A paraître le 16 août 2018

Ce manuel présente la logique des processus de la vie psychique à tous les âges de la vie de la naissance à la vieillesse.

Les auteurs issus de la pensée psychanalytique retracent tout d’abord l’histoire de la réalité psychique de la subjectivité. Ils présentent ensuite les logiques en large partie inconscientes qui sous-tendent les formes d’expression de la psychopathologie. L’apport des neurosciences dans le champ de la psychopathologie est également abordé. Une approche projective complète enfin cette démarche d’ensemble et fournit une méthode pour médiatiser la subjectivité propre du clinicien.

Ainsi composé ce manuel s’adresse à tous ceux qui étudiants jeunes professionnels et psychologues confirmés sont soucieux d’une vue d’ensemble actualisée de l’approche clinique de la vie psychique et des formes de sa pathologie.

Cette troisième édition a été enrichie d’un nouveau chapitre sur la délinquance et la criminalité et d’un développement conséquent sur les psychothérapies.

La transversalité de la psychanalyse témoigne avec les neurosciences et le sociopolitique de « l’intelligence du corps » mise en forme par la notion d’empathie qui porte en elle-même la limite du soi et de l’autre, du singulier et du collectif. Peut-on parler du corps, ou des corps définis, dont la diversité des approches relationnelles interroge la sensibilité ? Si la conception de l’archaïcité fait sortir d’un dualisme psyché/matière, de quelle sensibilité s’agit-il ? Celle d’un « Je », carrefour de bouleversants impacts émotionnels, traces enracinées à l’insu du sujet dès sa naissance ? Ces traces ne surgissent-elles pas tout au long d’une vie, favorisant la pensée, l’imagination et la rencontre avec autrui ? A travers un point de vue anthropologique, et chacun dans sa spécificité, les auteurs se retrouvent autour des concepts qui animent le Collège International de Psychanalyse et d’Anthropologie.
Cet ouvrage éclaire les nouvelles formes de subjectivation et tente de saisir la complexité de l’empathie, d’en dégager les mouvements et les appartenances qui contribuent à donner à l’homme sa qualité d’être humain.

Entre mots et toucher, le corps en transfert est un ouvrage collectif. Il fait le récit de la naissance d’une méthode, créée il y a quarante ans par Michel Sapir, développe l’évolution de sa théorie illustrée par de nombreux cas et donne à entendre l’expérience d’une équipe. Pour les auteurs, psychanalystes formés à cette pratique, cette technique de relaxation analytique est à la fois un outil thérapeutique et un outil de formation à la fonction soignante. Avec l’évidence du pulsionnel, le poids du refoulement, la prépondérance de l’inconscient, elle met en lumière l’étroite intrication du corps et de la psyché qui prend sens et entrouvre les portes des souvenirs incarnés. Dans un cadre strict, mais ajusté aux rencontres qu’elle met en œuvre, la relaxation psychanalytique, individuelle ou en groupe, déploie pour chaque sujet une histoire enfouie dans les anfractuosités du corps. La relaxation psychanalytique, méthode Sapir, est pratiquée par l’Association de Recherche, d’Étude et de Formation à la Fonction Soignante, AREFFS, fondée en 1975.

Michel Sapir (Moscou 1915, Paris 2002), médecin, psychiatre et psychanalyste, homme engagé dans tous les défis de son temps, se définissait avec humour comme « anarchiste conservateur ». Lors des 31° journées de formation psychologique d’Annecy dont il a été le fondateur, un jeune soignant posa cette question :  » Mais qui est donc ce Michel Sapir dont vous parlez tous ?  » L’ambition de ce livre est de répondre à cette interrogation en organisant pour le lecteur – qu’il ignore tout de son itinéraire personnel et professionnel ou qu’il l’ait côtoyé d’une manière ou d’une autre – une véritable rencontre avec Michel Sapir, à la fois inventeur de la méthode de la relaxation à induction variable (RIV), animateur de groupes de formation à la relation soignants-soignés (groupe Balint), infatigable formateur et transmetteur dans le champ du soin psychique et somatique, et de la médecine générale en particulier.

Simone Cohen-Léon met ainsi à notre disposition une brève biographie qui retrace les moments forts de sa vie et de son œuvre et un ensemble de réflexions que Michel Sapir a dictées dans la dernière année de sa vie. Comme dans une conversation à battons rompus, ces textes rendent compte de la multiplicité de ses intérêts et de ses engagements, mais aussi témoignent de l’originalité de sa pensée où le fil du corps se mêle sans cesse à celui de la parole, que ce soit dans le champ psychanalytique, médical ou politique.

En 1933, poussée par une crise personnelle autant que par les événements historiques, Hilda Doolittle se rend à Vienne pour entreprendre une analyse avec Freud, qui la considérera à la fois comme sa patiente et comme son « étudiante ». Pour l’amour de Freud est le récit de cette analyse, publié pour la première fois aux États-Unis en 1956 sous le titre Tribute to Freud.
Une première traduction française, Visage de Freud, a été publiée en 1977 par Denoël, dans la célèbre collection, dirigée par Jacqueline Rousseau-Dujardin, « Freud et son temps ».
À la belle préface de Françoise de Gruson, traductrice du texte, s’ajoutaient quinze lettres inédites de Freud à H.D. Notre édition propose également des lettres inédites de H.D. à Freud, ainsi que des photographies. Une partie de la correspondance entre H.D. et Bryher, sa compagne, ajoute à ces récits une perspective privilégiée sur l’analyse de H.D., son écriture, et ses rapports avec son entourage.

