitzler prenait acte de la puissance d’innovation liée au nom propre de Freud « découvreur ». C’est un fait que le terme « freudisme » a très tôt doublé la « psychanalyse » — sauf à rappeler que la référence à l’homme Freud ne saurait accréditer quelque « vision du monde », mais ne se légitime que du réel inconscient qu’il a mis au jour.

Cet ouvrage se veut à la fois bilan des effets majeurs de la « pensée Freud », comme contribution majeure de la pensée contemporaine, en ses diverses dimensions, et manifeste de l’engagement freudien. Que mettre sous le terme « freudisme » ? Comment l’expression s’est-elle imposée ? Que signifie « être freudien » ? Quel programme, voire quelle éthique de recherche, soutient la référence au nom de Freud ? Introduire au freudisme, c’est montrer son apport et sa signification sur la triple scène du savoir des processus inconscients (métapsychologie), du symptôme et de la sexualité (clinique) et de la conception de la culture (anthropologie). Ainsi se dessine, au seuil du nouveau siècle, la vitalité chronique de « l’hypothèse de l’inconscient ».

C’est une triple rencontre avec lui-même comme sujet de ses désirs, de sa continuité et de ses ruptures que l’être humain – animal « critique », c’est à dire voué à la crise dans sa vie intérieure comme dans sa vie sociale – se risque lorsqu’il s’engage dans une psychanalyse.
L’objet de cet ouvrage est d’analyser les processus intrasubjectifs, interpersonnels et groupaux mis en jeu par l’expérience d’une rupture dans la continuité de soi. C’est aussi d’établir quel cadre théorique et méthodologique et quel dispositif technique sont aptes à instituer certaines fonctions (de conteneur et d’espace transitionnel principalement) susceptibles à leur tour d’enclencher un travail de la rupture.
Bien que les contributeurs de ce volume n’aient pas tous trouvé leur inspiration dans l’œuvre laissée ouverte par Winnicott, c’est en référence aux phénomènes transitionnels découverts par ce dernier qu’est proposée ici une méthode générale d’analyse transitionnelle permettant, dans les situations de crise, de préparer ou de parachever un travail psychanalytique plus classique soit en cure individuelle, soit en groupe, soit dans des institutions.

« L’importance fonctionnelle du Moi s’exprime en ceci qu’il lui est concédé normalement la maîtrise des passages à la motilité. Il est semblable ainsi, par rapport au Ça, au cavalier censé tenir en bride la force supérieure du cheval, à ceci près que le cavalier tente la chose avec des forces propres, tandis que le Moi le fait avec des forces empruntées. Cette comparaison nous emmène un peu plus loin. De la même façon qu’il ne reste souvent pas d’autre solution au cavalier, s’il ne veut pas se séparer du cheval, que de le conduire là où il veut aller, le Moi a coutume lui aussi de convertir la volonté du Ça en action, comme si cette volonté était la sienne propre. »

Sigmund Freud

 

 

 

 

 

Nul ne nous a obligés à devenir psychanalystes. Mais si nous prenons l’initiative de le devenir, il nous faut avoir le courage d’être sincères et conséquents.

André Green

Un ouvrage passionnant, rédigé à partir d’archives freudiennes récemment disponibles, en particulier diverses correspondances de Freud lui-même avec ses disciples. Les auteurs se penchent sur la naissance de la psychanalyse et nous présentent la véritable histoire d’une pensée et d’un mouvement accouchés dans la douleur qui n’ont pas fini de marquer notre histoire. Dans la polémique actuelle suscitée par la parution du Livre noir de la psychanalyse, cet ouvrage peut apporter quelques éclaircissements.

