« On voudrait croire que, quand les choses en viennent enfin à s’accorder, c’est là le bonheur…

Or, c’est précisément quand les choses se recoupent complètement et coïncident que cette adéquation, en se stabilisant, se stérilise.

La coïncidence est la mort. C’est par dé-coïncidence qu’advient l’essor.

Dieu lui-même dé-coïncide d’avec soi, en mourant sur la Croix, pour promouvoir la vie vivante. Dans la faille de la dé-coïncidence une initiative est à nouveau possible se déployant en liberté.

Or, comme l’Age classique a fait de l’adéquation la définition même de la vérité, ou de la coïncidence avec la Nature le grand précepte de l’art comme de la morale, il est revenu à la modernité de rompre avec ce confort de la pensée.

François Jullien fait jouer ici le concept de « dé-coïncidence » dans la Bible, la peinture, la littérature, la philosophie, pour montrer comment il est à la source de l’art et de l’existence. « 

Philosophe, écrivain, poète, collaborant à la revue Edwarda, à Art press, La Nouvelle Quinzaine, littéraire, Lignes, L’Art même…, Véronique Bergen livre avec Les Premières fois un récit intimiste, une plongée dans les premières expériences fondatrices, qu’elles soient érotiques, amoureuses, initiatiques, spirituelles, musicales…

Sept chapitres plus un, sept portes ouvrent sur la magie particulière des premières explorations de l’existence, entre réminiscences et rêve, entre addiction à l’intensité des premières fois et pari en faveur de leur recréation continuée.

Premières fois
Un livre de Véronique Bergen

Il a été tiré de l’édition originale de cet ouvrage deux cents cinquante exemplaires sur O-lin Naturel 90 gr. numérotés de 1 à 250.
Les 50 exemplaires suivants représentent un tirage hors commerce.

Son format est de 10cm x 18cm.

En 2010, plus de 750 000 personnes se sont pressées au Museum of Modern Art de New York pour avoir la chance d’assister à la performance célébrant les cinquante années de carrière de Marina Abramovic.
Traverser les murs, récit saisissant, épique et d’un humour impitoyable, raconte comment une jeune femme élevée par une mère folcoche, qui a grandi dans la Yougoslavie communiste de Tito, est devenue, en quelques décennies, une icône mondiale de l’art contemporain.
En repoussant les limites du corps humain, la peur, la douleur, la fatigue, dans une quête sans compromis de transformation émotionnelle et spirituelle, Marina Abramovic, qui compte parmi ses admirateurs Lady Gaga et Jay-Z, a révolutionné l’art de la performance, devenant l’une des plus importantes inspiratrices de l’esthétique de la pop culture au XXIème siècle.

Née en ex-Yougoslavie en 1946, Marina Abramovic est une figure majeure de l’art contemporain. Créatrice de performances artistiques mondialement célèbres, elle a exploré le body art jusqu’à en repousser les définitions. Elle vit entre New York et l’Hudson Valley, où elle a créé le Marina Abramovic Institute.

Tapis en nous, prêts à surgir, impossibles à éviter, le transfert et son double, le contre-transfert, sont le moteur de la psychanalyse et, au-delà, des relations humaines. Ce livre regroupe les plus célèbres textes de Freud à leur sujet : « À propos de la psychanalyse “sauvage” », « Sur la dynamique de transfert », « Conseils au médecin », « Sur l’introduction du traitement », et « Remarques sur l’amour de transfert ». Ils parlent des émotions du passé, de sentiments amoureux, d’intimité psychique, du pouvoir des médecins, mais aussi de violence faite à l’autre, de peur de l’abandon, de manipulation et de haine.