« Le passé recomposé » est le troisième et dernier livre de F. Pasche constitué de textes qu’il avait choisis. Les lignes de force de son oeuvre apparaissent à travers les thèmes qui regroupent ses travaux indépendamment de l’ordre chronologique. Ce ensemble passionné et cohérent, conduit à ravers l’approche de la mythologie, de l’art et du langage, à un enrichissement des conceptions freudiennes et à la critique de positions extrêmes comme celles de Lacan ou de Viderman. Aucune adhésion à un système préétabli chez F. Pasche pour qui la liberté est une nécessité fondamentale de l’esprit. L’ensemble de ses écris révèle un penseur à la fois généreux et rigoureux, sensible à l’articulation entre psychanalyse et anthropologie.

Le plaisir de penser, de comprendre l’autre ont animé tout le parcours de cet auteur passionné par la psychanalyse.

La psychanalyse n’est pas sortie du néant au début du XXe siècle, pour y rentrer, peut-être bientôt. La métapsychologie freudienne a des antécédents millénaires : mythologies, théologies, métaphysiques. Elle a surgi au milieu d’elles, s’en distinguant par différences et oppositions, trouvant sa place et sa spécificité, mais leur restant liée par une sorte de consanguinité qui explique sans doute cet enrichissement mutuel qui se poursuit depuis son apparition. Cela tient à ce qu’elles constituent des modes de défense et une élaboration comparables contre et à partir des premières angoisses ; c’est ce que l’auteur s’est efforcé de montrer à la lumière de l’analyse de certains mythes, de quelques doctrines philosophiques et de textes religieux. Afin de fonder cette approche, il a poursuivi sa réflexion sur la notion d’angoisse primaire et sur les procédés du moi pour s’en dégager et en faire, parfois, son miel. Mais toutes ces élaborations souvent monumentales affirment une finalité qui leur est, à bien des égards, commune en particulier la connaissance de soi, et plus encore. En effet, qu’elles promettent le bonheur, la sagesse, la sainteté, le salut, il s’agit toujours de changer l’homme, de le parfaire, ne fût-ce qu’en le désabusant ; il s’agit de mettre chacun en face de sa vérité. Cela demande rites, secrets ou non, spectacles, transmission orale, prescriptions pour « conduire ses pensées », tête-à-tête avec un personnage plus ou moins sacralisé ; cela demande un mode d’emploi, en un mot : une praxis. L’examen approfondi de la théorie freudienne de la technique complète notre mise en place de la psychanalyse parmi ces entreprises, et se porte ainsi garant de son lignage et de la pérennité de sa fonction.

Par petites touches, Brett Kahr montre de l’extérieur ce qu’était la vie de D. W. Winnicott. Nous le voyons en action, comme suivi par une caméra à l’épaule. Nous le surprenons sortant du métro pour se rendre cinq à six fois par semaine au cœur de Bloomsbury, chez son analyste James Strachey. Nous l’imaginons conduisant sa vieille Rolls à deux places, roulant à 30 km à l’heure, tant il est absorbé dans ses pensées ou dans une conversation avec son passager ; nous l’observons, lors de ses consultations dans une pièce remplie d’élèves, d’enfants et de parents ; nous le retrouvons à son séminaire du jeudi soir improvisant sur un cas puis offrant des fraises et des cerises à tout le monde ; nous l’entendons jouer du piano à la fin de sa journée de travail ; enfin, nous le voyons lutter contre la maladie dans ses dernières années, sans jamais réduire ses activités…

Dans son autobiographie à peine esquissée, il écrivait : “Oh Dieu, faites que je sois vivant quand je mourrai. ” On peut penser que ce vœu fut exaucé, car jusqu’à son dernier souffle Winnicott travailla, aima, se réjouit et poursuivit de multiples projets.

C’est par deux livres A partir de Freud et Le sens de la psychanalyse que Francis Pasche est le plus généralement connu. Cependant son œœuvre, à redécouvrir, compte un nombre très grand d’articles couvrant l’essentiel du champ de la psychanalyse ; Un peu plus jeune que Lacan qu’il côtoie à la Société psychanalytique de Paris avant le départ de celui-ci, il développe des modes de pensée qui sont très différents des formulations lacaniennes. Il n’est pour s’en convaincre que de comparer leurs façons de concevoir la notion de sujet, de  » Je « . Sensible à tous les aspects de l’activité du psychisme y compris au cœur de l’expérience traumatique, les hypothèses qu’il propose ouvrent des voies de réflexion fécondes et d’une grande originalité. Les concepts d’antinarcissisme par exemple, ou de dépression d’infériorité ont renouvelé profondément la compréhension des états dépressifs et des modalités de l’investissement amoureux. La métaphore du bouclier de Persée lui sert de support à une théorie nouvelle des états psychotiques et du fétichisme.