À l’heure du « développement personnel », du « bonheur en vingt leçons » et du devoir de « positiver », la force de la psychanalyse est de ne pas sous-estimer la violence de la vie psychique. Derrière la façade des vies « comme il faut », la folie privée est la chose du monde la mieux partagée.
Ce livre, à travers des instantanés de séances, cherche à faire entendre la parole souvent dérangeante, et en dépit du bon sens, de l’inconscient. Le bouleversement des anciennes rigidités familiales, les nouvelles libertés du choix sexuel ont le « mérite » de révéler mieux que jamais l’âpreté de la relation homme-femme, l’expérience à la fois éprouvante et passionnante de leur altérité.
Les « vérités » de la psychanalyse ne sont pas toujours bonnes à entendre – l’inconscient ignore le « politiquement correct » –, mais au moins elles ne font pas l’impasse sur la complexité des vies intérieures.

Cet Abrégé de psychanalyse essaie de prendre en compte les développements de la psychanalyse au cours du siècle. Cet ouvrage étudie la méthode psychanalytique et ses résultats dans la cure des patients, la théorie générale de la psychanalyse, et enfin son rôle dans la médecine et dans la culture (psychiatrie, philosophie, littérature, arts…)

« Pour quel obscur motif ce mot Limbes dont je prolonge la première syllabe et qui paraît se tenir à mi-chemin entre le clair et le sombre exerce-t-il sur moi un tel attrait ? Souhaiterais-je séjourner dans le limbe des enfants ? N’aimerais-je que les pensées à l’état naissant qui se refusent à être cernées ? Serais-je épris de ces rêves qui tiennent lieu de réalité ? Ne serais-je touché que par ceux qui n’ont pas une identité bien assurée, qui ne sont pas ce qu’ils sont ou croient être, et alors les femmes, plus que les hommes, seraient ces êtres-là, incertains, insaisissables, celles qu’on ne saurait baptiser, celles qui seraient toujours en attente d’on ne sait trop quoi ? »

Le concept de mytho-symbolique apparaît sous différentes formes dans les écrits de Jean Laplanche, en particulier dans un texte sur Les trois acceptions du mot « inconscient » dans la théorie de la séduction généralisée (2003) dans lequel l’« inconscient mytho-symbolique » s’oppose à l’inconscient sexuel refoulé et à l’inconscient enclavé. Le mytho-symbolique est essentiellement au service de la traduction par l’enfant du message énigmatique de l’adulte, c’est-à-dire au service de la liaison. Mais il arrive parfois qu’il joue en sens contraire, en constituant une source d’excitation, ou de façon équivoque en favorisant des modes de liaison rudimentaires, ce qui soulève d’intéressantes questions cliniques et métapsychologiques.

Treize spécialistes de l’œuvre de Laplanche en Europe et en Amérique analysent dans ce livre les différentes dimensions du concept.

A certains stades de certaines analyses, le patient recherche en fait la haine de l’analyste, et ce dont on a alors besoin est une haine qui soit objective. Si le patient recherche une haine objective ou justifiée, il doit pouvoir la rencontrer, sinon il ne pourra pas sentir qu’il peut atteindre un amour objectif.

Donald W. Winnicott, La haine dans le contre-transfert

On a dit que je mettais en danger l’équilibre de la pensée freudienne, ce qui interroge aussitôt le type d’équilibre en question ; équilibre d’une pensée en général, mais spécialement de celle-là.

S’agit-il d’un édifice, d’un bel édifice, dont il ne faut enlever aucune aile, aucune partie ? Faut-il donc l’accepter en bloc – faute de quoi on est déviationniste – comme on a accepté pendant des siècles la pensée aristotélicienne, et comme on continue, dans certains cercles, à agir avec les textes sacrés ? S’agit-il d’être talmudiste ?