On l’imagine souvent retiré dans sa tour pour caresser les muses et élaborer une sagesse intemporelle. Mais Montaigne ne peut se résumer à l’image du philosophe voué à la contemplation. Cest un seigneur à la tête d’un vaste domaine, avec ses paysans, ses vignes et ses champs. Un gentilhomme pétri de culture nobiliaire, dont il brave les certitudes pour leur substituer un idéal inédit : conquérir la grandeur dans la «médiocrité» d’une existence ordinaire. Un ancien magistrat aussi, pénétré d’un riche savoir juridique, qu’il mit pour un temps en œuvre au Parlement de Bordeaux, ville dont il deviendra le maire. Un acteur politique surtout, happé par la tourmente des guerres de religion, la violence des haines confessionnelles et la hantise de la mort qui ensanglante la France.
On ne peut comprendre, écrit Arlette Jouanna, le destin singulier de cet homme d’exception sans mettre en miroir les différentes figures qui composent sa personnalité et le terroir historique dans lequel elles s’enracinent. Cest d’un regard d’historien qu’il faut en effet redécouvrir son itinéraire tumultueux et la fascinante diversité d’une pensée toujours en mouvement.
Si Montaigne nous parle encore, c’est qu’au milieu des troubles civils, il en appelle à la «raison publique» pour transcender les intolérances ; c’est qu’il invite à affranchir l’esprit du poids des conventions arrêtées et des préjugés invincibles. Ni le vestige d’un passé révolu, ni le prédicateur d’un individualisme hédoniste, mais tout simplement notre contemporain.

La solitude est le mal du siècle et les surdoués, par leur extrême sensibilité, y sont particulièrement exposés. Pour avoir pendant longtemps recueilli leur parole, Monique de Kermadec, psychothérapeute et psychanalyste, est allée au plus près de cette souffrance souvent inavouable. Elle nous invite ici à identifier l’origine de ce sentiment afin de ne plus en souffrir mais, au contraire, d’en faire une force. Car la capacité à être seul est indispensable à la connaissance de soi et donc des autres.
Quels sont les liens entre solitude et isolement  ? Comment s’exprime cette solitude sous sa forme négative et quelles sont les manifestations de sa souffrance  ? Ses causes objectives et ses raisons subjectives ?
En répondant à ces questions et à tant d’autres, Monique de Kermadec livre les clés qui permettront à chacun de découvrir les pouvoirs de la solitude afin d’y trouver une source d’épanouissement et de construction personnelle.

En plus de 600 entrées, de « abréaction » à « Stefan Zweig », cet ouvrage est le premier dictionnaire international traitant de la psychanalyse sous tous ses aspects et dans ses rapports avec les autres thérapies psychiques : personnages (théoriciens, praticiens, cas cliniques, intellectuels liés à son histoire), écoles et courants, maladies, techniques de cure, différences avec les autres thérapies, histoire par pays, etc. De nombreux renvois, une bibliographie à la fin de chaque article, une chronologie mondiale de l’histoire de la psychanalyse depuis 150 ans et un index en fin de volume complètent cet impressionnant corpus accessible à tous. Le texte a été entièrement revu et mis à jour : entrées supplémentaires, bibliographies actualisées…

Lucky Luke – Nouvelle Intégrale, tome 2

Ce tome reprend les histoires suivantes : « Sous le ciel de l’Ouest », « Lucky Luke contre Pat Poker » et « Hors-la-loi », trois aventures classées chronologiquement qui retracent en outre la genèse des Daltons.

Si la métaphysique continue de susciter curiosité et fascination, nombreux sont ceux qui la confondent avec les aspirations mystiques ou redoutent son caractère trop abstrait. La métaphysique débute souvent par des questions enfantines mais désarmantes : Qu’est-ce qu’un objet ? Les couleurs et les formes existent-elles vraiment ? Est-ce que le temps passe ? Qu’est-ce que l’identité d’une personne ?

En dix courts chapitres, Mumford passe en revue certaines des questions les plus fondamentales de la métaphysique et présente de façon claire et vivante les théories et les débats au coeur de la métaphysique contemporaine.