« Notre corps n’est rien sans le corps de l’autre » (Ajuriaguerra). Ce livre parle du lien étroit entre corps et psychisme. Il montre l’impact des zones érogènes du corps sur la constitution du narcissisme du sujet. Certaines personnes présentent une défaillance de ce lien entre le somatique et le psychique (états-limites, personnalités narcissiques, psychosomatiques). La psychothérapie de relaxation (méthode Ajuriaguerra) s’adresse plus particulièrement à ce personnes. On trouvera ici un écho des investigations actuelles des psychanalystes et psychothérapeutes à partir de leur clinique.

Quel est le sens de la psychanalyse ? Ses fins, sa portée, ses limites ? Telle est l’interrogation qui renaît de chacun des textes rassemblés ici et qui les résume tous.

Interrogation qui n’est point détachée ; procédant de l’exercice quotidien de la psychanalyse, elle est lestée de beaucoup de clinique ; car si la pratique orthodoxe, même longtemps poursuivie, de la psychanalyse n’est pas toujours garante de la rectitude d’une réflexion théorique, l’auteur croit qu’elle doit en constituer la base naturelle.

Cela toutefois ne suffit pas. Se réclamant de Freud, la fidélité dans l’interprétation de sa pensée lui semble devoir s’imposer. Elle s’impose rarement. Le freudisme, parfois caricaturé jusqu’à prendre les traits d’une Weltanschauung, est une notion dont l’étude mérite autant de rigueur et de soins que celles de marxisme ou de démocratie ; elle n’a pas été moins malmenée qu’elles.

Cette fidélité a pour condition une connaissance globale de l’œuvre en tant compte de ses proportions. Embrasser le tout de cette pensée à chacun de ses moments et la série complète de ceux-ci est le principe de l’élaboration de ces textes où sont critiquées les erreurs, ou les habiletés, de l’attitude contraire. A cet égard cet ouvrage peut être considéré comme polémique.

Ces exigences satisfaites et ces précautions prises, comment apparaît à l’auteur le sujet-objet de l’analyse : n’importe qui ? Une subjectivité, un Je qui, si obscur à lui-même qu’il s’apparaisse et si divisé en lui-même qu’il soit, n’en est pas moins de fondation là où il est, dans la psyché qui l’exprime et où s’articulent : sens, structure et quantité. Une psyché, en chacun quelque peu singulière et qui a la vocation de l’être davantage ; un Je quelque peu libre et qui a la vocation de l’être davantage.

La psychanalyse de cela ne décompose que les mécanismes, le non-vivant, au profit du reste. A ce reste elle ne touche pas, elle le contourne ;  elle ne l’explique pas, elle le dévoile. Les œuvres d’art, de connaissance, d’amour, elle ne les entame pas ; comment serait-elle capable d’en rendre raison ? Mais loin de dissoudre l’homme dans la « Structure », elle lui permet de la déjouer ; loin de le changer en « Discours », elle lui permet de soumettre les mots.

Elle ne sonne donc pas le glas de l’humanisme, elle ne le réinvente pas non plus, elle constitue seulement le préalable à tout humanisme à venir.

L’analyse à transitions corporelles et les Ateliers du Geste s’inspirent du souffle nouveau donné par Ferenczi à la psychanalyse naissante, il y a presque cent ans. Des analystes et thérapeutes d’aujourd’hui, qui ne font aucunement référence à lui, sont pourtant bien dans cet élan de créativité, d’élasticité et de contactivité qu’il a initié par rapport au praticable freudien. Est-ce parce que le monde contemporain produit de plus en plus de sujets pluriels, fracturés, fragiles, limites et complexes que Ferenczi, à notre insu, revient dans les coulisses de la scène analytique secouer notre inventivité ? Michel Galasse est psychologue et psychothérapeute analytique à transitions corporelles. Il a suivi la formation de psycho-somatoanalyse à l’EEPSSA (École européenne de psychothérapie socio et somatoanalytique) créée par le Dr Richard Meyer. Depuis plus de vingt ans, il pratique en service de santé mentale en Belgique. Il rencontre des adolescents, des adultes, des couples et des familles et anime des ateliers thérapeutiques inspirés d’approches artistiques contemporaines, particulièrement la danse et le théâtre. Il intègre les corps, les transes et le jeu dans le processus thérapeutique avec les adultes.

La culture contemporaine a tellement assimilé les principaux apports de la psychanalyse qu’il est devenu difficile de percevoir le scandale que suscita la découverte par Freud, en 1897, de ce qu’il appellera des années plus tard le « complexe d’Œdipe ». En affirmant ainsi l’universalité de ce drame, qui constitue l’un des principes organisateurs de la vie psychique, Freud a mis en évidence un ressort essentiel du fonctionnement psychique humain.
Cette notion, l’une des plus banalisée aujourd’hui, demeure pourtant d’une grande difficulté. Le présent ouvrage vise à apporter, de la façon la plus claire possible, des éléments de réponse aux questions que la dynamique psychique œdipienne, trop souvent mal comprise, ne manque pas de susciter.

La mort de la psychanalyse a été annoncée dès sa naissance. Une vieille antienne, donc, à ceci près que du temps de Freud elle venait de ses détracteurs, tandis qu’aujourd’hui il arrive qu’on l’entende aussi du côté des psychanalystes eux-mêmes. Est-ce une crainte lucide ? Un espoir ? Un projet ? Un fantasme dépressif, voire hypocondriaque, dont il faudrait analyser la dimension (auto)destructrice ?