« Quelle nécessité de revenir aux fondements et quelle justification à les qualifier de “nouveaux” ? La nécessité, pour moi, est claire : depuis 1969 à Paris VII cet enseignement se poursuit puis se recueille dans la série des Problématiques dont les sous-titres montrent bien de quoi il retourne. Il s’agit, à partir d’un thème d’apparence classique dans la psychanalyse freudienne, de mettre en question, de mettre en cause, de mettre en problème. Mettre en problème c’est ébranler, mettre à l’épreuve jusqu’aux fondements toute l’expérience analytique. Assurément, c’est une problématique privilégiant l’expérience freudienne et centrée sur les concepts freudiens. »
Ce volume conclusif des Problématiques, de « critique incessante des concepts dits fondamentaux qui fondent la psychanalyse », est l’occasion pour l’auteur de repréciser ses positions sur la pulsion, le narcissisme, le langage et bien d’autres thèmes, d’en montrer l’articulation, de revenir au geste fondateur de Freud quand il instaure la psychanalyse, un retour sur Freud qui implique un « travail sur l’œuvre et travail de l’œuvre, travail qui met l’œuvre à la question ».

Ce numéro est consacré à l’un des moments les plus emblématiques et les plus vivants de la psychanalyse : la séance d’analyse. Freud la comparaît à un jeu d’échec, soulignant sa complexité et aussi la difficulté d’en parler. Un siècle plus tard, les pratiques analytiques se sont diversifiées : la séance analytique est désormais proposée selon différents cadres (privés, publiques, voire à distance), aux différents âges de la vie, du nourrisson au grand âge, individuellement ou en groupe. Bien que la référence aux topiques (différences des sexes et des générations) demeure invariable, la diversité des pratiques (psychanalyse sur le divan, thérapie en face à face, psychodrame, thérapie de groupe, consultation, consultation mère/bébé, etc.) introduit des variations dans la nature de la séance, sa fonction, sa fréquence et sa durée. Réfléchir à ces différentes pratiques permet d’interroger les différentes voies curatives proposées par les psychanalystes et de les évaluer.

Persecutio : le mot puise son origine au latin ecclésiastique, de quoi rappeler qu’entre toutes, les persécutions religieuses disposent dans l’histoire d’un triste privilège, inséparable sans doute du jour où un dieu s’est pris pour le seul. L’histoire contemporaine n’y échappe pas, à l’heure ascendante des intégrismes. Les systèmes tota-litaires (non plus un-seul dieu, mais une-seule pensée, un-seul maître) ne sont pas en reste, qui construisent un dedans sans dehors possible. Il arrive que « se sentir persécuté » relève d’une juste perception de la réalité sociale et politique environnante, et non d’une folie projective.

En psychanalyse, le mot doit beaucoup à la paranoïa, qui cultive la persécution jusqu’au délire. Faut-il pour autant en réserver l’usage à la psychose ? La persécution rejette au-dehors la haine, la honte, le désespoir que l’on ne supporte pas au-dedans. Le « il » prend la place du « je ». Car c’est bien, chaque fois, l’étreinte du moi et de l’autre qui s’emballe et tente de se défaire lorsque la peur de ne plus être aimé se transforme en conviction d’être haï. Folie sans doute, mais que celui qui l’écarte complètement jette la première pierre.

« L’homme qui dort se nomme Constantin. C’est un Empereur romain, un conquérant, un guerrier sans merci. Son sommeil paraît paisible, bien qu’il doive livrer bataille le lendemain… À côté de l’homme qui dort, un tout jeune homme assis. Un serviteur sans doute, qui n’a pas de nom. Une sentinelle, mais qui s’abandonnerait à sa propre rêverie. Il est le dormeur éveillé. Sa tête penchée s’appuie sur sa main. Cette scène représentée par Piero della Francesca se situe à la frontière de la nuit et de l’aube, du sommeil et de l’éveil, du songe et de la rêverie…
Le livre dont j’écris ici les premières lignes, j’aimerais qu’il devienne quelque chose comme une mémoire – donc une fiction – rêveuse, qu’il soit une traversée d’images, de souvenirs, d’instants, qu’il ressemble à la rêverie à laquelle s’abandonne le dormeur éveillé, avant que l’excès de clarté n’y mette fin. Il sera bien temps alors d’affronter le jour. »
J.-B. Pontalis.