En présentant douze entretiens tenus entre 1992 et 2011, Fernando Urribarri restitue ici une vingtaine d’années de dialogue avec les plus grandes figures du postlacanisme français. D’abord élèves de Jacques Lacan à l’époque du glorieux
« retour à Freud », Laplanche, Pontalis, Aulagnier, McDougall et Green, allaient bientôt se séparer du « Maître» pour développer leurs propres pensées, inspirées avant tout d’un retour à la clinique.

Comme l’explique Pontalis, auteur du célèbre Vocabulaire de la Psychanalyse, dans l’un de ces entretiens, c’est en appliquant à la lettre la consigne lacanienne du « retour à Freud » que, paradoxalement, les plus brillants parmi cette génération finiront par s’éloigner de Lacan : un exercice de radicalité salutaire puisqu’il jettera les bases d’une pensée psychanalytique renouvelée,
non dogmatique, en phase avec les bouleversements nosologiques
du XXIe siècle.

Dans l’essai introductif, Urribarri revient sur le contexte historique de ces dialogues et en explicite l’importance pour le psychanalyste d’aujourd’hui.

Un voyage inédit aux sources du langage et de la peinture.
Dans ce livre unique, Alain Rey et Fabienne Verdier partent à la découverte des sources de leur inspiration langagière et picturale. Les forces telluriques, la musique, le chant de la terre, le cosmos… À deux voix, ils dessinent les contours des formes sensibles du monde : une « polyphonie » littéraire et artistique, illustrée des tableaux, des films, des Carnets et des photographies de l’artiste à l’œuvre dans son atelier.

Comment adapter les thérapies à des demandes de plus en plus variées liées aux mutations de nos sociétés contemporaines ? Comment offrir à chaque patient un cadre “sur mesure”, plutôt qu’un “prêt-à-porter” ?

François Duparc s’appuie sur sa longue pratique clinique et sur ses travaux théoriques pour nous livrer une réflexion sur la nécessaire transformation à laquelle doit se confronter la clinique psychanalytique. Son ouvrage est un plaidoyer pour un accueil de la diversité en clinique.
Face à une méthode standard, il propose une adaptation du cadre de la cure et la mise en place de stratégies de cure qui prendraient davantage en compte la diversité des profils des patients. Il invite à ouvrir la psychanalyse à des indications de doubles prises en charge, de psychothérapies analytiques en face-à-face, de psychodrame, de médiations thérapeutiques (dessins, écrits, ou musique) ou encore de relaxation psychanalytique.
Hystéries, phobies, dépression, anorexie, états limites, psychose, paranoïa… Pour chacune de ces demandes, l’auteur s’attache à comprendre la multiplicité des traumatismes propres aux différents âges de la vie, leurs conséquences en terme de souffrances ou de pathologies, et les stratégies que celles-ci vont rendre nécessaires. Car c’est une véritable stratégie – un terme de combattant – que met en place l’analyste en s’engageant contre la souffrance ou la défaillance psychique des patients qui le consultent.
Un socle de réflexion propre à faire évoluer la pratique psychanalytique en profondeur et un ouvrage qui fera date.

Le groupe familial, la classe d’école, le groupe de travail, l’équipe sportive représentent des ensembles humains que nous approchons sans cesse. Toute communication est échange de signes, de symboles, et met en jeu des rapports d’influence, des mouvements affectifs.
Comment s’organisent ces échanges au sein d’un groupe ? Quelle est leur dynamique repérable et inconsciente et comment parvenir à la discerner et l’analyser ? L’éthologie, la linguistique, la psychanalyse, l’anthropologie et la psychologie nous aident à approcher cette réalité.
Cet ouvrage désormais classique, réactualisé dans cette 7e édition, s’adresse aux étudiants, formateurs, travailleurs sociaux, psychologues et responsables d’équipes.