Dans cet ouvrage ont été recueillies les réflexions de divers psychanalystes s’interrogeant sur la place possible de la psychanalyse et sur ses capacités transformatives dans un monde en pleine mutation. De l’ensemble de ces textes se dégage l’idée que si l’analyse est selon toute vraisemblance mortelle, elle est bien vivante aujourd’hui, en tant que façon de penser, d’écouter et d’éclairer nos vies et notre monde intérieur, ouvrant toujours un chemin possible vers une façon plus libre, plus heureuse et plus responsable d’être au monde.

Les essais de Ferenczi, subversifs et transitoires, introduisaient dans la cure des techniques actives de la relaxation et de l’analyse mutuelle. Ils invitaient l’analyste à s’aventurer davantage dans le contact, dans cette sympathie première avec la vie, le monde et le sujet.
Aujourd’hui, la rencontre analytique avec des sujets aux brisures précoces requiert quelquefois de l’analyste la création d’un nouveau dispositif. Dans un cadre suffisamment fiable et contenant, porteur et étayant, souple et vivant, surprenant et symboligène, l’analyste s’engage en séance dans les transitions corporelles nécessaires pour permettre au sujet de s’ouvrir à nouveau à la vie. Il accepte d’être le partenaire réel de l’analysant, le temps pour celui-ci de redevenir l’interlocuteur de lui-même et d’autrui. Il contient activement plusieurs niveaux de réalité pour que la symbolisation s’opère et sorte l’analysant de l’amalgame. Mais on ne touche pas au corps d’autrui sans une éthique relationnelle particulièrement exigeante.
Cinq vignettes cliniques illustrent cette nouvelle pratique de la rencontre analytique et montrent qu’il est parfois inévitable de respirer ensemble par la blessure.

D’origine judéo-russe, né à Moscou en 1915, plongé tout enfant dans les tumultes de la révolution soviétique, Michel Sapir choisit la France comme patrie de cœur et part s’y installer en 1934 pour ses études de médecine. Mobilisé en 1939, il devient responsable de la Résistance pour la région Nice- Côte d’Azur et s’inscrit au parti communiste. Treize années durant il va participer à la grande illusion collective… jusqu’aux révélations par Khrouchtchev des crimes de Staline, et la répression du Printemps de Prague. Michel Sapir fait l’analyse de l’espèce d’hypnose idéologique dans laquelle tant de pays ont été plongés. Il en porte le deuil et ne regrette rien. D’autant qu’ayant quitté le PCF dans des circonstances pittoresques, il assume la deuxième aventure majeure de sa vie : la psychanalyse. Dans le sillage de Ferenczi et de Balint, il invente une nouvelle approche de la relation « soignant-soigné » et s’y consacre depuis près de quarante ans. À partir de sa formation initiale de médecin, il sera l’un des premiers à insister sur l’importance du corps dans la psychanalyse. Marqué au sceau d’une sincérité sans concession, traversé de récits surprenants et de rencontres fécondes – il a été l’un des amis les plus proches de Jacques Prévert, dont il parle comme personne – cet ouvrage est celui d’un grand témoin de notre siècle qui, parvenu à l’âge des bilans, livre quelques-unes des clés de la connaissance et de la sagesse

Le corps semble avoir disparu de la fonction soignante. Il est à la fois parcellisé et médiatisé. Ses données sont numérisées et la personnalité mise de côté. Le nouveau livre de Michel Sapir est tout entier consacré à cette dimension corporelle méconnue dans l’ensemble des relations intersubjectives.

Une première partie définit le concept et le champ d’action de la psychosomatique et propose une théorie de la parole comme sécrétion-expression au même titre que les larmes. Après une pénétrante analyse du trouble fonctionnel comme réaction somatique à un conflit relationnel, la deuxième partie est consacrée à la formation à la relation soignant-soigné à travers l’analyse de la méthode Balint qui met au premier plan le rôle du contre-transfert et de l’identification dans le rapport médecin-patient. La troisième partie établit les bases de la relation à inductions variables comme méthode de psychothérapie d’inspiration psychanalytique à médiation corporelle.

Livre synthèse et livre bilan, cet ouvrage ouvre à une compréhension globale du corps, d’autant plus nécessaire à réaliser par tous les soignants que le langage technicien de nos sociétés modernes risque de conduire à sa non-prise en considération.

La Relaxation à Inductions Variables est une méthode axée sur la relation.

Selon l’auteur de la méthode les inductions varient en fonction de ce que la relaxateur ressent du patient. Elle débute le plus souvent par la parole mais aussi par le toucher, variable d’une fois à l’autre dans une complémentarité où parole et toucher n’ont rien de systématique ou de ritualisé.

Michel Sapir décrit sa méthode dans un esprit purement psychanalytique. A vrai dire, la Relaxation à Inductions Variables tout en suggérant la détente ne considère pas qu’elle constitue ke but ultime et unique de la méthode.