Prenant appui sur la théorie de l’appareil psychique développée dans Le moi et le ça, Freud retravaille des concepts présents dès l’origine comme la défense et le refoulement. Une place importante est donnée à la névrose de contrainte et deux histoires de phobie sont réexaminées Le petit Hans et L’homme aux loups. Une nouvelle configuration se fait jour, selon laquelle c’est l’angoisse qui provoque le refoulement, au lieu qu’elle soit produite par lui. En dernière analyse, c’est le trauma de la naissance qui constitue le prototype de toute situation ultérieure de danger ; l’angoisse réapparaîtra chaque fois qu’il y a un danger majeur sous forme d’angoisse de la perte d’objet.

Après un quart de siècle consacré à des recherches en neurophysiologie qui lui valent une renommée internationale, Sigmund Freud, en un geste audacieux de rupture, s’engage dans cette étrange autoanalyse qui lui fait inventer la psychanalyse – sur la base d’un examen de ses propres rêves et d’une perception singulière des hystéries et des névroses.
À vocation clinique, la pensée freudienne se fixe pour tâche d’explorer tous les domaines de la condition humaine : érotique, onirique, esthétique, mais aussi anthropologique, esquissant au passage la possibilité d’une psychanalyse politique.
Roger Dadoun présente le « roman intellectuel » de ce savant qui, longtemps seul, regroupa autour de lui une « horde sauvage » et étendit son emprise bien au-delà de son cabinet. Ainsi se donne à voir le médecin, penseur, humaniste, libérateur, théoricien de la sexualité et de la pulsion de mort, chasseur d’illusions, confronté à l’« inquiétante étrangeté » du monde contemporain.

« L’angoisse est la réaction au danger. »

Vertiges, tremblements ou frissons, nausées, palpitations, maux de ventre, poitrine oppressée – notre corps manifeste de mille façons que nous sommes pris d’angoisse. Mais comment déchiffrer un affect aussi impalpable et protéiforme ? Que nous signale l’angoisse ? Renvoie-t-elle au présent ou au passé ? Peut-on s’en protéger ? Pour le savoir, deux célèbres essais (l’un de 1895, l’autre de 1926) où Freud ‒ éclairant au passage des troubles comme l’agoraphobie, l’anorexie ou la boulimie, mais évoquant aussi bien la douleur et le deuil ‒ se livre à une véritable enquête sur le rôle du corps dans notre vie psychique.

Il semble bien qu’à l’exhortation courante ‘Assez de paroles, des actes’ la psychanalyse réponde par une exigence contraire : ‘Toujours plus de paroles et le moins d’actes possibles’ ! La psychanalyse ou du moins l’idée qu’on s’en fait. C’est cette idée reçue que ce numéro vise à mettre à l’épreuve, en ne s’enfermant pas dans l’opposition schématique du dire et du faire. Actes, tu jactes !

Les recherches d’André Green témoignent d’une attention constante portée à la question du langage en psychanalyse. C’est là une des caractéristiques les plus remarquables de son œuvre, mais sans doute aussi la moins connue. Du signe au discours met maintenant en évidence les principaux jalons de sa réflexion sur ce thème durant ces quinze dernières années. Si Green mobilise ici les apports des théories du langage et sollicite notamment les travaux de Hagège, Culioli, Halliday, Austin ou Peirce, il soutient avant tout la spécificité de la position psychanalytique et propose un modèle original des rapports entre psychanalyse et langage, en défendant la singularité du discours au sein du cadre analytique. Privilégiant une conception complexe, à la fois intrapsychique et intersubjective, du processus de création et de destruction du sens en séance, il explicite les impasses dues au réductionnisme du modèle lacanien, insiste sur l’hétérogénéité de la signification en psychanalyse, fait valoir la dimension de l’affect dans le discours analytique, et montre, enfin, comment seule une théorie de la représentation généralisée peut répondre aux problèmes soulevés par la pratique et la théorie de la psychanalyse contemporaine.