Paul Denis propose une analyse inédite du complexe d’Œdipe comme un champ permettant à un sujet, enfant ou adulte, de se reconstruire au mieux lorsqu’il est confronté à un événement traumatique tel que la perte, le deuil ou la dépression.
À partir de l’évocation de ces deux expériences psychiques essentielles que sont  la dépression et la séparation, l’auteur envisage différents processus psychiques qui permettent de trouver une ligne créative ou, à l’inverse, contribuent à limiter les mouvements de l’esprit comme « l’isolation » ou ce qui constitue des « fixations ». Il reconsidère la question de la passivité psychique, trop facilement assimilée à une position « féminine » – alors que « le féminin » est une conquête activement gagnée et exercée par les sujets de sexe féminin. La nature et la place des sensations, qu’elles soient le premier temps de la perception ou qu’elles soient cultivées pour elles-mêmes, sont resituées en vue de comprendre leur destin possible vers la douleur dans ses deux versants physique et psychique. Acte, sublimation, création, humour sont alors envisagés dans leur rapport au fonctionnement pulsionnel et à sa régulation par le jeu de forces organisé par le complexe d’Œdipe. Ce serait par cet héritage pulsionnel, nous dit l’auteur, que nous parviendrions à guérir. En un mot : Œdipe deviendrait médecin.

Aux côtés des victimes de manipulation mentale depuis plus de vingt ans, j’ai pu décrypter la personnalité des manipulateurs, celle de leurs victimes et aussi étudier les composantes du lien étrange qui les relie. J’en suis arrivée à la conclusion surprenante que plus on est intelligent, plus on est manipulable. Le paradoxe n’est qu’apparent : une personne intelligente cherche à comprendre, essaie d’intégrer le point de vue de l’autre, veut trouver un terrain d’entente et refuse de se décourager. Or un manipulateur ment, nie la réalité et crée délibérément les conflits dont il se nourrit. Pire, le manipulateur vous ligote dans vos valeurs humanistes et les détourne à son profit.
Ce livre vous donne des clés concrètes pour comprendre comment les manipulateurs utilisent votre propre toile d’araignée mentale pour y tisser leur piège, parce que vous avez mieux à faire de votre intelligence que de rester leur proie.

UNE ÉDITION CINQUANTENAIRE EXCEPTIONNELLE

Pour ses 50 ans, Le Petit Robert s’illumine de 22 œuvres originales de l’artiste Fabienne Verdier.

Le Petit Robert - Voix-Vortex
  • 22 tableaux originaux de Fabienne Verdier commentés par Alain Rey
  • Une préface d’Alain Rey sur l’histoire du Petit Robert et l’édition anniversaire
  • Un cahier de 8 pages sur l’échange artistique et littéraire entre le lexicographe et l’artiste
  • Une nouvelle édition avec de nombreux mots et sens nouveaux, de nouvelles expressions, locutions et citations littéraires
  • Et toujours, une description inégalée de la langue française : 300 000 mots et sens, 35 000 citations littéraires, 150 000 synonymes et contraires, 75 000 étymologies
Prix : 64,50 €
ISBN : 978-2-32101-060-9
Relié sous jaquette
Format : 24,7 x 26,8 cm
3 022 pages

Parution le 17 août 2017

DEUX NOUVELLES ÉDITIONS
DE FIN D’ANNÉE

Parution le 19 octobre 2017

« Nasr Eddin est au plus mal. Sa femme est là, l’imam est là ainsi que le cadi qui est venu entendre ses dernières volontés :
– À l’école coranique, dit le Hodja dans un souffle, je lègue dix mille dinars…
– Mais mon cher mari, le coupe aussitôt Khadidja, nous n’avons jamais possédé une telle somme !
– Dis donc, proteste-t-il en se redressant un peu, c’est toi qui meurs ou c’est moi ? »
Du monde arabe aux pays balkaniques, en passant par l’Asie mineure et centrale, la renommée de Nasr Eddin Hodja – Ch’ha au Maghreb – est sans pareille. Tous les peuples qui connaissent ses aventures se sont approprié le mythique « savant », dont on ne sait jamais si la folie dissimule une grande sagesse… ou l’inverse. Jean-Louis Maunoury, qui régale depuis longtemps les lecteurs français de ses aventures et pitreries, nous en offre ici l’ultime recueil.