Ce livre n’a pas été conçu en appliquant mécaniquement des « recettes » pseudo-freudiennes à la relaxation mais en partant de celle-ci pour la soumette à l’éclairage des concepts psychanalytiques. Parmi ces derniers, certains semblent unanimement admis tandis que d’autres sont soumis aux feux croisés de différentes écoles. Aussi, l’auteur évitera de s’étendre sur ce qui est admis et connu pour soumettre à discussion tout ce qui est objet de divergences.

Sommes-nous tous des psychosomatiques ? Oui ! Et c’est normal ! Car nous avons tous des réponses à la fois corporelles et psychologiques face aux difficultés de notre vie quotidienne, aux accidents, aux maladies comme aux agressions de la société. Mais chacun de nous réagira différemment, en fonction de sa personnalité et de son milieu social et familial. Un tel se réfugiera dans une maladie chronique qui obligera son entourage à le considérer différemment. Un autre travaillera jusqu’à épuisement. Un autre encore aura recours à l’alcool. Existe-t-il une médecine propre à ces situations ? Les médecins ont-ils la possibilité de reconnaître ce qui est psychosomatique et ce qui ne l’est pas ? Quel comportement le patient doit-il avoir vis-à-vis de son médecin ? Le livre du docteur Sapir – un des plus grands spécialistes français de la relaxation d’inspiration psychanalytique répond à ces questions. Dans cet ouvrage très personnel, l’auteur nous apporte son expérience de praticien et nous montre combien la relation confiante entre le médecin généraliste et son patient peut être un facteur de mieux être.

Cet ouvrage est le résultat du travail universitaire d’un réseau de chercheurs réunis dans le cadre d’un Séminaire interuniversitaire européen d’enseignement et de recherche en psychopathologie et psychanalyse. Il témoigne de la possibilité d’un travail de chercheurs partageant les mêmes exigences quant à la méthode clinique et la qualité du travail de recherche. Il témoigne aussi, dans le cas précis de ce travail, que la dépression n’est pas une maladie qu’il suffirait d’éradiquer pour relancer un homme-machine en panne, mais que la dépression a une place et une signification dans notre civilisation.

La vie psychique de l’adulte reste marquée par les logiques du sexuel infantile, qui organisent son inconscient. Cet ouvrage présente les différents modèles de la sexualité infantile, des fondements de la théorie freudienne aux apports des psychanalystes contemporains, en abordant : les différentes étapes du développement de la sexualité chez l’enfant ; le conflit oedipien ; la période de latence ; la genèse des homosexualités ; les théories sexuelles infantiles.
Il fait aussi le point sur les débats contemporains et certaines thèses freudiennes sont réinterrogées à la lumière des apports récents de la clinique de la première enfance.

Dès la fin des années cinquante, s’est développée une psychothérapie corporelle d’inspiration psychanalytique connue sous le nom de « technique Ajuriaguerra ». Les destins du corps en constitue l’ouvrage de référence indispensable.

En effet, sont rassemblés dans ce volume les textes qui ont marqué l’évolution de ce courant qui, par sa fidélité à la psychanalyse freudienne, se détache des autres pratiques corporelles existantes. Synthèses théoriques, études de cas confirment l’intérêt que représente cette méthode dans le cas de patients souffrant de maladies psychosomatiques, de névroses de comportement ou de carences narcissiques.

Pratiquée par des psychanalystes, la psychothérapie de relaxation s’appuie essentiellement sur la capacité de la psyché à percevoir ce que le corps éprouve et, dans un deuxième temps, à nommer, décrire ce qui a été perçu. Ainsi, le rôle du thérapeute est d’aider le patient à retrouver, à travers ses propres sensations, l’emprise sur son corps propre que, pour des raisons diverses liées à son histoire, il n’a pu avoir. Comme dans toute psychothérapie d’inspiration analytique, le soulagement du patient ne s’obtient qu’au prix d’un changement de son fonctionnement psychique.

Ce livre propose une réflexion théorico-clinique sur un outil psychanalytique encore trop méconnu, que l’auteur intitule : Cet autre divan. Il traite d’une autre façon d’utiliser la méthode psychanalytique de Freud pour les pathologies non névrotiques actuelles. Cet autre divan peut éveiller la curiosité, car ici le divan lui-même est un outil de la cure. Ce concept de la psychothérapie psychanalytique corporelle (PPC) est issu de la rencontre des travaux de Julian de Ajuriaguerra et des recherches post-freudiennes sur les pathologies des limites. Avec de nombreuses illustrations, l’auteur montre que la PPC permet le dégagement de l’archaïque traumatique à l’aide de la médiation corporelle, en prenant au transfert contretransfert les traces mnémoniques de la mémoire du corps pour libérer l’énergie libidinale. Ainsi s’opère la revitalisation des différents niveaux du fonctionnement psychique sans qu’aucun n’écrase l’autre, mais bien au contraire maintient vivant le lien entre eux, étant ainsi source de la créativité. L’originalité de cet abord psychanalytique est de faire travailler les paramètres oubliés parce que silencieux dans le cadre psychanalytique classique qui est mis en difficulté par les patients non névrotiques. Ce livre qui donne au corps toute son importance organisatrice pour la psyché montre que nous pouvons innover à partir de Freud pour aider psychanalytiquement ces personnes qui présentent des souffrances identitaires et narcissiques et qui s’adressent à nous.