La névrose est caractérisée par le fait qu’elle donne à la réalité psychique le pas sur la réalité de fait, qu’elle réagit à l’action des idées avec le même sérieux avec lequel les êtres normaux réagissent devant les réalités.

Sigmund Freud, Totem et tabou

Quels modèles théoriques inspirent principalement la psychanalyse actuelle ? Comment comprendre les lois de l’inconscient face à celles de la réalité émotionnelle ? Quelle est la différence entre le transfert et la relation analytique, la dépression mélancolique et la dépression non mélancolique ? Comment travailler avec le contre-transfert ou avec les identifications projectives ? Comment aborder, dans la cure, le narcissisme et la construction des refuges psychiques ? Voici quelques-uns des nombreux sujets auxquels Franco De Masi s’attaque dans cette série de leçons psychanalytiques données à l’Institut de formation de Milan. Pleinement averti des transformations qui agitent la psychanalyse contemporaine, l’auteur passe en revue les fondamentaux de la pratique de l’analyste. Portant haut les couleurs d’une psychopathologie proprement psychanalytique, l’ouvrage contextualise l’émergence de certains concepts-clés et suit leur évolution au fil du temps, fournissant à l’analyste en formation un panorama extrêmement clair et utile de la psychanalyse clinique d’aujourd’hui. 

« La question cruciale pour le genre humain me semble être de savoir si et dans quelle mesure l’évolution de sa civilisation parviendra à venir à bout des perturbations de la vie collective par l’agressivité des hommes et leur pulsion d’autodestruction. Sous ce rapport, peut-être que précisément l’époque actuelle mérite un intérêt particulier. Les hommes sont arrivés maintenant à un tel degré de maîtrise des forces de la nature qu’avec l’aide de celles-ci il leur est facile de s’exterminer les uns les autres jusqu’au dernier. Ils le savent, d’où une bonne part de leur inquiétude actuelle, de leur malheur, de leur angoisse. Il faut dès lors espérer que l’autre des deux « puissances célestes », l’éros éternel, fera un effort pour l’emporter dans le combat contre son non moins immortel adversaire. Mais qui peut prédire le succès et l’issue ? » Sigmund Freud

Le discours dominant prétend que la psychanalyse est périmée. En réalité, elle doit s’adapter. Le monde d’aujourd’hui n’est plus celui de Freud ni de Lacan. Une société nouvelle entraîne de nouveaux comportements et de nouveaux malaises.
« Dépoussiérer » la psychanalyse, la confronter au contemporain implique de réfléchir à ces symptômes, à la frontière entre le pathologique et le social, en repensant le cadre de la cure, à l’heure des consultations via Skype.
Comment la psychanalyse peut-elle trouver sa place dans un monde dominé par la culture du résultat, de l’efficacité et de la réussite ? Dans un monde où le temps n’a plus de valeur et où l’évaluation chiffrée est permanente ?
En se métamorphosant et en se réinventant nous répond Elsa Godart dans cet essai brillant qui ouvre de passionnantes perspectives.

La psychanalyse contemporaine différencie les agir-symptômes retrouvés dans les comportements (addictifs, transgressifs), des agir de transfert. En effet, l’Agieren Freudien se situe bien dans la dynamique transférentielle, et ce livre met en valeur la façon dont l’Agir peut en fait être l’allié de la cure, ouvrant la voie à de nouvelles représentations advenues grâce à ce passage en extériorité. D’une remémoration qui échoue au signe d’expériences traumatiques passées au-delà du plaisir, l’Agir dans la cure se considère comme une adresse que l’analyste doit mettre en forme et aider à symboliser. Les analystes contemporains cherchent à l’appréhender comme le signal et l’avant-scène d’une transformation psychique nécessaire.

Comment introduire à la psychanalyse ? Une introduction universitaire se doit de réintroduire aux mouvements de découverte et aux avancées de la psychanalyse, à l’ensemble du « champ de savoir » analytique, son contenu, sa dynamique, ses thèses, son devenir, sa théorie et son histoire. Ce manuel est subdivisé en trois parties : Fondements – Figures – Perspectives. Principalement destiné aux étudiants, il est devenu un classique pour tous ceux qui cherchent à acquérir les bases de la psychanalyse.