Aimer et travailler constituent les deux grandes entreprises de la vie et de la psychanalyse, selon Freud. L’auteur propose d’y ajouter : « être capable de se quitter ». Car, tout au long de la vie, la séparation scande le rythme de la présence et de l’absence, dans ses passages, ses aléas et ses désordres, dans ses rencontres et dans ses créations. Le rôle de la psychanalyse est aussi de faire cet apprentissage par l’expérience de la fin de la thérapie.
« Maintenant, il faut se quitter » : c’est l’injonction douloureuse qui résonne à nos oreilles lors de scènes de séparation et de disparition. Cet ouvrage les expose et interroge : comment y parvient-on ? Au-delà de la classique trilogie freudienne (angoisse, deuil, douleur), sont abordées les humeurs noires qui annoncent la clinique (dépressions), la métapsychologie (pulsion de mort), l’histoire via la littérature (Shoah), et l’amour maniaque, illustration de la lutte parfois folle, parfois indispensable, contre l’absence et l’oubli.
En traitant des angoisses liées à la séparation et à l’absence, la psychanalyste révèle alors une ultime question : le patient, guéri, peut-il se séparer de son médecin ?

Et si le grand problème actuel était que la plupart des injonctions qui nous sont assénées pour nous calmer ne font que nous mettre une pression plus grande ? Il faudrait « méditer », manger comme ceci, faire tel entraînement pour être en forme, avoir de l’initiative, ne pas parler comme cela, être à la fois calme et dynamique, chaleureux et sérieux… Et si au contraire il fallait plutôt commencer par se foutre la paix pour commencer à vivre ? Mais comment lâcher-prise et se donner l’autorisation d’être soi-même ? 

C’est ce que proposera d’explorer Fabrice Midal dans son nouveau livre Foutez-vous la paix ! Et commencez à vivre dont les différents chapitres inviteront à : 

Chapitre 1- Cessez de méditer — Ne faites rien
Chapitre 2- Cessez d’obéir — Vous êtes intelligent
Chapitre 3- Cessez d’être sage — Soyez enthousiaste
Chapitre 4- Cessez d’être calme — Soyez en paix
Chapitre 5- Cessez de vous réfréner — Désirez !
Chapitre 6- Cessez d’être passif — Sachez attendre
Chapitre 7- Cessez d’être conscient — Soyez présent
Chapitre 8- Cessez de vouloir être parfait — Acceptez les intempéries
Chapitre 9- Cessez de chercher à tout comprendre — Découvrez le pouvoir de l’ignorance
Chapitre 10- Cessez de rationaliser — Laissez faire
Chapitre 11- Cessez de vous comparer — Soyez vous-même
Chapitre 12- Cessez d’avoir honte de vous — Soyez vulnérable
Chapitre 13- Cessez de vous torturer — Devenez votre meilleur ami
Chapitre 14- Cessez de vouloir aimer — Soyez bienveillant
Chapitre 15- Cessez de discipliner vos enfants — La méditation n’est pas de la Ritaline
Conclusion- L’émerveillement d’être

Le Petit Robert devient quinquagénaire

À l’occasion de ses 50 ans, Le Petit Robert annonce la parution dès le 17 août 2017 d’une nouvelle édition anniversaire qui se déclinera sous trois versions. La nouvelle progéniture sera notamment illustrée par vingt-deux œuvres originales de l’artiste Fabienne Verdier commentées par le linguiste Alain Rey. Un voyage poétique au sein d’un dictionnaire qui se consulte comme il se contemple pour nous rappeler que les mots et la magie de leurs sens infinis ne sont qu’un gigantesque cadavre exquis.

Alors que la vie en société prend un tour de plus en plus complexe, nous sommes nombreux à nous interroger sur la meilleure manière de simplifier notre rapport à l’existence. Mais encore faut-il préciser ce que recouvre l’idée de simplicité : cette dernière n’est-elle pas plus mystérieuse qu’il n’y paraît ?