Pourquoi des psychanalystes sont-ils encore si réticents à interroger leur pratique alors qu’ils constatent les limites de certaines cures-types ? Ce livre est une réflexion sur une autre façon d’utiliser la méthode psychanalytique pour des patients dits inanalysables. Le corps trop souvent négligé dans sa fonction organisatrice de la psyché trouve ici toute son importance. Le divan de la Psychothérapie Psychanalytique Corporelle place l’analyste devant le patient allongé, afin de permettre le dégagement de l’archaïque traumatique en appui sur la perception et la sensorimotricité.

Sigmund Freud a écrit environ 20 000 lettres ; sa correspondance avec Paul Federn ouvre autant sur l’exhumation de situations cliniques que sur des incises théoriques. Ces lettres offrent également un point de vue sur l’homme Freud, sur sa vie relationnelle et sur ses contacts scientifiques, dévoilant le paysage d’une époque.

L’échange épistolaire présenté ici se compose de 143 documents, rédigés essentiellement par Freud, les lettres de Federn ayant été perdues, à quelques exceptions près. Au-delà de la singularité du lien entre les deux hommes, ce sont les débuts de la psychanalyse qui sont revisités. On voit ainsi à quel point Freud a pu s’appuyer sur celui qu’il considérait comme son bras droit pour défendre la cause de l’analyse profane ; par rebond, la publication de ces lettres rétablit la place de Federn dans l’histoire du mouvement psychanalytique. Leurs échanges témoignent de préoccupations qui restent d’une actualité étonnante.

Nul ne s’émancipe de vingt-cinq siècles d’une conviction dualiste qui, depuis Platon, oppose radicalement l’âme et le corps, et formate à notre insu nos catégories de langue et de pensée. Tout de l’expérience psychanalytique pourtant, celle de ce « corps étranger interne » qu’est l’inconscient, contribue à brouiller des distinctions trop claires. Il n’est de processus « psychique » qui, à l’image de l’angoisse ou du plaisir, ne dispose de son trajet somatique. Mais Psyché ne se contente pas de passer par le corps, elle en détourne les fonctions, à l’image de la faim de la boulimique, de la constipation chronique de l’obsessionnel ou de l’hypertension du patient « psychosomatique ».
La psychanalyse navigue entre deux écueils, celui d’une différence de nature entre corps et psyché à l’image du dualisme cartésien, ou inversement, celui d’une identité à la Groddeck, qui en vient à supprimer l’hétérogénéité du corps, du soma biologique. Le premier écueil ignore à quel point Psyché est corporelle, le second réduit toute pathologie somatique (cancer compris) à un phénomène psychique. Où s’arrête le corps de Psyché, où commence le soma du biologiste ?
« Psyché est corporelle, n’en sait rien ».

Le mal-être psychique se spécifie de plus en plus, de nos jours, dans ce qu’il est convenu d’appeler les états limites : les dysfonctionnements de la pensée, les difficultés de la procréation, les troubles psychosomatiques, les agirs de la sexualité. La pensée psychanalytique a ainsi entrepris l’analyse métapsychologique de certains concepts ou notions qui guident sa réflexion alors que ceux-ci ne font pas toujours partie du corpus métapsychologique freudien. Elle s’intéresse à la signification de ce qui pourrait leur être attribué comme position limite, d’un point de vue psychique. Cinq volets organisent cet ouvrage : ils traitent de la position et de la signification limite des concepts de pulsion, de perceptif, de pensée, de Moi-idéal ainsi que des liens de ce dernier avec la création et la culture. En filigrane, ces concepts s’articulent avec la notion même de concept qui, à elle seule, occupe déjà une position limite par rapport à la spécificité de la recherche théorique en psychanalyse.

La pratique psychanalytique récente découvre de  » nouveaux patients « . Au-delà des apparences classiques, hystérie ou névrose obsessionnelle, les blessures narcissiques, les risques de psychose, les symptômes psychosomatiques montrent tous une particulière difficulté à représenter. L’espace psychique, cette chambre obscure de notre identité où se réfléchissent à la fois le mal de vivre, la joie et la liberté de l’homme occidental, est-il en train de disparaître? Cet ensemble d’études pose une question alarmante qui révèle non seulement une urgence thérapeutique, mais aussi un problème de civilisation.

Comment ne pas voir, par exemple, que le  » retour des religions  » entraîne une relecture de la Bible et des Evangiles? Que les arts et les lettres s’éclairent d’une nouvelle lumière? Que l’inquiétude sexuelle et métaphysique des femmes en Europe est l’indice d’une mutation profonde au coeur des idéologies en faillite du vieux continent?

Ces  » nouvelles maladies de l’âme  » sont-elles des promesses de créativité? Peut-être, mais à condition de les entendre, de les analyser, de les écrire.
J.K.

La psychanalyse est née dans l’esprit d’un homme, Sigmund Freud. Retracer l’histoire de la psychanalyse, c’est ainsi d’abord faire celle de la découverte freudienne, en comprendre les tâtonnements, les confusions, les erreurs, les succès. C’est montrer aussi qu’il s’agit de l’œuvre d’un homme profondément immergé dans la culture de son temps et qu’elle reste pourtant la matière sur laquelle tous les psychanalystes après lui ont travaillé et travaillent encore. Mais la psychanalyse est à présent plus que centenaire et cet ouvrage nous invite à en suivre aussi les principaux développements théoriques, pratiques comme institutionnels depuis sa naissance jusqu’à nos jours.