« Prenons en considération la genèse psychique des représentations religieuses. Celles-ci, qui se donnent pour des dogmes, ne sont pas des précipités d’expériences ni des résultats d’une pensée, ce sont des illusions, des accomplissements des désirs les plus anciens, les plus forts, les plus urgents de l’humanité ; le secret de leur force est la force de ces désirs. »

Sigmund Freud

Le fantasme est au cœur de la théorie psychanalytique en ce qu’il implique conjointement l’inconscient et la sexualité. Autour de cette notion centrale, cet ouvrage réarticule et remet en discussion des questions classiques de la psychanalyse : pulsion, désir, objet, représentation, symbolisation, etc.

L’accent est mis sur les fonctions dynamiques et organisatrices les plus spécifiques du fantasme. En ce sens, une importance particulière est accordée à son organisation structurelle et au rôle qu’y jouent les représentations d’actions.

La « dynamique du fantasme » est ici traitée, en liaison avec les modèles du rêve, comme paradigme de l’actualisation des conflits psychiques et de leur élaboration. Cette dynamique implique et engage toutes les relations de désir du sujet à ses objets, dans leur diversité, leur complexité et les potentialités de leur devenir.

La douleur ne peut être absente de la personnalité. Une analyse doit être douloureuse, non parce que la douleur a nécessairement une valeur, mais parce qu’une analyse où la douleur ne serait pas observée et prise en compte ne saurait s’attaquer à une des principales raisons de la présence du patient.

Wilfred R. Bion, Eléments de la psychanalyse

Mettre en relation l’oeuvre et la vie d’André Green, appréhender le processus théorique chez lui comme le processus psychanalytique – en grande partie indépendant des intentions conscientes de son auteur : tel était l’objectif de ces entretiens. Au long de ce livre foisonnant, l’oeuvre se dessine ainsi en devenir, dans son évolution historique, éclairant au passage d’une lumière nouvelle de nombreuses notions telles que la vérité de l’affect ; la relation maître-élève ; la question des origines et du refoulement et celle de l’identité ; la psychiatrie et les neurosciences ; la psychanalyse appliquée ; la clinique des limites et les limites de l’analyse ; l’amour ; les philosophies libertaires ; le besoin d’illusion ; l’influence de Lacan…

Le fantasme est au cœur de la théorie psychanalytique, autant chez Freud que chez ses héritiers et continuateurs actuels, dans la mesure où il articule deux dimensions fondamentales en psychanalyse : la sexualité et l’inconscient. Cet ouvrage met en évidence les principales implications de l’activité fantasmatique dans la vie psychique, assorties de quelques hypothèses propres à l’auteur.

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 Valérie Guignié et son équipe

Le transfert/contre-transfert n’a rien d’une intersubjectivité psychologique ou philosophique. L’intimité de ce lien est une expérience de mort à soi, d’accès à l’altérité à travers la mortalité de l’autre, et ainsi seulement d’accès à une renaissance personnelle.

Julia Kristeva, Je me voyage

La pratique de la psychanalyse incluant ses bases théoriques peut être décrite selon des orientations distribuées en cinq axes. Certains d’entre eux constituent des options dominantes, propres aux courants actuels, mais ils sont surtout des potentiels toujours présents auxquels le psychanalyste peu se référer.

On distinguera :

— La psychanalyse logodynamique qui tient à l’essentiel de toute pratique, à la relation de parole qui par elle-même conduit à la découverte du refoulement et de l’inconscient où se révèle le désir. L’écoute de l’analyste soutient cette dynamique des signifiants et du sens en écartant les effets de suggestion. Cet axe est toujours présent dans la cure où le sujet se trouve à juste titre en position d’analysant.