En pratique, à quoi ressemble une activité guidée par l’idéal de sobriété ? Une mathématicienne, un maître d’arts martiaux, une designer, un cuisinier et une spécialiste de l’organisation du travail nous font part de leurs stratégies, sous l’œil bienveillant et acéré du philosophe Olivier Rey, fin lecteur d’Ivan Illich.

S’il y a une pratique qui ignore bien souvent la limpidité, c’est la philosophie ! Les grands penseurs ont-ils raison de sophistiquer leur vocabulaire et leurs argumentations ? Entre Frédéric Schiffter, pour qui la prose des grands moralistes classiques est un modèle, et Françoise Dastur, spécialiste de la phénoménologie, le débat est frontal.

Ce dossier s’achève par un très beau dialogue. Fabienne Verdier est une peintre inspirée par la voie du Tao. Edgar Morin est, depuis la parution de son grand œuvre La Méthode, le penseur de la complexité. Avec une complicité sincère, ils évoquent cet insaisissable instant où émerge un trait, une énergie, une formule qui embrasse, intensifie, transforme l’existence !

Jean-Luc Donnet est l’un des auteurs marquants de la psychanalyse contemporaine. Chacun de ses livres a été une étape dans la poursuite d’une aventure analytique qui s’étend sur plusieurs décennies. Sa lecture interprétative des textes freudiens a soutenu un remodelage créatif de la métapsychologie. Ses avancées les plus originales portent notamment sur : l’écart théorico-pratique ; le couple site analytique-situation analysante ; l’associativité et la règle fondamentale ; le surmoi et l’humour ; l’agir de parole et le contre-transfert ; le paradoxe et la transitionnalisation du transfert ; la phobie de la pensée et la pensée contra-phobique ; l’écoute en second et l’échange inter-analytique ; la rencontre consultative.

« Une traversée du site analytique », titre déjà choisi par Jean-Luc Donnet pour la journée du 7 janvier 2017, organisée par la Société psychanalytique de Paris autour de son œuvre, marque son désir de revenir sur les traces de son « Odyssée psychanalytique » : une recherche interrogeant les paradoxes d’une méthode qui, face à l’aventure du transfert, entend se porter garante d’une situation analysante. Ce livre réunit tous les textes de la journée, chacun d’eux donnant lieu à un commentaire substantiel de J.L. Donnet.

Surdoué moi ? À mon âge ? Non !

Et pourtant… Curiosité insatiable, rythme mental en ébullition, imagination inépuisable, sens aigu du langage, esprit critique aiguisé, hypersensibilité, empathie hors du commun. De nombreux adultes se sentent “différents”. Ils sont sans doute “surdoués”, à haut potentiel.

Voici comment le découvrir et bien vivre avec.

• Que faire quand on découvre, à l’âge adulte, que l’on est surdoué ? Est-ce que cela change vraiment la vie ?
• Quels sont les signes physiques et psychologiques caractéristiques ?
• Comment bien gérer ses “tsunamis” émotionnels ?
• Comment réussir sa vie sentimentale ?
• Comment se motiver dans un monde qui n’est pas à son rythme ? Apprendre la patience ?
• Comment préparer un enfant surdoué à sa vie d’adulte ?
• Comment envisager sa vie autrement, en privilégiant sa créativité ?

Des réponses, des solutions pour trouver son équilibre et transformer le fardeau en cadeau.

Qui était vraiment Sigmund Freud ?