« La psychanalyse est un art qui s’applique à comprendre et modifier des phénomènes irrationnels, mais c’est un art rationnel, fondé sur des connaissances positives. Une psychanalyse est toujours une recherche, […] la découverte ne jaillit pas ex nihilo ou des ténèbres de l’inconscient. L’interprétation se forme souvent par tâtonnements progressifs. […] Le psychanalyste n’est ni un devin, ni un sorcier. »
Daniel Lagache nous propose une introduction à l’histoire de la psychanalyse, nous initie aux principes fondamentaux et aux concepts essentiels de cette discipline. Il nous invite à suivre et à comprendre le déroulement d’une cure psychanalytique.

Cet ensemble, qui couvre une longue période, de 1890 à 1938, est publié sous le titre Résultats, idées, problèmes. Cet intitulé avait été donné par Freud à quelques notes rédigées par lui en juin, juillet, août 1938, à Londres.
Ce deuxième volume contient des textes écrits entre 1921 et 1938. Certains n’avaient jamais été traduits, d’autres ont paru dans diverses revues françaises mais sont ici retraduits. Parmi les plus importants nous citerons : Psychanalyse et télépathie, Résistances à la psychanalyse, La prise de possession du feu, Pourquoi la guerre ?, L’analyse avec fin et l’analyse sans fin, Constructions dans l’analyse, Le clivage du moi dans le processus de défense.

Si Freud n’a pas construit à proprement parler une théorie de la mémoire, c’est sans doute parce que toute son œuvre, des Études sur l’hystérie à L’homme Moïse, en passant par L’interprétation du rêve et Au-delà du principe de plaisir, ne traite que de la mémoire et de ses défaillances – oublis des noms propres, impressions de «déjà-vu», répétition prenant la place de la remémoration, amnésie infantile..
Comment rendre compte de la complexité de la mémoire humaine, de ses lacunes et de ses troubles, sinon en affirmant l’existence de différents «systèmes mnésiques», autrement dit de plusieurs mémoires? Comment l’éphémère et l’indestructible peuvent-ils aller de pair?

Ce volume contient les textes suivants :
– Sur le mécanisme psychique de la propension à l’oubli
– Un trouble de mémoire surt l’Acropole
– Sur la fausse reconnaissance («déjà raconté») pendant le travail psychanalytique– Sur les souvenirs-écrans
– Éphémère destinée
– Note sur le «bloc-notes magique»
– Remémoration, répétition et perlaboration
– Constructions en analyse

Suffit-il de supprimer les symptômes de la dépression pour en guérir ? Peut-on évacuer si facilement la souffrance psychique qui est au fond de l’état déprimé ? Peut-on, comme par enchantement, retrouver le désir de vivre, de rêver et d’agir ? Psychanalyste, Pierre Fédida montre ici pourquoi la psychothérapie aide à revivre. Les médicaments ont toute leur utilité, mais ils ne guérissent pas du malaise de l’existence. Pour cela, il faut être deux, et donner du temps — pas forcément longtemps. Alors, et alors seulement, la pensée, la parole et l’action redeviennent possibles. Et si la dépression survenait dans ces moments où la vie cherche à se protéger et à se transformer ? Alors, comment faire bon usage de la dépression ?

On pose généralement que le Moi s’édifie à partir de ses identifications successives. Peut-être, pour ce qui est des fonctions étroitement instrumentales. Mais je me demande parfois si ce n’est aussi de cette manière qu’il se falsifie ; car le « Je » le plus vrai ne peut-être ailleurs que dans l’élaboration de l’instinct, c’est-à-dire dans ce qu’il y a de plus essentiel et, comme l’inconscient lui-même, de plus inacceptable pour l’esprit.

Michel de M’Uzan, Contre-transfert et système paradoxal

Les « retraits psychiques » sont des états dans lesquels les patients peuvent se réfugier pour fuir l’angoisse et la souffrance psychique. Lorsque cela se produit, les patients sont limités dans leur vie et ‘bloqués’ dans leur traitement. L’auteur, qui écrit en pensant aux praticiens, psychanalystes et psychothérapeutes, apporte de nouveaux développements à la pensée kleinienne, afin d’élargir la compréhension des problèmes posés par le traitement de patients gravement atteints. Il décrit la manière dont se construisent les retraits psychiques et, à l’aide d’un matériel clinique détaillé, essaye de montrer comment on peut traiter les patients qui cherchent ainsi à fuir la réalité

« Quand il nous arrive de dire « C’était mieux avant », sommes-nous des passéistes en proie à la nostalgie d’une enfance lointaine, d’une jeunesse révolue, d’une époque antérieure à la nôtre où nous avons l’illusion qu’il faisait bon vivre? À moins que cet avant ne soit un hors-temps échappant au temps des horloges et des calendriers. Je me refuse à découper le temps. Nous avons, j’ai tous les âges. » J.-B. Pontalis.