— La psychanalyse technologique regroupe les acquis depuis Freud qui orientent rationnellement la pratique. Elle situe des repères bien mis en évidence par l’expérience, à savoir le cadre, les interprétations, le transfert, le contre transfert et les résistances.

— La psychanalyse idéaloducte répond à la valeur prise par l’idéalisation des théories et des pratiques dans la transmission d’une expérience et d’un savoir, d’une science dans la succession des maîtres à travers les générations.

— La psychanalyse au négatif a mis en relief la nécessité d’une remise en cause continuelle des théories en fonction d’un inconnu, en limitant les interprétations systématiques et abusives, en s’ouvrant à un appel du désir vers des découvertes successives.

— La psychanalyse transgressive à l’exemple des recherches de Frerenczi, de Rank de Reich, offre des voies d’exploration selon des techniques actives ou de suppléance et de compensation, ou libératrices lesquelles au minimum, peuvent être virtuellement évoquées par le psychanalyste.

— Enfin dans un dernier chapitre un examen critique des cinq axes permet d’évaluer le choix exclusif de l’un d’eux et les raisons de recourir aux autres.

Formé dans le cadre de l’éphémère Société française de psychanalyse, Guy Rosolato, élève très proche de Lacan qu’il avait suivi lors de la création de l’Ecole freudienne, a été l’un de ceux qui se sont dégagés de l’influence directe du Maître.

Il a rejoint l’Association psychanalytique de France, dont il est devenu l’un des membres les plus écoutés. Tout en utilisant les présupposés théoriques du premier Lacan, il a poursuivi une voie originale se situant dans le droit fil du post-lacanime tout en restant constamment ouverte aux autres courants de la psychanalyse.

Son oeuvre occupe une place de premier plan parmi les recherches psychanalytiques de ces trente dernières années. Elle a déjà produit un ensemble de concepts et dégagé des perspectives dont la valeur est irremplaçable pour la pratique de la théorie et de la clinique. Elle n’est pas pour autant achevée et la continuité de sa recherche laisse présager d’autres surprises, d’autres inventions.

Les Essais sur le symbolique (1969) étaient axés sur la figure du père, la fonction de la loi, les rapports du langage et de l’inconscient.
Ce nouveau livre de Guy Rosolato nous fait mesurer l’importance de l’autre versant que la référence prévalente au père risque d’autant plus aisément de camoufler qu’il doit demeurer zone d’ombre, garder une affinité avec le non-dit : la relation originelle à la mère dont l’auteur montre qu’elle façonne ce qu’il nomme la relation d’inconnu.
Relation d’inconnu – notion calquée sur celle, usuelle en psychanalyse, de relation d’objet – et non à l’inconnu qui, une fois localisé, serait par là même évacuable. Ce sont plutôt les effets en chacun de nous de cet inconnu, de ce que Breton appelait l’«infracassable noyau de nuit», que le livre rend sensibles, à travers l’étude ainsi renouvelée d’organisations psychopathologiques comme le fétichisme et la dépression, d’instances comme le narcissisme et les idéaux, de formations de l’inconscient comme le souvenir-écran. Des thèmes fantasmatiques tels que celui de l’enfant mort et des concepts originaux – entre autres, l’«oscillation métaphoro-métonymique» et l’«objet de perspective» – peuvent alors être dégagés.

S’appuyant sur des extraits de l’œuvre freudienne, Patrick Mahony étudie un aspect encore mal connu de Freud exceptionnels talents d’écrivain et d’orateur. Il se livre à l’analyse textuelle en profondeur de deux grands textes de Freud éclairant ainsi d’un jour nouveau la naissance des concepts psychanalytiques, car chez Freud, la théorie est inséparable d’une expérience littéraire dont tous les germanistes s’entendent à reconnaître l’exceptionnelle qualité.

Cette approche qui se concentre sur la langue, le style et la forme apporte des aperçus nouveaux à l’étudiant spécialiste et le chercheur en psychanalyse.