Dans cet ouvrage, Alain de Mijolla retrace l’histoire du fondateur de la psychanalyse comme on feuillette un album de photos de famille. Par touches, il nous guide à travers l’enfance et l’adolescence de Freud, son auto-analyse, son judaïsme, la guerre… Il éclaire ses relations avec les grands penseurs de son temps : Charcot, Jung…
Et à travers ce récit, c’est l’histoire de la psychanalyse qui se fait jour : naissance, fondements, réception, évolutions… Car Alain de Mijolla le montre bien : raconter la vie de Freud c’est aussi comprendre que la recherche entreprise par Freud pour reconstruire son passé est celle qui a donné progressivement naissance à la psychanalyse que nous connaissons aujourd’hui.
Fragments après fragments, Alain de Mijolla dépeint le portrait d’un homme toujours en mouvement, dont la pensée continue à inspirer profondément les réflexions et les pratiques contemporaines. Le portrait de Freud, vivant.
« Freud, qui a vécu une vie passionnante et que je ne cesse d’admirer, n’est pas une idole à laquelle on ne peut pas toucher. Il est surtout exemplaire par sa démarche, certes bien sinueuse mais, si elle avait été toute droite, il eût été considéré, à raison, comme un dangereux paranoïaque. »

Colloque René Diatkine 2016

Argument

Transitionnalité et sublimation dans la cure

Paul DENIS

Plus que « les mots et les choses » il faut considérer les représentations et les choses. L’investissement des représentations, nées des expériences de satisfaction vécues avec des objets pulsionnels et des objets d’amour, est le fond même du plaisir au fonctionnement du psychisme. Au cours du processus analytique les associations libres déroulent ce jeu des représentations liées les unes aux autres et conduisent finalement à celles dont la charge affective, le potentiel d’excitation, étaient évités jusque-là, ou à ces représentations manquées que sont ces images porteuse d’une charge traumatique  qui vient rompre la continuité du fonctionnement psychique. Les « résistances » à l’analyse sont invariablement organisées par rapport au risque de surgissement d’affects trop violents, d’une excitation trop forte ou d’une rupture de la continuité du tissu psychique. Il s’agit finalement, au cours de l’analyse, d’ouvrir une voie élaborative, une voie psychique à ces foyers d’excitation enfouis, souvent plus réprimés que refoulés, et fauteurs d’agir.

Freud décrit parfaitement le dilemme du psychanalyste face aux résistances et à cette propension du patient à agir pour décharger ou mater son excitation ; dilemme car  l’analyste, malgré lui, se comporte en pompier pyromane. Freud prescrit de lutter contre le feu :

« Afin de maintenir sur le terrain psychique les pulsions que le patient voudrait transformer en actes, il entreprend contre ce dernier une lutte perpétuelle et quand il arrive, grâce au travail de la remémoration, à liquider ces pulsions, il considère ce résultat comme un triomphe du traitement » (Freud, 1914g, p. 112). Mais quels sont les moyens de la lutte ? Et la remémoration, sans doute, est un succès mais comme Freud l’indique ailleurs « c’est le travail qui permet à l’inconscient de devenir conscient qui est l’essentiel » : c’est un travail d’élaboration qui permet finalement que la remémoration apparaisse. Freud à l’époque est assez optimiste pour écrire que « Lorsque le transfert aboutit à un attachement utilisable de quelque façon, le traitement est en mesure d’empêcher tous les actes itératifs les plus importants du malade et d’utiliser in statu nascendi les intentions de celui-ci en tant que matériaux pour le travail thérapeutique » (Ibid). Trop optimiste quant à la possibilité d’empêcher grâce au transfert « tous les actes itératifs (…) du malade » mais raisonnablement optimiste lorsqu’il indique qu’il est possible d’utiliser « les intentions » du patient comme des « matériaux pour le travail analytique ». Il s’agit de convertir « l’intention » en élément pour une élaboration psychique de ce qui sous tendait « l’intention ». D’opérer à la fois une inhibition de but et un déplacement du registre de l’acte vers l’espace psychique. Ne sommes nous pas proches de l’idée de sublimation ? Et quelle serait la place de ce type de mouvement dans le « processus analytique » ?