Les textes rassemblés dans ce volume jalonnent, de 1894 à 1924, l’évolution de la pensée freudienne concernant la psychopathologie. « Définition, délimitation, description des modes de défense spécifiques des névroses, des psychoses et des perversions, c’est la tâche centrale que se propose Freud tout au long de l’élaboration de sa psychopathologie. » (J. Laplanche)

Avec la livraison de ce dernier numéro des Cahiers de Psychologie clinique notre équipe termine la réalisation de cinquante volumes, parus régulièrement tous les six mois au cours de ces vingt-cinq dernières années.

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Nous voulons partager ici notre inquiétude quant au développement de pratiques de soins qui essaient de faire l’économie de la complexité psychique au profit de la rentabilité illusoire du soin. Le temps du psychisme n’est pas le temps de l’entreprise ni celui des politiques d’austérité. Quand des mécanismes psychologiques ont mis dix, vingt, trente, quarante ans à s’installer, il est mensonger, arbitraire et manipulateur, de donner à penser qu’il est possible de les assainir rapidement. C’est le cas aussi quand des traumatismes violents ont traversé plusieurs générations ou quand des traumatismes précoces ont perturbé l’évolution souhaitable de la croissance psychique. Il nous semble indispensable de faire comprendre à quel point une approche clinique de ces pathologies doit pouvoir s’appuyer sur une démarche progressive et processuelle et qu’un renoncement à des formules instantanées ou ultra rapides est la condition sine qua non d’une véritable évolution.

Nous voulons aussi partager notre inquiétude quant au développement de pratiques de soin qui essaieraient de faire l’économie de l’existence des inconscients humains. « Déconditionner », « corriger », faire appel à la volonté, c’est méconnaître la face cachée de l’iceberg et tromper les patients sur leur véritable fonctionnement interne.

Et que dire de toutes les formules magiques qui leur sont proposées et qui exploitent commercialement leur besoin d’espérer voir leur crédulité ?

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© Derek Yarra

La perspective psychanalytique se conçoit à partir d’un certain nombre d’idées majeures, parmi lesquelles je compte : une conception des relations entre les aspects inconscient, préconscient et conscient du psychisme ; le concept de transfert/contre-transfert ; la notion de monde objectal interne ; l’idée d’une expérience engendrée en modes dépressifs, schizoparanoïdes ou autistiques-contigües, accompagnés de leurs formes respectives de subjectivité, d’angoisse, de défense, de relation d’objet et de croissance psychique ; les concepts de clivage, d’identification projective et de défense maniaque ; la notion du besoin humain de vérité ;  l’idée de vitalité (aliveness) et de léthargie (deadness) psychiques ; la conception d’un espace psychique entre réalité et fantasme dans lequel l’individu est susceptible de développer la capacité de penser symbolique, et ainsi venir imaginairement au monde ; la notion de cadre analytique ; la compréhension du rôle décisif que, depuis la naissance, joue la sexualité dans le développement sain ou psychopathologique ; une conception des voies par lesquelles le développement des capacités de symbolisation et de conscience de soi est inséparable de développement des relations d’objets externes et internes (incluant la triangulation œdipienne et le miroir du visage de la mère).

Thomas H. Ogden, Cet art qu’est la psychanalyse

Est-il imaginable que la psychanalyse soit demeurée indemne du désastre du nazisme ? Pulsion, autoconservation, mystique de l’inconscient : entre la masse soudée autour de son Führer et l’effondrement de l’autonomie du droit, les psychanalystes assistèrent à l’entrée en force de la « nature », de ses forces souterraines et de sa « biologie » dans le champ langagier, politique, racial. Ils ont beaucoup lutté. Mais la transformation des conceptions analytiques qu’ils introduisirent alors ne les a-t-elle pas trahis ? Qu’advint-il de l’énigme de la transformation de la haine individuelle en psychose de masse quand le traitement psychanalytique de la Shoah privilégia l’écoute empathique en donnant la prévalence au trauma et à la pathologie des victimes ? Qu’est-il resté du paradoxe de l’engendrement de l’anti-civilisation par la civilisation elle-même ? Les psychanalystes ont-ils pris la pleine mesure de la désorientation, clinique et théorique, infligée par le déchaînement nazi ?

Après avoir retracé l’itinéraire qui l’a conduit à la compréhension des patients schizophrènes et à la conviction que les états psychotiques pouvaient être traités psychanalytiquement, H. Rosenfeld s’interroge sur les facteurs thérapeutiques et anti-thérapeutiques dans l’analyse. Qu’ils soient liés au rôle de l’analyste ou à celui du narcissisme et de l’identification projective, Rosenfeld démontre que la compréhension de ces deux notions est essentielle pour éviter l’impasse dans l’analyse.

Sa démarche – étayée sur une méthodologie très détaillée et critique – apporte, outre une analyse des phénomènes de collusion, une théorie des relations d’objet narcissique, ainsi qu’une conception originale de l’interprétation, fondée sur une attention très soutenue au transfert et au contre-transfert.

En conclusion, H. Rosenfeld reprend non seulement l’évolution des théories et des techniques analytiques de la psychose et des techniques analytiques de la psychose et des états narcissiques, mais propose, à partir de sa propre évolution, un nouveau modèle d’analyse, qui noue une compréhension précise de l’histoire et de l’organisation mentale du patient au hic et nunc de la situation transférentielle.