Et Freud souligne l’importance du champ transférentiel : « Nous rendons cette compulsion [à l’agir] anodine, voire même utile, en limitant ses droits, en ne la laissant subsister que dans un domaine circonscrit. Nous lui permettons l’accès au transfert, cette sorte d’arène où il lui sera permis de se manifester dans une liberté quasi totale … » (Freud, 1914g, p. 113). Il n’y a pas de délit d’intention, il faut laisser l’intention s’exprimer : « Le transfert crée de la sorte un domaine intermédiaire entre la maladie et la vie réelle, domaine à travers lequel s’effectue le passage de l’une à l’autre » (Ibid, p. 113-114). Domaine intermédiaire, forme psychanalytique de l’aire transitionnelle de Winnicott ? Il est du reste possible que cette formulation de celui-ci ait inspiré celui-là. De là à considérer l’analyste, objet du transfert, comme forme d’objet transitionnel il n’y a qu’un pas…

L’idée de Freud d’utiliser des « constructions en analyse » — mais aussi des « représentations d’attente » — serait une façon d’offrir au patient un élément transitionnel, transitionnel dans la mesure où il appartient à ce domaine intermédiaire qui s’établit entre le psychisme du patient et celui de l’analyste.

La notion de jeu dans la technique analytique, introduite par Winnicott qui considère que l’analyse « se situe en ce lieu où deux aires de jeu se chevauchent, celle du patient et celle du thérapeute » (Winnicott, 1975, p. 55) a été reprise par différents auteurs[1],  et explicitement utilisée dans le psychodrame ; l’idée de jeu renvoie aux moyens qui permettent à l’analyste de donner à cette « lutte perpétuelle » par rapport à la propension du patient à recourir à l’agir, les moyens d’une élaboration.

La fréquence avec laquelle on observe l’apparition d’activités sublimatoires au cours d’une analyse est telle que celles-ci pourraient être considérées comme une latéralisation — souvent féconde — de ces mouvements de jeu apparus dans la cure. Certaines d’entre elles ont une valeur de remémoration, de retrouvailles avec des objets d’autrefois…

La sublimation est-elle aussi une forme du souvenir, et la remémoration une forme de sublimation ?

Le processus analytique peut-il être envisagé sous l’angle de l’établissement d’une forme de transitionnalité et du développement de mouvements sublimatoires ?

Paul Denis

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Freud S. (1914g), Répéter, remémorer, élaborer, La Technique psychanalytique, trad.A. Berman, Paris, Puf, 1953.

Winnicott D.W., Jeu et Réalité, Paris, Gallimard, 1975.

Comment adapter les thérapies à des demandes de plus en plus variées liées aux mutations de nos sociétés contemporaines ? Comment offrir à chaque patient un cadre “sur mesure”, plutôt qu’un “prêt-à-porter” ?

François Duparc s’appuie sur sa longue pratique clinique et sur ses travaux théoriques pour nous livrer une réflexion sur la nécessaire transformation à laquelle doit se confronter la clinique psychanalytique. Son ouvrage est un plaidoyer pour un accueil de la diversité en clinique.
Face à une méthode standard, il propose une adaptation du cadre de la cure et la mise en place de stratégies de cure qui prendraient davantage en compte la diversité des profils des patients. Il invite à ouvrir la psychanalyse à des indications de doubles prises en charge, de psychothérapies analytiques en face-à-face, de psychodrame, de médiations thérapeutiques (dessins, écrits, ou musique) ou encore de relaxation psychanalytique.
Hystéries, phobies, dépression, anorexie, états limites, psychose, paranoïa… Pour chacune de ces demandes, l’auteur s’attache à comprendre la multiplicité des traumatismes propres aux différents âges de la vie, leurs conséquences en terme de souffrances ou de pathologies, et les stratégies que celles-ci vont rendre nécessaires. Car c’est une véritable stratégie – un terme de combattant – que met en place l’analyste en s’engageant contre la souffrance ou la défaillance psychique des patients qui le consultent.
Un socle de réflexion propre à faire évoluer la pratique psychanalytique en profondeur et un ouvrage qui fera date.